Actualités

Confections Troy de Weedon tournée vers l’avenir

Troy

Fondée en 1945, Confections Troy, de Weedon, spécialisée dans la fabrication de pantalons pour professionnels, en est à sa 3e génération. Marc Beaudoin, directeur de production et propriétaire associé, multiplie les initiatives pour adapter l’entreprise et la cinquantaine d’employés aux réalités d’aujourd’hui en conciliant travail-famille et développement.
Conciliation et amélioration du travail
Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre qualifiée et stable, M. Beaudoin a effectué des ajustements permettant de concilier travail-famille et ce, même s’il s’agit de travail à la chaine. L’entrée au travail traditionnellement à 7 h 20 est maintenant plus flexible. « Ça permet aux mères de famille d’avoir du temps pour leurs enfants », indique le propriétaire. À présent, pour elles, le travail débute à 8 h.
L’avancement en âge des travailleurs prédisposés à une semi ou une retraite est à l’ordre du jour. « Beaucoup ont commencé dans les mêmes temps que moi. Dans 10 ans, ce sera mon tour », indique M. Beaudoin. L’entreprise a mis en place une possibilité d’arrangement de réduction de leur horaire hebdomadaire. « Faut le comprendre, c’est un métier dur et ça nous accommode aussi lorsqu’on embauche, ça nous laisse du temps pour bien former », mentionne-t-il.
L’entreprise entraine son personnel sur un principe appelé le « compagnage » et explique que le métier ne s’apprend pas à l’école. Les anciens possèdent l’expérience et l’expertise; conserver leur emploi en assouplissant leur horaire permet de bien former la relève.
Afin d’être plus polyvalent, le manufacturier a également formé le personnel sur 3 à 4 opérations différentes. « Donc, on diversifie leurs connaissances et s’il manque quelqu’un, c’est plus facile de combler le poste », explique le directeur.
De la confection au produit fini
Confections Troy ne vend pas directement au public, ses clients sont de grands fournisseurs qui offrent, selon le secteur d’activité, une vaste gamme d’uniformes complète pour des professionnels. Le directeur explique: « On fait ce que le client veut, ça va du plus bas de gamme au plus haut de gamme ». La conception de pantalon, tantôt pour les chauffeurs des grands services de transport, les ambulanciers, agents de la faune ou les policiers, demande patience et minutie. Chaque pantalon ou commande a son lot de particularités. Celui-ci peut demander jusqu’à 75 opérations, d’étapes de travail de confection différente, toutes à la chaine, avant d’arriver au produit fini. Passant du modèle, de la couleur, les choix du modèle de la poche, offerts en grande variété, le bas du pantalon et bien plus.
Ce qui justifie le nombre de tâches à effectuer et le coût de vente est la multitude d’étapes à effectuer, toutes calculées à la minute près. Allant du classement des pièces de tissu, suivi de la mise en production sur la chaine de montage, d’où partent plusieurs opérations spécifiques. Le personnel attitré s’affaire à une tâche à la fois. Le démêlage des pièces de tissu, la vérification, l’assemblage des dos et devant du vêtement, la préparation et la couture des petites pièces, tels les poches, les dos, la fermeture, les attaches et boutonnières sont des exemples du procédé de confection.
Développement et recherche
M. Beaudoin et son acolyte Mario Nolet, le mécanicien toujours intéressé à imaginer et concevoir une amélioration dans la chaine, réfléchissent constamment à une nouvelle façon d’organiser une machine ou un poste de travail pour le rendre plus efficace. Les machines spécialisées à l’achat se vendent à des prix exorbitants allant dans les 30 000 $ plus ou moins. Ce qui motive en grande partie les deux hommes à les concevoir d’eux-mêmes, réduisant les coûts de façon considérable.
Un jour, ils ont repensé un poste de travail, en ajustant trois machines et les composantes nécessaires au bon fonctionnement du poste de façon ergonomique. Maintenant, une personne peut à la fois faire trois opérations soit la boutonnière, le bouton et l’étiquette. Les presses qui repassent le pantalon et font le pli permanent sont robotisées. Vendus dans les 25 000 $, chez Troy, ils ont conçu un boitier de programmation qui contrôle le processus pour 2000 $ en utilisant les services d’un programmeur du secteur. Cette façon de faire permet à l’ouvrier, quelle que soit sa cadence, de travailler, ni trop vite ni trop lentement, ou de mettre plus ou moins de pression.
En 2011, M. Beaudoin s’est associé à parts égales avec Alain Bergeron de Technofil. Cette union a permis aux deux parties d’aller chercher l’expertise de l’un et l’autre, de répondre à la demande et de combler le manque à gagner. Pour l’avenir, le défi est de se robotiser. « Les jeunes sont plus technos et moins manuels, ils sont plus intéressés s’ils travaillent sur une machine robotisée que sur une machine à coudre traditionnelle », explique M. Beaudoin. Ce dernier assure que cela ne se fera pas aux dépens des travailleurs. Il souhaite préserver tous les emplois.

Article précédentArticle suivant
©2020 Journal Le Haut-Saint-François