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Des boîtes repas pour la maison : Les cabanes à sucre préparent leur saison

Chalet des Érables HSF

Joannie Paquette, propriétaire du Chalet des Érables à Cookshire-Eaton, est fière de participer au projet Ma cabane à la maison.

Qui dit printemps au Québec, dit temps des sucres et les acériculteurs de la MRC du Haut-Saint-François se préparent pour une deuxième saison en pleine pandémie. Devant l’impossibilité d’ouvrir les portes des salles à manger, les entrepreneurs se retroussent les manches une fois de plus et proposent à nouveau des boîtes repas pour les citoyens qui ont à cœur la tradition.

Cabane à sucre du Haut-Saint-Francois


Pris au dépourvu au début de leur saison en 2020, les propriétaires de cabanes à sucre ont dû faire preuve d’imagination et s’ajuster rapidement. « La journée qu’on se faisait fermer, le 15 mars dernier, le soir même, je mettais en ligne ma formule de boîtes pour emporter. Je me croisais les doigts et disais, bon, on verra ce que ça va donner », explique Joannie Paquette, propriétaire du Chalet des Érables à Cookshire-Eaton. Cette idée, plusieurs acériculteurs l’ont eue, notamment Vanessa Leblanc et Arthur Iltis, propriétaires de la Cabane chez Arthur. « On n’a pas changé la nature de ce qu’on propose dans la boîte de ce qu’on propose dans la salle à manger. C’est vraiment les mêmes recettes », explique Mme Leblanc. Selon eux, une belle réponse du public s’en est suivie.
Cette année, l’Association des Salles de réception et Érablières du Québec (ASEQC), lance le projet Ma cabane à la maison. « L’objectif est de sauver la tradition des sucres pour que nous puissions nous rassembler à nouveau dans ces lieux festifs, l’an prochain. Nos cabanes à sucre sont au bord de la faillite et si nous ne faisons rien, 75 % d’entre elles risquent de disparaître à tout jamais », exprime dans un communiqué de presse, Stéphanie Laurin, présidente de l’ASEQC. Le projet propose donc aux Québécois de commander, en ligne, leur boîte gourmande parmi près de 70 cabanes à sucre. Dans le HSF, Mme Paquette est la seule à avoir accepté l’invitation au projet de l’ASEQC. « Quand je me suis fait contacter pour ce projet-là, ce que j’ai trouvé le plus beau, c’est l’élan de solidarité, le soutien qu’on a », exprime celle qui trouve qu’il y a normalement une grande compétition dans le domaine acéricole. Elle affirme être très fière de faire partie de ce projet.
« Passé dans une craque »
Alors que les gouvernements n’ont pas hésité à aider les Québécois depuis le début de la pandémie, les propriétaires d’entreprises acéricoles ont l’impression d’avoir été oubliés. « Effectivement, on a vraiment, comme on dit, passé dans une craque », lance Mme Paquette. « Ça a pris du temps avant qu’on entende parler d’aide. On était inclus dans les restos, mais c’est deux pas, deux mesures. Les restaurants font de l’argent à l’année », exprime Mme Leblanc, ajoutant que les cabanes à sucre sont saisonnières. Au mois de février, près d’un an après le début de la pandémie, le gouvernement provincial a annoncé une aide pour les acériculteurs, soit un financement jusqu’à 50 000 $ pour permettre la modernisation d’installations de production ou de transformation ou encore pour des investissements supplémentaires pour des activités de promotion et de mise en marché. Cette annonce ne fait toutefois pas le bonheur de tous, notamment celui de Murielle Rodrigue, copropriétaire de l’Érablière du Lac d’Argent. L’entreprise a pris la décision de ne pas proposer de boîtes pour emporter. « Les repas, rendus à la maison, ça ne goûte plus comme à la cabane », estime-t-elle. Toutefois, elle comprend que certaines érablières n’ont pas le choix d’adapter leur offre de service puisque c’est leur revenu principal. Mme Rodrigue est également copropriétaire d’une ferme laitière, alors l’érablière n’est pas son seul revenu, mais elle déplore quand même le manque de soutien financier du gouvernement.
Ne pas baisser les bras
« Je ne suis pas une personne qui baisse les bras, alors pour moi, oui c’est un défi, mais si je suis capable de passer au travers, il n’y aura plus rien qui nous arrête et on est là pour surfer ça pendant des années », exprime Mme Paquette. Ayant pris possession de l’entreprise en 2019, la saison 2020 se trouvait à être sa première en tant que propriétaire. Malgré les embûches apportées par la pandémie, elle reste motivée et ne manque pas d’idées pour la suite des choses. La situation est la même pour les propriétaires de la Cabane chez Arthur. Pour cette entreprise, les boîtes gourmandes se sont poursuivies durant l’année 2020, soit pour la fête des Mères et Noël. « Quand on a acheté ça, on ne se disait pas, eille, à Noël, penses-tu que ça va marcher ? Là, à Noël, on s’est dit, on n’a pas le choix. Il faut que ça marche sinon on mange pas de toasts, juste du beurre », lance M. Iltis en riant.

Malgré tous les défis vécus durant la dernière année, les acériculteurs restent optimistes. « Les Québécois ont à cœur leur tradition du temps des sucres. J’ai espoir qu’on soit là encore l’année prochaine », mentionne Mme Paquette. Pour l’Érablière du Lac d’Argent, l’espoir de pouvoir ouvrir en avril si la région passe en zone orange demeure. « Je ne sais pas si on rentabiliserait, mais on ouvrirait quand même parce qu’on aime ça », affirme Mme Rodrigue.

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