Cahier automne

La Patrie s’unit pour combattre la mérule et sauver l’église

Depuis bientôt un an, un véritable chantier sévit autour de l’église St-Pierre de La Patrie. Un second souffle s’apprête à déferler sur l’édifice plus que centenaire avec l’aménagement du sous-sol. Il faut dire que la découverte du champignon de la mérule pleureuse, qui attaquait ce qui était auparavant un vide sanitaire, a précipité les choses.

Un champignon dans la maison du Seigneur
En décembre 2017, le gouvernement fédéral confirme l’octroi d’une subvention de 24 000 $ à la paroisse St-Joseph-des-Monts dans le cadre du programme Nouveaux Horizons pour les ainés (PNHA). À ce moment, l’idée est de commencer l’excavation du sous-sol pour éventuellement en faire une salle. On prévoit trois ou quatre ans pour échelonner les travaux et pour amasser l’argent nécessaire.

Mario Audet, le président du Conseil de gestion de l’église St-Pierre, décide alors de se rendre sur place pour prendre des mesures. « Je me suis dit : “Je vais aller voir où c’est que je commence.” »

L’imposante église n’est pas chauffée l’hiver depuis plusieurs années, sauf lors des occasions spéciales comme Noël et Pâques. Sous la nef de 600 places, on retrouve un vide sanitaire d’environ un mètre auquel on n’accède qu’une ou deux fois par année pour se rendre au réservoir à huile.
À cause de l’humidité, de l’absence de lumière et de la mauvaise circulation d’air, M. Audet y aperçoit des spores de mérule. « On pensait nous autres que c’était une catastrophe. Tout le monde avait le caquet bas. J’ai dit : “Je m’assiérai pas pour la regarder pourrir, ça c’est pas vrai !” »

3, 2, 1, action !
Rapidement, en compagnie de l’abbé Gilles Baril, le Conseil de gestion contacte des firmes spécialisées. Les experts insistent tous sur l’urgence d’agir, mais le cout de leurs services dépasse de beaucoup la capacité de la paroisse.
Mario Audet commence alors un processus qu’il répétera maintes fois au cours des mois suivants : appeler des bénévoles. Une première cohorte délimite la zone infectée et se débarrasser des matériaux touchés. « En deux jours, on a réglé le problème. Ça a couté zéro sou. Eux autres, ça aurait couté 40-45 000 $. »

En quelques mois, 140 voyages de camions 12 roues ont permis d’enlever jusqu’à 8 pieds de terre sous l’église. Trente-cinq piliers ont été renforcés et le système électrique refait. On est à construire une annexe du côté de la rue Chartier qui accueillera la future fournaise à la biomasse. Les tuyaux de celle-ci ont été coulés à même le nouveau plancher de béton qui aura couté 75 000 $, au lieu de 1 M$ prévu si les travaux avaient été exécutés par une compagnie de construction.

« On est loin du compte ! », se réjouit Mario Audet. Pour en arriver là, celui-ci a fait appel à quelque 50 bénévoles des environs qui se sont impliqués à un moment ou à un autre. Ceux-ci ont offert au total 1800 heures de travail non rémunéré. Certains, comme Gilles Langlois, 87 ans, sont présents à temps plein depuis des semaines.

Un legs pour le futur
La municipalité de La Patrie et la paroisse St-Joseph-des-Monts font des pieds et des mains pour amasser les fonds nécessaires à l’achat du prochain système de chauffage. Le Conseil de gestion ne se fera plus prendre et désire désormais chauffer l’église St-Pierre d’octobre à mai.
Une fois les travaux terminés, le nouveau sous-sol accueillera un marché aux puces. De nouvelles toilettes y seront aménagées pour recevoir le public qui viendrait assister à de possibles spectacles donnés à l’étage ou dans le nouvel espace souterrain.
Le président du Conseil ne s’en cache pas : « On veut aller chercher un revenu avec l’église, différent de la pastorale. On veut ramener les gens à l’église, mais pas de la même façon que, nous autres, on a été amené à l’église. »
On projette même de vendre les surfaces des piliers, ou colonnes, nouvellement déterrés à des familles locales qui pourraient y indiquer leur généalogie et leur historique.

La communauté de La Patrie peut se féliciter du travail accompli en près d’un an pour un projet qui était sensé de s’étaler sur plusieurs années. Mario Audet insiste sur la générosité des paroissiens qui se sont impliqués et ont mis les mains à la pâte. « C’est sérieux, mais il faut pas trop se prendre au sérieux. Quand on a fait ça, on a eu du plaisir. C’était pas une corvée. On a le droit de s’amuser ! »
On espère maintenant arriver à installer la nouvelle fournaise juste à temps pour célébrer Noël au chaud à l’église St-Pierre.

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