Ski Eldorado

Venez jouer dans la neige à Chartierville : Le mantra de Ski Eldorado, pour du hors-piste

La descente en terrain vierge gagne de plus en plus d’adeptes.

Le mont d’Urban, à deux pas de la frontière américaine, dans un pays chartiervillois où on y fabrique la neige, dit-on, un mont qui exige des efforts et quelques souffrances pour s’y rendre avec la certitude d’un plaisir comblé par des descentes en terrain vierge, voici ce que propose Ski Eldorado, résume Camille-Antoine Ouimet, un des cinq ou six bénévoles qui ont choisi l’endroit comme parc de jeu.
Les amateurs sérieux de ski hors-piste sont des gens allumés qui prennent au sérieux leurs escapades. « C’est une activité d’arrière-pays. Pour avoir du plaisir, il faut être bien préparé », avertit M. Ouellet. À Sherbrooke, il y a des sorties organisées. On y offre de l’initiation à celles et ceux qui voudraient en savoir plus sur la pratique du télémark.
La Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME) encadre ces activités. Marc-Antoine, génuflecteur, suggère de s’inscrire à la fédération avant de partir en randonnée. Le sens premier de «génuflecteur» a glissé. Il prend ce sens pour décrire la principale caractéristique qui consiste à fléchir les genoux pour assurer une descente fluide.
Qu’ils dévalent les pentes en planches à neige, en ski de télémark ou en ski alpin, ces personnes, un brin anarchistes, très «bisouneuses» et capables de débrouiller avec du ruban gommé, dit-on, savent dans quelle aventure ils s’engagent. Ils maîtrisent les techniques de ce genre de randonnée.
Leurs équipements sont adaptés. Ils ont choisi les bons skis en fonction de la qualité de la neige. Leurs fixations leur permettent ces génuflexions si caractéristiques pour amortir les chocs et leur donner une meilleure stabilité lors des descentes. Il leur faut prévoir des raquettes pour monter la pente ou bien ajouter à leurs skis des peaux d’ascension. Dans leur sac à dos, ils y ont déposé des aliments, des boissons et quelques équipements de dépannage. À Chartierville, particulièrement, les amateurs doivent parcourir à pied un peu plus d’un kilomètre pour se rendre au mont Alban.
Depuis cinq ans, une poignée de bénévoles passionnés par le ski hors-piste ont aménagé des sous-bois et des clairières sur le mont Saint-Alban pour dévaler les pentes dans la poudreuse. Le bouche-à-oreille favorise la transmission de l’information. Les fanatiques font des pieds et des mains pour promouvoir cette discipline. Les projecteurs braquent de plus en plus leurs rayons sur ce site enchanté. Et l’été, lors d’une marche sur les Sentiers frontaliers, ça donne la chance aux randonneurs de découvrir ce mont. Quels merveilleux incitatifs pour appâter les mordus qui veulent planifier leurs sorties hivernales !
Tel est le message que livre Camille-Antoine Ouimet, coordonnateur des activités du groupe de bénévoles. Celui-ci se réjouit de la participation de tous les intervenants qui gravitent autour de ce type de ski hors sentier. Il en faut des passionnés et des décideurs allumés pour s’assurer que les génuflecteurs pratiquent leur sport en toute sécurité.
Élagage automnal pour que les pistes soient dégagées, collaboration des municipalités de Notre-Dame-des-Bois et de Chartierville pour obtenir les droits de passage, les permis, autorisation des ministères concernés pour utiliser les terres publiques, ententes avec les responsables des Sentiers frontaliers, disponibilité des sapeurs-pompiers de cette dernière municipalité qui s’adonnent à des exercices de secourisme pour intervenir rapidement et sécuritairement en cas d’accident n’en sont que quelques exemples. Ouf ! que de travail pour les cinq ou six personnes qui portent Ski Eldorado sur leurs épaules !
Malgré tout, Camille-Antoine ne s’arrête pas là dans ses projets. « On regarde pour d’autres secteurs dans Notre-Dame-des-Bois pour offrir plus de pentes », avance-t-il. « Si on se fie au nombre d’autos qui stationnent dans le rang 10 et le rang Saint-Paul, on constate que l’engouement pour cette activité croît d’année en année. Depuis cinq ans, on a une belle visibilité. Je crois que la pandémie a eu un effet positif sur la fréquentation des pistes », complétait-il.
Pour qui souhaiterait vivre cette expérience, il est fortement suggéré de suivre les experts pour une initiation. D’ailleurs, ce sport de glisse s’adresse à des gens en bonne condition physique, peu importe l’âge.

Mégan Garneau-Grondin

Concours canadien de dessin architectural : Médaille d’or pour Mégan Garneau-Grondin

Mégan Garneau-Grondin se réjouit de sa médaille d’or récoltée à l’occasion du concours canadien de dessin architectural.

Mégan Garneau-Grondin, originaire de East Angus, a remporté dernièrement le premier prix du concours de dessin de bâtiment canadien qui s’est tenu d’une façon virtuelle cette année à cause de la pandémie. Il devait avoir lieu à Vancouver. Fière de sa médaille d’or, la jeune femme qui a étudié à l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe nous a raconté son histoire.
Concours canadien
Avant la dernière compétition virtuelle mise en place pour déterminer qui serait vainqueur au Canada, « j’étais très nerveuse, très stressée, mais après, le stress s’est envolé, j’étais calme pendant la compétition », témoigne la lauréate. Pour ce concours, Mégan devait travailler avec un logiciel qu’elle connaissait moins bien. Le Revit est utilisé pour les dessins en trois dimensions. Elle avait réalisé sa formation sur AutoCAD, qui permet principalement les œuvres en 2D. Elle a dû suivre des cours accélérés offerts par une des enseignantes de l’école de Saint-Hyacinthe pour y participer.
Pour cette étape canadienne, les candidats avaient reçu un croquis sur papier qu’ils devaient redessiner avec l’outil informatique Revit en trois heures. Il s’agissait d’un chalet logé sur le bord d’un lac où le rez-de-chaussée donnait sur le sous-sol. Le haut pour sa part était déjà tracé. Les participants avaient à le reproduire à l’identique. Il fallait montrer les coupes de murs, de l’étage au toit, en détaillant les structures en bois et l’isolation sans tenir compte de la mécanique qui est constituée de l’électricité, de la plomberie et de la ventilation.
Le nouveau dessin devait comprendre l’étage déjà reproduit. Les concurrents étaient tenus de représenter le sous-sol et toutes les vues, tant sur les côtés qu’à l’arrière du chalet et la devanture. L’élévation et les autres composantes en 3D devaient être apparentes. Les dimensions imposées incluant les poteaux de soutien et l’escalier s’y ajoutaient. Toutefois, les participants n’avaient pas à faire de calculs de structure. « L’architecte conçoit, le dessinateur rend ça beau », résume-t-elle.
À la fin, ils devaient présenter une photo de leur réalisation. Le tout devait être agréable à l’œil. La différence entre le dessin de présentation et le dessin de construction repose sur l’absence de mesure. « L’objectif du premier est de montrer que le projet est beau, c’est l’aspect esthétique qui compte », expliquait la jeune dame. Ce défi, elle l’a relevé haut la main.
Parcours de Mégan
Après ses études primaire et secondaire réussies à East Angus, Mégan s’est inscrite à l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe pour le cours de deux ans en dessin de bâtiment qu’il soit résidentiel, commercial ou industriel. Ces études se divisent en plans d’architecture, de structure et mécanique.
Après ses deux années de formation, son professeur, Pier-Luc Doiron, l’a encouragée à participer à un premier concours à l’interne. « J’espère que tu vas t’inscrire », lui a-t-il fortement suggéré. Elle avait déjà été retenue entre une douzaine de consœurs et confrères.
Aiguillonnée par sa réussite, elle s’est ensuite mesurée à 3 autres concurrents provenant de la Montérégie et de Longueuil. Elle s’est, là aussi, classée pour les épreuves provinciales. Cependant, pandémie oblige, elles s’accomplissaient en différé. Par deux fois, la compétition a été reportée puis annulée. Les responsables ont alors choisi l’école de Saint-Hyacinthe pour les représenter à Vancouver. Seul bémol à ses succès, c’est que la dernière étape devait aussi se tenir à distance. Pas de voyage à Vancouver ! Philosophe, elle a bien accepté ce contretemps.
Aujourd’hui, Mégan travaille pour CIMA+ de Sherbrooke. Il s’agit d’une société multidisciplinaire œuvrant dans les domaines de l’ingénierie, de la gestion de projets et des nouvelles technologies. Elle se retrouve parmi les plus jeunes employés de l’entreprise. Ajouté à son CV, le premier prix canadien en dessin de bâtiment a favorisé sa candidature auprès de la compagnie. Elle constate qu’il y a beaucoup de travail à réaliser dans ce domaine.
Pour le moment, Mégan n’a pas décidé si elle poursuivrait sa formation plus tard. L’architecture l’intéresse. Elle prend pour l’instant plaisir à ce qu’elle y accomplit.

