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Les citoyens mécontents : Valoris veut agrandir son site d’enfouissement

Prévoyant atteindre la pleine capacité de son lieu d’enfouissement technique (LET) au milieu de l’année prochaine, Valoris lance un projet d’agrandissement de 60 M$. D’une superficie de 33 ha, le futur LET serait mis en opération à l’été 2021. Une rencontre publique tenue au Centre communautaire de Bury a présenté le projet à une centaine de personnes. Celles-ci ont tôt fait d’exprimer leur mécontentement et leur colère aux représentants du centre de valorisation.

Plus tôt en journée, le nouveau président du conseil d’administration et maire de Sherbrooke, Steve Lussier, avait rencontré les médias. « Je considère important l’agrandissement du site actuel qui permettra d’ajouter une capacité de l’ordre de 4,5 M tonnes et allongera sa vie de plus ou moins 50 ans. »

Le lieu d’enfouissement technique présentement utilisé a été mis en service en décembre 2009 et s’étend sur 13 ha. Depuis 2013, année où la Ville de Sherbrooke a commencé à acheminer ses matières résiduelles à Bury, Valoris dessert 190 000 Estriens.

Consultation publique
Le directeur des communications, Louis Longchamps, a ouvert la soirée d’information qui s’est étirée sur près de trois heures. « C’est le début d’un nouveau partenariat entre Valoris et la communauté et on veut vraiment que ça fonctionne. » Si ce dernier parlait de communication ouverte entre les deux parties, il a rapidement été servi. Une première période d’échanges suivant la vidéo de présentation de l’entreprise et de son projet d’agrandissement a donné le ton à la rencontre.

« Un lieu d’enfouissement technique, ça coute une beurrée à construire ! », s’est exclamée la conseillère municipale du Canton de Hampden, Monique Scholz. « Je suis horrifiée que, my god, l’an prochain il restera plus de place. Qu’est-ce qui s’est passé ? Comment est-ce qu’on a rempli ça aussi rapidement ? »

À plus d’une reprise, le directeur de projets chez Valoris, Jean-Jacques Caron, n’a pas été en mesure de répondre adéquatement aux questions des citoyens. MM. Caron et Longchamps ont tout de même assuré que l’ensemble de ces interrogations sera résolu lors de trois ateliers thématiques à venir aux mois de mars, avril et mai. Seront alors abordés en détail des thèmes comme la qualité de l’eau, l’émission d’odeurs et de gaz à effets de serre ou encore l’intégration visuelle du projet au paysage.

« On va faire du déboisement progressif », a détaillé le directeur des communications. « Les terrains autour de Valoris, c’est des terrains qui appartiennent à Domtar. Le fait de déboiser va s’harmoniser avec les activités qu’il y a déjà autour. Le bois coupé va être valorisé. »

Prochaines étapes
La direction de Valoris rencontrait cette semaine Benoit Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Elle offrira mercredi prochain, le 27, une visite de ses installations aux intéressés. Ces rencontres citoyennes jumelées aux trois ateliers thématiques susmentionnés s’inscrivent dans le cadre d’une démarche sociale auprès des communautés limitrophes de Valoris.

« L’acceptabilité sociale de ce projet d’agrandissement du LET est essentielle et je suis très fier des consultations publiques mises en place », a réitéré le président Steve Lussier. Le dépôt du rapport de cette démarche accompagné de la demande d’agrandissement se fera après la mi-juin auprès du ministère.
La veille du lancement de la démarche, on apprenait que le directeur général du parc éco-industriel, Jean-François Sornin, quitterait ses fonctions le 22 mars prochain. « Je laisse Valoris au moment où les litiges contractuels reliés à la construction du centre de tri sont en voie de règlement et où l’avenir s’annonce prometteur », avait-il annoncé par voie de communiqué. La personne qui lui succédera sera connue au cours des prochaines semaines.

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