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Un colloque chamboulé par Dame Nature

La première tempête de neige de la saison est venue contrecarrer les plans du colloque Ruralité et diversité culturelle, qui avait lieu au Centre culturel de Weedon. Moitié moins de monde et les trois quarts des conférences étant annulées, l’organisation a su retomber sur ses pattes et offrir une journée enrichissante à la trentaine de participants.

France Lebrun, présidente de la Corporation de développement communautaire (CDC), a rebaptisé l’événement avec humour : le «chaos-lloque». Le chaos était, pour Jinny Mailhot, la directrice générale de la CDC, qui chapeautait le colloque, la réorganisation découlant des changements de plan qui s’accumulaient plus la journée avançait.

Intelligence collective
Le centre culturel a tout de même accueilli une trentaine de personnes sur les 75 prévues au départ. Outre les intervenantes locales, on retrouvait des gens de la MRC de Coaticook et même des représentants d’Impact Emploi, qui s’étaient déplacés depuis Plessisville. L’occasion était tout de même exceptionnelle : on allait traiter d’enjeux qui ne sont jamais abordés dans le Haut-Saint-François, et ce, avec des gens de l’extérieur.

Mme Mailhot a qualifié l’ambiance de magique. « On a eu une petite bulle d’échanges vraiment intéressante. Les gens ont beaucoup discuté entre eux. Il y a beaucoup de liens qui se sont faits. » La programmation initiale n’étant plus respectée, l’improvisation s’est immiscée et a soudé les gens présents. « On a utilisé nos expertises sur le contenu des autres pour développer puis apprendre ensemble », complète la DG.

Des participants issus de la diversité
S’il en est un qui n’avait pas besoin d’être convaincu de s’ouvrir sur l’autre, c’est bien Boubacar Cissé. Il est le directeur de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie (FCCE) qui, par le biais du projet Espace de la diversité, initiait l’événement.

« Ce colloque est important dans la mesure où ça permet aux intervenants du milieu de mieux connaitre les enjeux de l’immigration. Ainsi, ils seront mieux outillés pour mobiliser la communauté à l’accueil, à l’ouverture et à l’intégration des immigrants de même qu’à leur rétention dans la collectivité. » Pour M. Cissé, la question ultime demeure : « Que devons-nous faire pour que les immigrants vivent avec nous et non parmi nous ? »

La formation d’un comité à la fin de la journée avait de quoi réjouir M. Cissé. L’initiative pave la voie à un plan d’action comprenant des mesures concrètes en vue d’une meilleure ouverture du milieu. Par le passé, le directeur de la FCCE a contribué à l’adoption par la Ville de Sherbrooke d’une politique d’accueil et d’intégration des immigrants.

Weedon, municipalité multiculturelle
La tenue de l’événement à Weedon n’était pas le fruit du hasard. Le maire Richard Tanguay avait proposé la municipalité lorsqu’il a eu vent qu’un nouveau colloque se préparait. « J’avais le gout qu’on le fasse ici pour sensibiliser notre monde puis préparer le dossier MYM. Si on veut combler les emplois, on risque d’avoir un peu toutes sortes de monde qu’on va aller chercher. On n’aura pas le choix. »

M. Tanguay est d’autant plus sensibilisé à la cause qu’il a déjà été un nouvel arrivant au sein de sa communauté. Il y a une quinzaine d’années, lors de son emménagement à Weedon, il se rappelle s’être fait ouvrir les bras par le comité d’accueil de la municipalité.

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