Brasseur fou de Sawyerville

Brasseur Fou of Sawyerville : Good Beers and Good Food

To the delight of the spectators, the trio of Maxence Lapierre gave their all.

At the Roy-Boissé’s, brewing beer for pleasure has changed. It has become a pleasure to brew beer on a larger scale. Annie Roy and Martin Boissé bought the Sawyerville Hotel in July 2019 to share this passion with beer lovers.
In addition to the extremely important service of wetting people’s whistles, they offer other services, including five rooms for accommodations and a room for receptions such as weddings, for example. Passionate about cooking, they suggest meals concocted with local products that can be eaten indoors or on the well-located terrace. Weekends are reserved for shows and musicians. The tavern, where they have kept the look of the 1970s, receives its clientele for “a quickie” in the late afternoon or “other, longer libations,” to discuss the latest rumour or to “save the planet.”
The Story of the “Mad Brewer”
The couple and their two children Ulrik and Desneiges left their Cookshire-Eaton farm to advance their business. While continuing to tend their herd nearby, they go about attending to the needs of tavern patrons and hungry visitors.
Lovers of good food, they rely on the quality of their dishes and the finesse of their beer to attract customers from all walks of life. They consider the proximity to the US border a real advantage, among other assets. Americans feel comfortable in this village where the English-speaking community is still significant.
The origin of the name “Brasseur Fou” lies in his “eccentricity,” as Martin Boissé himself puts it. A man of a thousand trades, Boissé has worked in construction and livestock farming. His relationships with other microbreweries are very good. To supplement the diet of his animals, he obtains spent grain from both 11 comtés and Le Boquébière. Taking advantage of the auction services to take his livestock – oxen, pigs and kids – to the slaughterhouse, he uses the butchered meat in the meals the couple serve. Explanations abound when he describes how he prepares his meats and cold cuts, and how the art of cooking matters, among other things.
He and Ms. Roy believe in the local and circular economy. They prioritize purchasing local products for cooking and for brewing beers. Much of their grain comes from the region, and the hops, as well. Their malts are produced at Innomalt in Sherbrooke. This company specializes in offering a range of products that meet the needs of the most discerning master brewers. Vegetables are supplied by the Maraîchers de l’or vert in Sawyerville.
Boissé produced around thirty litres of beer at home before launching into a more substantial business. To obtain the right to brew beer on a commercial scale, he had to undergo specific training to obtain certification as a craft brewer. His domestic experience could not be considered. In addition, he is mentored by an experienced brewer. The latter was a master brewer for years at Labatt. Finally, Boissé must engage in regular upgrades to maintain his expertise.
Le Brasseur Fou offers four refreshing beers and one “beer of the moment.” Recognizing that their clients come from many different locations, they mainly offer “thirst-quenching beers,” with an alcohol content of between 4% and 5%. “I am targeting a clientele ranging from young professionals to seniors who have to leave by car. I want them to enjoy a good meal and ‘a couple of beers’ without fear of going over 0.08.”
Each week Boissé brews some 150 litres of beer, alternating the different kinds. He aims to produce a dozen types next year, including a Scotch Ale with a specific malt and a 9-grain blend. He is currently offering Blanche of Sawyerville, a lager-type Kali, an Oscario pale ale, and an amber Zephir. “All my beers have been modified and adapted,” he explained. For example, he made a special beer for the drag queen show that was at the Hotel. He likes to submit his creations to his customers to find out how they like them. We can sense how attentive he is to their reactions.
The name of each beer is based on a story. The Blanche de Sawyerville is similar to many other beers, but it is local. Kali is the name of their dog. Roy adds that Kali also refers to the Hindu goddess of destruction. However, she does not want this deity to interfere with the lives of her customers. The Oscario is reminiscent of their fat St. Bernard, while the Zephir is the Icelandic ram which Boissé proudly wears tattooed on his left shoulder.
For now, Boissé is sticking to basic recipes which consist of mixing grains, hops and yeast, depending on the type of beer to be brewed. The pandemic gave him more time to learn and test new recipes. He was able to strengthen ties with local suppliers.
Shows
For some time now, the Brasseur Fou has been offering shows and festive events to attract customers. Wednesday evenings are reserved for karaoke. On Fridays and Saturdays, artist-musicians perform. Other shows are also added to the program regularly. On the agenda for the winter carnival is an ice bar on the terrace with moulded gelled shooters to amuse fans. “We want to stand out with a great and diversified offer to make ourselves known,” concluded the owner.

Propriétaires Brasseur Fou de Sawyerville

Brasseur Fou de Sawyerville : Bonnes bières et bons shows

Annie Roy et Martin Boissé, fiers de leurs bières au Brasseur Fou de Sawyerville.

