Inspirée des sons de la nature et du corps humain : Un CD hors des sentiers battus

Capter les sons dans la nature et les partager sur un album ou autrement font le bonheur de l’artiste. Crédit photo Sébastien Croteau.

Artiste multidisciplinaire, Claude-Andrée Rocheleau, participante à deux reprises à RURART et maintenant résidente de Cookshire-Eaton depuis deux ans, a choisi cette terre d’accueil entre autres pour la beauté des paysages et le réseau artistique qu’elle considère en pleine effervescence. Branchée, à l’écoute de la nature, elle s’en inspire à tout moment, enregistre les sons que ce soit les branches dans le vent, le craquement du sol sous les pas, les battements de son cœur et autres. Cette source d’inspiration, elle la transpose en musique et introduit les sons pour créer des pièces musicales sortant des sentiers battus. En pleine préparation du CD Enlever les couches, la compositrice interprète est fidèle à ses valeurs et projette de faire le lancement en nature vers le printemps ou l’été prochain.

L’artiste explique que le choix du titre correspond à sa démarche artistique de mettre des couches et enlever « les couches superficielles. Au niveau sonore, je compose en ajoutant des couches sonores une par-dessus l’autre, ce qui fait qu’à la fin, j’enlève. En musique, on a tendance d’en rajouter, rajouter. Je cherche à épurer, enlever et trouver l’essentiel, dans une pièce on peut même entendre le craquement d’une feuille. J’aime ça laisser la place au son. Dans les pièces, j’aime mieux que ce soit une fusion, un maillage des sons comme de l’aquarelle. Une couleur qui se transforme en une autre, c’est plus comme ça que je compose. »

Sa formation en musique classique et en danse auquel s’ajoute un bagage d’expériences artistiques comme le cinéma, théâtre lui permettent d’amener à bon port le projet qu’elle caresse depuis plusieurs années.
« C’est un projet qui remonte à 10 ans. J’avais envie de faire un album, mais le processus a été long. J’ai fait beaucoup de recherches avant de trouver ma couleur. Je n’avais pas confiance. J’ai fait écouter mes compositions à des amis. J’ai eu leur approbation et ça m’a donné confiance. »

Pour Claude-Andrée Rocheleau, le défi est de mettre ensemble les sons, produits par la nature, le corps humain et même les mouvements que lui inspire la danse afin de créer une rythmique, puis une mélodie. Tout ça est soutenu par des instruments comme un sitar, une contrebasse, des percussions, un instrument indien la shruti-box et beaucoup d’effets de voix, explique la compositrice.

L’album de plus ou moins une douzaine de pièces se veut tout en douceur et comprend de nouvelles compositions remontant à l’été dernier. La texture sonore vise à propulser l’auditeur au cœur d’un univers doux, naturel et enveloppant, explique-t-elle. L’artiste laisse aux personnes le soin de qualifier le CD selon leur appréciation. Ce qu’elle souhaite en revanche est que les gens l’écoutent avec leurs oreilles, leur cœur et leur âme. Que cela puisse créer un effet de méditation. Que les gens écoutent les éléments de la pièce et vivent leur propre expérience. « Je souhaite faire vivre une expérience méditative axée sur l’orchestration des créations sonores humaines au cœur de celles de mère Nature. Moi, quand je fais une chanson, ça me fait du bien. Je souhaite juste qu’elle fasse la même chose pour les autres. »
Sociofinancement
Afin de produire le CD, Mme Rocheleau a procédé par une campagne de sociofinancement dont l’objectif atteint était de 6 800 $. Le but de la démarche était multiple et permettait d’abord d’établir un contact avec les gens en plus de proposer un échange. Elle admet également que l’initiative apportait une certaine visibilité. « Ça m’a permis de me faire connaître et établir une grosse part de réseautage. »

Pour l’artiste, le lancement du CD ne sera pas une fin en soi au contraire. « Pour moi, c’est comme à la fois la fin d’un chapitre et le début d’un autre. Ça fait longtemps que je parle de faire un album. Là, je le fais. Pour moi, c’est comme une carte de visite. Je suis arrivée à toucher à la couleur de ma démarche artistique. C’est la fin d’une longue période de recherche et là ça laisse la place à une autre période de recherche. » Précédemment, Mme Rocheleau a réalisé le court métrage intitulé ÊTRE. Cette artiste multidisciplinaire ne se fixe aucune limite et poursuit sa quête artistique.

Quant à ses projets, elle en a déjà deux dans sa mire, dont un, en cours, concernant la danse et l’autre qui touchera le domaine du cirque. À cela s’ajoute un projet de couple, dit-elle, où avec son conjoint, ils travailleront à reproduire un paysage sonore avec des performances de danse.

L’artiste originaire de l’Abitibi a trouvé dans le Haut-Saint-François une source naturelle d’inspiration dont elle n’hésite pas à s’abreuver. Les personnes intéressées à se procurer l’album Enlever les couches peuvent communiquer avec Mme Rocheleau par courriel à l’adresse suivante : claudeandree@hotmail.ca ou sur le site web www.claudeandree.com

Un jeune bûcheron voit loin

Avec son processeur, Nicholas Paquette est en mesure de remplir les contrats avec une plus grande rapidité et efficacité. Crédit photo Kimberley Fontaine.

Initié par son grand-père, Nicholas Paquette a commencé à bûcher à l’âge de 9 ans sur la terre familiale de 700 acres à La Patrie. Passionné de la forêt, il acquiert en 2016, 100 acres de terre et démarre sa petite entreprise de bois de chauffage en offrant ses services, tout en poursuivant ses études en administration à l’Université Laval. Mais c’est en 2018 alors qu’il était sur le point de compléter son BAC qu’il s’inscrit à la formation Lancement d’une entreprise et développe son projet de service de location de processeur sur une base de temps plein. Âgé de 25 ans, le jeune homme admet ne pas manquer de travail tout en ajoutant que l’avenir s’annonce prometteur.

Pourtant, c’est par hasard qu’il a lancé son entreprise Le boisé Paquette. « J’ai rencontré Daniel en faisant une livraison de bois de chauffage chez eux (Daniel Martel, coordonnateur de la formation Lancement d’une entreprise) c’est là qu’il m’a parlé de son cours. Daniel, c’est quelqu’un de proactif. Il va te poser des questions, aller chercher de l’information d’une personne, tu vois qu’il s’intéresse à tes projets. Il m’a laissé sa carte et m’a dit : si tu veux parler de ton projet, on pourrait aller dîner ensemble. Moi, je faisais mon bois à la chaînesaw et la fendeuse à mon terrain à La Patrie. Il m’a parlé du cours qu’il donnait, toutes les personnes-ressources qu’on pouvait avoir pour m’aider à monter mon projet. On est allé dîner ensemble, il m’a expliqué qu’il faisait du coaching. Il m’a dit : moi je suis capable de t’aider pour ça, viens suivre notre cours, on va pouvoir te donner des outils. En 2018, je finissais mon BAC à distance et je suivais le cours Lancement d’une entreprise le soir. »

Au terme de cette formation, M. Paquette lançait son entreprise, un service de clé en main de location de processeur pour bûcher. « Moi, j’ai vraiment fait le cheminement le plus complet par rapport à l’entrepreneuriat et à l’école. J’ai fait un DEC au Cégep en gestion de commerce, j’ai été faire un BAC en administration à l’Université par la suite, j’ai fait une attestation pour Lancement d’une entreprise. À l’école, on te donne la théorie et après on te dit part et trouve-toi une job. Lancement d’une entreprise, c’est le côté pratique. J’ai monté mon plan d’affaires, j’ai monté mon site internet, j’ai été chercher du financement avec la SADC du Haut-Saint-François, puis j’ai acheté mon processeur. » Le jeune entrepreneur a investi plus de 100 000 $ pour faire l’acquisition de cet important outil de travail. Cette machinerie composée d’une scie circulaire comprend une table d’alimentation amenant le billot à la scie, puis à la fendeuse et poursuit son trajet sur le convoyeur. Selon M. Paquette, on retrouverait seulement deux processeurs de cette envergure en Estrie. L’avantage de cette machinerie, explique-t-il, est son efficacité et sa rapidité d’exécution. « Une fendeuse à deux hommes, tu fais deux cordes à l’heure. Avec le processeur, tu fais huit cordes à l’heure. » La plupart du temps, il se déplace sur les différents sites. Son marché se retrouve principalement dans le Haut-Saint-François, à Coaticook et un peu à Sherbrooke. Il lui arrive de se déplacer plus loin. « Dernièrement, j’ai été à Saint-Jérôme pour faire 1 000 cordes. Ça, c’est un bon contrant », dit-il en souriant.

Nicholas Paquette est optimiste quant à son avenir. « Il y a une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur du bois de chauffage. Les producteurs de bois n’ont pas de main-d’œuvre pour les aider. Je suis là pour couvrir le manque de personnel. » Il semble que la réalité lui donne raison, puisque 70 % de l’année 2020 est déjà remplie, précise-t-il. Le jeune homme a le vent dans les voiles et aimerait bien dans un avenir rapproché faire l’acquisition d’un autre processeur et engager une nouvelle personne. Outre sa terre à bois à La Patrie, M. Paquette dispose d’un plan à Sherbrooke et un autre à East Angus qui n’est pas développé pour l’instant.

Projet
Déjà passablement occupé, l’entrepreneur caresse d’autres rêves dont celui de réaliser des capsules vidéo sur le bois de chauffage. « Les vieux savent comment faire, mais pas les jeunes. Je veux informer les gens sur la façon de bien corder le bois, comment l’entreposer, comment partir un feu. En faisant ça, je vais couvrir plus large et ça me fera connaître. » Comme si ce n’était pas suffisant, le jeune entrepreneur dynamique aimerait développer son érablière de 5 000 entailles à La Patrie pour développer des produits haut de gamme dans le but de les exporter en Europe.

Âgé de 25 ans, Nicholas Paquette voit loin et entend utiliser toutes les ressources disponibles pour réaliser ses rêves.

Atelier Les Becs-Scie : Mettre son canot sur son testament

Nous apercevons Jocelyne Giroux et Serge Lemay, propriétaires de l’Atelier Les Becs-Scie.

« Ce qui est intéressant avec ces canots-là, c’est qu’on peut les mettre dans notre testament parce que ça dure des années, voire des siècles si c’est bien entretenu ! », mentionne Jocelyne Giroux, copropriétaire de l’Atelier Les Becs-Scie, situé à Bury. Avec son conjoint, Serge Lemay, ils ont démarré récemment cette entreprise de restauration et fabrication de canots entoilés.

Une passion qui vient de loin
Leur passion pour ces embarcations remonte à plusieurs années. Mme Giroux pratique ce sport depuis l’âge de 9 ans, alors qu’elle était dans les scouts. Pour M. Lemay, ça remonte aussi au début de l’adolescence.
Lorsque les propriétaires se sont rencontrés, ils ont vite réalisé leur intérêt commun. « On a rencontré un homme qui avait un moule et ça m’avait tellement surpris, impressionné. Je me suis dit, un jour, je vais faire des canots. Ça fait 26 ans de ça ! », exprime Mme Giroux. Elle en a longtemps parlé avec son conjoint, du fait qu’elle voulait faire la fabrication de ce type d’embarcation, mais le moment n’était pas propice. En 2018, lorsque M. Lemay a suivi son cours de lancement d’entreprise, sa conjointe voulait faire de même, mais n’avait pas d’idée concrète à développer. C’est finalement en 2019 qu’elle s’est décidée à mettre en œuvre son projet de longue date. « Ça faisait longtemps que j’en parlais. Quand j’ai décidé de prendre mon cours, j’ai dit : moi je le prends là-dedans. Il a dit : Ok, on va partir ça », explique-t-elle.

