Pour une protection accrue des ainés dans le monde numérique

Chaque année en novembre, le Conseil canadien de la sécurité (CCS) entreprend une campagne nationale de sensibilisation au mieux-être des personnes âgées, soit la Semaine nationale de la sécurité des ainés. En partenariat avec Telus Averti, le CCS s’est donné pour objectif en 2018 de mieux protéger les ainés qui naviguent sur Internet, et ce, par la diffusion d’informations et de programmes centrés sur la prévention.

De plus en plus «branchés»
Cette campagne est d’autant plus pertinente que le nombre d’internautes âgés de 65 ans et plus ne cesse d’augmenter. En effet, selon l’Enquête sociale générale de 2016 réalisée par Statistique Canada, ce nombre est passé, depuis 2013, de 65 % à 81 % chez les personnes âgées de 65 à 74 ans, et de 35 % à 50  % chez celles ayant 75 ans et plus.

Des ressources pratiques
Afin d’améliorer la sécurité numérique des ainés, le CCS mise sur des ressources éducatives et préventives, comme le programme gratuit Telus Averti Or (wise.telus.com/avertior). Ce dernier est une véritable mine d’or en matière de conseils de sécurité pour Internet et les téléphones intelligents. On y trouve notamment le Guide Telus Averti Or, qui présente entre autres les précautions à prendre lorsqu’on fait des achats en ligne et des astuces pour créer des mots de passe sécuritaires. Il est également possible de participer à des ateliers gratuits offerts en ligne ou en boutique.

Pour plus de détails sur la Semaine nationale de la sécurité des ainés, visitez le site canadasafetycouncil.org.

La Fête des récoltes vient clore la saison chaude

La troisième saison des marchés villageois du Jardin Communautaire de Sawyerville s’est conclue récemment avec la tenue de la Fête des récoltes. En plus des kiosques habituels des producteurs maraichers, une prestation musicale, un diner et la présence d’organismes communautaires sont venus bonifier l’événement.

Une belle programmation
Les enfants avaient une place de choix lors de la fête. Dès 10 h 30, la conteuse Sylvenne a présenté un récit pour les tout-petits. La Relève du Haut-Saint-François avait installé sa Zone Bout’Choux et il était possible de se faire maquiller.
Pour les plus grands, l’herboriste-thérapeute Chantal Parent présentait un atelier à 11 h 30. Les Cuisines collectives du Haut-Saint-François ont également donné un atelier de découverte du gaspacho (ou potage de légumes froid) avec les produits du marché. L’accompagnatrice de milieu anglophone, Gabrielle Joncas, était également sur place. « Je parlais avec tout le monde parce que mon mandat est pour les 0-100 ans. Si tu as quelqu’un qui se pose une question sur le jardin ou sur un producteur, je suis capable de dire ce qui se passe et en anglais. »

Un bilan satisfaisant
Un diner spécial concocté par l’équipe de bénévoles du Jardin était offert. On retrouvait au menu chili, fèves au lard et une variété de salades. La formation Sweet Poitin venait agrémenter la journée de musique traditionnelle.
La responsable du Jardin Communautaire, Chantal Bolduc, est satisfaite de la saison 2018. « De plus en plus, il y a du monde qui vient. » À part l’intérêt de la population, la météo clémente de l’été a joué pour beaucoup. « Ça a été l’abondance. »
Les Maraichers de l’or vert étaient eux aussi satisfaits de leur saison, surtout avec la construction de l’abri sur le site du Jardin. « On est vraiment contents, cette année, comment ça a été. Avec l’abri, ça donne vraiment quelque chose de permanent. C’est vraiment un bel espace. » Comme Mme Bolduc, ils ont remarqué la hausse d’affluence. « Cette année, ça a été mieux que l’année passée. On a eu plus de monde du village qui sont venus. » Certains touristes en provenance de Montréal et de Magog sont également passés par leur kiosque.

Le projet de piste cyclable sur route et de sentier pédestre le long de la rivière viendra dynamiser le secteur une fois complété. « On est dans la bonne place au bon moment », s’enthousiasme Chantal Bolduc. « L’image que ça dégage de Sawyerville, c’est qu’on veut se mettre en forme, on veut bien manger. Puis ça invite aussi des jeunes familles, des gens à venir ici. » Cette convergence d’initiatives peut mener à faire bouger les choses, de l’avis de Mme Bolduc. « C’est ça qui peut faire la différence dans un petit village comme ici. »

Santé masculine : 5 habitudes à adopter

La Fondation Movember invite les hommes à prendre leur santé en main non seulement en novembre, mais tout au long de l’année. Voici cinq excellentes façons de prendre soin de vous !

1. Bouger
Faire de l’activité physique régulièrement contribue à améliorer votre santé et à prévenir bon nombre de maladies. Choisissez un sport qui vous convient, peu importe son intensité : le yoga, le hockey, la course à pied, la natation, etc.

2. Parler
Lorsqu’ils vivent des moments difficiles, beaucoup d’hommes souffrent en silence. Vous êtes anxieux ou triste ? Parlez-en à des gens de confiance ! Vous pouvez notamment vous tourner vers un organisme à but non lucratif, un centre d’écoute ou une ressource en santé mentale de votre région.

3. S’informer
Assurez-vous de connaître vos antécédents familiaux. Vous pourrez ainsi adopter des habitudes de vie adaptées à votre condition afin de prévenir l’apparition de certaines maladies. Vous serez également en mesure d’informer votre médecin et de mieux comprendre votre santé.

4. S’entourer
Demeurez en contact avec vos amis et les membres de votre famille : cela peut vous aider à lutter contre certains troubles de santé mentale comme la dépression.

5. Consulter
Ne remettez pas votre santé à plus tard ! Si vous présentez des symptômes qui vous inquiètent, consultez immédiatement votre médecin. Un diagnostic précoce accroît considérablement vos chances de guérison. Pensez-y !

Pour en savoir plus sur la Fondation Movember et sur la santé au masculin, visitez le
ca.movember.com.

Intro-Travail – Célébrer un doublé pour la fin d’année

Intro-Travail a clôturé l’année 2017-2018 en tenant son assemblée générale annuelle pendant laquelle ont été soulignés les 30 ans de l’organisme. Le centre de services d’East Angus célébrait quant à lui ses 25 années d’existence.

Le bureau doyen est situé à Lac-Mégantic et englobe également le Carrefour jeunesse-emploi, alors qu’à East Angus, le CJE et Intro-Travail sont deux entités séparées. Œuvrant sur deux territoires, la direction d’Intro-Travail était fière de rappeler que ce sont plus de 14 000 personnes qui ont eu recours aux services de l’organisme au fil des ans par le biais de ses programmes, projets et mesures en emploi et en orientation. Dans le même ordre d’idées, 44 membres du conseil d’administration et 106 employés, stagiaires et bénévoles se sont succédé pour mener à bien la mission de développement de l’employabilité.
Dans la région, Intro-Travail collabore avec différents partenaires du milieu. Il participe entre autres aux activités du Continuum de services du Haut-Saint-François ainsi qu’à celles du CAMO éducation/formation.