Chez les Roy-Boissé, brasser sa bière pour son plaisir a muté. Il est devenu plaisir de brasser de la bière à plus grande échelle. Annie Roy et Martin Boissé ont acheté en juillet 2019 l’hôtel de Sawyerville pour partager avec les amateurs cette passion.
Outre ce service de prime importance, celui d’éviter aux gosiers de s’assécher, ils en proposent d’autres, dont cinq chambres destinées à l’hébergement, une salle pour les réceptions comme des mariages pour l’exemple. Passionnés de cuisine, ils suggèrent des repas concoctés avec des produits du terroir qui peuvent être consommés à l’intérieur ou sur la terrasse très bien située. Les fins de semaine sont réservées aux spectacles et aux chansonniers. La taverne, dont ils ont conservé l’aspect des années 1970, reçoit sa clientèle « pour une p’tite vite » de fin d’après-midi ou « d’autres libations, plus longues », pour débattre de la dernière rumeur ou pour « sauver la planète ».
L’histoire du Brasseur Fou
Le couple et leurs deux enfants Ulrik et Desneiges ont quitté la ferme de Cookshire-Eaton pour s’approcher de leur entreprise. Tout en continuant à déménager leur troupeau à proximité, ils vaquent à combler les besoins des clients de la taverne et des affamés de passage.
Amateurs de bonne chère, ils misent sur la qualité de leurs mets et la finesse de leur bière pour attirer la clientèle provenant de tous horizons. La proximité de la frontière américaine, entre autres, ils la considèrent comme un grand avantage. Les Américains se sentent à l’aise dans ce village où la communauté anglophone est encore importante.
L’origine de l’appellation Brasseur Fou tient au fait de « son excentricité », comme il le dit lui-même. Homme aux mille métiers, Martin Boissé a travaillé dans la construction et l’élevage. Ses relations avec d’autres microbrasseries sont très bonnes. Pour compléter l’alimentation de ses animaux, il se procure la drêche tant chez 11 comtés qu’au Boquébière. Profitant des services de l’encan pour porter ses bœufs, porcs, chevreaux à l’abattoir, il les récupère dépecés pour les utiliser dans les repas que le couple sert. Les explications foisonnent quand il décrit comment il prépare ses viandes et ses charcuteries, et comment l’art de la cuisson importe, entre autres.
La bouffe et la bière
Mme Roy et lui croient dans l’économie locale et circulaire. L’achat de produits locaux pour cuisiner et brasser les bières prime. Ses céréales proviennent en grande partie de la région, comme ses houblons d’ailleurs. Ses malts sont produits chez Innomalt de Sherbrooke. Cette entreprise s’est spécialisée pour en offrir une gamme qui répond aux besoins des maîtres-brasseurs les plus avertis. Pour les légumes, les Maraîchers de l’or vert de la municipalité s’ajoutent comme fournisseurs.
M. Boissé produisait une trentaine de litres de bière à la maison avant de se lancer dans une entreprise plus consistante. Pour obtenir le droit d’en brasser à dimension commerciale, il a dû suivre une formation spécifique pour obtenir la certification de brasseur artisanal. Son expérience domestique ne pouvait pas être considérée. De plus, un brasseur d’expérience l’encadre. Ce dernier a été maître-brasseur pendant des années chez Labatt. Enfin, M. Boissé doit s’intéresser aux mises à jour régulières pour maintenir son expertise.
Le Brasseur Fou offre quatre bières rafraîchissantes et une bière « du moment ». Reconnaissant que sa clientèle provient de plusieurs endroits, il propose principalement des « bières dites de soif », avec un taux en alcool titrant entre 4 % et 5 %. « Je vise une clientèle de jeunes professionnels jusqu’aux aînés qui doivent repartir en auto. Je veux qu’ils profitent d’un bon repas et “d’une couple de bières” sans craindre de dépasser le 0.08 ».
Chaque semaine, à tour de rôle, il brasse quelque 150 litres de bière. Il vise à en produire une douzaine l’an prochain, dont une de type Scotch Ale avec un malt spécifique et un mélange de 9 grains. Il offre pour l’instant la Blanche de Sawyerville, la blonde Kali, la pale ale Oscario et l’ambrée Zéphir. « Toutes mes bières ont été modifiées et adaptées », explique-t-il. Pour l’exemple, il a concocté une bière particulière pour le spectacle de drag queens qui s’y est tenu plus tôt. Il aime soumettre ses créations à sa clientèle pour savoir comment elle est perçue. On sent M. Boissé attentif à leurs réactions.
L’appellation de chaque bière repose sur une histoire. La Blanche de Sawyerville répond aux nombreuses autres semblables, mais en spécifiant qu’elle est locale. Kali correspond au nom de son chien. Mme Roy ajoute que Kali se réfère aussi à la déesse indoue de la destruction. Pourtant, elle ne souhaite pas que cette divinité interfère sur la vie de sa clientèle. L’Oscario rappelle son gros St-Bernard tandis que la Zéphir correspond à son bélier de race islandic qu’il porte fièrement tatoué sur l’épaule gauche.
M. Boissé s’en tient pour l’instant aux recettes de base qui consistent à mélanger grains, houblon et levure selon le type de bière à brasser. La pandémie lui a donné plus de temps pour approfondir ses connaissances et tester de nouvelles recettes. Il a pu renforcer les liens avec des fournisseurs locaux.
Spectacles
Depuis quelque temps, le Brasseur Fou offre des spectacles et des évènements festifs pour attirer la clientèle. Les mercredis soir sont réservés au karaoké. Les vendredis et samedis, des artistes-musiciens se produisent. D’autres spectacles sont aussi ajoutés au programme régulièrement. À mettre à l’agenda pour le carnaval d’hiver, un bar en glace avec shooters gélifiés moulés sur la terrasse pour amuser les amateurs. « On veut se démarquer avec une belle offre variée pour se faire connaître », conclut le tenancier.

L'autisme raconté aux enfants

L’autisme raconté aux enfants : Un livre éducatif basé sur l’expérience de Gabryel

La page couverture du livre donne le ton à son contenu.