Enseignante de formation, elle commence à se retirer tranquillement et suit présentement un cours en comptabilité. Un domaine qu’elle pourra mettre à profit dans l’entreprise.

Une pratique ancestrale
Le canot de bois a été inventé il y a très longtemps. Il a toujours eu une place très importante auprès des premières nations. Adapté à son environnement et fabriqué à partir de matériaux indigènes, il doit sa réussite principalement grâce à sa légèreté et sa facilité d’entretien. Le modèle de type entoilé est une adaptation moderne de celui en écorce. « Ces canots-là sont souvent fabriqués depuis longtemps, mais on peut tout restaurer », souligne-t-elle. « Ça se répare à l’infini », ajoute M. Lemay.

Plusieurs étapes sont nécessaires à sa restauration. Les entrepreneurs expliquent qu’il faut d’abord le «déshabiller» en retirant les différents morceaux. « On va le décaper, le sabler et le huiler. On doit regarder quelles pièces il y a à changer », mentionne la propriétaire.

L’artisan ajoute qu’un des avantages du canot entoilé, c’est qu’il peut être réparé n’importe quand, n’importe où. « T’es en expédition, tu peux le réparer avec un morceau de bouleau qui est dans le bois que tu vas gosser à la hache. Il ne sera pas beau, mais il va t’amener jusqu’à ton point d’arrivée. » Le fond est fait de cèdre, surtout parce que c’est un matériel imputrescible, donc il ne pourrit pas.

Puisque ce type d’embarcation existe depuis longtemps et qu’il peut être restauré à plusieurs reprises, il est possible pour les gens du métier de devoir travailler sur des pièces qui ont été construites il y a plus d’une centaine d’années. « Avec le gars qui m’a initié à ça, la réparation et la fabrication, le plus vieux canot que j’ai eu l’occasion de travailler dessus, il avait 137 ans! C’était en 96-97 environ, alors le canot avait été bâti en 1880 et quelques, 1870 peut-être », raconte le copropriétaire.

Mais d’où vient la clientèle?
À l’ère des réseaux sociaux, il est maintenant plus facile de se faire connaître à plus grande échelle. Parce contre, même si les demandes peuvent provenir d’un peu partout, les propriétaires veulent privilégier les clients de la région concernant la portion restauration de canot, principalement pour éviter les coûts de transport. Cependant, lorsque l’entreprise va s’agrandir, ils ne rejettent pas l’idée d’exporter ailleurs au Canada. Toutefois, pour l’instant, « Ça va rester artisanal. Ça va être du sur-mesure, c’est du personnalisé et c’est quelque chose qui est important pour nous, de rester, pas petit, mais de rester personnel avec le client », explique-t-il.

Un nom avec une signification particulière
Le nom de l’entreprise, Atelier Les Becs-Scie, n’a certainement pas été choisi au hasard. Le bec-scie est l’un des plus grands canards du Québec, aussi appelé Grand Harle. « C’est un oiseau aquatique, un canard aquatique, ça rappelle donc le canot, à cause de l’eau et la nature. Dans Becs-scie, il y a le mot scie qui représente l’atelier d’ébénisterie et le mot bec qui représente le couple. L’image choisie, c’est deux becs-scie, un mâle et une femelle. » En choisissant ce nom, le couple voulait également faire un clin d’œil à leur ami qui possédait une boutique de plein air spécialisé dans le canoë-camping appelé Le Huard et de qui ils ont appris le métier.

Selon M. Lemay, la partie restauration risque de prendre une plus grande place dans l’entreprise que la fabrication. « Même si tu veux fabriquer des canots, c’est plus la restauration qui va te faire vivre. Parce que la fabrication, ton canot est neuf, dans les cinq premières années, à moins qu’il t’arrive une bad luck, t’auras pas besoin de venir me revoir. » Malgré tout, ils aimeraient bien pouvoir profiter de l’hiver pour fabriquer de nouvelles embarcations et faire les restaurations durant les autres saisons.

Festivités du 150e à Chartierville : L’affaire de tous

Des bannières marquant des moments historiques de Chartierville seront disposées aux endroits stratégiques de la municipalité.

L’année 2020 sera spéciale pour les quelque 280 citoyens de Chartierville, puisqu’elle marquera le 150e anniversaire de l’établissement des colons dans ce qui s’appelait autrefois Emberton. Le conseiller municipal, Ken Cameron, qui a pris en charge la coordination des festivités, est en voie de s’entourer d’une petite armée de bénévoles désireux de s’impliquer de diverses façons selon leur centre d’intérêt.

Propriétaire avec sa conjointe d’une terre de sept acres, qu’il appelle son petit royaume, en riant, est établi de façon permanente à Chartierville depuis 2017. Ce nouvel arrivant, pour ainsi dire, anglophone de souche écossaise, est tout dédié à sa municipalité d’adoption. L’homme est bien confortable au sein de sa nouvelle communauté. « Tout ce qu’il faut ici, c’est de parler français et si vous êtes social, moi, j’aime parler avec le monde, les gens vont vous accepter. »

Il explique s’être proposé, lors d’une séance du conseil municipal, à prendre en charge l’organisation des festivités. D’abord, précise-t-il, parce qu’il est habitué d’organiser des choses et la seconde par amour de l’histoire. « Ce que ça m’apporte, c’est à l’intérieur de moi », dit-il sans développer davantage.

« Ça paraît bien de dire que je suis le coordonnateur, mais ce sont les citoyens qui font tout le travail », lance-t-il en riant. Il souligne au passage l’implication de la communauté et de la municipalité. « Nous sommes 280 à Chartierville et à la fête des bénévoles, il y en a une centaine qui est fêtée, c’est une bonne moyenne. »

L’organisation des festivités est l’affaire de tous, explique le conseiller. Il a d’abord présenté une ébauche de programmation au conseil municipal et par la suite en séance publique afin de valider le tout avec la population. Déjà, plusieurs activités sont prévues, mais le calendrier est encore en évolution, précise le coordonnateur.

La beauté de la chose, ajoute-t-il, est que les gens s’impliquent. M. Cameron dit recevoir des courriels des citoyens qui ne font pas que proposer des choses, mais également de participer à leur réalisation. « J’ai rencontré la fabrique et ils vont s’occuper d’organiser la soirée canadienne. » Le club de lecture de Chartierville, précise-t-il, a proposé d’inviter une auteure, Mme Yvette Labonne, qui vient de publier un livre et qui pourrait nous parler de l’histoire de Chartierville et des premiers arrivants. Le club a également proposé de rédiger un poème collectif sur le thème de Chartierville. D’autres suggestions affluent régulièrement, laisse-t-il entendre. « Je constate que les gens sont attirés. Ils s’offrent à faire des choses et peuvent réaliser leurs idées en participant avec nous. »

Festivités
Le coordonnateur explique qu’il ne s’agit pas de réinventer la roue. Certaines activités que ce soit de la musique traditionnelle, une exposition d’artisanat, des conférences, des hommages aux anciens bâtisseurs et autres viendront se greffer à celles déjà existantes et fort populaires comme la partie de sucre, Musique aux Sommets et Festival de la chasse.

Nouveautés

Par contre, de nouvelles activités viendront s’insérer. À ce chapitre, mentionnons en juin la procession en costume d’époque et chariot tiré par des chevaux ainsi qu’une célébration d’une messe commémorative à l’endroit même où fut célébrée la première. Suivront un dîner, souper ainsi qu’une soirée canadienne. En septembre, on prévoit célébrer les couleurs d’automne à l’ancienne halte au côté des lignes avec un feu de joie, des compétitions amusantes et autres restent à développer. On pense également organiser à l’occasion de Noël une messe de minuit. Évidemment, l’heure et même la date restent à déterminer, mais on désire y apporter une connotation d’époque avec calèche, chandelles, musique et peut-être un réveillon.

Autres attraits durables

Les festivités du 150e ne seront pas marquées que par des célébrations et événements. La communauté travaillera à laisser un souvenir indélébile dans l’histoire de la petite communauté. D’ailleurs, elle sera invitée, si ce n’est déjà fait, à identifier sur une carte qui leur sera remise les différents attraits et endroits stratégiques marquant l’histoire de la municipalité comme l’école de rang, l’ancienne croix et autres. Le tout sera compilé sur une carte qui sera encadrée. Celle-ci fera partie des outils promotionnels de la municipalité et sera remise entre autres aux visiteurs et dignitaires.
Ce n’est pas tout, les citoyens sont également mis à contribution pour faire une carte généalogique. En fait, on invite les enfants de fondateurs à identifier leurs aïeux qui sont arrivés les premiers à Chartierville, leur épouse, le nombre d’enfants, les nommer si possible, l’endroit où ils demeuraient et même raconter quelque chose marquant cette famille. Le tout pourrait être présenté sur écran géant ou autrement dans le cadre d’une journée retrouvailles par exemple. Parmi les éléments durables, on a fabriqué des banderoles marquant l’histoire de la municipalité. Elles seront installées aux endroits stratégiques de la localité.

Toujours au domaine de l’histoire, se tiendra de façon sporadique, au cours de la prochaine année, le Musée d’Yvon Côté. Photos historiques, artéfacts et autres y seront présentés. Comme l’indique le coordonnateur, bien que certaines choses soient arrêtées, la programmation est en évolution et pourrait y avoir des changements.

Chartierville ne mérite pas le détour seulement à l’occasion de son 150e. On y retrouve plusieurs attraits que ce soit la mine d’or, les sentiers pédestres, les artisans sur le rang Verchères avec André Phililbert, artiste peintre surnommé par certains « le peintre de la nuit », Claude Sévigny, artiste sans limites, qui assemble différents objets à partir de matériaux hétéroclites et sculpte aussi des jouets pour les jeunes et moins jeunes, la côte magnétique, le centre de soins avec vue sur les montagnes, sans oublier le nouveau mini-putt qui sera ouvert au public le printemps prochain.


