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Regard sur la pauvreté locale

La Corporation de développement communautaire (CDC) du Haut-Saint-François projetait récemment le film Ici comme ailleurs à la Publibrairie Le Salon, à Gould, dans le canton de Lingwick. Le métrage, traitant de pauvreté en Estrie, met en vedette plusieurs intervenants, dont Édith Cournoyer et Robert Cyr, le couple fondateur du CSEP à East Angus.

Avant le début de la projection, Nicolas van Caloen, l’un des deux réalisateurs d’Ici comme ailleurs, s’est entretenu avec l’assistance pour expliquer la démarche derrière l’œuvre. « Une des choses qu’on vise avec ce documentaire, c’est de briser l’isolement au niveau de la pauvreté en montrant des gens qui partagent leur situation. En Amérique latine, les gens qui sont en situation de pauvreté, il y en a beaucoup plus et c’est plus normal. Les gens se tiennent ensemble. Ici, il y a une honte. Les gens avaient de la difficulté à parler de leur position. » Bien que filmé exclusivement en Estrie, le titre du film avait pour but de ne pas régionaliser la pauvreté. « Ce qu’on trouve ici, on peut le retrouver à plein de places dans le monde », de terminer le cinéaste.

Robert Cyr, qui a fondé et dirigé le Centre de services éducatifs populaires (CSEP) du Haut-Saint-François pendant 30 ans, en compagnie de sa conjointe Édith Cournoyer, abondait dans le même sens. « On prend pour acquis que tous les gens ont des savoirs qui sont égaux. C’est-à-dire qu’il n’y a pas un savoir qui est plus important qu’un autre. Il n’y a pas de connaissance inutile. Tout le monde contribue à un savoir collectif. […] Il y a des normes, mais elles ne sont pas bonnes pour tout le monde. Ceux qui font les normes auraient intérêt à essayer d’intégrer tout le monde. C’est pas tout le monde qui peut l’avoir son secondaire 5. Il y en a pour qui c’est inatteignable, cet objectif-là. Ça veut-tu dire qu’il faut les mettre de côté ? Ça veut-tu dire qu’ils vont être improductifs ? Il faut donner une chance aux gens de faire les choses autrement et de se réaliser autrement. »

En cours de projection, on a pu apercevoir des exemples d’une économie de l’intégration. La ferme du Coq à l’Âne de Bury fut pendant quelque temps un employeur qui accueillait des jeunes en difficulté dans ses champs dans le cadre du programme Travail d’un jour. N’existant plus aujourd’hui, le service d’emploi était dédié aux personnes en situation de marginalité, de désaffiliation sociale ou d’itinérance sur de courtes périodes. L’organisme Le Tremplin 16-30 de Sherbrooke était le mandataire du projet.

Il s’est écoulé beaucoup de temps entre la production et la diffusion du film, notamment suite à des problèmes de financement. Une des scènes se déroule à East Angus, lors de la dernière journée de travail de l’usine de papier kraft de Cascades, le 3 octobre 2014. On y aborde la difficulté pour une main-d’œuvre non spécialisée de se retrouver un emploi après un certain âge.

Ici comme ailleurs sera disponible en ligne prochainement sur les réseaux sociaux.

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