Cahier automne

Un jeune bûcheron voit loin

Avec son processeur, Nicholas Paquette est en mesure de remplir les contrats avec une plus grande rapidité et efficacité. Crédit photo Kimberley Fontaine.

Initié par son grand-père, Nicholas Paquette a commencé à bûcher à l’âge de 9 ans sur la terre familiale de 700 acres à La Patrie. Passionné de la forêt, il acquiert en 2016, 100 acres de terre et démarre sa petite entreprise de bois de chauffage en offrant ses services, tout en poursuivant ses études en administration à l’Université Laval. Mais c’est en 2018 alors qu’il était sur le point de compléter son BAC qu’il s’inscrit à la formation Lancement d’une entreprise et développe son projet de service de location de processeur sur une base de temps plein. Âgé de 25 ans, le jeune homme admet ne pas manquer de travail tout en ajoutant que l’avenir s’annonce prometteur.

Pourtant, c’est par hasard qu’il a lancé son entreprise Le boisé Paquette. « J’ai rencontré Daniel en faisant une livraison de bois de chauffage chez eux (Daniel Martel, coordonnateur de la formation Lancement d’une entreprise) c’est là qu’il m’a parlé de son cours. Daniel, c’est quelqu’un de proactif. Il va te poser des questions, aller chercher de l’information d’une personne, tu vois qu’il s’intéresse à tes projets. Il m’a laissé sa carte et m’a dit : si tu veux parler de ton projet, on pourrait aller dîner ensemble. Moi, je faisais mon bois à la chaînesaw et la fendeuse à mon terrain à La Patrie. Il m’a parlé du cours qu’il donnait, toutes les personnes-ressources qu’on pouvait avoir pour m’aider à monter mon projet. On est allé dîner ensemble, il m’a expliqué qu’il faisait du coaching. Il m’a dit : moi je suis capable de t’aider pour ça, viens suivre notre cours, on va pouvoir te donner des outils. En 2018, je finissais mon BAC à distance et je suivais le cours Lancement d’une entreprise le soir. »

Au terme de cette formation, M. Paquette lançait son entreprise, un service de clé en main de location de processeur pour bûcher. « Moi, j’ai vraiment fait le cheminement le plus complet par rapport à l’entrepreneuriat et à l’école. J’ai fait un DEC au Cégep en gestion de commerce, j’ai été faire un BAC en administration à l’Université par la suite, j’ai fait une attestation pour Lancement d’une entreprise. À l’école, on te donne la théorie et après on te dit part et trouve-toi une job. Lancement d’une entreprise, c’est le côté pratique. J’ai monté mon plan d’affaires, j’ai monté mon site internet, j’ai été chercher du financement avec la SADC du Haut-Saint-François, puis j’ai acheté mon processeur. » Le jeune entrepreneur a investi plus de 100 000 $ pour faire l’acquisition de cet important outil de travail. Cette machinerie composée d’une scie circulaire comprend une table d’alimentation amenant le billot à la scie, puis à la fendeuse et poursuit son trajet sur le convoyeur. Selon M. Paquette, on retrouverait seulement deux processeurs de cette envergure en Estrie. L’avantage de cette machinerie, explique-t-il, est son efficacité et sa rapidité d’exécution. « Une fendeuse à deux hommes, tu fais deux cordes à l’heure. Avec le processeur, tu fais huit cordes à l’heure. » La plupart du temps, il se déplace sur les différents sites. Son marché se retrouve principalement dans le Haut-Saint-François, à Coaticook et un peu à Sherbrooke. Il lui arrive de se déplacer plus loin. « Dernièrement, j’ai été à Saint-Jérôme pour faire 1 000 cordes. Ça, c’est un bon contrant », dit-il en souriant.

Nicholas Paquette est optimiste quant à son avenir. « Il y a une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur du bois de chauffage. Les producteurs de bois n’ont pas de main-d’œuvre pour les aider. Je suis là pour couvrir le manque de personnel. » Il semble que la réalité lui donne raison, puisque 70 % de l’année 2020 est déjà remplie, précise-t-il. Le jeune homme a le vent dans les voiles et aimerait bien dans un avenir rapproché faire l’acquisition d’un autre processeur et engager une nouvelle personne. Outre sa terre à bois à La Patrie, M. Paquette dispose d’un plan à Sherbrooke et un autre à East Angus qui n’est pas développé pour l’instant.

Projet
Déjà passablement occupé, l’entrepreneur caresse d’autres rêves dont celui de réaliser des capsules vidéo sur le bois de chauffage. « Les vieux savent comment faire, mais pas les jeunes. Je veux informer les gens sur la façon de bien corder le bois, comment l’entreposer, comment partir un feu. En faisant ça, je vais couvrir plus large et ça me fera connaître. » Comme si ce n’était pas suffisant, le jeune entrepreneur dynamique aimerait développer son érablière de 5 000 entailles à La Patrie pour développer des produits haut de gamme dans le but de les exporter en Europe.

Âgé de 25 ans, Nicholas Paquette voit loin et entend utiliser toutes les ressources disponibles pour réaliser ses rêves.

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