Propriétaire avec sa conjointe d’une terre de sept acres, qu’il appelle son petit royaume, en riant, est établi de façon permanente à Chartierville depuis 2017. Ce nouvel arrivant, pour ainsi dire, anglophone de souche écossaise, est tout dédié à sa municipalité d’adoption. L’homme est bien confortable au sein de sa nouvelle communauté. « Tout ce qu’il faut ici, c’est de parler français et si vous êtes social, moi, j’aime parler avec le monde, les gens vont vous accepter. »
Il explique s’être proposé, lors d’une séance du conseil municipal, à prendre en charge l’organisation des festivités. D’abord, précise-t-il, parce qu’il est habitué d’organiser des choses et la seconde par amour de l’histoire. « Ce que ça m’apporte, c’est à l’intérieur de moi », dit-il sans développer davantage.
« Ça paraît bien de dire que je suis le coordonnateur, mais ce sont les citoyens qui font tout le travail », lance-t-il en riant. Il souligne au passage l’implication de la communauté et de la municipalité. « Nous sommes 280 à Chartierville et à la fête des bénévoles, il y en a une centaine qui est fêtée, c’est une bonne moyenne. »
L’organisation des festivités est l’affaire de tous, explique le conseiller. Il a d’abord présenté une ébauche de programmation au conseil municipal et par la suite en séance publique afin de valider le tout avec la population. Déjà, plusieurs activités sont prévues, mais le calendrier est encore en évolution, précise le coordonnateur.
La beauté de la chose, ajoute-t-il, est que les gens s’impliquent. M. Cameron dit recevoir des courriels des citoyens qui ne font pas que proposer des choses, mais également de participer à leur réalisation. « J’ai rencontré la fabrique et ils vont s’occuper d’organiser la soirée canadienne. » Le club de lecture de Chartierville, précise-t-il, a proposé d’inviter une auteure, Mme Yvette Labonne, qui vient de publier un livre et qui pourrait nous parler de l’histoire de Chartierville et des premiers arrivants. Le club a également proposé de rédiger un poème collectif sur le thème de Chartierville. D’autres suggestions affluent régulièrement, laisse-t-il entendre. « Je constate que les gens sont attirés. Ils s’offrent à faire des choses et peuvent réaliser leurs idées en participant avec nous. »
Festivités
Le coordonnateur explique qu’il ne s’agit pas de réinventer la roue. Certaines activités que ce soit de la musique traditionnelle, une exposition d’artisanat, des conférences, des hommages aux anciens bâtisseurs et autres viendront se greffer à celles déjà existantes et fort populaires comme la partie de sucre, Musique aux Sommets et Festival de la chasse.
Nouveautés
Par contre, de nouvelles activités viendront s’insérer. À ce chapitre, mentionnons en juin la procession en costume d’époque et chariot tiré par des chevaux ainsi qu’une célébration d’une messe commémorative à l’endroit même où fut célébrée la première. Suivront un dîner, souper ainsi qu’une soirée canadienne. En septembre, on prévoit célébrer les couleurs d’automne à l’ancienne halte au côté des lignes avec un feu de joie, des compétitions amusantes et autres restent à développer. On pense également organiser à l’occasion de Noël une messe de minuit. Évidemment, l’heure et même la date restent à déterminer, mais on désire y apporter une connotation d’époque avec calèche, chandelles, musique et peut-être un réveillon.
Autres attraits durables
Les festivités du 150e ne seront pas marquées que par des célébrations et événements. La communauté travaillera à laisser un souvenir indélébile dans l’histoire de la petite communauté. D’ailleurs, elle sera invitée, si ce n’est déjà fait, à identifier sur une carte qui leur sera remise les différents attraits et endroits stratégiques marquant l’histoire de la municipalité comme l’école de rang, l’ancienne croix et autres. Le tout sera compilé sur une carte qui sera encadrée. Celle-ci fera partie des outils promotionnels de la municipalité et sera remise entre autres aux visiteurs et dignitaires.
Ce n’est pas tout, les citoyens sont également mis à contribution pour faire une carte généalogique. En fait, on invite les enfants de fondateurs à identifier leurs aïeux qui sont arrivés les premiers à Chartierville, leur épouse, le nombre d’enfants, les nommer si possible, l’endroit où ils demeuraient et même raconter quelque chose marquant cette famille. Le tout pourrait être présenté sur écran géant ou autrement dans le cadre d’une journée retrouvailles par exemple. Parmi les éléments durables, on a fabriqué des banderoles marquant l’histoire de la municipalité. Elles seront installées aux endroits stratégiques de la localité.
Toujours au domaine de l’histoire, se tiendra de façon sporadique, au cours de la prochaine année, le Musée d’Yvon Côté. Photos historiques, artéfacts et autres y seront présentés. Comme l’indique le coordonnateur, bien que certaines choses soient arrêtées, la programmation est en évolution et pourrait y avoir des changements.
Chartierville ne mérite pas le détour seulement à l’occasion de son 150e. On y retrouve plusieurs attraits que ce soit la mine d’or, les sentiers pédestres, les artisans sur le rang Verchères avec André Phililbert, artiste peintre surnommé par certains « le peintre de la nuit », Claude Sévigny, artiste sans limites, qui assemble différents objets à partir de matériaux hétéroclites et sculpte aussi des jouets pour les jeunes et moins jeunes, la côte magnétique, le centre de soins avec vue sur les montagnes, sans oublier le nouveau mini-putt qui sera ouvert au public le printemps prochain.

Boutique créative écologique qui se démarque : Une première au Canada

Cynthia Tellier-Champagne, propriétaire du Studio d’art Shuffle, s’inspire de la nature pour créer. On l’aperçoit ici alors qu’elle taille un crayon de bois.

Du matériel artistique écoresponsable et un approvisionnement éthique, voilà ce que propose le Studio d’art Shuffle. L’entreprise créée par Cynthia Tellier-Champagne est unique en son genre au Canada et est basée à Sawyerville.

L’idée lui est venue, à la suite de ses études, alors qu’elle prenait un moment d’arrêt pour réfléchir à ce qu’elle voulait faire. « Ça m’a donné le temps de faire les changements que je voulais au niveau de ma consommation écoresponsable. » Elle a entrepris plusieurs modifications dans son mode de vie et dans son alimentation. Toutefois, elle a réalisé que du côté artistique, les matériaux utilisés ne correspondaient pas à ce mode de vie. « Dans ma pratique artistique, je continuais d’utiliser des produits vraiment emballés et toxiques, le genre de produits que tu ne peux même pas utiliser dans la maison, comme des fixatifs à pastel où tu dois aller dehors pour les utiliser. À un moment donné, ça n’avait plus de cohérence dans ma vie. » Elle s’est donc mise à chercher des alternatives pour finalement revenir à la base, aux méthodes utilisées avant l’industrialisation. Elle y a découvert diverses techniques pour fabriquer des matériaux d’art à base de plantes et de minéraux. Son objectif était de trouver des articles plus naturels et sans danger pour les enfants.

De passionnée à entrepreneure

« J’avais envie de partager ça avec les gens, je n’avais vraiment pas envie de garder ça pour moi. Je sentais aussi qu’il ne se passait pas grand-chose, j’avais vraiment envie de participer à ce changement, d’éduquer. » C’est dans cet état d’esprit que l’artiste a décidé d’ouvrir sa boutique. Pour elle, ce n’est pas seulement vendre des produits, mais aussi éduquer les gens. Elle veut faire redécouvrir des techniques existantes, mais aussi d’autres qui sont innovées par le bien de ses ateliers et de son blogue sur le site internet où elle y propose des recettes. Le but est de fabriquer le matériel désiré dans la quantité nécessaire pour éviter la surconsommation. La majorité des articles sont vendus dans des emballages compostables, ce qui diminue le niveau de déchets produits.

Des produits pour tous les goûts

« C’est vraiment une boutique qui essaie d’aller marier tout ce qui est plantes, produits doux pour la santé, mais pour les loisirs créatifs, l’artisanat, les bébés, les enfants, le bureau et les artistes professionnels », explique Cynthia Tellier-Champagne. Plusieurs gammes d’articles et de matériaux sont offertes. L’une d’elles est pour les artistes professionnels ou quiconque qui désire créer. Des pigments naturels pour que les gens fabriquent leurs couleurs. Elle y propose des huiles, des solvants naturels, des liants végétaux et des épaississants à base de minéraux. L’intention est de remplacer tout ce qui chimiquement peut compléter la coloration pour en arriver au résultat final. « On va avoir aussi tout ce qui est accessoires, des pinceaux, des contenants réutilisables et des pots. On s’arrange pour miser sur, est-ce que c’est essentiel ou est-ce que c’est juste un cossin qui va nous faire consommer inutilement », ajoute-t-elle. Pour cette gamme de produits, Mme Tellier-Champagne travaille en collaboration avec des artisans québécois afin d’avoir un maximum de produits d’ici.

Dans la boutique, elle y propose une gamme pour enfants où l’objectif est la réutilisation et des produits sans danger. Des crayons et des peintures rechargeables, des colorants naturels et comestibles à base de fruits et de légumes. « Quand on jette le crayon, il est encore bon, il n’a juste plus d’encre dedans. C’est désolant. Des peintures rechargeables aussi. Quand la couleur bleue est finie, on n’est pas obligé de se débarrasser de la palette ou d’acheter une autre palette au complet parce qu’il manque une couleur. » C’est dans cette optique que l’entrepreneure a soigneusement sélectionné ses matériaux.

Pour les écoliers et les professionnels, elle mise aussi sur la réutilisation. Des cahiers de notes rechargeables, des surligneurs en bois, des crayons permanents rechargeables. Le but est de trouver des moyens pour que les produits durent plus longtemps pour éviter de constamment avoir à racheter. L’artiste propose également une sélection de livres qui expliquent la fabrication de matériaux, des livres d’inspiration et de décorations au naturel.
Pour partager ses découvertes et son savoir, elle a d’abord ouvert une boutique en ligne. Elle participe également à divers salons d’artisanat et événements à raison d’une fois par mois. Elle possède quelques points de vente dans des boutiques pour enfants, mais aussi via d’autres artistes, en plus d’avoir une formule pour les professionnels, les organismes et les professeurs qui préfèrent s’approvisionner en plus grande quantité.

Toujours en quête de travailler dans le respect de la nature, Cynthia Tellier-Champagne utilise principalement des ingrédients locaux. « Pour l’instant, étant sur une ferme, je fais de la cueillette sauvage. À partir de l’année prochaine, on va aussi faire de la culture de plantes tinctoriales. Ce qui est merveilleux dans le paysage québécois, c’est qu’il y a vraiment une belle panoplie de plantes tinctoriales sauvages. » Puisque certaines teintes ne se retrouvent pas au Québec, elle doit les importer, mais elle prend tout de même le temps de bien choisir les entreprises pour s’assurer que toutes ses valeurs sont respectées.

La tête remplie de projets

L’artiste ne compte pas s’arrêter là. Elle prévoit agrandir son atelier et sa boutique pour offrir l’opportunité aux clients de venir choisir leurs produits. Elle veut également donner des ateliers et développer des résidences artistiques qui vont se dérouler sur plusieurs jours. Elle aimerait organiser diverses activités créatives en nature, sur sa terre qui lui sert de muse.

Passion et détermination : Centre équestre Équilibre

Nous apercevons Anne Grimard et Martin Bernier, propriétaires du Centre équestre Équilibre à Dudswell.

Reconnu à l’échelle nationale, le Centre équestre Équilibre de Dudswell offre des formations dès le plus jeune âge pour les passionnés des chevaux. Spécialisé dans le concours complet d’équitation (CCÉ), le centre tend à se démarquer à l’international par la qualité de ses parcours, de ses chevaux et de ses athlètes.

Anne Grimard et Martin Bernier, propriétaires du centre, sont installés à Dudswell depuis près de quatre ans. Ils se sont rencontrés par l’entremise du fils de ce dernier qui suivait alors des cours avec Mme Grimard dans le cadre du programme sports-études de l’école secondaire Le Salésien. Voyant le potentiel de la terre de M. Bernier, le couple a pris la décision d’y déménager le centre pour pouvoir l’agrandir et y accueillir des concours.

Se démarquer à l’échelle nationale
Le CCÉ est un sport qui regroupe en une seule discipline trois épreuves distinctes. Il y a le saut d’obstacles, le dressage et le cross-country. C’est pourquoi ceux qui y participent sont considérés comme des triathlètes. C’est l’une des rares disciplines qui se pratique encore dans les champs. Ce type de concours était à l’origine créé pour tester les capacités des chevaux de l’armée et comprenait sept épreuves, explique M. Bernier.

Les propriétaires affirment se démarquer par la qualité de leur terrain. Le plus de dénivellation possible tout en ayant des plateaux pour galoper, des passages dans les bois et des parcours qui changent à chaque compétition. Très peu de centres équestres au Québec peuvent offrir tous ces aspects dont possède le Centre Équilibre. Plusieurs arbres sont plantés chaque année afin de créer des parcours différents au niveau du cross-country.
Tous leurs circuits sont soigneusement réfléchis et montés. Ils n’hésitent pas à se rendre à l’extérieur du pays pour aller chercher des collaborateurs afin d’être assistés dans la conception des parcours.

Mme Grimard affirme que les terrains sont bien aménagés pour que les athlètes puissent travailler à l’extérieur tout au long de l’année. « D’avoir une track en rond avec des vallons pour entraîner les chevaux en tout temps dans l’année. Le footing est toujours correct, ça vaut de l’or. L’hiver, on l’ouvre, alors les chevaux continuent à travailler là-dedans tout l’hiver, ce qui fait qu’on a vraiment une longueur d’avance au printemps parce qu’on a pu travailler le cardio et l’équilibre. »

Les chevaux
Le couple fait tout le nécessaire pour avoir les meilleures races de chevaux possible pour leurs athlètes qui performent lors des concours. Ils ont au total un peu plus de 50 chevaux dans l’écurie. Une trentaine leur appartiennent et les autres sont pensionnaires, mais tous sont traités aux petits soins. Pour le futur, ils aimeraient aller jusqu’en Europe, chercher différentes races afin d’améliorer la qualité et la performance.