« L’organisme est fier de pouvoir compter sur une équipe proactive, des partenaires axés sur les solutions, un conseil d’administration soucieux de continuer à travailler dans le respect de la mission et des bailleurs de fonds qui ont confiance en la capacité de l’organisme à répondre aux besoins diversifiés de la clientèle et en sa volonté d’atteindre les objectifs fixés », mentionne Nathalie Gervais, directrice générale.

Travailleuse de rang – Une ressource nécessaire

Selon les experts, la moitié des producteurs agricoles vivent un fort niveau de détresse psychologique, comparativement 1 sur 5 dans la population québécoise en général. Pour contrer cette situation, l’UPA-Estrie avec différents partenaires a procédé à l’embauche d’une travailleuse de rang, Caroline Poulin.

En poste depuis quelques semaines et originaire de l’Estrie, Mme Poulin connait bien le milieu agricole. Détentrice d’un baccalauréat en travail social, elle a œuvré pendant 13 ans dans le réseau de la santé et des services sociaux en plus de posséder l’expérience du secteur communautaire. L’intervenante a travaillé sur l’ensemble du territoire estrien, dont celui du Haut-Saint-François. « J’ai couvert tout le territoire de l’Estrie à travers ma pratique durant les 13 dernières années, je connais bien le milieu », d’exprimer la travailleuse de rang.

Mme Poulin sera intervenante psychosociale en milieu agricole. Son rôle consiste à faciliter la prise de conscience et l’identification des problématiques vécues par les agriculteurs et leur famille. Par son intervention, elle contribuera à réduire les risques d’apparition de problèmes tels que l’isolement, la dépression, la toxicomanie et la violence. Elle pourra également apporter un soutien particulier lors des étapes charnières de l’entrepreneuriat agricole, comme le démarrage, les grands changements vécus dans l’entreprise, la réflexion menant à un transfert de ferme ou à la fin de carrière de producteur agricole. « Le rôle du travailleur de rang, explique Mme Poulin, est d’aider le producteur à trouver les ressources dont il a besoin, que ce soit dans le réseau communautaire, dans le réseau public de la santé ou encore auprès de services privés. » Mme Poulin embrasse sa nouvelle carrière avec enthousiasme. « Moi, je suis une intervenante de terrain. J’aime ça sortir des bureaux, aller rencontrer les gens. Ça colle aussi beaucoup à mes valeurs personnelles de ce que je connais, dans ce que j’ai grandi. J’étais rendue là. J’avais envie d’un changement. »

La nouvelle travailleuse de rang reconnait que le premier défi sera de se faire connaitre des producteurs. « Pour ça, je vais participer aux différents comités qui peuvent avoir lieu, que ce soit les syndicats de l’UPA, que ce soit les GMF, les organisateurs communautaires dans les CLSC. Aussi, je prévois prendre ma voiture et aller me promener dans les rangs en campagne, aller me présenter aux producteurs, offrir mes services s’ils en ont besoin. Suite à ça, quand on aura des demandes, des appels, mon travail sera de me déplacer, de les rencontrer, de déterminer c’est quoi les besoins, ce que je peux faire pour aider et au besoin, les référer vers d’autres professionnels. » Mme Poulin ajoute que son type d’intervention sera individuel ou familial, dépendamment des problématiques. Quant à l’horaire de travail, la travailleuse de rang mentionne « en principe, c’est quatre jours semaine, mais je suis bien consciente que ça va aller selon l’horaire des producteurs. Je vais m’adapter. » Du même souffle, celle qui dépendra de l’organisme Au Cœur des familles agricoles (ACFA) mentionne qu’une ligne 24/7 est disponible pour les producteurs qui en sentiraient le besoin.

Haut-Saint-François
Les producteurs du Haut-Saint-François auront un accès gratuit au service. Heureux de cette nouvelle ressource, Henri Lemelin, président du Syndicat local de l’UPA du Haut-Saint-François, mentionne que la situation chez les producteurs d’ici « n’est pas pire qu’ailleurs. » Il ajoute que les producteurs à l’ensemble de l’Estrie traversent la même chose. « Nos producteurs vivent une insécurité au niveau économique. Depuis des années et des années, on dit que les quotas vont disparaitre. Le jeune quand il rencontre son banquier et qu’il lui demande : ça va tu durer ces gestions de l’offre là ? Pis là, on vient d’avoir la preuve que c’est pas si durable que ça. Avec tout ce qui se passe, les producteurs vivent un stress grandissant au niveau socio-économique. »
« Le problème qu’on a avec les producteurs, les productrices, c’est qu’ils sont isolés. Souvent, tu vas travailler en usine, tu vas ventiler en discutant avec un collègue de travail. Nous, sur le terrain, les voisins sont loin des fois. Les producteurs sont fiers, sont orgueilleux. Ils veulent pas trop en parler non plus. C’est pas facile de rentrer chez soi le soir et de ne pas penser aux problèmes du travail quand tu demeures dans le même environnement 24/24. L’isolement fait en sorte que ça devient de plus en plus important d’avoir quelqu’un sur le terrain », d’exprimer Lynne Martel-Bégin, productrice dans le Haut-Saint-François et vice-présidente de l’UPA-Estrie. Pour cette dernière et M. Lemelin, le fait que l’intervenante soit de l’extérieur et qualifiée, ça sera plus facile pour le producteur de se confier. « Le producteur qui va sentir un climat de confiance va se laisser aller », d’exprimer Mme Martel-Bégin tout en ajoutant avoir déjà rencontré un producteur en détresse alors qu’elle se sentait désarmée devant pareille situation.

« On cherchait le moyen pour qu’ici en Estrie, il y ait une travailleuse de rang. On s’est mis à la tâche avec les MRC, autres partenaires, pour trouver le financement pour les trois prochaines années », d’exprimer M. François Bourassa, président de l’UPA-Estrie. D’ailleurs, la récente activité-bénéfice Bières et fromages, tenue récemment au Centre de foires à Sherbrooke, a récolté plus de 25 000 $ permettant d’obtenir le financement nécessaire de 215 000 $ sur trois ans. Évidemment satisfait, M. Bourassa précise « dans un monde idéal, on devrait pas avoir besoin d’une travailleuse de rang. Moi, je souhaite que la situation économique soit bonne. »

La travailleuse de rang relève de l’organisme Au cœur des familles agricoles (ACFA) qui apporte la formation, l’administration et la gestion. L’OBNL, explique le directeur général, René Beauregard, existe depuis 2003. Il a pour objectif d’aider les agriculteurs. L’ACFA, ajoute-t-il, se positionne comme aide et référence en milieu agricole et fournit un soutien qui varie selon l’urgence de la demande. L’organisme vise à créer des conditions propices à une meilleure qualité de vie pour les agriculteurs. Il est axé sur la cellule familiale. Présentement, l’ACFA compte 5 travailleurs de rang sous son aile et travaille avec deux autres en partenariat.

