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Aide humanitaire en Haïti

ACTU-Haiti

Même si elle estime que ses visites annuelles à l’orphelinat de la Congrégation des Petites Sœurs de Sainte Thérèse en Haïti équivalent à une goutte dans l’océan. Force d’admettre que depuis neuf ans, Carmen Simard et les personnes qui l’ont accompagnée au fil de ces années ont déversé plusieurs gouttes qui sont devenues un ruisseau, puis une rivière de changements, amenant sur son passage de nombreuses améliorations pour les orphelines âgées de 5 à 18 ans.

Comme chaque année, Mme Simard accompagnée cette fois de Céline Saint-Pierre, de son conjoint Rhéal Rouleau, et d’une jeune mère de famille Anne Pharisa Jaquet, se sont présentés sur place les mains pleines d’accessoires et un projet, celui de réparer les bâtiments pour recevoir trois toilettes et des douches. « On avait huit valises avec nous et on avait envoyé par bateau un baril comprenant divers objets scolaires, des livres, des draps et autres », d’exprimer Mme Simard.

La délégation du secteur Johnville à Cookshire-Eaton et de Martinville a débarqué avec 4 000 $ US en poche pour réaliser le projet de rénovation de toilettes et de douches. Cet argent, comme l’explique Mme Simard, est investi sur place et sert à payer les matériaux et la main-d’œuvre. « Ça donne du travail aux gens du pays », explique-t-elle. Les travaux étaient supervisés par M. Rouleau. « C’était un gros projet de refaire les toilettes. Il fallait creuser à la main la fosse septique. Les ingénieurs là-bas avaient fait les devis », d’expliquer M. Rouleau. Outre l’argent pour réaliser les travaux, le groupe disposait d’une enveloppe de 850 $ US pour l’achat de nourriture. « C’est grâce à Caritas Estrie », de préciser Mme Simard.

Notre délégation a passé cinq jours sur place à Petite Rivière de l’Artibonite où est situé l’orphelinat. Outre les travaux liés au projet, le quatuor québécois avec de l’aide a épierré à la pioche une partie du terrain et enlevé les roches pour permettre aux jeunes de jouer. « On a essayé de ramasser les déchets. C’est pas dans leur culture de ramasser les déchets. Il y en a partout », d’exprimer Mme Simard.

Pour sa part, Mme Pharisa Jaquet a mis ses talents artistiques à l’œuvre en effectuant, avec l’aide de Mme Saint-Pierre et des orphelines, des dessins sur les murs et un gigantesque cœur où les filles apposaient leurs mains. « Elles étaient émerveillées et épanouies », d’exprimer l’artiste. Habituée à faire ce genre de mission, Mme Simard mentionne que le groupe est toujours attendu. « Les religieuses parlent de nous à l’évêque que nous avons rencontré. » Quant aux orphelines, « elles se regroupent autour de nous, nous touchent. On fait des bingos avec elles et autres jeux. Elles nous présentent un spectacle à notre arrivée et à notre départ », mentionne Mme Simard. « Là-bas ajoute-t-elle, les orphelines participent à toutes les tâches que ce soit la cuisine, le lavage. Les plus grandes vont au marché. »

Lors de leur passage, la délégation remet plusieurs présents aux orphelines soit vêtements, bijoux, montre, batteries de rechange, livres scolaires, brosse à dents et des serviettes hygiéniques lavables, ce qui est particulièrement apprécié des jeunes filles, précise Mme Pharisa Jaquet. Les orphelines ont également reçu des articles provenant d’une cinquantaine d’élèves de l’école de Waterville ainsi qu’une lettre personnalisée.

Au cours de leur périple, le trio s’est arrêté à l’école située à Papaye remettre divers articles aux élèves qui sont parrainés par des Québécois. Ces derniers défraient entre autres les études de leur étudiant parrainé. Le groupe prend des photos des élèves qu’ils remettront aux parrains-marraines.

Mme Simard assure que tout l’argent recueilli est remis « et est pleinement utilisé. L’argent se rend directement. » À peine de retour, cette dame au grand cœur a déjà une bonne idée du projet pour son 10e périple. « L’an prochain, on aimerait mettre de la céramique dans les toilettes et les douches, mais ça reste à définir avec les religieuses. Ce sont les religieuses qui dictent leur besoin. » Au fil des années, Mme Simard et ses acolytes ont contribué entre autres à faire une bibliothèque, la fenestration et la toiture de la salle à manger, refaire une partie du dortoir, rafraîchir la salle d’études et faire des tables de chevet. Mentionnons que la délégation défraie les coûts et l’hébergement de leur voyage. Les sommes distribuées proviennent entre autres de la Fondation Fraternité Haïti des Trois Lacs et diverses activités de financement.

De retour au Québec, le quatuor est toujours ému de leur expérience. « Je trouve ça bouleversant quand on dit que demain on repart et que les jeunes disent Rhéal amène-moi avec toi. » Pour Mme Pharisa Jaquet « c’est au retour que je fais une grosse remise en question. Je me dis, on est chanceux et on se plaint. On a plein de choses et il y a des gens malheureux. Là-bas, ils ont à manger et elles ont le sourire, elles sont heureuses et joyeuses. Elles ont la joie de vivre. » Mme Saint-Pierre en est à son 4e voyage et elle n’a pas l’intention de s’arrêter, au contraire.

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