Passionnés depuis l’enfance

Ayant passé une partie de son enfance sur la ferme de son oncle et ayant un grand-père qui était éleveur de chevaux, M. Bernier est un passionné depuis très jeune. Quand il a acheté sa terre, il y faisait un élevage d’Angus noir pur-sang. Cowboy dans l’âme, il travaillait avec ses vaches à dos de cheval. « À cheval, tout se faisait très bien, calmement. »

De son côté, Mme Grimard a grandi à la ville dans une famille de musiciens, mais dès 7 ans, elle a su que son futur serait aux côtés des chevaux. Elle a démarré sa petite entreprise à l’adolescence en proposant des cours et des balades en calèche dans les cabanes à sucre et lors des mariages. « J’ai passé dans le journal quand j’étais jeune et le titre était La patronne de 13 ans ! », mentionne-t-elle amusée.

À eux deux, ils font presque tout sur la terre. L’entretien, la formation, l’organisation des concours et la création des parcours. « On est des passionnés, on aime ça. Peut-être un peu trop ! », mentionne en riant, M. Bernier.

Reconnaissance
Leur travail, leur détermination et celle de leurs élèves ont valu au Centre équestre Équilibre diverses distinctions. Ils ont notamment reçu le prix de la meilleure équipe de concours complet au Québec remis par l’Association canadienne de concours complet du Québec (ACCC-Q) ainsi que le prix Aramis du meilleur concours national au Québec 2018 remis par Cheval Québec.

Dans un futur proche, le couple a plusieurs projets en tête pour le centre. L’agrandissement des bâtiments, l’importation de chevaux de l’Europe et le développement des concours à l’international. Ils songent même à ajouter d’autres concours puisqu’il y a un autre niveau qu’ils aimeraient offrir.

« Plus on va monter les niveaux, plus on va avoir des gens de l’extérieur qui n’auront, entre guillemets, pas le choix de venir parce qu’ils ont besoin de ce concours pour les qualifications », explique Mme Grimard.

Canterbury Church: Community building

In front of the newly restored stained glass windows are the Canterbury Center committee members (left to right): Christian Veilleux, Tony De Melo, Gilles Gaulin, Candy Coleman, Ed Pedersen, and Bobby Jacklin, with John Mackley of the Bury Historical and Heritage Society.

They scaled the 55-foot tower, broke a hole into the floor of the bell chamber, and climbed in.

And there, atop the little Christ Church Canterbury, Gilles Gaulin, Steven Aulis, Ed Pedersen and Tony De Melo discovered an amazing bell. “To see the immensity of it!” said Pedersen. It was three feet across, five feet tall, and some three inches thick in places. Aulis said 6-inch beams support it.
The bell was installed in 1896 when the church was built. Later, its chamber windows were boarded over. It hasn’t rung in decades.

The four men are volunteers for the Canterbury Center Committee of the Bury Historical and Heritage Society. Their discovery in late September was the climax of a four-year marathon to repair and restore the distinctive church with its flying buttresses. It is situated at the corner of Route 214 and Canterbury Road.

“In 2015, the Society bought the church from the Anglican diocese for $1 on the condition that we use and repair and maintain it,” said Candy Coleman, member of the six-person committee.

Supported by other volunteers, the group raised funds by organizing a series of community events: flea markets, concerts, community suppers, and public markets. The idea was to open the new cultural center to the community and visitors. “We had good foot traffic,” she said. “It’s a little church in the middle of nowhere. Lots of time you have small churches, people drive by, but they’re never open.”

The idea was also to raise funds. And they did. They raised $70,000, with no grants or governmental help. Some was from an anonymous benefactor. The rest was donations from far and wide, from people whose families had once lived in the Canterbury area.

Then, the renovations. The foundation had rotted, so in 2018 they constructed a cement slab foundation beside the original site and moved the building onto it.

They also sent its three stained glass windows to Hugo Baillargeon, a stained glass artisan in Verdun, for restoration. In 1922, the windows had been created by the N.T. Lyon Company in Toronto, known for their “extremely high quality,” work. Baillargeon recommended new window frames be built for them.

Carpenter-craftsman Steven Aulis built the frames. He also re-built the Gothic front door from old floorboards, repaired many of the buttresses, re-built the cross atop the tower, and is now building new louvered windows for the tower.

Other achievements were new electricity, heating, a ditch and a culvert. Landscaping was done by Gilles Gaulin, Steven Aulis and Peter Lupi. And there’s more to do, said Coleman. More repairs, more landscaping. Plans are to paint the church in its original colours: white with green trim. “We want the church to reflect its authenticity, its heritage.”

“Thank you to the volunteers, in capital, huge dark font!,” she said. “There are a lot of little jobs, and it’s not really something you see, but it all adds up. Little unsung-hero work. It’s a big thank you to everyone who pitches in and helps out. There are only six of us on the committee. Without all the other volunteers, we’d be burned out!”

“The fact that it has happened is not an accident; it’s a result of people working together. People who are inspired and supportive of the whole project. Without the community, it wouldn’t have happened,” said Pederson.
“Our vision for the future is that the church will be an historical site and a center that will keep going, that someone will take over for us. That it will be there for another 100 years. The Historical Society has done so much already, it almost cries out, ‘I’m important now!’.”

And when will the Canterbury bell ring again? The weekend of August 2nd, 2020, suggested Pedersen. That’s when the Canterbury Committee plans to organize a celebration of the revitalized Canterbury Center. And that’s when the louvered windows will be installed, so the bell can be heard in all its glory.

L’église de Canterbury : construire une communauté

Ed Pedersen et Gilles Gaulin dans la chambre campanaire au sommet de l’église Christ Church de Canterbury. Afin de découvrir l’énorme cloche, ils ont bravé « 100 ans de mouches mortes », a dit Tony De Melo.

Ils ont escaladé la tour de 55 pieds, percé un trou dans le plancher de la chambre campanaire et ont grimpé à l’intérieur.

Et là-haut, au sommet de la petite église Christ Church de Canterbury, Gilles Gaulin, Steven Aulis, Ed Pedersen et Tony De Melo ont découvert une cloche étonnante. « Pour voir l’immensité de cela ! », a déclaré M. Pedersen. Elle mesurait trois pieds de large, cinq pieds de haut et quelque trois pouces d’épaisseur à certains endroits. M. Aulis a dit que des poutres de 6 pouces la soutiennent.

La cloche a été installée en 1896 lors de la construction de l’église. Puis, les fenêtres de la chambre campanaire ont été fermées. La cloche n’a pas sonné durant plusieurs décennies.

Les quatre hommes sont des bénévoles du comité du Centre Canterbury de la Société d’histoire et du patrimoine de Bury. Leur découverte à la fin de septembre a été le point culminant d’un marathon de quatre ans visant à réparer et à restaurer cette église très particulière avec ses arcs-boutants, qui est située à l’intersection de la route 214 et du chemin de Canterbury.
« En 2015, la Société a acheté l’église du diocèse anglican pour la somme de un dollar à la condition que nous l’utilisions, que nous la réparions et que nous l’entretenions », a déclaré Candy Coleman, membre du comité composé de six personnes.

Appuyé par d’autres bénévoles, le groupe a recueilli des fonds en organisant une série d’événements communautaires : marchés aux puces, concerts, soupers communautaires et marchés publics. Le projet était d’ouvrir le nouveau Centre culturel à la communauté et aux visiteurs. « Nous avions un bon trafic piétonnier », a-t-elle déclaré. « C’est une petite église au milieu de nulle part. La plupart du temps, vous avez de petites églises, des gens passent, mais elles ne sont jamais ouvertes. »

L’intention était aussi d’amasser des fonds et ils l’ont fait. Ils ont recueilli 70 000 $, sans subvention ni aide gouvernementale. Un certain montant a été offert par un bienfaiteur anonyme. Le reste a été constitué de dons provenant de partout, de personnes dont les familles vivaient autrefois dans la région de Canterbury.

Ensuite, les rénovations. La fondation avait pourri, alors en 2018, ils ont construit une fondation en dalle de ciment à côté du site d’origine et y ont installé le bâtiment.

Ils ont également fait restaurer ses trois vitraux par Hugo Baillargeon, un artisan du vitrail de Verdun. En 1922, les fenêtres avaient été créées par N.T. Lyon Co. de Toronto, une entreprise réputée pour son travail de très haute qualité. M. Baillargeon a recommandé la construction de nouveaux cadrages de fenêtre pour les vitraux.

Le charpentier-artisan Steven Aulis a construit les cadrages. Il a également reconstruit la porte d’entrée gothique à partir de vieux planchers, réparé de nombreux contreforts, reconstruit la croix au sommet de la tour, et il construit présentement de nouvelles fenêtres à persiennes pour la tour.
Les autres réalisations ont été la remise à neuf de l’électricité, du chauffage, un fossé et un ponceau. Un aménagement par Gilles Gaulin, Steven Aulis et Peter Lupi. Et il y a encore beaucoup à faire, dit Mme Coleman. Il est prévu de peindre l’église dans ses couleurs d’origine en blanc avec bordure verte. « Nous voulons que l’église reflète son authenticité, son patrimoine. »

« Un merci aux bénévoles écrit en immenses lettres majuscules ! », a-t-elle déclaré. « Il y a beaucoup de petits boulots et ce n’est pas vraiment quelque chose que vous voyez, mais tout s’additionne. C’est du petit travail de héros méconnus. Un grand merci à tous ceux et celles qui participent et aident. Nous ne sommes que six dans le comité. Sans tous les bénévoles, nous serions épuisés ! »

« Le fait que cela se soit réalisé n’est pas un accident; c’est le résultat du travail de gens qui collaborent ensemble. Des gens qui sont inspirés et qui appuient l’ensemble du projet. Sans la communauté, cela ne se serait pas produit, » a déclaré M. Pedersen.

« Notre vision de l’avenir est que l’église sera un site historique et un centre qui continueront de fonctionner, que quelqu’un prendra la relève pour nous. Que ce sera là pour encore 100 ans ! La Société historique a déjà tellement fait qu’elle crie presque : “je suis importante maintenant !” »

Et quand la cloche de Canterbury sonnera-t-elle à nouveau ? La fin de semaine du 2 août 2020, a suggéré M. Pedersen. C’est à ce moment-là que le comité de Canterbury songe à organiser une célébration du Centre de Canterbury revitalisé. Et c’est à ce moment-là que les fenêtres à persiennes seront installées afin que la cloche puisse être entendue dans toute sa splendeur.

Apollo de l’Étoile : Dévoilement de l’image de marque

Nous retrouvons au centre le préfet Robert Roy, à l’arrière de gauche à droite, Richard Tanguay, président du comité OSE le Haut et Dominic Provost, directeur général de la MRC et du CLD, lors du lancement de l’image de marque.

Le Haut-Saint-François compte sur un nouvel ambassadeur pour faire la promotion du territoire. Apollo de l’Étoile sera aidé des membres de sa famille et amis. À travers ses aventures, le jeune homme du genre, bande dessinée, fera connaître les gens du milieu, les projets, les valeurs et les événements qui animent le territoire.

Le lancement de cette image de marque à travers les personnages est le fruit d’une longue réflexion. La démarche, explique Dominic Provost, directeur général de la MRC et du CLD, remonte à 2014 lors d’une grande rencontre à laquelle participaient toutes les municipalités et les organismes du territoire. L’exercice s’est transformé au fil des années en démarche globale intégrée de développement.