Entouré d’animaux comme des alpagas, des chevaux et des volailles, Gabryel Bouchard, l’aîné d’une fratrie de quatre, vit avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Dans le livre  L’autisme raconté aux enfants  qu’il a écrit avec sa mère Karine, il narre simplement ce qu’il doit faire pour gérer cette situation. Son récit est suivi par des milliers de parents à travers le monde depuis la parution du recueil et les nombreuses apparitions dans les médias télévisuels. Le site Facebook  L’autisme raconté aux enfants en témoigne.
L’écriture du livre
Tout ne s’est pas fait sans problèmes, loin de là ! À 11 ans, fort de ce désir de se comprendre et de comprendre ce qu’est cette difficulté à communiquer, il s’est associé à sa mère et à des spécialistes en tout genre pour rédiger  L’autisme raconté aux enfants. Pour lui qui a été diagnostiqué à l’âge de 10 ans, ce fut une révélation qui l’a aidé et qui l’aide à mieux gérer ce qu’il est.
Il a constaté, entre autres, que les particularités individuelles sont légion. Et, qu’elles sont propres à chaque autiste nouvellement né ou âgé, tout comme les problèmes de dyspraxie qui y sont attachés. Pour lui, écrire a été la façon la plus simple de communiquer.
Il a développé très tôt l’art de la  dactylographie qui est celui d’écrire avec ses doigts. Dans ce cas-ci, et plus spécifiquement pour Gabryel, les laisser courir sur le clavier a favorisé la communication avec son entourage. La rédaction de ce livre l’a forcé à sortir de ses derniers retranchements.
Comme il l’explique à son petit frère Nykolas, de 6 ans, chez qui on a décelé le même syndrome, « il existe plusieurs degrés d’autisme et chaque personne est unique, et les symptômes varient. » Gabryel est hypersensible tandis que Nykolas est hyposensible, c’est-à-dire qu’un des deux réagit trop alors que l’autre, peu ou pas.
Scolarisation
La route vers la scolarisation a été semée d’embuches. Mme Bouchard, qui a une formation en éducation spécialisée, a pu, par le biais de ses expériences antérieures, établir une communication efficace avec le personnel enseignant. Ainsi, Gabryel a reçu des services adaptés assez tôt dans son cheminement. Mais raconte sa mère, les démarches pour que Gabryel réussisse ont été nombreuses. Aujourd’hui, Nykolas peut en profiter. Il peut lui aussi avancer dans la vie.
La problématique des autistes n’est pas celle d’un manque d’intelligence. Il leur faut un environnement propice pour que le message soit bien entendu et qu’il ne contienne qu’une seule directive à la fois. Gabryel donne l’exemple de l’enseignante qui lui a défendu de courir dans les corridors. Il s’est arrêté. Il n’a pas imaginé qu’à la place, il aurait pu marcher, sauter, ramper. De cela, il en aurait été capable, mais la consigne a été comprise comme « la défense de continuer ce qu’il faisait », c’est-à-dire courir. La titulaire aurait dû ajouter qu’elle voulait qu’il marche. L’autisme a besoin d’une formulation claire.
Comme il l’explique dans son livre, pour faciliter l’interprétation des messages qui leur parviennent, surtout s’il y en a plusieurs en même temps, les autistes vont chercher à se retirer. Soit ils vont trouver un coin où se cacher ou ils vont se mettre à réagir vivement. En classe, on va souvent les voir avec des écouteurs spécialisés pour éviter toutes les autres stimulations afin qu’ils se concentrent sur la seule demande de l’enseignante.
L’autisme
Mme Bouchard explique que dorénavant, l’autisme se classe par degrés de difficulté à communiquer. Elle racontait qu’il avait fallu à Nykolas, son dernier, dix-huit mois avant qu’il accepte d’être touché. « Il ne communiquait même pas quand je l’allaitais, c’était le seul temps où il tolérait un contact physique », démontrait-elle.
La patience est la règle de base pour détecter les plus petits signes d’échange interpersonnel. C’est à partir de ces indices que s’établissent les premiers liens qui ouvrent sur d’autres étapes, vers de meilleures relations. « Il faut du temps et de la bienveillance pour obtenir des résultats », confiait-elle.
Les apprentissages des autistes se font par boîtes. Quand une connaissance est acquise, elle ne se perd plus. C’est le passage d’une à l’autre qui est compliqué. C’est comme s’ils se trouvaient devant un tas de briques. Ils sont capables d’en prendre une et de la déposer au bon endroit. Ce qui leur est difficile, c’est de voir qu’en en ajoutant encore et encore, ils vont construire un mur. Dès que c’est compris, ils pourront devenir d’excellents maçons, pour l’exemple.
C’est ce qui explique que les autistes sont réticents à modifier leurs habitudes. Une pomme de terre présentée pilée plutôt qu’en frite les empêchera de la manger parce qu’ils ne la reconnaîtront pas. Les forcer pourrait même déclencher une crise de colère.
Pour eux, il est très exigeant de passer du vocabulaire français à l’anglais. Gabryel excelle en français, mais il en arrache avec l’anglais. Traduire est ardu pour lui. « Ces personnes reproduisent, mais peuvent difficilement imaginer des situations. C’est ce qui est si troublant », indique Mme Bouchard.
Il existe des moyens simples pour aider à la communication. Entre autres, les pictogrammes pour exprimer leurs besoins ou leurs émotions sont d’une grande utilité. Le visage d’un autiste dépeint très peu ce qu’il ressent. Il parait sourire ou encore son regard se pose ailleurs. Il évite les contacts avec les yeux. Mme Bouchard rappelle l’incident de l’ami qui lui avait annoncé la mort de son chat. Gabryel semblait continuer de s’amuser. Choqué, son copain pensait qu’il riait de sa peine. Pourtant non ! C’est ce «poker face» qui est compliqué à décoder. D’ailleurs, pour les autistes, il est très difficile d’aller vers les autres.
La pandémie s’est avérée un bon temps pour Gabryel. Il en a eu beaucoup pour écrire ses textes et concevoir ses maquettes. Il était déçu cependant de ne pas pouvoir sortir pour promouvoir son livre. Le site Facebook  L’autisme raconté aux enfants fonctionne très bien. Il est publié aux Éditions Mortagne.

MRC HSF

La MRC : Un outil de plus en plus efficace

Le directeur général de la MRC du Haut-Saint-François, Dominic Provost, estime que les municipalités sont en voie d’utiliser la structure régionale à son plein potentiel.

