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RURART d’hiver

L’édition hiver de RURART marquait le début d’une année 2018 qui verra se produire trois autres occurrences de l’événement. Les représentations de la mi-février se sont déroulées en deux temps à la ferme La Généreuse, de Cookshire-Eaton. Au total, environ 90 curieux de nature et d’art y ont assisté.
La plus récente édition a réuni huit artistes de disciplines variées (musique, danse, peinture, marionnettes, conte). Ceux-ci ont passé une semaine en résidence sur le site de la ferme dans le cadre d’un programme de production.

« La soirée de vendredi fut très intime », relate Amélie Lemay-Choquette. « On était une vingtaine. Ça a amené une autre dynamique. Optimalement, on vise un 30-40 personnes. »
La journée de samedi fut la plus courue alors que plus d’une soixantaine de gens étaient présents. « Le rythme était plus lent. J’ai eu des commentaires disant comme quoi certains ne voyaient pas toujours bien. Notre capacité d’accueil serait d’environ 70 et on l’a atteinte ce soir-là », se félicite l’instigatrice et la directrice artistique de RURART.

Un parcours comme nul autre
Cette huitième édition La chaleur humaine au cœur de l’hiver consistait en un trajet d’une heure et demie sur le site de la ferme La Généreuse. Le point de départ se faisait au feu de joie extérieur, à proximité de la grange de bois centenaire. Premier arrêt  : la serre pour une démonstration de danse et de chant, interprétée par Claude-Andrée Rocheleau, de Sherbrooke. Après coup, le groupe débute un périple qui lui fait traverser un verger le long duquel il croisera une peinture sur verre format géant, suspendue à la branche d’un arbre ainsi qu’une musicienne armée de son générateur de boucles musicales. Accroché sur les murs extérieurs d’une shed abandonnée, le public peut admirer une série de peintures réalisées sous zéro par Hélène Routhier, de Montréal. Avant d’entrer dans la forêt, on assiste au sommeil de lutins dérangés par un congénère malin, le tout dans du mobilier de neige.
La marche en forêt est surréelle, alors qu’on est au milieu d’un groupe de gens qui, au départ, ne se connaissent pas les uns les autres. La foule procède de manière silencieuse, guidée par les faibles lanternes des guides-artistes. Allan Hurd sort un peu de nulle part et interprète un chant puissant qui détonne d’autant plus dans la noirceur. Au sortir de la forêt, le groupe débouche dans la cour de l’un des gites du site. Sur la corde à linge est accroché un drap blanc qui servira d’écran à une saynète de théâtre d’ombres. Dans la même veine, deux autres arrêts feront miroiter au public les détails de peintures sur verre à travers lesquelles est diffusée une lumière en mouvement.

La boucle est bouclée alors que le public est invité à gagner l’intérieur de la grange, faisant office de studio. On s’y recueille une dernière fois, le temps de présenter à la clarté les rurartistes qui ont animé le sentier d’hiver et de terminer avec une prestation musicale.

Les sens en éveil
À la mi-février, les parcours débutent à la clarté pour se terminer à la noirceur. « C’est la thématique liée à la saison », explique Amélie Lemay-Choquette. « Ça transforme la réalité et on n’a pas d’autre choix que d’apprivoiser la noirceur, l’ombre. »

Le silence est également partie prenante de l’expérience RURART. « Ça nous met dans un état de réceptivité et de sensibilité face à l’environnement dans lequel on se trouve. Dans ce cas-ci, la nature est notre partenaire. C’est aussi pour ça qu’on intègre la marche et que les arrêts ne sont pas collés les uns aux autres. C’est pour laisser le temps d’assimiler. »

Pierre-Alexandre Bergeron, vivant présentement à Thetford Mines, en était à sa deuxième participation à l’événement, après l’édition de l’automne 2017. Celui-ci connaissait trois des artistes qui présentaient des performances ce soir-là. « C’est un événement dans lequel je crois beaucoup. C’est super inspirant de vivre cet échange avec les artistes qui nous partagent ce qu’ils ont fait pendant une semaine. Pouvoir vivre ça, je trouve ça formidable. »

Grâce à l’apport d’une nouvelle membre de l’équipe, en l’occurrence Marie-Noëlle Doucet-Paquin qui agit à titre de coordonnatrice, RURART repart sur les chapeaux de roues. Après avoir été un événement intermittent au fil des ans, 2018 marque son retour saisonnier. La prochaine édition a pour thème Dansons les deux pieds dans le printemps et se tiendra les 27 et 28 avril. Une quinzaine de dépôts de projets a déjà été reçue. Souhaitant augmenter la présence d’artistes de la région à ses événements, Mme Lemay-Choquette invite les intéressés à lui proposer leur candidature. La marche à suivre se trouve sur le site internet www.rurart.ca.

L’événement se tiendra beau temps, mauvais temps à même le site de la ferme La Généreuse, une ferme pionnière en agriculture bio, qui offre ses espaces intérieurs et extérieurs aux artistes en résidence.

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©2018 Journal Le Haut-Saint-François