Tout le processus débouche sur une vaste campagne de rétention et d’attraction s’adressant entre autres aux personnes de 45 ans et moins à l’ensemble du Québec. Les personnages, précise Richard Tanguay, président du comité OSE le Haut, ont leur propre histoire sous fond de ciel étoilé, d’astronomie et de complexité de la vie d’une famille du Haut-Saint-François. Ils véhiculeront les cinq valeurs définissant le Haut-Saint-François soit l’audace, la solidarité, la préservation, l’égalité et l’apprentissage. Tout cela s’articule à l’intérieur de huit changements identifiés qui sont déjà en voie de transformation ou en devenir. Il s’agit de développer le goût d’apprendre et d’entreprendre, augmenter la scolarisation et les compétences, augmenter la population active et sa qualification, avoir une culture d’égalité homme femme, avoir une culture de solidarité forte, avoir une vision d’avenir partagée et rassembleuse, avoir une croissance démographique dans l’Est du territoire tout en réduisant l’âge médian pour l’ensemble de ce secteur.

Il est également possible de suivre l’histoire d’Apollo et découvrir le Haut-Saint-François en visitant le site web Oselehaut.ca. « Dans le Haut-Saint-François, nous aimons toujours faire preuve d’audace et d’innovation et c’est exactement ce que nous avons fait », de compléter le préfet, Robert Roy.

Jonatan Audet redonne vie au Town Hall à Gould

En raison de la disposition de ses boiseries, la salle de spectacle offre une acoustique tout à fait exceptionnelle et M. Audet invite les artistes à vivre cette expérience.

Même si l’idée semble un peu «flyée», Jonatan Audet a les pieds bien sur terre. Il sait très bien que l’acquisition du bâtiment centenaire le Town Hall à Gould, dans le Canton de Lingwick, ne se transformera pas en pont d’or. Cela nécessitera des investissements et une bonne dose d’amour. Mais pour lui, il était important de saisir l’opportunité, faire revivre l’édifice. « Je veux le rendre accessible pour moi, mes proches et le public », exprime-t-il avec un brin d’émotion.


Ce lingwickois d’adoption, depuis 1999, vibre littéralement lorsqu’il parle du bâtiment. Il en a fait l’acquisition le 2 septembre 2018, jour de naissance de son père, maintenant décédé. Cela représente une symbolique importante pour le jeune père de famille. Le Town Hall a une vie, une âme perceptible.


Érigé au début du siècle, le bâtiment a servi d’hôtel de ville, de salle paroissiale, de lieu de mariage, de soirées dansantes. Plusieurs doyens de la municipalité ont vu leur couple se former dans l’une de ces soirées. L’édifice a même accueilli une loge de francs-maçons avant d’être vendu à des intérêts privés.


« Il y a de l’énergie ici, tout le monde le sent. Quand on ouvre la porte, nos yeux vont partout, on pousse un soupir de soulagement en entrant ici. On est envahi par un bien-être hors du commun, par la beauté de la place et l’énergie qui l’habite, c’est du positif. On sent qu’il y a du vécu. On sent que l’âme est bonne, qu’on se promène partout, peu importe l’étage sur lequel on est, on sent qu’il s’est passé des événements heureux, qu’il y a eu une communion vraiment à chaque étage. On voit que ça été fait pour accueillir du monde, on le sent. » Pour M. Audet, le bâtiment n’est pas qu’un édifice comprenant un rez-de-chaussée, un premier et second étage, c’est quelque chose de vivant, de tangible. Le coup d’œil est différent à chaque palier. Au rez-de-chaussée apparaît une salle avec deux grandes tables en parallèle, traversées de piliers rejoignant le plafond composé de tôle embossée. Le tout donne accès à la cuisine où trône majestueusement un énorme poêle à bois cuisinière double. M. Audet l’avoue, le poêle à lui seul constitue un centre d’attraction à couper le souffle. Au premier étage s’ouvre une salle de spectacle avec une scène. La disposition de la boiserie offre une acoustique unique prisée par les musiciens. Le deuxième étage, avec de grandes fenêtres donnant sur le pré à l’arrière, offre une luminosité incroyable, inondant la pièce. Cet espace qui accueillait autrefois les francs-maçons peut servir de dortoir pour des artistes qui seraient en résidence, de laisser tomber M. Audet.


Ce dernier a eu l’occasion de visiter à quelques reprises le bâtiment. Il lançait aux propriétaires de l’époque « si vous songez à vendre un jour, faites-moi signe. » Avec le recul, il avoue qu’il n’aurait probablement pas été en mesure d’en faire l’acquisition à cette époque. Toutefois, près de 15 ans plus tard, le signe qu’il n’attendait plus s’est présenté par courriel. Les astres étaient alignés et M. Audet a sauté à pieds joints. « Dans ma tête, fallait que je mette toute l’énergie. Fallait que je fasse tout ce qu’il faut pour y arriver et si je n’y arrive pas, au moins, j’aurai essayé. Ne pas avoir essayé, j’aurais eu des remords, des regrets. » Il avoue avoir eu des moments de questionnements et d’en avoir discuté avec sa conjointe. « Je me disais, je suis-tu fou de vouloir acheter ça ? C’est un puits sans fond, ça demande du temps, de l’énergie. Dans quoi je m’embarque. Finalement, ma conclusion ça été de me dire si je ne l’essaie pas, si je vais jusqu’au bout de cette idée-là, ce rêve-là, il va y avoir quelque chose qui va me manquer dans ma vie. Je vais être passé à côté de quelque chose pis je vais trouver que j’ai été peureux ou manqué de courage. Je me serais tout le temps demandé à côté de quoi je suis passé. »


Vocation
Pour l’instant, M. Audet a une vague idée de la vocation qu’il souhaite donner au bâtiment. « À court terme, c’est de vraiment laisser aller les choses, organiser des événements culturels avec le Centre Oscar-Dhu et autres organismes de la municipalité. En fait, je prête la place aux organismes. Je peux voir c’est quoi les besoins. » À moyen terme, le propriétaire aimerait que le Town Hall soit ouvert tout l’été et à plus long terme toute l’année. M. Audet se dit ouvert aux suggestions et à la collaboration. « Moi, je ne suis pas un tenancier de bar, mais si quelqu’un m’approchait pour dire : on ouvre tu un bar, ça pourrait peut-être m’intéresser de déléguer. » Lui-même artiste, le propriétaire aimerait offrir un lieu de création où les artistes pourraient habiter le temps de faire leurs choses et pourquoi pas clôturer leur passage par un spectacle ?


Le propriétaire se donne encore du temps pour définir la vocation du bâtiment. « Je ne suis pas pressé et je ne suis pas prêt. Il faut que je trouve la façon de faire qui va concilier les étages. Comment concilier l’aménagement de l’espace pour produire tout ce qu’on peut produire ? C’est quoi le meilleur scénario ? » À ce chapitre, M. Audet avance comme hypothèse la création d’un OSBL qui pourrait être maître d’œuvre des activités. Dans la foulée, il mentionne être à la recherche de partenaires, pas nécessairement financiers, mais « des gens qui sont prêts à mettre du temps, du jus de bras. »


Heureux de son acquisition, M. Audet est d’autant plus fier qu’elle s’ajoute à l’offre touristique de Gould notamment avec le Gîte Au Coeur du Hameau et la Ruée vers Gould.

Travailleuse de rang – Une ressource nécessaire

Selon les experts, la moitié des producteurs agricoles vivent un fort niveau de détresse psychologique, comparativement 1 sur 5 dans la population québécoise en général. Pour contrer cette situation, l’UPA-Estrie avec différents partenaires a procédé à l’embauche d’une travailleuse de rang, Caroline Poulin.

En poste depuis quelques semaines et originaire de l’Estrie, Mme Poulin connait bien le milieu agricole. Détentrice d’un baccalauréat en travail social, elle a œuvré pendant 13 ans dans le réseau de la santé et des services sociaux en plus de posséder l’expérience du secteur communautaire. L’intervenante a travaillé sur l’ensemble du territoire estrien, dont celui du Haut-Saint-François. « J’ai couvert tout le territoire de l’Estrie à travers ma pratique durant les 13 dernières années, je connais bien le milieu », d’exprimer la travailleuse de rang.

Mme Poulin sera intervenante psychosociale en milieu agricole. Son rôle consiste à faciliter la prise de conscience et l’identification des problématiques vécues par les agriculteurs et leur famille. Par son intervention, elle contribuera à réduire les risques d’apparition de problèmes tels que l’isolement, la dépression, la toxicomanie et la violence. Elle pourra également apporter un soutien particulier lors des étapes charnières de l’entrepreneuriat agricole, comme le démarrage, les grands changements vécus dans l’entreprise, la réflexion menant à un transfert de ferme ou à la fin de carrière de producteur agricole. « Le rôle du travailleur de rang, explique Mme Poulin, est d’aider le producteur à trouver les ressources dont il a besoin, que ce soit dans le réseau communautaire, dans le réseau public de la santé ou encore auprès de services privés. » Mme Poulin embrasse sa nouvelle carrière avec enthousiasme. « Moi, je suis une intervenante de terrain. J’aime ça sortir des bureaux, aller rencontrer les gens. Ça colle aussi beaucoup à mes valeurs personnelles de ce que je connais, dans ce que j’ai grandi. J’étais rendue là. J’avais envie d’un changement. »

La nouvelle travailleuse de rang reconnait que le premier défi sera de se faire connaitre des producteurs. « Pour ça, je vais participer aux différents comités qui peuvent avoir lieu, que ce soit les syndicats de l’UPA, que ce soit les GMF, les organisateurs communautaires dans les CLSC. Aussi, je prévois prendre ma voiture et aller me promener dans les rangs en campagne, aller me présenter aux producteurs, offrir mes services s’ils en ont besoin. Suite à ça, quand on aura des demandes, des appels, mon travail sera de me déplacer, de les rencontrer, de déterminer c’est quoi les besoins, ce que je peux faire pour aider et au besoin, les référer vers d’autres professionnels. » Mme Poulin ajoute que son type d’intervention sera individuel ou familial, dépendamment des problématiques. Quant à l’horaire de travail, la travailleuse de rang mentionne « en principe, c’est quatre jours semaine, mais je suis bien consciente que ça va aller selon l’horaire des producteurs. Je vais m’adapter. » Du même souffle, celle qui dépendra de l’organisme Au Cœur des familles agricoles (ACFA) mentionne qu’une ligne 24/7 est disponible pour les producteurs qui en sentiraient le besoin.

Haut-Saint-François
Les producteurs du Haut-Saint-François auront un accès gratuit au service. Heureux de cette nouvelle ressource, Henri Lemelin, président du Syndicat local de l’UPA du Haut-Saint-François, mentionne que la situation chez les producteurs d’ici « n’est pas pire qu’ailleurs. » Il ajoute que les producteurs à l’ensemble de l’Estrie traversent la même chose. « Nos producteurs vivent une insécurité au niveau économique. Depuis des années et des années, on dit que les quotas vont disparaitre. Le jeune quand il rencontre son banquier et qu’il lui demande : ça va tu durer ces gestions de l’offre là ? Pis là, on vient d’avoir la preuve que c’est pas si durable que ça. Avec tout ce qui se passe, les producteurs vivent un stress grandissant au niveau socio-économique. »
« Le problème qu’on a avec les producteurs, les productrices, c’est qu’ils sont isolés. Souvent, tu vas travailler en usine, tu vas ventiler en discutant avec un collègue de travail. Nous, sur le terrain, les voisins sont loin des fois. Les producteurs sont fiers, sont orgueilleux. Ils veulent pas trop en parler non plus. C’est pas facile de rentrer chez soi le soir et de ne pas penser aux problèmes du travail quand tu demeures dans le même environnement 24/24. L’isolement fait en sorte que ça devient de plus en plus important d’avoir quelqu’un sur le terrain », d’exprimer Lynne Martel-Bégin, productrice dans le Haut-Saint-François et vice-présidente de l’UPA-Estrie. Pour cette dernière et M. Lemelin, le fait que l’intervenante soit de l’extérieur et qualifiée, ça sera plus facile pour le producteur de se confier. « Le producteur qui va sentir un climat de confiance va se laisser aller », d’exprimer Mme Martel-Bégin tout en ajoutant avoir déjà rencontré un producteur en détresse alors qu’elle se sentait désarmée devant pareille situation.