M. Beauregard mentionne que plus de 60 % de la clientèle sont des hommes et 70 % des interventions sont menées auprès des producteurs laitiers. Selon ce dernier, les problèmes rencontrés sont multifactoriels, mais ceux d’ordre financier constituent la goutte qui fait ressortir tous les problèmes refoulés. « Le producteur, il va demander de l’aide quand il est rendu au bout. Rendu là, il faut lui donner toute l’aide possible », de conclure M. Beauregard.

Restaurant des Cantons à Weedon – Les propriétaires investissent 400 000 $

Satisfaits de la réponse et de la fidélité de sa clientèle, les propriétaires du Restaurant des Cantons situé sur la 2e Avenue à Weedon, Serge Roy et Johanne Lisée, ont tellement confiance en l’avenir qu’ils n’hésitent pas à investir 400 000 $ dans leur établissement, et ce, seulement deux ans après en avoir fait l’acquisition.

Ce qui devait être un petit projet de couple au départ, notamment pour le propriétaire du restaurant Le Dauphin à Sherbrooke, est en voie de prendre des proportions plus importantes. Les promoteurs ont complètement démoli l’ancien restaurant, conservant qu’une partie de plancher et la terrasse. Avec la nouvelle construction qui s’achève, l’établissement aura pratiquement doublé sa capacité d’accueil, passant de 40 à 80 places, plus une trentaine sur la terrasse. Le sympathique couple a confiance en sa clientèle et l’avenir de la municipalité. « En région ici, il y a quand même un bon bassin de population. Un bassin de 3 000 à Weedon, plus les petits villages autour. C’est un village qui est très touristique toutes les saisons. L’été, c’est les chalets, campings, motos, décapotables qui passent ici. Après ça, il y la chasse à l’automne et l’hiver la motoneige et les quadistes. Il n’y a pas de période pour dire où c’est vraiment plate. La route 112 passe ici et va encore passer ici pour des années. C’est une des raisons, la 112. Weedon, c’est une ville centre un petit peu. Les gens vont partir de Marbleton, de Lingwick pour faire des choses à Weedon. Il y a une belle dynamique ici. On regarde les commerces, il y a de belles entreprises, c’est dynamique », d’exprimer M. Roy sous le regard approbateur de sa conjointe, originaire de Weedon. Mme Lisée connait bien le restaurant pour avoir grandi devant.

M. Roy rappelle que l’acquisition du Restaurant des cantons est un projet de fin de carrière que sa femme et lui voulaient réaliser. Il précise qu’à Weedon « c’est elle la maître d’œuvre. Moi, je joue le second rôle. Quand on a acheté, on s’est dit on va voir ce qu’on fait, est-ce qu’on rénove, agrandi ou reste ça comme ça. Ça pas pris de temps, on s’est rendu compte que ça allait bien. On a pratiquement doublé le chiffre d’affaires la première année. » Pour y arriver, les propriétaires ont élargi les heures d’ouverture à sept jours semaine et aménagé une terrasse extérieure dès la première saison. Après ça, « on s’est dit on donne le coup, ça vaut la peine, il y a l’air d’avoir un bon marché. »

Philosophie
Pour les propriétaires, le restaurant n’est pas qu’une place d’affaires, au contraire, ça doit être un lieu de rendez-vous. « On est dans un village ; il faut avoir du plaisir avec ces gens-là. Ce qu’on veut, c’est que ce soit les employés, nous autres, les clients, on est là pour s’amuser. Il faut que ce soit agréable, convivial. C’est un lieu de rendez-vous. Les gens viennent prendre un café le matin, ça jase et reviennent le soir. Faut qu’ils soient comme chez eux. Pour l’employé, on veut qu’il s’informe de ses clients, savoir comment ça va, son nom. On veut créer un contact humain qu’on ne retrouve pas dans un gros restaurant. On aime que nos clients soient reconnus par nos serveuses. Les gens aiment ça. On veut que les gens se disent, on relaxe, on mange bien, c’est confortable et ça va être beau, on le souhaite, lancent-ils en riant. » Le couple désire que cette ambiance soit également ressentie par les nombreux clients de passage. M. Roy mentionne qu’il est étonnant de voir ce que la route 112 peut apporter comme clientèle. « Durant la dernière année, j’ai compté 14 nationalités différentes. Les clients qui débarquent à Montréal, c’est pas Montréal qu’ils veulent voir, c’est les petits villages, les petites routes. » À titre d’exemple, il mentionne des clients provenant de Toronto, de l’Allemagne, la France, l’Égypte, la Chine, la Belgique et autres.

Projet
Interrogé à savoir si l’arrivée de l’entreprise MYM avait influencé leur prise de décision, M. Roy est catégorique « absolument pas. Quand on a acheté le restaurant, on savait pas que le projet existait. Qu’il soit là ou non, on faisait le projet pareil. » À la question, pourquoi investir 400 000 $ « On veut faire un endroit agréable et tant qu’à faire, on l’a pas fait à moitié. Donc, on a reconstruit de A à Z. On a gardé juste le sous-sol et la moitié de la fondation. Le reste tout est neuf. Je pense que la clientèle de Weedon et des environs mérite bien une place comme ça ici. On veut que les gens soient fiers de venir chez nous. On voulait faire quelque chose de beau », d’exprimer avec fierté M. Roy.

Le nouveau restaurant aura une salle à manger de 80 places permettant de recevoir des groupes. Évidemment, tout le mobilier sera changé. « On veut que ce soit confortable. On va avoir plusieurs banquettes, c’est très recherché. » Par ailleurs, la clientèle qui appréciait prendre leur café ou déjeuner au comptoir en échangeant avec les autres pourra continuer à le faire puisque les propriétaires aménageront un comptoir pouvant accueillir 11 personnes. Parmi les améliorations qui seront apportées, M. Roy admet que cela puisse sembler négligeable pour certains, mais un vestibule sera aménagé afin de permettre aux motoneigistes, entre autres, de déposer leur casque et effets. « Je fais de la motoneige et je sais ce que ça peut représenter », d’exprimer M. Roy. Quant au menu, il semble déjà très apprécié alors les propriétaires n’y feront aucune modification pour l’instant, peut-être plus tard. Mme Lisée souligne l’excellence et la variété du menu. « Une personne peut manger un filet de saumon et l’autre en face une poutine », précise-t-elle. Toutefois, une nouveauté s’ajoutera puisque les propriétaires songent à instaurer un service de livraison à court terme.

Phase II
Les propriétaires sont tout feu tout flamme puisqu’ils songent déjà à une phase II. Elle consiste à faire la construction d’une auberge de six à 12 chambres. Le bâtiment sera annexé au restaurant. Ils songent à offrir un lieu d’accueil pour les travailleurs temporaires qui viendront à Weedon ou notamment les quadistes et motoneigistes. « Ils pourront prendre leur douche et traverser au restaurant, en pied de bas » de lancer en riant M. Roy. Le projet, si tout va bien, pourrait s’amorcer à l’automne 2019.

Le couple nourrit de beaux projets à Weedon. Leur objectif est d’être utiles à la collectivité en offrant de nouveaux services de qualité ainsi qu’un endroit accueillant et chaleureux.

