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Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle

Une trentaine de représentants de divers organismes communautaires, de CPE, des Commissions scolaires des Hauts-Cantons, Eastern Townships et autres ont participé à la rencontre.

La vulnérabilité des enfants en âge de fréquenter la maternelle dans le RLS (réseau local des services) dans le Haut-Saint-François est à la hausse dans quatre des cinq domaines observés. Toutefois, deux d’entre eux, celui de la Maturité affective et du Développement cognitif et langagier retiennent un peu plus l’attention des intervenants. La tendance à la hausse est similaire pour l’Estrie et l’ensemble du Québec.

Voilà ce qui ressort de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (EQDEM) pour le RLS concernant la MRC du Haut-Saint-François. Catherine Noreau et Natalie Stronach de la Direction de santé publique du CIUSSS de l’Estrie – CHUS ont récemment présenté les résultats de l’enquête à une trentaine d’intervenants francophone et anglophone du territoire. La rencontre, tenue au Centre communautaire de Bury, était organisée par la Direction de santé publique de l’Estrie, dans le cadre d’une tournée régionale, en collaboration avec le HSF fou de ses enfants et La Relève du Haut-Saint-François. L’enquête s’inscrit dans le cadre de l’Initiative concertée d’intervention pour le développement des jeunes enfants (ICIDJE). Elle a été réalisée entre février et mai 2017. En Estrie, 4 628 questionnaires ont été remplis. Le taux de réponse se situe à 93 %.

Résultats
Pour le Haut-Saint-François, on dénote que 30 % des 260 enfants fréquentant la maternelle dans le RLS, soit 80, présentaient une vulnérabilité dans au moins un domaine de développement. Toutefois, on remarque une tendance à la hausse dans quatre des cinq domaines comparativement à l’enquête réalisée en 2012. Deux retiennent un peu plus l’attention soit la Maturité affective (comportement prosocial et entraide, crainte et anxiété, comportement agressif, hyperactivité et inattention, expression des émotions) qui passe de 9,4 % à 14,4 % et le Développement cognitif et langagier (habiletés sociales, confiance en soi, sens des responsabilités, respect des pairs, des adultes, des règles et des routines, habitudes de travail et autonomie, curiosité) qui grimpe de 9,5 % à 14,3 %. Parmi les autres domaines à la hausse, on note les Compétences sociales qui font un bond de 6,7 % à 11,3 % tandis que les Habiletés de communication et connaissances générales passent de 7,5 % à 10,9 %. Celui de la Santé physique et bien-être demeure stable à 13,1 %. Toutefois, il est mentionné qu’étant donné le faible nombre d’enfants de la maternelle fréquentant le RLS dans le Haut-Saint-François, cela ne permet pas de confirmer que cette hausse est statistiquement significative. Elle pourrait être due au hasard.

L’enquête, explique Mme Noreau, permet de dresser un portrait du développement des enfants inscrits à la maternelle et d’inspirer, à partir des résultats, des actions à entreprendre pour favoriser le développement optimal des enfants. Les données permettent d’alimenter la réflexion et d’amorcer des travaux sur des actions en cours ou à mettre en place. D’ailleurs, c’est l’exercice qu’a effectué la trentaine de participants représentants le secteur de la santé, des directions d’écoles primaires de la Commission scolaire des Hauts-Cantons, Eastern Townships, des groupes communautaires, du CPE et autres.
La rencontre avait trois objectifs, d’expliquer Mme Noreau. Le premier était la compréhension des données de l’enquête, le second comportait le volet analyse favorisant l’échange sur les explications en lien avec les résultats. Le troisième objectif vise la poursuite de la mobilisation autour du développement des tout-petits. Mme Stronach mentionne que les résultats pour le Haut-Saint-François sont comparables à ceux obtenus pour l’Estrie et le Québec, sauf peut-être au niveau de la population anglophone. « Dans le Haut-Saint-François, il y a 7 % des enfants anglophones, c’est peut-être une préoccupation un peu plus importante sur votre territoire. Ils sont plus vulnérables. Pourquoi les enfants anglophones en Estrie sont plus vulnérables qu’au reste du Québec ? C’est la question qu’on se pose et à laquelle on veut trouver des réponses et des solutions », ajoute-t-elle.
Mme Noreau mentionne que l’exercice permet de « regarder nos pratiques par rapport aux enfants, nos facteurs de risque et de protection. On regarde aussi nos pratiques, nos initiatives, nos projets qu’on a mis en place. Il y a des beaux projets qui ont été mis en place puis arrêtés pour x raisons. On regarde si on ne pourrait pas les améliorer ou les remettre sur pied pour être capable des améliorer. La réponse passe souvent par l’approche de proximité. Assurer une disponibilité des services plus près des familles. Plein d’initiatives ont été mises en place. Il y a eu un financement ici dans la MRC, le Haut-Saint-François fou de ses enfants. Il va y avoir un arrêt du financement du projet qu’on parle de 400 000 $ pour trois ans. Ça implique que certaines activités, certains services qui devront être retirés parce qu’il n’y aura plus de financement. C’est préoccupant, il faudra être créatif et ingénieux pour agir avec moins de moyens. »

Les deux représentantes sont satisfaites de la rencontre et des échanges. Elles rappellent que la Direction de santé publique de l’Estrie déposera un rapport à l’automne et que les partenaires seront invités afin de poursuivre la mobilisation.

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