« On cherchait le moyen pour qu’ici en Estrie, il y ait une travailleuse de rang. On s’est mis à la tâche avec les MRC, autres partenaires, pour trouver le financement pour les trois prochaines années », d’exprimer M. François Bourassa, président de l’UPA-Estrie. D’ailleurs, la récente activité-bénéfice Bières et fromages, tenue récemment au Centre de foires à Sherbrooke, a récolté plus de 25 000 $ permettant d’obtenir le financement nécessaire de 215 000 $ sur trois ans. Évidemment satisfait, M. Bourassa précise « dans un monde idéal, on devrait pas avoir besoin d’une travailleuse de rang. Moi, je souhaite que la situation économique soit bonne. »

La travailleuse de rang relève de l’organisme Au cœur des familles agricoles (ACFA) qui apporte la formation, l’administration et la gestion. L’OBNL, explique le directeur général, René Beauregard, existe depuis 2003. Il a pour objectif d’aider les agriculteurs. L’ACFA, ajoute-t-il, se positionne comme aide et référence en milieu agricole et fournit un soutien qui varie selon l’urgence de la demande. L’organisme vise à créer des conditions propices à une meilleure qualité de vie pour les agriculteurs. Il est axé sur la cellule familiale. Présentement, l’ACFA compte 5 travailleurs de rang sous son aile et travaille avec deux autres en partenariat.

M. Beauregard mentionne que plus de 60 % de la clientèle sont des hommes et 70 % des interventions sont menées auprès des producteurs laitiers. Selon ce dernier, les problèmes rencontrés sont multifactoriels, mais ceux d’ordre financier constituent la goutte qui fait ressortir tous les problèmes refoulés. « Le producteur, il va demander de l’aide quand il est rendu au bout. Rendu là, il faut lui donner toute l’aide possible », de conclure M. Beauregard.

Restaurant des Cantons à Weedon – Les propriétaires investissent 400 000 $

Satisfaits de la réponse et de la fidélité de sa clientèle, les propriétaires du Restaurant des Cantons situé sur la 2e Avenue à Weedon, Serge Roy et Johanne Lisée, ont tellement confiance en l’avenir qu’ils n’hésitent pas à investir 400 000 $ dans leur établissement, et ce, seulement deux ans après en avoir fait l’acquisition.

Ce qui devait être un petit projet de couple au départ, notamment pour le propriétaire du restaurant Le Dauphin à Sherbrooke, est en voie de prendre des proportions plus importantes. Les promoteurs ont complètement démoli l’ancien restaurant, conservant qu’une partie de plancher et la terrasse. Avec la nouvelle construction qui s’achève, l’établissement aura pratiquement doublé sa capacité d’accueil, passant de 40 à 80 places, plus une trentaine sur la terrasse. Le sympathique couple a confiance en sa clientèle et l’avenir de la municipalité. « En région ici, il y a quand même un bon bassin de population. Un bassin de 3 000 à Weedon, plus les petits villages autour. C’est un village qui est très touristique toutes les saisons. L’été, c’est les chalets, campings, motos, décapotables qui passent ici. Après ça, il y la chasse à l’automne et l’hiver la motoneige et les quadistes. Il n’y a pas de période pour dire où c’est vraiment plate. La route 112 passe ici et va encore passer ici pour des années. C’est une des raisons, la 112. Weedon, c’est une ville centre un petit peu. Les gens vont partir de Marbleton, de Lingwick pour faire des choses à Weedon. Il y a une belle dynamique ici. On regarde les commerces, il y a de belles entreprises, c’est dynamique », d’exprimer M. Roy sous le regard approbateur de sa conjointe, originaire de Weedon. Mme Lisée connait bien le restaurant pour avoir grandi devant.

M. Roy rappelle que l’acquisition du Restaurant des cantons est un projet de fin de carrière que sa femme et lui voulaient réaliser. Il précise qu’à Weedon « c’est elle la maître d’œuvre. Moi, je joue le second rôle. Quand on a acheté, on s’est dit on va voir ce qu’on fait, est-ce qu’on rénove, agrandi ou reste ça comme ça. Ça pas pris de temps, on s’est rendu compte que ça allait bien. On a pratiquement doublé le chiffre d’affaires la première année. » Pour y arriver, les propriétaires ont élargi les heures d’ouverture à sept jours semaine et aménagé une terrasse extérieure dès la première saison. Après ça, « on s’est dit on donne le coup, ça vaut la peine, il y a l’air d’avoir un bon marché. »

Philosophie
Pour les propriétaires, le restaurant n’est pas qu’une place d’affaires, au contraire, ça doit être un lieu de rendez-vous. « On est dans un village ; il faut avoir du plaisir avec ces gens-là. Ce qu’on veut, c’est que ce soit les employés, nous autres, les clients, on est là pour s’amuser. Il faut que ce soit agréable, convivial. C’est un lieu de rendez-vous. Les gens viennent prendre un café le matin, ça jase et reviennent le soir. Faut qu’ils soient comme chez eux. Pour l’employé, on veut qu’il s’informe de ses clients, savoir comment ça va, son nom. On veut créer un contact humain qu’on ne retrouve pas dans un gros restaurant. On aime que nos clients soient reconnus par nos serveuses. Les gens aiment ça. On veut que les gens se disent, on relaxe, on mange bien, c’est confortable et ça va être beau, on le souhaite, lancent-ils en riant. » Le couple désire que cette ambiance soit également ressentie par les nombreux clients de passage. M. Roy mentionne qu’il est étonnant de voir ce que la route 112 peut apporter comme clientèle. « Durant la dernière année, j’ai compté 14 nationalités différentes. Les clients qui débarquent à Montréal, c’est pas Montréal qu’ils veulent voir, c’est les petits villages, les petites routes. » À titre d’exemple, il mentionne des clients provenant de Toronto, de l’Allemagne, la France, l’Égypte, la Chine, la Belgique et autres.

Projet
Interrogé à savoir si l’arrivée de l’entreprise MYM avait influencé leur prise de décision, M. Roy est catégorique « absolument pas. Quand on a acheté le restaurant, on savait pas que le projet existait. Qu’il soit là ou non, on faisait le projet pareil. » À la question, pourquoi investir 400 000 $ « On veut faire un endroit agréable et tant qu’à faire, on l’a pas fait à moitié. Donc, on a reconstruit de A à Z. On a gardé juste le sous-sol et la moitié de la fondation. Le reste tout est neuf. Je pense que la clientèle de Weedon et des environs mérite bien une place comme ça ici. On veut que les gens soient fiers de venir chez nous. On voulait faire quelque chose de beau », d’exprimer avec fierté M. Roy.

Le nouveau restaurant aura une salle à manger de 80 places permettant de recevoir des groupes. Évidemment, tout le mobilier sera changé. « On veut que ce soit confortable. On va avoir plusieurs banquettes, c’est très recherché. » Par ailleurs, la clientèle qui appréciait prendre leur café ou déjeuner au comptoir en échangeant avec les autres pourra continuer à le faire puisque les propriétaires aménageront un comptoir pouvant accueillir 11 personnes. Parmi les améliorations qui seront apportées, M. Roy admet que cela puisse sembler négligeable pour certains, mais un vestibule sera aménagé afin de permettre aux motoneigistes, entre autres, de déposer leur casque et effets. « Je fais de la motoneige et je sais ce que ça peut représenter », d’exprimer M. Roy. Quant au menu, il semble déjà très apprécié alors les propriétaires n’y feront aucune modification pour l’instant, peut-être plus tard. Mme Lisée souligne l’excellence et la variété du menu. « Une personne peut manger un filet de saumon et l’autre en face une poutine », précise-t-elle. Toutefois, une nouveauté s’ajoutera puisque les propriétaires songent à instaurer un service de livraison à court terme.

Phase II
Les propriétaires sont tout feu tout flamme puisqu’ils songent déjà à une phase II. Elle consiste à faire la construction d’une auberge de six à 12 chambres. Le bâtiment sera annexé au restaurant. Ils songent à offrir un lieu d’accueil pour les travailleurs temporaires qui viendront à Weedon ou notamment les quadistes et motoneigistes. « Ils pourront prendre leur douche et traverser au restaurant, en pied de bas » de lancer en riant M. Roy. Le projet, si tout va bien, pourrait s’amorcer à l’automne 2019.

Le couple nourrit de beaux projets à Weedon. Leur objectif est d’être utiles à la collectivité en offrant de nouveaux services de qualité ainsi qu’un endroit accueillant et chaleureux.

Protéger la nuit une conférence à la fois

En devenant la première à être certifiée par l’International Dark-Sky Association, la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM) a développé une expertise enviable au cours de ses onze années d’existence. C’est ce bagage de connaissances auquel ont fait appel deux conférences internationales portant sur le ciel étoilé et l’éclairage artificiel. La première, au Maroc, vient de se terminer, alors que la seconde débutera dans quelques jours à Salt Lake City aux États-Unis. Deux représentants de notre Réserve locale s’y rendront pour prendre la parole.

Sébastien Giguère, le coordonnateur scientifique de l’ASTROLab du parc national du Mont-Mégantic, reconnait que la Réserve jouit d’une réputation enviable. « D’abord parce que c’est la première, ensuite parce qu’il y a un maillage très grand avec la région et les municipalités. La réputation de la Réserve est aussi à cause du leadership exercé en termes de conversion d’éclairage, de réglementation, de sensibilisation. »

Salt Lake City, É.-U.
Sa présentation lors de la 5e Conférence internationale sur l’éclairage artificiel de nuit portera d’ailleurs sur les liens qu’entretient la Réserve avec la communauté. « Sans l’appui massif de la région, des citoyens, des élus, des professionnels et des commerçants, on n’aurait pas pu la faire [la RICEMM] puis on aurait de la misère à assurer sa pérennité. C’est jamais acquis. On est toujours en train de travailler là-dessus évidemment. »
Deux jours plus tard, le 14 novembre, son collègue Rémi Boucher, coordonnateur scientifique de la RICEMM, présentera l’évolution du ciel étoilé au-dessus de la Réserve. Il s’agira plus précisément d’un bilan des mesures d’évolution de la pollution lumineuse.

Les conclusions sont très satisfaisantes. « La Réserve est en bonne santé », se réjouit M. Boucher. « Ce qui prouve que les mesures mises en place, ça marche. Malgré l’augmentation de la population [environ 9 % sur 10 ans], on réussit à garder un très, très beau ciel au mont Mégantic. »

Pour tous les gouts
Sébastien Giguère trouve intéressant le côté multidisciplinaire de la conférence en sol états-unien. « C’est très intéressant parce qu’il y a des gens de tous les milieux. C’est pas juste des astronomes puis des physiciens qui mesurent le ciel étoilé. Il y a des gens en écologie, des médecins, des urbanistes, des ingénieurs qui vont être là. Ça permet de mettre en lien tous ces gens-là ensemble, puis de mettre en commun les connaissances. »
Cette diversité dans la représentation des disciplines démontre bien l’ampleur qu’a prise la problématique de l’éclairage artificiel extérieur. « Depuis les années 2000, il y a vraiment eu une prise de conscience que les impacts de la pollution lumineuse étaient beaucoup plus larges que la disparition du ciel étoilé. »

« Ça reflète un peu le processus que, nous-mêmes, on a suivi », poursuit M. Giguère. « Au début, l’objectif de la Réserve était de protéger la viabilité scientifique de l’Observatoire. Et ça reste évidemment l’objectif central. Je dis des fois qu’on est passé de protéger l’Observatoire et les étoiles à protéger la nuit de façon plus large. »

Marrakech, Maroc
C’est également le constat que souhaitait partager Rémi Boucher lors des conférences qu’il a prononcées à l’Atelier international sur la pollution lumineuse qui s’est tenu fin octobre à Marrakech. « Des fois, les astronomes ont tendance à penser juste à leur observatoire et à leurs observations. Je voulais agrandir ça comme perspective. »

Le Maroc souhaite instaurer la première réserve de ciel étoilé en Afrique du Nord et celle qui deviendrait la plus grande. À l’heure actuelle, c’est celle du Mont-Mégantic qui est la plus vaste avec un rayon de 50 km.

