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Les aînés sont bien entourés malgré le confinement : Une communauté centrée sur l’entraide

Marcel Busque, Florianne Magnan et son mari Richard Legault

Marcel Busque, Florianne Magnan et son mari Richard Legault estiment qu’ils sont bien entourés malgré la pandémie.

La communauté s’est créé un fort réseau d’entraide pour veiller au bien-être des aînés vivant seuls à leur domicile dans le Haut-Saint-François. Malgré un confinement, ceux-ci se retrouvent bien entourés afin de réduire la solitude et la détresse psychologique.

Avec ses 130 bénévoles pour quelque 800 bénéficiaires, le Centre d’action bénévole (CAB) du Haut-Saint-François s’assure d’offrir un service de soutien et d’entraide aux personnes âgées de la MRC. « Les gens se sont fait un réseau et il y a une belle entraide dans la communauté », explique Johanna Dumont, coordonnatrice de bénévoles en maintien à domicile au CAB. Selon elle, même des voisins qui ne se connaissaient pas, ont commencé à se côtoyer et s’entraider. Malgré plusieurs difficultés de santé rencontrées depuis le début de la pandémie, Florianne Magnan, une octogénaire d’East Angus, assure avoir suffisamment de contacts tous les jours. « On est bien entourés quand même », affirme-t-elle. Pour Rose-Aline Lebrun, de St-Gérard, cette situation ne la dérange pas plus que ça puisqu’elle se sent bien, tranquille chez elle. La dame de 87 ans reçoit tout de même la visite occasionnelle de ses enfants, un à la fois comme le demande le gouvernement et passe des appels téléphoniques pour combler la solitude.

Mme Dumont explique que la deuxième vague démontre beaucoup moins de dépressions chez les aînés que lors de la première. Selon elle, les gens ont beaucoup plus de résilience et d’espoir envers la science et le vaccin. « Pour moi, ça n’a pas changé beaucoup. Je remets ça à la grâce de Dieu et je fais attention quand même », explique Mme Lebrun pour qui la religion l’aide beaucoup à traverser tout ça. Pour Mme Magnan, qui doit également prendre soin de son mari qui est en attente d’une opération, ainsi que de sa sœur handicapée, présentement placée en CHSLD, c’est une situation assez difficile. « C’est triste parce que c’est comme si on vivait une guerre en dedans de nous autres », exprime-t-elle avec émotion. Ce virus l’inquiète, notamment en raison de sa santé fragile. « J’ai hâte que le vaccin nous aide à nous rassurer », mentionne-t-elle.

Pour meubler leurs journées, les aînés doivent parfois faire preuve d’imagination. Si certains d’entre eux ont pu garder la même routine, d’autres comme Mme Magnan et son mari, qui avaient une vie sociale active, se sont retrouvés déstabilisés. Celle qui prenait part à différents comités, allait danser de façon régulière et mangeait au restaurant jusqu’à trois fois par semaine a eu du mal à s’adapter à cette nouvelle sédentarité. « Je prends mes marches tous les jours, au moins une demi-heure. C’est très important et ça m’a aidée pour le moral », exprime-t-elle. Pour Mme Lebrun, c’est sa liberté qui lui manque. « J’allais faire mes commissions, magasiner un peu avec mes enfants. C’est ça que j’aime le moins, qu’on ne peut pas y aller », explique-t-elle, ajoutant qu’elle a hâte de retrouver son autonomie. Marcel Busque, citoyen septuagénaire d’East Angus et bénévole à la Popote roulante, ne voit pas beaucoup de différence dans ses journées. Occupé avec ses livraisons, il meuble le reste de son temps en travaillant dans son sous-sol. Il trouve toutefois les soirées difficiles et plus longues, lui qui avait l’habitude de rendre service à son fils en allant chercher son petit-fils à l’école le soir. « C’est certain que nous vivons des moments difficiles, mais si on essaie de suivre les consignes, tous ensemble, nous allons nous en sortir », mentionne Mme Lebrun, confiante en l’avenir.

Diane Grenier, coordonnatrice de bénévoles au CAB pour la communauté anglophone, affirme que la situation est semblable à celle des francophones. Toutefois, elle ressent beaucoup plus de peur chez les anglophones. Ceux-ci étant plus réservés, ils sortent moins, démontrent moins leur détresse et vont avoir moins tendance à aller chercher l’aide nécessaire, affirme-t-elle. S’ils ont de la famille et des amis proches, ces derniers sont souvent moins accessibles physiquement étant donné qu’ils ne vivent pas dans les mêmes villes. Avec un ratio d’environ 30 % d’anglophones pour 70 % de francophones, Mme Grenier mentionne que les organismes prennent soin d’offrir un service adéquat, peu importe la langue. C’est pourquoi qu’au CAB plusieurs bénévoles sont bilingues.
Quiconque ressentant le besoin de discuter peut contacter le CAB via le site internet au https://cabhsf.org/ ou par téléphone au 819 560-8540.

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