La collaboration municipalités/MRC du Haut-Saint-François s’est étroitement développée au cours des dernières années. Le transfert de divers fonds par le gouvernement provincial aux MRC permettant la réalisation de nombreux projets conjointement avec les municipalités a permis de développer et consolider ce lien de confiance mutuel qui était, il n’y a pas si longtemps, bien faible.
« Le transfert de responsabilités a permis de mieux rallier nos champs d’expertise et développer des choses en tandem avec les municipalités », d’expliquer le directeur général de la MRC du Haut-Saint-François, Dominic Provost. « La clé, précise-t-il, c’est le tandem optimal entre les municipalités et la MRC. »
Outre la réalisation de projets, la MRC a réglé divers irritants avec les municipalités que ce soit le réseau de fibre intermunicipale (internet-téléphonie), l’évaluation foncière et autres. « On s’est attaqué à ce qui nuisait à notre réputation et ce sont des choses très concrètes » d’ajouter M. Provost.
Le directeur général rappelle que le gouvernement a décidé de passer de plus en plus par les MRC au fil des années en confiant des outils et des fonds provenant de divers programmes. « Nous, ça nous a responsabilisés dans des choses qui sont utiles aux gens. Avant, on s’occupait d’aménagement du territoire et d’évaluation foncière. Là, le développement, il (gouvernement) nous a confié le Fonds de développement territorial (FDT) aujourd’hui appelé Fonds régions et ruralité. » Le principe, explique-t-il, est que le gouvernement a cru en les MRC, donc du point de vue des municipalités, elles (MRC) sont devenues incontournables.
M. Provost attribue la confiance mutuelle à trois facteurs : d’abord celui d’avoir enlevé les irritants, par la suite, la confiance du gouvernement envers les MRC ayant pour effet de responsabiliser ces dernières et finalement ce qui pourrait s’interpréter comme un résultat est le fait que les municipalités confient des responsabilités aux MRC. Le dossier de la réfection de la route 257 en est un éloquent. Rappelons que le comité formé de cinq municipalités a convenu de confier la gestion du projet de réfection de la route qui s’élève à 14 M$. Le résultat semble probant jusqu’à présent.
Cette confiance est la somme de divers autres projets réalisés en tandem avec les municipalités. Le directeur cite en exemple le Fonds régions et ruralité (FRR). Le gouvernement, explique-t-il, en a confié la gestion aux MRC. « Nous autres (MRC), on a décidé d’en confier une partie à chaque municipalité. Ça aussi ça fait gagner la confiance. » Les exemples de cette collaboration sont nombreux. Le développement du parc Walter-MacKenzie à Scotstown avec le restaurant, les douches, le camping, les jeux d’eau et la piste cyclable découle de cette entente. M. Provost ajoute le circuit des sheds, la Route des Sommets et le Chemin des Cantons, avec l’aide du Centre local de développement (CLD) auxquels les municipalités ont participé en tandem avec la MRC, ont contribué à l’augmentation des visiteurs sur le territoire que ce soit la communauté locale ou de l’extérieur.
Le principe de participation en tandem s’applique à diverses sphères que ce soit en matière d’environnement, pour le schéma d’aménagement ou pour le plan de sécurité incendie. Pour M. Provost, le fait que les municipalités constatent que la MRC n’essaie pas d’enlever leurs responsabilités et que son intervention est utile ça ouvre la porte à de belles collaborations. Au chapitre environnemental, le directeur général mentionne que le nouveau point de dépôt de résidus domestiques dangereux a été réalisé en tandem. Le point de dépôt est géré localement « nous autres, on s’est assuré d’avoir les conteneurs, ou s’est déposé. Il y a plein de responsabilités qui sont conjointes. »
En matière d’incendie, explique M. Provost, le gouvernement du Québec désigne les MRC responsables du plan de sécurité incendie alors que 100 % de ce que cela comporte se retrouve dans les municipalités. « Aujourd’hui, être responsable des incendies, ça coûte cher. Est-ce qu’il y a des choses qu’on peut mieux faire en commun ? Pourquoi chacun ferait son plan d’intervention pour l’inspection des avertisseurs de fumée ? On peut faire un plan global et le fournir aux municipalités. Le gouvernement nous dit qu’il a une subvention pour former les pompiers de la MRC. On n’a pas de pompiers nous autres, ce sont les villes. Donc, on s’assure de prendre les besoins des municipalités, on rassemble les besoins et on envoie ça au gouvernement. »
La gymnastique est similaire au secteur des loisirs. La MRC n’a aucun rôle à jouer en matière d’animation estivale qui incombe aux municipalités. Cependant, elle donne un coup de main pour combler les postes d’animateurs et la formation de ceux-ci. Les municipalités veillent à la bonne gestion des camps de jour.
Bien que la MRC œuvre en tandem avec les municipalités, elle a fait l’effort de développer des partenariats avec divers intervenants, que ce soit avec l’UPA pour le plan de développement de la zone agricole (PDZA), les différents enjeux reliés à l’urbanisme, l’aménagement et autres. « Règle générale, c’est d’avoir mieux rallié nos partenaires autour de nous. Tout ça fait qu’aujourd’hui, on a un tandem, la clé est là » d’insister, M. Provost.
Interrogé à avoir si la MRC était en voie de se redéfinir avec la participation des municipalités, le directeur général précise que non. « Nous autres, les gens n’utilisaient pas leur MRC parce qu’ils n’avaient pas confiance. Nous sommes plutôt en train de rattraper le temps perdu. Les gens sont en train d’utiliser la MRC de plus en plus à son plein potentiel. »

Formation préparatoire à l,emploi

Formation préparatoire à l’emploi : Du concret pour de futurs travailleurs

Les élèves ont participé avec fougue et dans la bonne humeur au projet.

En ce temps de pénurie de main-d’œuvre, toute la force de travail disponible est la bienvenue pour les entreprises. Les gens d’affaires attendent impatiemment les finissants scolaires provenant de tout azimut. À la Cité-école Louis-Saint-Laurent, le programme Formation préparatoire au travail (FPT) prépare les jeunes de 14 à 16 ans à jouer un rôle efficace sur le marché du travail. Dans cet esprit, la classe de Caroline Ruel s’est affiliée, dans le cadre d’un stage, avec l’entreprise Écoferme Tribu à Dudswell, pour réaliser le projet de fabrication d’huile de tournesol.
Le FPT est une formation de trois ans en alternance travail-études visant à permettre le plus possible les apprentissages de la formation générale auxquels s’ajoutent des stages en milieu de travail. L’objectif est de permettre aux jeunes de développer les compétences professionnelles essentielles à une insertion en milieu de travail. L’élève recevra un certificat en formation préparatoire au travail décerné par le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR) après avoir réussi 2 700 heures de formation et l’insertion professionnelle de 900 heures.
Projet
« Le but, explique l’enseignante, est qu’ils (étudiants) apprennent à se connaître, à voir, c’est quoi leur intérêt, qu’ils se découvrent des forces. En les mettant en action comme ça, ils peuvent se découvrir eux-mêmes de l’intérêt ou des forces qu’ils ne pensaient même pas ». Mme Ruel mentionne que le projet a reçu un bon accueil par les élèves. « C’est sûr, au départ, quand je leur expliquais qu’on allait faire des travaux pratiques, plus se mettre dans l’ambiance d’être en travaux et non tout le temps à l’école assis en classe, sur le coup, ça leur tentait. » L’enseignante ajoute avoir observé des changements rapides chez certains participants dès la première journée de travail. « Il y en a qui sont plus réservés en classe, on voit qu’ils s’extériorisent un petit peu plus pendant le projet. Il y en a qui ne parle pas beaucoup, ils ne vont pas beaucoup donner leur opinion en classe, mais aujourd’hui, moi, j’ai déjà vu de très belles forces qui sont ressorties. »
Le projet consiste à participer à toutes les étapes de production qui mènera à la vente de bouteilles d’huile à massage à base de tournesol. Au moment de la rencontre, les participants effectuaient la coupe des tournesols et la récolte des graines. Ultérieurement, ils devaient participer au pressage des grains, faire les recettes, les étiquettes qui seront apposées sur les 650 bouteilles de 120 ml d’huile et faire la vente dans les divers marchés de Noël de la région.
Au terme du projet, l’enseignante effectuera un retour en posant des questions qui forceront les jeunes participants à réfléchir à leur démarche. Ils seront invités à dévoiler les compétences acquises. Mme Blais comprend que le travail effectué au cours de la démarche ne sera pas nécessairement celui qui sera exercé dans l’avenir. « L’important, c’est qu’ils apprennent à se connaître à travers ça. Qu’ils apprennent différentes taches, qu’ils explorent le métier d’agriculteur parce qu’il y a une partie agriculture, une partie vente, fabrication. Il y a plusieurs volets différents. »
Réactions
Calixe Blais, Marek Phaneuf et Amélia Langlois sont trois participants qui ont bien voulu commenter leur expérience. Au moment de la présentation du projet : « moi, je me suis dit, on va passer des journées dans le bois style, on va avoir chaud comme pas possible, on ne sera pas capable d’abattre le travail comme on dit. » Mais avec une fierté évidente, Marek ajoute « mais nous autres, on regarde ce qu’on a fait toute la gang, on se rend compte qu’on a fait quand même une bonne job. » Son collègue, Calixe, poursuit : « ça fait du bien de bouger, c’est beaucoup différent, c’est de la préparation, mais c’est le fun », exprime-t-il sous le regard approbateur d’Amélia. Unanimement, ils ont apprécié l’expérience d’être à l’extérieur. Un peu moins celle d’extirper les grains des tournesols, mais aimé couper les plants. Tous trois mentionnent apprécier le travail d’équipe et manifestaient leur hâte de passer aux autres étapes de la production. Marek était prêt à faire de la vente : « moi, je ne suis pas gêné. Si j’avais pu faire de la vente aujourd’hui, j’en aurais fait. »
Collaboration
Marie-Ève Gagnon, copropriétaire avec Daniel Lemire de l’entreprise Écoferme Tribu, un incubateur agroalimentaire, a permis la réalisation du projet. Propriétaires d’une terre de 650 acres, dont 40 en prairie, ils consacrent de 15 à 20 acres dédiés à des projets du genre, dit Mme Gagnon à l’échelle humaine. Le projet en cours, ce sont les propriétaires qui l’ont mis de l’avant. « On a voulu amener des tournesols pour faire de l’huile de tournesol. On a développé une collaboration avec la ferme Champie qui ont fourni les graines de tournesol biologique. » Elle ajoute du même souffle, que l’entreprise Écoferme Tribu n’a pas la certification biologique et ne peut dire qu’il s’agit d’huile biologique, « mais, il n’y a pas eu de produits chimiques qui ont été mis sur nos tournesols », précise-t-elle.
Outre la cueillette et le décorticage des tournesols qui s’effectuent sur le terrain, Mme Gagnon a apporté l’équipement à l’école afin d’effectuer le pressage. « Ils vont faire les recettes ensemble. Ils m’ont donné des idées sur les odeurs qu’on pourrait sélectionner et les étiquettes à faire. » Mme Gagnon a présenté les différentes étapes du projet en classe. « J’ai tout montré ça aux étudiants, le seuil de rentabilité, on a tout regardé ça ensemble, monté le projet pour qu’il soit viable en tenant compte de la rentabilité, comment on détermine le prix de notre bouteille, le coût du marché, etc. On a fait cette réflexion ensemble pour montrer que ce n’est pas parce que tu as une entreprise à but lucratif que tu n’es pas obligé d’avoir un volet humain et avoir le goût d’être impliqué dans notre communauté. » D’ailleurs, une partie des profits découlant de la vente des bouteilles sera remise à la polyvalente.
Mère de quatre enfants, Mme Gagnon dit savoir que les adolescents ont besoin d’expérience. « Pour moi, c’est vraiment pour leur faire vivre toutes sortes d’expérience. Qu’ils aiment ça, qu’ils n’aiment pas ça, ce n’est pas ça l’objectif. C’est qu’ils se découvrent à travers ça. »

