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Une 5e saison qui décoiffe comme une 5e symphonie

L’Atelier Auckland tenait récemment le vernissage de son exposition estivale 2018 qui regroupe quatre artistes locaux. Outre celles des hôtes Sylvain Dodier et Luc Pallegoix, on retrouve les œuvres de Grégoire Ferland, installé à East Angus, et de Robert Péloquin, basé à Cookshire-Eaton. Une trentaine de curieux ont pu visiter les installations du centre d’art et de nature dans le cadre d’un 5 à 7.

Le poète Sylvain Dodier a ouvert la soirée en présentant le thème de la rencontre artistique. « On vous présente une exposition qui se tisse au masculin et où se croisent et s’interpellent les œuvres de quatre artistes qui sont fascinés par le métissage des êtres, de la nature, de la matière et des mots. » La sélection d’œuvres comprend sculptures, tableaux, photographies et poésie.
Luc Pallegoix traite des chamboulements qu’a dû subir l’atelier afin d’accueillir cette cinquième saison. « C’est la révolution. Le loft devient duplex. Ça fait juste trois jours et on n’est pas encore habitués. On ouvre la troisième salle avec des peintures et des sculptures de Grégoire Ferland. Ça, c’est une grosse fierté personnelle. Je le connais depuis même pas un an. Quand même ! Il y a des nouvelles pièces de Robert Péloquin. Je suis assez content parce que ça fait deux ans que je lui demande de faire des petites pièces vendables. Des trucs pour lesquels tu n’as pas besoin de grue », lance-t-il à la blague.

Dans la salle, on croise deux quasi voisines de l’atelier. « On vient d’emménager l’année passée ici à Saint-Isidore-de-Clifton, ça fait que c’est notre première fois », résume Anne-Marie. « On s’est dit : “On va aller voir puis on va découvrir.” Et c’est sur la coche ! » De son côté, Sarah a eu un coup de cœur pour une œuvre de la série Les Petits Mondes de Luc Pallegoix. Le cliché d’un paysage d’hiver est modifié pour être arrondi et isolé au milieu du ciel bleu. Le résultat final rappelle l’image d’une planète au milieu de l’espace.

Quatre artistes aux quatre coins de l’atelier
Outre sa série de photographies de paysages «planétaires», M. Pallegoix présente aussi de nouvelles pièces pour les collections Les Beaux Garçons d’Auckland et la bien connue Cerf ectomorphe/The Queer Deer.
Grégoire Ferland, présent en région depuis une dizaine d’années, produit sculptures et tableaux. Il est installé dans l’ancienne église de la rue Saint-Jacques à East Angus, à l’ombre de l’imposante Saint-Louis-de-France. « J’avais besoin de la place. À Montréal, de la place, je pouvais pas en acheter. À East Angus, c’était possible. On n’a plus besoin de la ville, non plus parce qu’on a internet, on réduit les distances. Les collectionneurs nous suivent et se déplacent. »

Robert Peloquin sculpte des personnages. Certains d’entre eux sont inspirés de la tragédie de Lac-Mégantic. « Ce train-là, il passait devant chez moi. Souvent, je marche sur ces rails de train là. J’y ai ramassé des clous de rails. C’était dans un état épouvantable : les rails étaient lousses, le bois était pourri. Je me disais : “Un jour, il va arriver quelque chose.” J’ai été sur les lieux quelques mois après. Après les clôtures, il y avait des petits bouts de métal fondus. Ça démontrait comment le feu était intense. J’ai fait une œuvre avec ces clous et des morceaux de fer. Je suis resté bien touché par tout ça. Ça symbolise les gens dont la vie a été enlevée par cette tragédie et qui sont partis en vol. »

Sylvain Dodier s’est laissé inspiré par l’équipe d’artistes de l’été 2018 pour créer une douzaine de poèmes-tableaux. « Comme on était quatre gars, j’ai fait des textes au masculin. C’est des souvenirs, une série de taches de vie. C’est vraiment des petits secrets qu’on murmure à l’oreille. C’est écrit main et chacun est unique. Ça marche. Les gens aiment ça, ils achètent. Ça me fascine. »

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