Protéger la nuit une conférence à la fois

En devenant la première à être certifiée par l’International Dark-Sky Association, la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM) a développé une expertise enviable au cours de ses onze années d’existence. C’est ce bagage de connaissances auquel ont fait appel deux conférences internationales portant sur le ciel étoilé et l’éclairage artificiel. La première, au Maroc, vient de se terminer, alors que la seconde débutera dans quelques jours à Salt Lake City aux États-Unis. Deux représentants de notre Réserve locale s’y rendront pour prendre la parole.

Sébastien Giguère, le coordonnateur scientifique de l’ASTROLab du parc national du Mont-Mégantic, reconnait que la Réserve jouit d’une réputation enviable. « D’abord parce que c’est la première, ensuite parce qu’il y a un maillage très grand avec la région et les municipalités. La réputation de la Réserve est aussi à cause du leadership exercé en termes de conversion d’éclairage, de réglementation, de sensibilisation. »

Salt Lake City, É.-U.
Sa présentation lors de la 5e Conférence internationale sur l’éclairage artificiel de nuit portera d’ailleurs sur les liens qu’entretient la Réserve avec la communauté. « Sans l’appui massif de la région, des citoyens, des élus, des professionnels et des commerçants, on n’aurait pas pu la faire [la RICEMM] puis on aurait de la misère à assurer sa pérennité. C’est jamais acquis. On est toujours en train de travailler là-dessus évidemment. »
Deux jours plus tard, le 14 novembre, son collègue Rémi Boucher, coordonnateur scientifique de la RICEMM, présentera l’évolution du ciel étoilé au-dessus de la Réserve. Il s’agira plus précisément d’un bilan des mesures d’évolution de la pollution lumineuse.

Les conclusions sont très satisfaisantes. « La Réserve est en bonne santé », se réjouit M. Boucher. « Ce qui prouve que les mesures mises en place, ça marche. Malgré l’augmentation de la population [environ 9 % sur 10 ans], on réussit à garder un très, très beau ciel au mont Mégantic. »

Pour tous les gouts
Sébastien Giguère trouve intéressant le côté multidisciplinaire de la conférence en sol états-unien. « C’est très intéressant parce qu’il y a des gens de tous les milieux. C’est pas juste des astronomes puis des physiciens qui mesurent le ciel étoilé. Il y a des gens en écologie, des médecins, des urbanistes, des ingénieurs qui vont être là. Ça permet de mettre en lien tous ces gens-là ensemble, puis de mettre en commun les connaissances. »
Cette diversité dans la représentation des disciplines démontre bien l’ampleur qu’a prise la problématique de l’éclairage artificiel extérieur. « Depuis les années 2000, il y a vraiment eu une prise de conscience que les impacts de la pollution lumineuse étaient beaucoup plus larges que la disparition du ciel étoilé. »

« Ça reflète un peu le processus que, nous-mêmes, on a suivi », poursuit M. Giguère. « Au début, l’objectif de la Réserve était de protéger la viabilité scientifique de l’Observatoire. Et ça reste évidemment l’objectif central. Je dis des fois qu’on est passé de protéger l’Observatoire et les étoiles à protéger la nuit de façon plus large. »

Marrakech, Maroc
C’est également le constat que souhaitait partager Rémi Boucher lors des conférences qu’il a prononcées à l’Atelier international sur la pollution lumineuse qui s’est tenu fin octobre à Marrakech. « Des fois, les astronomes ont tendance à penser juste à leur observatoire et à leurs observations. Je voulais agrandir ça comme perspective. »

Le Maroc souhaite instaurer la première réserve de ciel étoilé en Afrique du Nord et celle qui deviendrait la plus grande. À l’heure actuelle, c’est celle du Mont-Mégantic qui est la plus vaste avec un rayon de 50 km.

« Je dirais que la contribution de notre Réserve, c’est de leur donner des outils puis un peu une idée dans quoi ils s’embarquent et de quelle manière ils devraient s’embarquer là-dedans aussi », poursuit M. Boucher. Dans le cadre de ce symposium, la RICEMM était invitée à titre de présentatrice principale et M. Boucher a donné deux conférences.

Autant pour l’événement passé que celui à venir, Sébastien Giguère voit ces occasions d’un bon œil. « Ça va nous permettre d’entretenir notre leadership puis de partager notre expérience autant en termes de mesure qu’en termes sociopolitiques. »

Bien qu’ayant une longueur d’avance dans le domaine, la Réserve ne se contente pas que de livrer son savoir. Elle effectue un échange avec de l’expertise extérieure. « Nous, on va chercher beaucoup de choses quand même », admet M. Giguère. « C’est toujours plaisant de rencontrer des gens sur d’autres projets dans le monde. C’est nourrissant pour nous aussi. »

Internet haute vitesse – Branché partout peut-être d’ici 2023

Il en a été largement question au cours de la dernière campagne électorale, le branchement Internet haute vitesse (IHV) à l’ensemble du Québec, particulièrement en milieu rural, semble important aux yeux du gouvernement du Québec. Il en est de même pour celui du Canada.
Dans notre cour, l’OBNL Communication Haut-Saint-François avec la collaboration de la MRC travaille activement depuis plusieurs mois à élaborer une desserte en fibre optique pour l’ensemble du territoire. Le projet d’envergure pourrait nécessiter un investissement variant entre 20 et 30 M$. Le président de l’organisme et maire de Weedon, Richard Tanguay, admet « c’est très gros comme projet », mais ajoute du même souffle que c’est réalisable. « Oui, j’y crois. Il y a des régions qui y ont rêvé et sont en train de le mettre en place. Pourquoi on serait pas capable ? »

Pour y arriver, M. Tanguay compte sur les programmes de subventions existants et les prochains qui devraient être annoncés par les deux paliers de gouvernements. « L’objectif est d’aller chercher le maximum de subvention et que le reste du projet s’autofinance. » Le président de l’organisme croit qu’il est possible d’obtenir des subventions pouvant couvrir de 75 % à 80 % des couts. « Le gouvernement fédéral et le provincial devraient sortir de nouveaux appels de projets. » Pour le reste, M. Tanguay croit que l’OBNL pourrait contracter un emprunt qui s’autofinancera à partir des abonnements.

Projet
Danielle Jean, conseillère en communication et gestion de projets au CLD du HSF, mentionne que le but premier est de desservir les zones mal ou non desservies sur le territoire. Pour y arriver, l’organisme favoriserait « un projet de fibre optique connecté à la maison parce que c’est quelque chose qui va garantir que les gens vont avoir un service de qualité avec une bonne performance. » Le service de téléphonie fait également partie du décor, laisse-t-elle entendre.

Mme Jean admet que le branchement par fibre optique est l’option favorisée, mais pour déterminer s’il est possible de se l’offrir, l’organisme aura des devoirs à faire et des demandes de financement à déposer dans divers programmes.