Ranch Fer à cheval

La bienveillance au ranch du Fer à Cheval à La Patrie

Clémence Fuzeau et Louis-Pascal Viau communiquent avec Fiohna et Colette, deux magnifiques Frisons.

Être accueilli au ranch du Fer à Cheval, cet espace unique d’hébergement et de ressourcement, par Colette et Fiohna, deux magnifiques chevaux de race Frison en liberté, qui arrivent au galop à ta rencontre, marque l’imaginaire. Les voir s’arrêter pile-poil devant toi en te saluant de la tête complète l’impression de se trouver dans un univers magique. Et dire que cette lignée a failli disparaître étant réduite à une quarantaine de bêtes ! Chase, le Border Collie danse autour toi, ce qui grave un allegro sur cette gamme de perceptions.
Louis-Pascal Viau suivait de près cette bande joyeuse dont il est si fier. Son attitude témoignait du contrôle qu’il avait sur ses animaux de compagnie. Son chapeau de cuir bien visé sur son chef ombrageant un sourire avenant renforçait la sensation de se retrouver en compagnie d’une personne de confiance.
Telle a été l’accueil dans cet espace unique d’hébergement et de ressourcement pour celles et ceux qui ont besoin d’une pause en pleine nature. Le ranch se situe sur le chemin Cohoes, à deux pas du parc du Mont-Mégantic et des secteurs du Franceville et de l’Observatoire, à La Patrie. Le tracé du Mini Compostelle passe devant leur coin de paradis. Tout y est orchestré pour que les hôtes se déchargent du fardeau de leur quotidien.
Dans la région du Ciel étoilé, Clémence Fuzeau a découvert une vue sur les montagnes à couper le souffle de l’aurore au crépuscule. Avec les couleurs de l’automne qui enlumine le paysage, ses clients peuvent s’étendre sur le « lit d’étoiles » réservé aux observations stellaires ou assister aux spectacles des étoiles filantes durant les Perséides, en août, les Géminides, en décembre et les Quandrantides, en janvier. Le lieu est idéal. On peut, en ces occasions, en observer plus de cent en une heure.
Un couple accueillant dans un paysage saisissant
Mme Fuzeau, épanouie malgré la fatigue de la grossesse et Louis-Pascal Viau, propriétaires du ranch du Fer à Cheval, se sont présentés joviaux, heureux de faire connaissance avec leur invité. Et Billy, leur fils qui était attendu avec impatience, est né depuis pour le plus grand bonheur des parents. Peu importe les travaux entrepris pour mieux recevoir les hôtes, le couple s’est donné corps et âme pour que la rencontre soit chaleureuse.
LP, l’homme qui chuchote aux oreilles des chevaux
LP, surnom du dresseur de chevaux, menuisier à ses heures, homme aux mille compétences et talents, voit à l’aménagement des lieux. Clem, pour sa part, s’occupe de la gestion du ranch avec tout ce que cela implique, de l’accueil des visiteurs, à leur bien-être et leur confort tout en tenant la comptabilité à jour. Mais ! Là ne se limite pas leur rôle.
M. Viau, ancien combattant affecté par ce qu’il y a vécu, essaie de transmettre des valeurs positives tant dans ses relations avec ses hôtes qu’avec les animaux. Ses expériences avec les chiens de traineau lui ont permis de découvrir que la violence ne conduit à rien. Il a remarqué qu’il avait un don pour entrer en relation avec eux. Il préfère la fermeté aux sévices et des commandements simples pour interagir et obtenir ce qu’il attend d’eux.
En exemple, il développe le message du « je t’aime » souvent prononcé du bout des lèvres dans un couple. On peut le dire sans que son sens profond suive alors que fondamentalement, c’est toute la solidité du lien entre les conjoints et l’attachement à l’autre qu’on souhaiterait voir primé lorsqu’ils sont échangés. La communication non violente (CNV) essaie de trouver l’intention dans ce qui est dit. La CNV tâche de répondre à la question « pourquoi tu me dis ça ? », afin de se bien comprendre, démontre-t-il.
Avec les animaux, c’est ce que cet agent de bord, que la pandémie a mis sur la touche, cherche à reproduire en pratiquant le horsemanship, cette habileté à « chuchoter à l’oreille des chevaux » plutôt que les contraindre à coup de punitions à apprendre des trucs. Il souhaite une connexion avec la bête, un lien de confiance réciproque. Malgré les différences de caractère de ses Frisons, il peut leur enseigner les mêmes trucs. À cette fin, il soumet une mini-formation pour que l’enfant ou l’adulte qui vient au ranch le réalise. Il propose aussi un cours de palefrenier pour débutant.
Clem, l’attentive aux besoins des autres
« La pandémie a changé tant de choses », a constaté Clémence. « Nous voulons offrir au plus grand nombre de personnes la chance de se brancher avec la nature, » ajoute-t-elle. Contribuer au mieux-être des gens dans un climat calme résume leur engagement. Chez nous, le maître mot est « bienveillance », complète la jeune femme. Durant l’épidémie, elle a réalisé qu’il y a peu d’endroits où se restaurer, se reposer. Coordonnatrice des projets du ranch du Fer à Cheval, elle privilégie la rusticité, la protection de la ressource hydrique et énergétique. Ces valeurs vont les guider dans le développement de leur entreprise.
Elle tisse des liens particuliers avec la clientèle plus vulnérable. Elle donne en exemple les commentaires de cette dame qui explique que « l’autiste est très structuré toute l’année. Je veux juste le laisser libre dans un cadre sécurisant. Ça vaut tout. » Ça crée des moments de confidence, ajoute-t-elle.
Elle se défend bien de pratiquer l’équithérapie. Par contre, le couple accepterait d’établir des partenariats le cas échéant. Ni lui ni elle n’ont de formation pour en faire. De toute façon, telle n’est pas leur objectif. Elle souhaite plutôt déconstruire l’anxiété sociale, favoriser des discussions régulières pour évaluer ce qui se passe. À cette fin, surtout pour les enfants, le labyrinthe ouvert les aide à se recentrer.
Parmi les projets, LP bâtit une grande terrasse où leurs hôtes pourront se sustenter, se reposer, siroter une boisson en toute tranquillité dans ce paysage époustouflant en toute saison. Lui qui dans un souci écologiste scie son bois prévoit ajouter un dôme géodésique à la propriété.
« On contribue au mieux-être dans un climat calme, la bienveillance est le maître mot du Fer à Cheval », conclut Clem. Et du même souffle, elle glisse que « les clients sont devenus des membres de leur famille. »

