Actualités

Une guerre de clochers qui perdure à Dudswell

Débat Dudswell

La municipalité de Dudswell était le théâtre de l’un des deux débats à se tenir sur le territoire de la MRC à l’approche des élections municipales. Près de 125 citoyens s’étaient déplacés pour l’occasion et certains d’entre eux ont fait part de leur mécontentement envers l’administration sortante.

La politique municipale est pour le moins en effervescence à Dudswell, municipalité pour laquelle le plus grand nombre de candidats se présente à la mairie (5) et aux postes de conseillers (13) dans tout le Haut-Saint-François. Michel Blanchard, Sylvain Lafond, Daniel Lemieux, Mariane Paré et Richard Roberge font la course pour le poste de maire. Le débat était l’initiative de trois regroupements citoyens: l’Association des riverains de la rivière Saint-François (ARRSF), la Corporation des Résidents du Lac Miroir (CRLM) et l’Association Protectrice du Lac d’Argent (APLAD).

Les organisateurs avaient soumis des propositions de thèmes aux candidats pour connaitre leurs positions. Ces sujets touchaient l’environnement, avec l’accès aux plans d’eau et la gestion des déchets; le réseau routier, par le biais de son entretien et l’importante proportion (environ 30 %) de chemins privés, et le développement municipal, qu’il soit commercial, familial ou culturel.

Présent aux séances du conseil municipal depuis trois ans, Daniel Lemieux a comme objectif premier de présenter une semaine à l’avance l’ordre du jour pour susciter l’intérêt. Après huit années au siège 6, Mariane Paré souhaite continuer les dossiers touchant l’urbanisme et l’environnement. Michel Blanchard, en tant que propriétaire de la Crèmerie du Village, a à cœur le développement commercial. Richard Roberge souhaite revitaliser le secteur de Bishopton. Sylvain Lafond envisage la mise sur pied de projets utilisant les énergies solaire et éolienne.

Une voix citoyenne
« On a le gout d’un changement », de s’exprimer André Choquette, président de l’ARRSF. Marcel Tessier, vice-président de l’association, abonde dans le même sens: « Il y a de la bisbille cachée à la mairie et on est tannés. L’idée de confrontation entre candidats nous est venue suite à ça. Ça fait un mois qu’on prépare le débat. » M. Choquette indique avoir fait appel aux deux autres associations citoyennes que sont la CRLM et l’APLAD pour ensuite sonder l’intérêt des 18 candidats. « On voulait une soirée à l’image des citoyens, que le monde puisse s’exprimer. Notre richesse ici, ce n’est pas l’administration, c’est les gens. Une telle formule n’aurait pas été possible en ville. Mais c’est possible pour un village comme le nôtre. » Le débat s’ouvrait sur les présentations et programmes des 18 candidats. En deuxième partie de soirée, le public pouvait s’adresser directement aux cinq qui briguent la mairie.

Les questions abordées par les résidents variaient du compost aux taxes, en passant par la SQ et le déneigement des chemins privés. Pierre Loubier est l’un des citoyens s’étant présenté au micro. Celui-ci avait plusieurs réticences concernant l’augmentation du nombre de quads sur les routes. Le résident du chemin Macaulay, près de la route 255, dénonce le passage de jusqu’à 100 VTT lors de certaines journées d’été. Depuis 2014, le Club Quad du Haut-Saint-François a obtenu l’autorisation de circuler sur 116 km de routes publiques, en partage avec les automobilistes. Des pétitions ont été instaurées par des citoyens des chemins Hooker et Macaulay demandant à ce que les véhicules hors route demeurent loin des habitations. M. Loubier avait ensuite déposé les signatures auprès de la municipalité, qui n’en a pas fait grand cas, prétend-il. C’est en voulant faire un suivi que le citoyen a connu des difficultés d’accès à la documentation. Celui-ci a dû effectuer des demandes d’accès à l’information suivies de demandes de révision qui sont restées jusqu’à présent lettre morte.

Une division malgré la fusion
C’est le genre de comportement que signale Marcel Tessier. Il dénonce l’opacité dont a fait preuve le maire sortant Jean-Pierre Briand, à quelques reprises. « Ce n’est pas rare que des demandes répétées restent non répondues. » À son avis, un déséquilibre perdure entre Marbleton et Bishopton. La première serait privilégiée lorsque vient le temps des investissements et des infrastructures. Sans parler d’injustice, André Choquette croit que la route 112 forme une sorte de « frontière imaginaire » entre les deux secteurs. « Ça divise les gens socialement. C’est un peu comme la Basse et la Haute-Ville à Québec. »

Malgré tout, les résidents des deux secteurs de Dudswell avaient répondu en grand nombre à l’invitation au débat. Le tiers de l’assistance s’est retiré suite à la présentation des 18 candidats en première partie de soirée. Une minorité a fait part de ses mécontentements lors des questions du public. Dans l’ensemble, la soirée a permis à la foule de se familiariser avec les nombreux visages à partir desquels le prochain conseil se formera.

Article précédentArticle suivant
©2019 Journal Le Haut-Saint-François