« Je dirais que la contribution de notre Réserve, c’est de leur donner des outils puis un peu une idée dans quoi ils s’embarquent et de quelle manière ils devraient s’embarquer là-dedans aussi », poursuit M. Boucher. Dans le cadre de ce symposium, la RICEMM était invitée à titre de présentatrice principale et M. Boucher a donné deux conférences.

Autant pour l’événement passé que celui à venir, Sébastien Giguère voit ces occasions d’un bon œil. « Ça va nous permettre d’entretenir notre leadership puis de partager notre expérience autant en termes de mesure qu’en termes sociopolitiques. »

Bien qu’ayant une longueur d’avance dans le domaine, la Réserve ne se contente pas que de livrer son savoir. Elle effectue un échange avec de l’expertise extérieure. « Nous, on va chercher beaucoup de choses quand même », admet M. Giguère. « C’est toujours plaisant de rencontrer des gens sur d’autres projets dans le monde. C’est nourrissant pour nous aussi. »

Internet haute vitesse – Branché partout peut-être d’ici 2023

Il en a été largement question au cours de la dernière campagne électorale, le branchement Internet haute vitesse (IHV) à l’ensemble du Québec, particulièrement en milieu rural, semble important aux yeux du gouvernement du Québec. Il en est de même pour celui du Canada.
Dans notre cour, l’OBNL Communication Haut-Saint-François avec la collaboration de la MRC travaille activement depuis plusieurs mois à élaborer une desserte en fibre optique pour l’ensemble du territoire. Le projet d’envergure pourrait nécessiter un investissement variant entre 20 et 30 M$. Le président de l’organisme et maire de Weedon, Richard Tanguay, admet « c’est très gros comme projet », mais ajoute du même souffle que c’est réalisable. « Oui, j’y crois. Il y a des régions qui y ont rêvé et sont en train de le mettre en place. Pourquoi on serait pas capable ? »

Pour y arriver, M. Tanguay compte sur les programmes de subventions existants et les prochains qui devraient être annoncés par les deux paliers de gouvernements. « L’objectif est d’aller chercher le maximum de subvention et que le reste du projet s’autofinance. » Le président de l’organisme croit qu’il est possible d’obtenir des subventions pouvant couvrir de 75 % à 80 % des couts. « Le gouvernement fédéral et le provincial devraient sortir de nouveaux appels de projets. » Pour le reste, M. Tanguay croit que l’OBNL pourrait contracter un emprunt qui s’autofinancera à partir des abonnements.

Projet
Danielle Jean, conseillère en communication et gestion de projets au CLD du HSF, mentionne que le but premier est de desservir les zones mal ou non desservies sur le territoire. Pour y arriver, l’organisme favoriserait « un projet de fibre optique connecté à la maison parce que c’est quelque chose qui va garantir que les gens vont avoir un service de qualité avec une bonne performance. » Le service de téléphonie fait également partie du décor, laisse-t-elle entendre.

Mme Jean admet que le branchement par fibre optique est l’option favorisée, mais pour déterminer s’il est possible de se l’offrir, l’organisme aura des devoirs à faire et des demandes de financement à déposer dans divers programmes.

Étapes
Il y a plusieurs étapes à franchir avant d’avoir la coupe aux lèvres. D’abord, explique Mme Jean, il faudra faire une étude préliminaire. Cette première étape sera confiée à une firme spécialisée. Présentement, l’ensemble du territoire est desservi de trois façons différentes, soit un réseau intermunicipal de fibres optiques, de quatre réseaux FTTH et de 22 tours de transmission wi-fi. La firme, retenue, devra dresser le portrait de la desserte actuelle, les forces, les faiblesses, les zones mal ou pas desservies. « C’est là qu’on va en profiter pour déterminer où la téléphonie cellulaire ne se rend pas », précise Mme Jean. À cela s’ajouteront les secteurs à desservir et un plan d’affaires. Lors de son évaluation, les professionnels auront à déterminer s’il est possible de mettre à profit le réseau de fibre intermunicipale. « On va demander si les brins disponibles sont capables de prendre le trafic qu’on va lui demander et si on peut le connecter. On a besoin d’avoir quelque chose capable de se connecter partout », d’ajouter Mme Jean. L’étude devra permettre également de déterminer le coût et « si c’est trop coûteux apporter la fibre, est-ce qu’on peut amener une technologie alternative ? L’étude préliminaire va nous dessiner ça plus clairement », exprime-t-elle.

Pour réaliser cette étude, l’organisme prévoit un montant de 125 000 $. Une demande d’aide financière de 100 000 $ est déjà déposée auprès du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) alors que les municipalités contribuent également à la hauteur de 25 000 $ par le biais du Fonds de développement local et régional (FDLR). Au moment d’écrire ces lignes, les intervenants attendaient une réponse du FARR. M. Tanguay se montre confiant d’obtenir une réponse positive et assure que le projet est prêt à aller de l’avant.

La seconde étape sera de réaliser une étude d’ingénierie préliminaire. Le consultant devra préparer les devis pour l’ingénierie détaillée et l’installation selon le scénario retenu. Mme Jean précise que le tout devra être conforme aux exigences des critères d’admissibilité des divers programmes de subventions fédéraux et provinciaux. Le montant de 125 000 $ devrait couvrir ces études préliminaires avec la préparation des cahiers de charge pour les subventions et l’appel d’intention en vue de conclure un partenariat avec des fournisseurs d’IHV pour les différents services et/ou pour l’entretien du réseau. Mentionnons que la Ville de East Angus est déjà desservie en IHV, elle ne fera donc pas partie de la desserte prévue.

M. Tanguay assure que l’organisme Communication Haut-Saint-François vise à implanter un service efficace à cout abordable pour les citoyens. Ce dernier souhaite que la réalisation du projet soit complétée à moyen terme, c’est-à-dire dans une fourchette de trois à cinq ans.

Deux femmes qui brassent affaires et bières

L’ouverture de la Brasserie rurale 11 comtés et du restaurant Le Cuisinier déchainé sur un même site a créé une petite révolution à Cookshire-Eaton et dans la région, l’été dernier. Derrière les deux établissements se trouvent deux femmes en or qui n’ont pas peur de porter plusieurs chapeaux simultanément.

Copines d’école
Emilie Fontaine et Julie Myre-Bisaillon se sont rencontrées à l’Université de Sherbrooke lorsque la première est venue cogner à la porte de la seconde afin de dénicher une directrice d’essai pour sa maitrise en éducation. « Ça a cliqué. J’ai embarqué dans ses projets de recherche », se remémore Mme Fontaine. Suite à la maitrise, la professeure Myre-Bisaillon encourage l’étudiante à poursuivre au doctorat.

Les deux femmes se lient entretemps d’amitié, autant pendant des congrès outre-mer dans le domaine de l’éducation que lors de festivals de bière. C’est qu’Emilie Fontaine a commencé à s’impliquer dans un nouvel estaminet qui vient de voir le jour à Sherbrooke : le Boquébière. Julie Myre-Bisaillon ne lui en tient pas rigueur : « Ça forme des liens qu’on n’oubliera jamais, les festivals de bière. »

Mme Fontaine ne fait pas officiellement partie de l’équipe du Boq (pour les intimes). C’est plutôt son conjoint Sébastien Authier, l’un des fondateurs, qui l’amène à s’intéresser au domaine. « J’étais la femme derrière l’homme. Un moment donné, je me suis rendu compte que j’avais des conseils puis des prises de décision qu’eux n’avaient pas. L’idée d’avoir ma propre microbrasserie est embarquée là-dedans. »

Originaire de Weedon et ayant grandi sur la ferme laitière familiale, Emilie Fontaine avait le Haut-Saint-François tatoué sur le cœur. Revenir y établir une entreprise était pour elle une priorité. Dès 2013, elle se met à travailler sur le plan d’affaires de la future brasserie rurale. Avec ses quatre jeunes enfants, Mme Fontaine abandonne le doctorat, mais poursuit ses charges de cours à la faculté.

Un foodtruck immobile
« Quand ils ont dit “On installe la micro à Cookshire”, on disait “Ça prend une place pour manger” », se remémore Julie Myre-Bisaillon. Celle-ci a rencontré son conjoint, Yannick Côté, par l’intermédiaire d’une amie d’Emilie… au Boquébière. Vivant au départ à proximité de son travail de professeure titulaire à l’Université de Sherbrooke, Mme Myre-Bisaillon a fait le saut en région en allant s’établir sur la ferme du Jardinier déchainé, près de l’ancien hameau d’Eaton Corner.

« Dans nos projets, c’était vraiment plus tard, moi puis Yannick, l’idée d’un bistro ou d’une cuisine déchainée », voire à la retraite, confie Mme Myre-Bisaillon. Néanmoins, les deux couples Myre-Bisaillon-Côté et Fontaine-Authier affectionnent le même type de microbrasseries de la côte est américaine, souvent flanquées d’un foodtruck. « Ces endroits-là sont fréquentés par une clientèle très hétéroclite. Tout le monde est bienvenu », mentionne l’enseignante.

Après quelques discussions, le projet de double entreprise prend forme. « C’est parce que c’était des amis qu’on a embarqué là-dedans. On n’aurait pas pris de risques avec des gens qu’on ne connaît pas. On n’aurait pas fait ça avec personne d’autre qu’eux », précise Emilie Fontaine.

Si la microbrasserie s’annonce pour être l’aboutissement d’un travail de longue haleine parsemé d’embûches, le restaurant se fera en l’espace de quelques mois. « Ça a été tout un démarchage parce qu’il n’y a personne qui prête de l’argent pour ouvrir un resto », se remémore Julie Myre-Bisaillon. Finalement, la Financière agricole accepte de s’impliquer dans le projet à condition que le restaurant soit mobile, en cas de flop, d’où son allure de camion de rue.

Embarquer sur un train en mouvement
Le 28 juin 2018, l’ouverture de la brasserie rurale et de la table locale se concrétise. « La réponse a été bonne dès la première fin de semaine », relate Emilie Fontaine. « On a affiché complet presque tout l’été, les vendredis et samedis », s’étonne encore Julie Myre-Bisaillon. Celle-ci devait même souvent refuser des gens. « Et on n’a pas fait de publicité ! »

« Je suis pas une femme d’affaires à la base », poursuit Mme Myre-Bisaillon. « Quand on s’est lancé là-dedans, on s’attendait à ce que ce soit un petit projet. C’était supposé être un petit passe-temps tranquille, cette affaire-là ! » Le plan d’affaires de la copropriétaire et de son conjoint prévoyait de 50 à 60 repas par jour et 2 ou 3 employés à gérer. « Du jour au lendemain, on s’est retrouvé avec 12 employés ! Cet été, je suis devenue une femme d’affaires ! »

De son côté, Emilie Fontaine avoue ne pas avoir beaucoup dormi pendant la belle saison. « Mais chaque matin que je me suis levée pour venir ici, c’était du pur bonheur. Même si j’enchainais des 48 heures en quatre jours, c’était le cœur complètement léger versus d’autres emplois que j’ai pu occuper dans ma vie. »

Mme Fontaine savait dans quoi elle s’embarquait. « Mes habiletés de femme d’affaires ; tout vient de mon éducation à la ferme, d’avoir vu mes parents gérer des entreprises. » Ceux-ci ont fait figure de précurseurs dans le domaine laitier en étant parmi les premiers en Estrie à utiliser des robots de traite. « Mes parents ont toujours eu une vision, même s’ils ont fait rire d’eux à une certaine époque. Je leur dois tout. »

D’ici la seconde année d’activités du restaurant Le Cuisinier déchainé, Julie et Emilie avouent qu’elles s’ennuieront l’une de l’autre. La première se tiendra occupée avec son emploi à l’Université de Sherbrooke. Quant à la seconde, elle procédera à la mise en place de l’usine brassicole en vue de la mise en canettes et d’une distribution des produits 11 comtés à travers la province.