Virgin Mady

Virgin Mady : Le raffiné dans les produits de l’érable

Devant l’entrée des nouvelles installations, de gauche à droite, Yves Fauteux (propriétaire), Mélanie Nadeau, Alexandre Blais (propriétaire), André Perron (propriétaire), Marielle Quirion, Nicolas et Audrey Perron (la relève).

« À 99 %, le premier commentaire, c’est wow ! Enfin quelque chose de différent… ». Marielle Quirion, cogestionnaire de l’entreprise Virgin Mady de Bury, résume ainsi les réactions de celles et ceux qui goûtent leurs produits d’érable certifiés Écocert.
Depuis 2017, la vocation autrefois laitière a muté pour devenir acéricole. « On est deux craqués, moi pis mon chum (André Perron), et, quand on embarque dans quelque chose, on veut toujours aller plus loin, plus haut ». La passion qui leur a permis d’atteindre le sommet des standards de qualité pour leur troupeau se retrouve en entier dans ce projet. En témoignent deux Maîtres éleveurs Holstein, soit la plus haute reconnaissance canadienne qu`un éleveur peut recevoir.
En 1965, Lionel et Madeleine Perron (Mady), parents d’André, achètent la terre sur laquelle est sise l’actuelle ferme sur la route 108 dans Bury. L’année suivante, le couple décide d’entailler quelque 500 érables pour leurs besoins et pour un apport pécuniaire intéressant. Mady brasse alors un beurre d’érable dont la réputation ne tarde pas à dépasser leur entourage. Bien que malade, elle s’ingénie pour transmettre à son fils et à sa bru ses secrets.
Équipement
En 2015, ces derniers font l’acquisition de nouveaux équipements pour améliorer leur production tout en visant la prestigieuse certification Écocert. C’est en 2018 que nait l’entreprise nommée en l’honneur de Mady. Le «Virgin», quant à lui, fait référence à la qualité de leurs produits, comme dans le cas de l’huile vierge. Une troisième génération de maîtres sucriers manifeste des intérêts certains à poursuivre l’œuvre.
Les quelque 30 000 entailles produisent bon an mal an 350 barils de sirop d’érable, dont une bonne partie est conservée pour cuisiner des beurres, des sucres et des sirops apprêtés d’ingénieuse façon. « On va plus loin que le traditionnel, je trouve qu’on ne met pas assez en valeur les produits de l’érable ». Elle poursuit formelle : « Nous, on vise le plus haut de gamme et le respect de l’environnement ». Notre mantra, la qualité avant la quantité ! Reconnu, il a propulsé l’entreprise à l’international, Chine, Hong Kong, Japon, Europe, etc.
L’emballage de quatre bouteilles contient des sirops vieillis pendant 6 mois et 12 mois en fûts de chêne de whiskey du Tennessee. D’autres subissent l’infusion aux grains de café. Encore, les amateurs découvrent le fumé à froid. Ils se déclinent dans des teintes dorées, ambrées ou foncées.
Production
L’art du vieillissement en baril a obligé M. Perron à suivre une formation de tonnelier pour éviter la perte de cet or liquide. Dans leur nouvel aménagement aux normes sanitaires strictes, la grande étable s’est vue transformée en entrepôt, salle de maturation des sirops, atelier et cuisine. Les barils de bois à usage unique sont régulièrement arrosés par des gicleurs qui les garderont scellés hermétiquement. Importé du Tennessee, chaque baril doit avoir été vidé moins de dix jours à l’avance avant d’entrer dans leur atelier pour qu’il dégage tous leurs effluves. Ils sont ensuite déchiquetés en copeaux à fumer, doublement aromatisés.
Virgin Mady propose des beurres d’érable en format de 150 et 300 grammes. Le traditionnel, le beurre sucré-salé au sel d’Himalaya et un infusé aux grains de café sauront satisfaire les palais les plus critiques. Pour des gourmands gourmets, la gelée d’érable et le sucre granulé transformeront un sorbet en délice gastronomique. D’autres, de spécialités, se déclinent en biologiques fumés à froid, et infusés aux grains de café. L’entreprise présente ses produits sous différentes formes comme les emballages de quatre bouteilles ou pots pour des cadeaux d’affaires. Virgin Mady peut même réaliser des projets personnalisés en combinant à leur étiquette celle du client.
L’eau d’érable est exploitée depuis des siècles par les Autochtones qui la faisaient bouillir dans des contenants d’écorce. Les colonisateurs utilisaient de grosses marmites pour en extraire le sirop et le sucre. Dans les deux cas, c’était tâche compliquée. Depuis l’avènement des bouilloires compartimentées, le potentiel s’est grandement amélioré. La recherche sur les équipements réalisée depuis à peine trente ans permet de produire beaucoup plus et mieux.
Expansion
Quand des passionnés comme Mme Quirion et M. Perron en relèvent de plusieurs crans la qualité et la diversité, les nouveaux marchés s’ouvrent. Leurs sous-produits qui utilisent divers intrants et qui dépendent de technologies avancées y participent pour beaucoup. Un des trucs pour conserver toutes les caractéristiques de l’érable dans les beurres, les sucres et le sirop consiste à ne pas enlever d’eau lors de l’osmose, indiquait-elle.
L’aboutissement de la recherche pour une expérience gustative unique se manifeste quand, en Chine, Hong Kong, pour l’exemple, les propriétaires d’une chaîne d’épiceries de produits haut de gamme en raffolent et en commandent. Le processus toutefois pour y arriver est très long. Entre autres, les vérifications de solvabilité prennent beaucoup de temps. En revanche, lorsque les accords sont signés, l’augmentation des coûts du transport par conteneur ne les rebute pas. Dernièrement, ils ont fait livrer leur production par avion pour éviter les retards. Le Japon et d’autres pays asiatiques s’intéressent à eux. L’ouverture sur l’Europe s’amorce aussi sans toutefois la prioriser « Le plus gros s’en vient », selon Mme Quirion. « Une nouvelle compagnie veut apporter les produits certifiés hallal au plus gros salon alimentaire, celui de Dubaï, en février prochain ». Réaliste, cependant, elle glisse en conclusion le principe suivant : « Il faut apprendre à marcher avant de courir. Là, on est rendu à jogger… »