Étapes
Il y a plusieurs étapes à franchir avant d’avoir la coupe aux lèvres. D’abord, explique Mme Jean, il faudra faire une étude préliminaire. Cette première étape sera confiée à une firme spécialisée. Présentement, l’ensemble du territoire est desservi de trois façons différentes, soit un réseau intermunicipal de fibres optiques, de quatre réseaux FTTH et de 22 tours de transmission wi-fi. La firme, retenue, devra dresser le portrait de la desserte actuelle, les forces, les faiblesses, les zones mal ou pas desservies. « C’est là qu’on va en profiter pour déterminer où la téléphonie cellulaire ne se rend pas », précise Mme Jean. À cela s’ajouteront les secteurs à desservir et un plan d’affaires. Lors de son évaluation, les professionnels auront à déterminer s’il est possible de mettre à profit le réseau de fibre intermunicipale. « On va demander si les brins disponibles sont capables de prendre le trafic qu’on va lui demander et si on peut le connecter. On a besoin d’avoir quelque chose capable de se connecter partout », d’ajouter Mme Jean. L’étude devra permettre également de déterminer le coût et « si c’est trop coûteux apporter la fibre, est-ce qu’on peut amener une technologie alternative ? L’étude préliminaire va nous dessiner ça plus clairement », exprime-t-elle.

Pour réaliser cette étude, l’organisme prévoit un montant de 125 000 $. Une demande d’aide financière de 100 000 $ est déjà déposée auprès du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) alors que les municipalités contribuent également à la hauteur de 25 000 $ par le biais du Fonds de développement local et régional (FDLR). Au moment d’écrire ces lignes, les intervenants attendaient une réponse du FARR. M. Tanguay se montre confiant d’obtenir une réponse positive et assure que le projet est prêt à aller de l’avant.

La seconde étape sera de réaliser une étude d’ingénierie préliminaire. Le consultant devra préparer les devis pour l’ingénierie détaillée et l’installation selon le scénario retenu. Mme Jean précise que le tout devra être conforme aux exigences des critères d’admissibilité des divers programmes de subventions fédéraux et provinciaux. Le montant de 125 000 $ devrait couvrir ces études préliminaires avec la préparation des cahiers de charge pour les subventions et l’appel d’intention en vue de conclure un partenariat avec des fournisseurs d’IHV pour les différents services et/ou pour l’entretien du réseau. Mentionnons que la Ville de East Angus est déjà desservie en IHV, elle ne fera donc pas partie de la desserte prévue.

M. Tanguay assure que l’organisme Communication Haut-Saint-François vise à implanter un service efficace à cout abordable pour les citoyens. Ce dernier souhaite que la réalisation du projet soit complétée à moyen terme, c’est-à-dire dans une fourchette de trois à cinq ans.

Deux femmes qui brassent affaires et bières

L’ouverture de la Brasserie rurale 11 comtés et du restaurant Le Cuisinier déchainé sur un même site a créé une petite révolution à Cookshire-Eaton et dans la région, l’été dernier. Derrière les deux établissements se trouvent deux femmes en or qui n’ont pas peur de porter plusieurs chapeaux simultanément.

Copines d’école
Emilie Fontaine et Julie Myre-Bisaillon se sont rencontrées à l’Université de Sherbrooke lorsque la première est venue cogner à la porte de la seconde afin de dénicher une directrice d’essai pour sa maitrise en éducation. « Ça a cliqué. J’ai embarqué dans ses projets de recherche », se remémore Mme Fontaine. Suite à la maitrise, la professeure Myre-Bisaillon encourage l’étudiante à poursuivre au doctorat.

Les deux femmes se lient entretemps d’amitié, autant pendant des congrès outre-mer dans le domaine de l’éducation que lors de festivals de bière. C’est qu’Emilie Fontaine a commencé à s’impliquer dans un nouvel estaminet qui vient de voir le jour à Sherbrooke : le Boquébière. Julie Myre-Bisaillon ne lui en tient pas rigueur : « Ça forme des liens qu’on n’oubliera jamais, les festivals de bière. »

Mme Fontaine ne fait pas officiellement partie de l’équipe du Boq (pour les intimes). C’est plutôt son conjoint Sébastien Authier, l’un des fondateurs, qui l’amène à s’intéresser au domaine. « J’étais la femme derrière l’homme. Un moment donné, je me suis rendu compte que j’avais des conseils puis des prises de décision qu’eux n’avaient pas. L’idée d’avoir ma propre microbrasserie est embarquée là-dedans. »

Originaire de Weedon et ayant grandi sur la ferme laitière familiale, Emilie Fontaine avait le Haut-Saint-François tatoué sur le cœur. Revenir y établir une entreprise était pour elle une priorité. Dès 2013, elle se met à travailler sur le plan d’affaires de la future brasserie rurale. Avec ses quatre jeunes enfants, Mme Fontaine abandonne le doctorat, mais poursuit ses charges de cours à la faculté.

Un foodtruck immobile
« Quand ils ont dit “On installe la micro à Cookshire”, on disait “Ça prend une place pour manger” », se remémore Julie Myre-Bisaillon. Celle-ci a rencontré son conjoint, Yannick Côté, par l’intermédiaire d’une amie d’Emilie… au Boquébière. Vivant au départ à proximité de son travail de professeure titulaire à l’Université de Sherbrooke, Mme Myre-Bisaillon a fait le saut en région en allant s’établir sur la ferme du Jardinier déchainé, près de l’ancien hameau d’Eaton Corner.

« Dans nos projets, c’était vraiment plus tard, moi puis Yannick, l’idée d’un bistro ou d’une cuisine déchainée », voire à la retraite, confie Mme Myre-Bisaillon. Néanmoins, les deux couples Myre-Bisaillon-Côté et Fontaine-Authier affectionnent le même type de microbrasseries de la côte est américaine, souvent flanquées d’un foodtruck. « Ces endroits-là sont fréquentés par une clientèle très hétéroclite. Tout le monde est bienvenu », mentionne l’enseignante.

Après quelques discussions, le projet de double entreprise prend forme. « C’est parce que c’était des amis qu’on a embarqué là-dedans. On n’aurait pas pris de risques avec des gens qu’on ne connaît pas. On n’aurait pas fait ça avec personne d’autre qu’eux », précise Emilie Fontaine.

Si la microbrasserie s’annonce pour être l’aboutissement d’un travail de longue haleine parsemé d’embûches, le restaurant se fera en l’espace de quelques mois. « Ça a été tout un démarchage parce qu’il n’y a personne qui prête de l’argent pour ouvrir un resto », se remémore Julie Myre-Bisaillon. Finalement, la Financière agricole accepte de s’impliquer dans le projet à condition que le restaurant soit mobile, en cas de flop, d’où son allure de camion de rue.

Embarquer sur un train en mouvement
Le 28 juin 2018, l’ouverture de la brasserie rurale et de la table locale se concrétise. « La réponse a été bonne dès la première fin de semaine », relate Emilie Fontaine. « On a affiché complet presque tout l’été, les vendredis et samedis », s’étonne encore Julie Myre-Bisaillon. Celle-ci devait même souvent refuser des gens. « Et on n’a pas fait de publicité ! »

« Je suis pas une femme d’affaires à la base », poursuit Mme Myre-Bisaillon. « Quand on s’est lancé là-dedans, on s’attendait à ce que ce soit un petit projet. C’était supposé être un petit passe-temps tranquille, cette affaire-là ! » Le plan d’affaires de la copropriétaire et de son conjoint prévoyait de 50 à 60 repas par jour et 2 ou 3 employés à gérer. « Du jour au lendemain, on s’est retrouvé avec 12 employés ! Cet été, je suis devenue une femme d’affaires ! »

De son côté, Emilie Fontaine avoue ne pas avoir beaucoup dormi pendant la belle saison. « Mais chaque matin que je me suis levée pour venir ici, c’était du pur bonheur. Même si j’enchainais des 48 heures en quatre jours, c’était le cœur complètement léger versus d’autres emplois que j’ai pu occuper dans ma vie. »

Mme Fontaine savait dans quoi elle s’embarquait. « Mes habiletés de femme d’affaires ; tout vient de mon éducation à la ferme, d’avoir vu mes parents gérer des entreprises. » Ceux-ci ont fait figure de précurseurs dans le domaine laitier en étant parmi les premiers en Estrie à utiliser des robots de traite. « Mes parents ont toujours eu une vision, même s’ils ont fait rire d’eux à une certaine époque. Je leur dois tout. »

D’ici la seconde année d’activités du restaurant Le Cuisinier déchainé, Julie et Emilie avouent qu’elles s’ennuieront l’une de l’autre. La première se tiendra occupée avec son emploi à l’Université de Sherbrooke. Quant à la seconde, elle procédera à la mise en place de l’usine brassicole en vue de la mise en canettes et d’une distribution des produits 11 comtés à travers la province.

Elle est confiante face à l’avenir. « C’est trippant parce que c’est le début de quelque chose. On est à peine dans les premiers balbutiements de quelque chose d’extraordinaire. »

La Patrie s’unit pour combattre la mérule et sauver l’église

Depuis bientôt un an, un véritable chantier sévit autour de l’église St-Pierre de La Patrie. Un second souffle s’apprête à déferler sur l’édifice plus que centenaire avec l’aménagement du sous-sol. Il faut dire que la découverte du champignon de la mérule pleureuse, qui attaquait ce qui était auparavant un vide sanitaire, a précipité les choses.

Un champignon dans la maison du Seigneur
En décembre 2017, le gouvernement fédéral confirme l’octroi d’une subvention de 24 000 $ à la paroisse St-Joseph-des-Monts dans le cadre du programme Nouveaux Horizons pour les ainés (PNHA). À ce moment, l’idée est de commencer l’excavation du sous-sol pour éventuellement en faire une salle. On prévoit trois ou quatre ans pour échelonner les travaux et pour amasser l’argent nécessaire.

Mario Audet, le président du Conseil de gestion de l’église St-Pierre, décide alors de se rendre sur place pour prendre des mesures. « Je me suis dit : “Je vais aller voir où c’est que je commence.” »

L’imposante église n’est pas chauffée l’hiver depuis plusieurs années, sauf lors des occasions spéciales comme Noël et Pâques. Sous la nef de 600 places, on retrouve un vide sanitaire d’environ un mètre auquel on n’accède qu’une ou deux fois par année pour se rendre au réservoir à huile.
À cause de l’humidité, de l’absence de lumière et de la mauvaise circulation d’air, M. Audet y aperçoit des spores de mérule. « On pensait nous autres que c’était une catastrophe. Tout le monde avait le caquet bas. J’ai dit : “Je m’assiérai pas pour la regarder pourrir, ça c’est pas vrai !” »

3, 2, 1, action !
Rapidement, en compagnie de l’abbé Gilles Baril, le Conseil de gestion contacte des firmes spécialisées. Les experts insistent tous sur l’urgence d’agir, mais le cout de leurs services dépasse de beaucoup la capacité de la paroisse.
Mario Audet commence alors un processus qu’il répétera maintes fois au cours des mois suivants : appeler des bénévoles. Une première cohorte délimite la zone infectée et se débarrasser des matériaux touchés. « En deux jours, on a réglé le problème. Ça a couté zéro sou. Eux autres, ça aurait couté 40-45 000 $. »

En quelques mois, 140 voyages de camions 12 roues ont permis d’enlever jusqu’à 8 pieds de terre sous l’église. Trente-cinq piliers ont été renforcés et le système électrique refait. On est à construire une annexe du côté de la rue Chartier qui accueillera la future fournaise à la biomasse. Les tuyaux de celle-ci ont été coulés à même le nouveau plancher de béton qui aura couté 75 000 $, au lieu de 1 M$ prévu si les travaux avaient été exécutés par une compagnie de construction.

« On est loin du compte ! », se réjouit Mario Audet. Pour en arriver là, celui-ci a fait appel à quelque 50 bénévoles des environs qui se sont impliqués à un moment ou à un autre. Ceux-ci ont offert au total 1800 heures de travail non rémunéré. Certains, comme Gilles Langlois, 87 ans, sont présents à temps plein depuis des semaines.

Un legs pour le futur
La municipalité de La Patrie et la paroisse St-Joseph-des-Monts font des pieds et des mains pour amasser les fonds nécessaires à l’achat du prochain système de chauffage. Le Conseil de gestion ne se fera plus prendre et désire désormais chauffer l’église St-Pierre d’octobre à mai.
Une fois les travaux terminés, le nouveau sous-sol accueillera un marché aux puces. De nouvelles toilettes y seront aménagées pour recevoir le public qui viendrait assister à de possibles spectacles donnés à l’étage ou dans le nouvel espace souterrain.
Le président du Conseil ne s’en cache pas : « On veut aller chercher un revenu avec l’église, différent de la pastorale. On veut ramener les gens à l’église, mais pas de la même façon que, nous autres, on a été amené à l’église. »
On projette même de vendre les surfaces des piliers, ou colonnes, nouvellement déterrés à des familles locales qui pourraient y indiquer leur généalogie et leur historique.

La communauté de La Patrie peut se féliciter du travail accompli en près d’un an pour un projet qui était sensé de s’étaler sur plusieurs années. Mario Audet insiste sur la générosité des paroissiens qui se sont impliqués et ont mis les mains à la pâte. « C’est sérieux, mais il faut pas trop se prendre au sérieux. Quand on a fait ça, on a eu du plaisir. C’était pas une corvée. On a le droit de s’amuser ! »
On espère maintenant arriver à installer la nouvelle fournaise juste à temps pour célébrer Noël au chaud à l’église St-Pierre.

La polyculture pour des villages vivants

Une centaine de personnes sont attendues au colloque Ruralité et diversité culturelle au Centre culturel de Weedon, le 16 novembre prochain. L’événement, organisé par la Corporation de développement communautaire (CDC) du Haut-Saint-François, réunira une quinzaine de panélistes et de spécialistes.