Mont Élan

La Vallée heureuse du Mont Élan : Un nouvel élan vers la santé holistique

La famille Ortega-Savard, nouveaux propriétaires de la Vallée heureuse du Mont Élan, au fond, Karina et Jonathan, devant, Jérémie et Line.

Promouvoir l’holisme, telle est le but de la famille Ortega-Savard. Elle le vise depuis qu’ils ont acquis le domaine de la Vallée heureuse du Mont Élan à Westbury. Line et ses enfants, Karina, Jérémie et Jonathan l’ont acheté de Nil Levesque et Andrée Boisvert, il y a plus d’un an.
Holisme ! Il s’agit d’une théorie qui définit l’humain comme une entité indivisible et que, pour la maintenir en santé, tous ses aspects doivent être pris en considération. Le Wim Hof aide à atteindre cet objectif, entre autres. Eux qui ont longuement cherché l’endroit idéal pour développer cette complétude de l’humain, ils y ont trouvé leur bonheur. Tout y est aménagé pour parvenir aux bienfaits intégraux de cette philosophie de vie.
Après une recherche de deux ans pour trouver l’endroit idéal, c’est par un concours de circonstances qu’ils ont découvert leur futur coin de paradis. Jamais entièrement satisfaits des endroits qu’ils visitaient, le hasard a permis que Jérémie tombe sur la page d’un agent immobilier qui mettait pour la dernière journée l’annonce de la Vallée heureuse du Mont Élan. Soixante-treize acres de terrain dans un milieu, qui après quelques recherches sur l’internet semblait correspondre à toutes leurs attentes. Voulant revoir la page le lendemain, il a constaté qu’elle avait disparu. Après quelques démarches, il a renoué contact avec les propriétaires et conclure le marché.
Chacun des membres de cette famille s’est attribué un rôle précis afin d’utiliser tous les équipements que les anciens propriétaires avaient implantés. Salle de recueillement, nombreux lieux d’hébergement «glamping» (contraction de l’anglais glamour et camping), disc golf de 18 trous, etc., tout peut servir à se recréer, se reposer, méditer, pour que le cœur, l’âme, le psychique et le corps retrouvent la paix.
Méthode Wim Hof
Mme Savard décrivait la méthode Wim Hof. Celle-ci consiste en une exposition au froid pratiquée avec des techniques de respiration et de méditation consciente pour soulager les maux physiques, moraux, spirituels du cœur.
Le Hollandais Wim Hof, issu d’une famille catholique a commencé vers la vingtaine à s’immerger dans de l’eau glacée. Grâce à la méditation consciente, il peut demeurer durant de longues périodes, plongé dans des bains remplis de glace, racontait la mère qui semble avoir découvert la fontaine de Jouvence.
Mme Savard a suivi, en Hollande, sa formation pour en transmettre les techniques. Elle-même a gravi un sommet en altitude en Pologne pour en vérifier les aspects positifs. Légèrement vêtue, elle a pu réaliser cet exploit supervisé et entrecoupé de pauses. Elle ne tarit pas d’éloges sur les bienfaits de cette méthode pour soulager des douleurs chroniques, des blessures ou les conséquences des sports extrêmes. Les sportifs de haut niveau utilisent régulièrement les bains glacés pour atténuer les effets de leurs abus. Selon les experts, ceci permet de calmer les maux durant deux jours, ce qui favorise la restructuration des muscles froissés. « On souhaite devenir un centre dédié à la méthode Wim Hof », concluait-elle.
Méditation et yoga
Pour pratiquer la méditation ou réaliser les figures yogiques, la grande salle est tout indiquée. Dégagée, elle sert maintenant de lieu de ressourcement et de yoga. Meublé de fauteuils confortables, de sièges propices à la concentration, le plancher y est recouvert d’un superbe tapis qui en cache la majeure partie. Bien éclairé, à une température agréable, « on vient s’y déposer », décrit Jérémie.
Quand le temps le permet, ce ne sont pas les places qui manquent pour se recueillir. Les pelouses sont bien entretenues de même que les sous-bois les espaces autour des lieux d’hébergement.
Activités récréatives
À la vallée, les sentiers de randonnées et les pistes d’hébertisme permettent de déposer les fardeaux de la journée ou de la semaine. Le tracé du disc golf, l’un des mieux aménagés au Québec, selon les experts, rassemble les mordus de tous âges et de toutes conditions. Ce sport assez récent se pratique avec un frisbee (disque volant) qu’il faut lancer avec des techniques différentes pour qu’il atteigne les paniers plantés à des endroits stratégiques.
Pour les amateurs de géologie, l’interprétation de la faille de la Guadeloupe qui draine le ruisseau Big Hollow (le grand trou) vaut le détour. Les Sentiers de l’Estrie s’y rendent. À partir de la vallée, les randonneurs ont accès à des kilomètres de sentiers, dont un beau tracé vers les monts Stoke.
Hébergement
La vocation première définie par les anciens a évolué avec l’arrivée des nouveaux acquéreurs qui en conservent les grandes lignes. M. Levesque et Mme Boisvert, expliquait Jérémie, ont toujours aimé leur milieu. Ils en étaient fiers. Quand ils les ont rencontrés la première fois, la communication a été facile à établir, rapportait ce dernier. Le fait que les deux parties prônent la même philosophie d’utilisation du terrain tout en y ajoutant leur touche personnelle a créé de bons liens d’amitié.
Tous les autres sites d’hébergement ont reçu une cure de jouvence. Inspiré de différentes thématiques, chacun peut accueillir deux, quatre ou six personnes. Pour du «glamping», rien de mieux que les camps prospecteurs, les cabanes dans les arbres, la Wi-tente de conception québécoise, la yourte et les refuges scandinaves. Puis, petit secret entre nous, il y a aussi celui des «mille et une nuits».

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