Pareil, pas pareil
L’organisme avait tenu le colloque sur la diversité sexuelle et de genre en ruralité à l’automne 2016. Bien que le thème soit différent cette fois-ci, la formule demeure semblable. « Dans le fond, on pourrait les appeler la série des colloques ou des initiatives sur la diversité », résume Jinny Mailhot, la directrice générale. « Les deux colloques partent avec l’idée de démystifier. »

La Corporation de développement communautaire lutte contre la pauvreté et la marginalisation des gens. Le Haut-Saint-François étant un milieu rural, « on n’a pas les organismes régionaux qui sont spécifiques à ces enjeux-là » comparativement à une ville comme Sherbrooke, poursuit Mme Mailhot. « Nous, on s’est dit “On va travailler ces enjeux-là sous l’angle rural, mais pour notre monde avec notre monde.” »

Audace, solidarité, égalité
Suite au succès du premier colloque et avec la volonté du Collectif territorial du Haut-Saint-François, le processus d’un second événement s’est mis en branle. On s’est alors associé à la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie (FCCE) pour cibler les intervenants du milieu pour ce qui sera en quelque sorte une première phase.

Les gens présents deviendront des multiplicateurs d’ouverture ou du moins des agents de transformation sociale. Y seront donnés des outils de communication interculturelle et des trucs pour améliorer ses pratiques d’intervention et d’accueil. « Plus on a de connaissances et d’information, plus on est ouvert », résume Jinny Mailhot.

Une journée chargée
La première partie de la journée permettra l’acquisition de connaissances. On y définira les différences entre réfugié, immigrant économique ou encore immigrant de réunification familiale. « Tout le reste du colloque sert à comprendre c’est quoi être un immigrant, c’est quoi être issu de la diversité culturelle. Donc, ça ouvre les esprits, ça rend humaine la personne qui vient s’établir à côté de chez nous. C’est l’idée de démystifier l’autre pour finalement l’appeler “nous” », poursuit la dirigeante de la CDC.

Le maire de Weedon, Richard Tanguay, et le directeur général de la FCCE, Boubacar Cissé, ouvriront la journée avec les mots de bienvenue. Juste avant la pause du diner, trois représentants des communautés culturelles de l’Estrie dresseront un portrait actuel.

« On va mettre du vrai sur une communauté très présente en Estrie », détaille Jinny Mailhot. « Ils vont venir nous présenter leur culture puis comment leur communauté est présente en Estrie. » Seront représentés à ce moment l’Amérique latine, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient.
Après le repas, Daniel Audet, de l’auberge La Ruée vers Gould, retracera les vagues historiques d’immigration dans le Haut-Saint-François. La députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, fera une allocution vidéo en cours de journée. Aussi, une avocate spécialisée en immigration prendra la parole. « On va apprendre les détails de la vie économique et juridique d’un immigrant », détaille Mme Mailhot.

Encore homogène
Bien qu’on ne retrouve encore que très peu de minorités visibles sur le territoire du Haut-Saint-François, le nombre de personnes issues de l’immigration est plus important qu’on ne le croit. On peut inclure dans le lot les Belges et les Français. David Coquart, compositeur établi à Dudswell, fait partie de cette diaspora européenne établie ici. Il viendra agrémenter musicalement le coquetel dinatoire qui clôturera le colloque.

Juste auparavant, un panel de discussion réunira trois résidents locaux issus de la diversité culturelle. L’une d’eux sera Pélagie Kouamé, une entrepreneure de Lingwick. « Le but, c’est de célébrer l’ouverture de la MRC envers la diversité culturelle », conclut Jinny Mailhot.
Outre les intervenants du milieu visés par l’événement, des femmes et des hommes membres de directions, des conseils municipaux et d’organismes de développement ont confirmé leur présence. Même le public général est convié, après avoir confirmé sa présence à l’organisation. Les conférences et ateliers sont gratuits, alors que le repas du diner est offert au cout de 25 $.

Avoir à cœur la culture locale

Le Coeur villageois de Cookshire-Eaton existe depuis maintenant trois ans. L’été 2018 en a été un de tous les records pour le regroupement qui a multiplié les initiatives et les activités. Une forme de culture locale est en train d’y prendre racine. Comme l’indique Jean-Paul Gendron, qui siège sur le comité du Coeur villageois : « Cookshire, ça commence à être vivant ! »

« Il y a une masse critique composée d’éléments diversifiés qui, depuis trois ans, est en train de se constituer au plan culturel », poursuit celui qui est président de l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie. « Il y a quatre, cinq ans, c’était peut-être dans le décor, mais moins évident. Là, ça commence à devenir beaucoup plus consistant, beaucoup plus connu. C’est plus lié. »

Des bâtiments intemporels
Le Coeur villageois constitue un segment d’environ 1 ½ km passant par les rues Pope et Principale et qui est situé entre la nouvelle Brasserie 11 comtés et la rue Castonguay, menant à la salle Guy-Veilleux. On y retrouve une concentration d’infrastructures culturelles (trois églises, la Maison de la culture John-Henry-Pope, le Victoria Hall, le parc des Braves) qui commencent toutes à prendre part à l’effervescence. Point non négligeable : « il y a pas de problème de stationnement pour les gens qui viennent voir ! », termine à la blague M. Gendron.

La Maison de la culture John-Henry-Pope, qui abrite la galerie d’art Cookshire-Eaton, a reçu plus de 1000 visiteurs à son comptoir touristique entre la Fête nationale et l’Action de grâce. Manon Elisabeth Carrier est plus que satisfaite de ces chiffres. « On n’a jamais cartonné autant que ça. À toutes les fins de semaine, il y avait du monde. »

Outre les visiteurs, la Maison de la culture a un rôle important à jouer auprès des résidents locaux dans le développement d’un sentiment d’appartenance. En plus des expositions qui s’alternent à la galerie d’art, le bâtiment patrimonial accueille les cours de Pilates de la municipalité, les pratiques de la chorale du Coeur villageois et les Colour Cafe de l’Association Townshippers.

L’église voisine St-Peter’s présente l’exposition John-Henry-Pope tandis que la Trinity United accueille régulièrement des concerts classiques entre ses murs. De l’autre côté de la rue, le Victoria Hall tient également son lot de réunions et de spectacles.

Un seul et même langage
St-Peter’s, Trinity, Victoria Hall ; ce sont là des témoins du passé anglophone de la région. Aujourd’hui, la communauté anglaise représente 15 % de la population du Haut-Saint-François. Si ses relations ont déjà été moins reluisantes avec les citoyens francophones, les choses vont pour le mieux aujourd’hui.

« On veut pas briser les liens de confiance. Ça a pris des années avoir ça », confie Manon Elisabeth Carrier. « Ils nous ont toujours ouvert la porte. Ce qu’ils nous disent, c’est : “Vu que vous êtes là, ça va garder nos affaires vivantes.” »

À ce sujet, l’exemple du Victoria Hall est particulièrement probant, alors que l’édifice n’était plus entretenu par la communauté, faute de moyens. Gilles Denis en a depuis fait l’acquisition. « La collaboration s’établit à un moment où c’est pas trop tard dans la détérioration des bâtiments », dit-il. « Là, on l’a entre nos mains. Je sais pas trop ce qu’on va faire avec ça, mais ça va être un bâtiment culturel, c’est sûr. »

Aller à la rencontre du Cœur
L’action du Coeur villageois continue de grossir et de prendre forme. Le retour de Loisirs Cookshire avec une programmation de spectacles à la salle Guy-Veilleux donnera un coup de pouce supplémentaire aux efforts des bénévoles pour dynamiser le secteur. Céline Blais, la présidente du comité du Coeur villageois, se réjouit du fait que les citoyens pourront de nouveau consommer la culture localement sans avoir besoin de s’exiler.
Mme Blais convie toute la population à la rencontre citoyenne de l’organisme le 13 novembre prochain, à 19 h, à la Maison de la culture John-Henry-Pope de Cookshire-Eaton. Un microdocumentaire sur le Coeur villageois, réalisé par Sébastien Croteau, sera présenté à ce moment.
Céline Blais considère le Coeur villageois comme un comité de réflexion qui a pour mission de développer le pôle attractif qu’est Cookshire-Eaton. Avec la dernière saison plus qu’encourageante, elle souhaite poursuivre les efforts pour embellir le secteur et l’animer. « Le meilleur s’en vient ! », conclut-elle.

Un cinéaste dans le Haut !

Les choses changent avec le temps, elles évoluent, les perceptions se transforment, de part et d’autre, ce qui était inintéressant devient magnifique, ce qui était impensable, il y a à peine dix ans, devient un terreau d’opportunité.

C’est dans cet état d’esprit que s’inscrit le cheminement professionnel du cinéaste Sébastien Croteau. Après plusieurs années passées à Montréal, l’homme dans la trentaine, originaire de Weedon, revient en région pour y réaliser son rêve : partir sa maison de production cinéma et vidéo. Depuis mai dernier, Les Productions de L’inconnu dans le noir a pignon sur rue à Cookshire-Eaton.

De retour de la grande ville, Sébastien a redécouvert son lieu d’origine. Il avait comme oublié comment c’était beau en région, comment les choses pouvaient être plus simples, en plus de découvrir les opportunités d’affaires.

Sébastien admet que son projet mijotait dans sa tête depuis plusieurs années déjà. Le moment déclencheur, pour ainsi dire, c’est passé dans le Haut-Saint-François. En arrêt de travail, le cinéaste a répondu à l’invitation de son ami Michel Vézina. Il lui offrait de passer l’hiver chez lui Le Buvard, à Gould, pour tenir le fort pendant que le poète faisait un saut en France.

Cette période s’est avérée bénéfique pour notre cinéaste qui, dit-il, en a profité pour faire une rétrospective de sa vie professionnelle. C’est l’hiver dernier à Gould que la lumière fut. « Ça m’a apparu comme une évidence. Après avoir contribué au succès d’autres artistes en participant à divers projets, j’en suis arrivé à la conclusion. J’ai le goût de générer du succès pour moi. C’est le temps que je parte ma maison de production à moi. Ça fait des années que j’y pense. » Pour l’artiste, Les Productions de l’inconnu dans le noir définissent bien son métier soit « la personne derrière la caméra, derrière le spotlight, la personne qui observe », explique-t-il.

Le cinéaste est convaincu que son entreprise a un avenir dans le Haut-Saint-François. « Il y a à peine 10 ans, cela aurait été impensable. Maintenant, c’est possible. L’hiver passé, j’étais en train de finir mon court métrage à Gould. Ma monteuse était à Toronto, on se parlait tous les jours. Mon preneur de son était à Rimouski. C’est possible en région. Tout ce que ça prend, c’est une bonne connexion internet. Ça aurait pas été plus facile à Montréal. Ça serait la même chose. » Sébastien voit plusieurs avantages et d’opportunités à s’installer en région. D’abord, explique-t-il, « les coûts de production sont moins chers ici, la qualité de vie est meilleure. Il y a pas d’offre cinématographique dans le Haut-Saint-François et très peu en Estrie. » Pour l’artiste, il s’agit d’une opportunité. Convaincu, Sébastien ajoute que certains organismes comme la SODEC et Téléfilm Canada, entre autres, disposent d’enveloppes budgétaires pour les régions éloignées. « Donc, moins de gens dans les régions éloignées qui appliquent. Statistiquement, ça donne plus de chance d’obtenir du financement », précise-t-il.

Déterminé, l’artiste a réussi à bien vendre son projet auprès des organismes susceptibles de l’aider à le réaliser. « Ici, on m’a écouté, on m’a appuyé. J’ai suivi la formation Lancement d’entreprise. J’ai eu l’aide du CLD et CLE pour un STA et un prêt de la SADC et du CLD. Je dois mentionner Gilles Denis, c’est lui qui m’a écrit pour me dire de venir ici. Il m’a mentoré. Je suis l’artiste en résidence pour l’année à la Maison de la culture John-Henry-Pope. J’ai accès à un local pour l’année gratuitement. C’est un genre de soutien important dans un démarrage. »

Production
Sébastien vient de produire un court documentaire pour le Centre des arts et de la scène Jean Besré de Sherbrooke, à l’occasion de leur 10e anniversaire. « Je suis en train de terminer un court métrage et j’espère le compléter en novembre. J’ai aussi fait des microdocumentaires corporatifs et des vidéos que j’appelle microdocumentaires. Je suis sur une création avec le Petit Théâtre de Sherbrooke. La première du spectacle est prévue en 2023. » Notre cinéaste travaille aussi avec le Théâtre du Double Signe sur une production intitulée Stalone qui sera présentée en février prochain.

Quant à son véritable objectif, il est clair. « Je veux d’abord et avant tout réaliser des films. Je suis un cinéaste. Je pense à une idée et tu portes un projet du début à la fin. Que ce soit l’étape de l’écriture, du financement, tournage, montage. Le but est de faire une boîte de production qui a du financement pour produire et faire des films à projeter en salle. » Sébastien ne se met aucune barrière, au contraire. « Avec ma boîte, j’aimerais attirer d’autres talents, d’autres réalisateurs, attirer des productions à venir dans le Haut-Saint-François. Je voudrais être un genre de régie du cinéma du Haut-Saint-François. Il y a un paquet de gens qui écrivent des films qui se passent en région. Ici, on a les ressources, du paysage en masse, du patrimoine et ça coûte moins cher. On peut les accueillir. Ç’a été fait ailleurs. Il y a plein de boîtes de production à l’extérieur de Montréal; pourquoi pas le Haut-Saint-François. »
Mine de rien, Sébastien a parcouru du chemin depuis l’âge de 8 ans où il empruntait la caméra VHS de son père pour filmer diverses scènes. Ou du moment qu’il assistait à toutes les représentations du Cochon Souriant à Gould pour finalement faire partie de la troupe. Il a également participé à la Course du Haut-Saint-François. Sa passion l’a conduit à l’Institut national d’images et de son à Montréal, ce qui lui a valu de remporter un concours lui donnant accès à un stage documentaire en Belgique. Sébastien a développé divers projets qui l’ont amené à faire des tournages en France, Italie et Haïti. Il a également collaboré avec le réalisateur Martin Laroche pour le long métrage Manège humain. L’expertise de notre artiste local est reconnue puisqu’il a fait des vidéos avec le célèbre auteur Dany Laferrière. Tout ça pour dire que Sébastien Croteau est loin d’être dénué d’expérience et qu’il entend s’en servir pour lui, pour les autres et pour le Haut-Saint-François.

©2022 Journal Le Haut-Saint-François