Elle est confiante face à l’avenir. « C’est trippant parce que c’est le début de quelque chose. On est à peine dans les premiers balbutiements de quelque chose d’extraordinaire. »

La Patrie s’unit pour combattre la mérule et sauver l’église

Depuis bientôt un an, un véritable chantier sévit autour de l’église St-Pierre de La Patrie. Un second souffle s’apprête à déferler sur l’édifice plus que centenaire avec l’aménagement du sous-sol. Il faut dire que la découverte du champignon de la mérule pleureuse, qui attaquait ce qui était auparavant un vide sanitaire, a précipité les choses.

Un champignon dans la maison du Seigneur
En décembre 2017, le gouvernement fédéral confirme l’octroi d’une subvention de 24 000 $ à la paroisse St-Joseph-des-Monts dans le cadre du programme Nouveaux Horizons pour les ainés (PNHA). À ce moment, l’idée est de commencer l’excavation du sous-sol pour éventuellement en faire une salle. On prévoit trois ou quatre ans pour échelonner les travaux et pour amasser l’argent nécessaire.

Mario Audet, le président du Conseil de gestion de l’église St-Pierre, décide alors de se rendre sur place pour prendre des mesures. « Je me suis dit : “Je vais aller voir où c’est que je commence.” »

L’imposante église n’est pas chauffée l’hiver depuis plusieurs années, sauf lors des occasions spéciales comme Noël et Pâques. Sous la nef de 600 places, on retrouve un vide sanitaire d’environ un mètre auquel on n’accède qu’une ou deux fois par année pour se rendre au réservoir à huile.
À cause de l’humidité, de l’absence de lumière et de la mauvaise circulation d’air, M. Audet y aperçoit des spores de mérule. « On pensait nous autres que c’était une catastrophe. Tout le monde avait le caquet bas. J’ai dit : “Je m’assiérai pas pour la regarder pourrir, ça c’est pas vrai !” »

3, 2, 1, action !
Rapidement, en compagnie de l’abbé Gilles Baril, le Conseil de gestion contacte des firmes spécialisées. Les experts insistent tous sur l’urgence d’agir, mais le cout de leurs services dépasse de beaucoup la capacité de la paroisse.
Mario Audet commence alors un processus qu’il répétera maintes fois au cours des mois suivants : appeler des bénévoles. Une première cohorte délimite la zone infectée et se débarrasser des matériaux touchés. « En deux jours, on a réglé le problème. Ça a couté zéro sou. Eux autres, ça aurait couté 40-45 000 $. »

En quelques mois, 140 voyages de camions 12 roues ont permis d’enlever jusqu’à 8 pieds de terre sous l’église. Trente-cinq piliers ont été renforcés et le système électrique refait. On est à construire une annexe du côté de la rue Chartier qui accueillera la future fournaise à la biomasse. Les tuyaux de celle-ci ont été coulés à même le nouveau plancher de béton qui aura couté 75 000 $, au lieu de 1 M$ prévu si les travaux avaient été exécutés par une compagnie de construction.

« On est loin du compte ! », se réjouit Mario Audet. Pour en arriver là, celui-ci a fait appel à quelque 50 bénévoles des environs qui se sont impliqués à un moment ou à un autre. Ceux-ci ont offert au total 1800 heures de travail non rémunéré. Certains, comme Gilles Langlois, 87 ans, sont présents à temps plein depuis des semaines.

Un legs pour le futur
La municipalité de La Patrie et la paroisse St-Joseph-des-Monts font des pieds et des mains pour amasser les fonds nécessaires à l’achat du prochain système de chauffage. Le Conseil de gestion ne se fera plus prendre et désire désormais chauffer l’église St-Pierre d’octobre à mai.
Une fois les travaux terminés, le nouveau sous-sol accueillera un marché aux puces. De nouvelles toilettes y seront aménagées pour recevoir le public qui viendrait assister à de possibles spectacles donnés à l’étage ou dans le nouvel espace souterrain.
Le président du Conseil ne s’en cache pas : « On veut aller chercher un revenu avec l’église, différent de la pastorale. On veut ramener les gens à l’église, mais pas de la même façon que, nous autres, on a été amené à l’église. »
On projette même de vendre les surfaces des piliers, ou colonnes, nouvellement déterrés à des familles locales qui pourraient y indiquer leur généalogie et leur historique.

La communauté de La Patrie peut se féliciter du travail accompli en près d’un an pour un projet qui était sensé de s’étaler sur plusieurs années. Mario Audet insiste sur la générosité des paroissiens qui se sont impliqués et ont mis les mains à la pâte. « C’est sérieux, mais il faut pas trop se prendre au sérieux. Quand on a fait ça, on a eu du plaisir. C’était pas une corvée. On a le droit de s’amuser ! »
On espère maintenant arriver à installer la nouvelle fournaise juste à temps pour célébrer Noël au chaud à l’église St-Pierre.

La polyculture pour des villages vivants

Une centaine de personnes sont attendues au colloque Ruralité et diversité culturelle au Centre culturel de Weedon, le 16 novembre prochain. L’événement, organisé par la Corporation de développement communautaire (CDC) du Haut-Saint-François, réunira une quinzaine de panélistes et de spécialistes.

Pareil, pas pareil
L’organisme avait tenu le colloque sur la diversité sexuelle et de genre en ruralité à l’automne 2016. Bien que le thème soit différent cette fois-ci, la formule demeure semblable. « Dans le fond, on pourrait les appeler la série des colloques ou des initiatives sur la diversité », résume Jinny Mailhot, la directrice générale. « Les deux colloques partent avec l’idée de démystifier. »

La Corporation de développement communautaire lutte contre la pauvreté et la marginalisation des gens. Le Haut-Saint-François étant un milieu rural, « on n’a pas les organismes régionaux qui sont spécifiques à ces enjeux-là » comparativement à une ville comme Sherbrooke, poursuit Mme Mailhot. « Nous, on s’est dit “On va travailler ces enjeux-là sous l’angle rural, mais pour notre monde avec notre monde.” »

Audace, solidarité, égalité
Suite au succès du premier colloque et avec la volonté du Collectif territorial du Haut-Saint-François, le processus d’un second événement s’est mis en branle. On s’est alors associé à la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie (FCCE) pour cibler les intervenants du milieu pour ce qui sera en quelque sorte une première phase.

Les gens présents deviendront des multiplicateurs d’ouverture ou du moins des agents de transformation sociale. Y seront donnés des outils de communication interculturelle et des trucs pour améliorer ses pratiques d’intervention et d’accueil. « Plus on a de connaissances et d’information, plus on est ouvert », résume Jinny Mailhot.

Une journée chargée
La première partie de la journée permettra l’acquisition de connaissances. On y définira les différences entre réfugié, immigrant économique ou encore immigrant de réunification familiale. « Tout le reste du colloque sert à comprendre c’est quoi être un immigrant, c’est quoi être issu de la diversité culturelle. Donc, ça ouvre les esprits, ça rend humaine la personne qui vient s’établir à côté de chez nous. C’est l’idée de démystifier l’autre pour finalement l’appeler “nous” », poursuit la dirigeante de la CDC.

Le maire de Weedon, Richard Tanguay, et le directeur général de la FCCE, Boubacar Cissé, ouvriront la journée avec les mots de bienvenue. Juste avant la pause du diner, trois représentants des communautés culturelles de l’Estrie dresseront un portrait actuel.

« On va mettre du vrai sur une communauté très présente en Estrie », détaille Jinny Mailhot. « Ils vont venir nous présenter leur culture puis comment leur communauté est présente en Estrie. » Seront représentés à ce moment l’Amérique latine, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient.
Après le repas, Daniel Audet, de l’auberge La Ruée vers Gould, retracera les vagues historiques d’immigration dans le Haut-Saint-François. La députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, fera une allocution vidéo en cours de journée. Aussi, une avocate spécialisée en immigration prendra la parole. « On va apprendre les détails de la vie économique et juridique d’un immigrant », détaille Mme Mailhot.

Encore homogène
Bien qu’on ne retrouve encore que très peu de minorités visibles sur le territoire du Haut-Saint-François, le nombre de personnes issues de l’immigration est plus important qu’on ne le croit. On peut inclure dans le lot les Belges et les Français. David Coquart, compositeur établi à Dudswell, fait partie de cette diaspora européenne établie ici. Il viendra agrémenter musicalement le coquetel dinatoire qui clôturera le colloque.

Juste auparavant, un panel de discussion réunira trois résidents locaux issus de la diversité culturelle. L’une d’eux sera Pélagie Kouamé, une entrepreneure de Lingwick. « Le but, c’est de célébrer l’ouverture de la MRC envers la diversité culturelle », conclut Jinny Mailhot.
Outre les intervenants du milieu visés par l’événement, des femmes et des hommes membres de directions, des conseils municipaux et d’organismes de développement ont confirmé leur présence. Même le public général est convié, après avoir confirmé sa présence à l’organisation. Les conférences et ateliers sont gratuits, alors que le repas du diner est offert au cout de 25 $.

Avoir à cœur la culture locale

Le Coeur villageois de Cookshire-Eaton existe depuis maintenant trois ans. L’été 2018 en a été un de tous les records pour le regroupement qui a multiplié les initiatives et les activités. Une forme de culture locale est en train d’y prendre racine. Comme l’indique Jean-Paul Gendron, qui siège sur le comité du Coeur villageois : « Cookshire, ça commence à être vivant ! »

« Il y a une masse critique composée d’éléments diversifiés qui, depuis trois ans, est en train de se constituer au plan culturel », poursuit celui qui est président de l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie. « Il y a quatre, cinq ans, c’était peut-être dans le décor, mais moins évident. Là, ça commence à devenir beaucoup plus consistant, beaucoup plus connu. C’est plus lié. »

Des bâtiments intemporels
Le Coeur villageois constitue un segment d’environ 1 ½ km passant par les rues Pope et Principale et qui est situé entre la nouvelle Brasserie 11 comtés et la rue Castonguay, menant à la salle Guy-Veilleux. On y retrouve une concentration d’infrastructures culturelles (trois églises, la Maison de la culture John-Henry-Pope, le Victoria Hall, le parc des Braves) qui commencent toutes à prendre part à l’effervescence. Point non négligeable : « il y a pas de problème de stationnement pour les gens qui viennent voir ! », termine à la blague M. Gendron.

La Maison de la culture John-Henry-Pope, qui abrite la galerie d’art Cookshire-Eaton, a reçu plus de 1000 visiteurs à son comptoir touristique entre la Fête nationale et l’Action de grâce. Manon Elisabeth Carrier est plus que satisfaite de ces chiffres. « On n’a jamais cartonné autant que ça. À toutes les fins de semaine, il y avait du monde. »

Outre les visiteurs, la Maison de la culture a un rôle important à jouer auprès des résidents locaux dans le développement d’un sentiment d’appartenance. En plus des expositions qui s’alternent à la galerie d’art, le bâtiment patrimonial accueille les cours de Pilates de la municipalité, les pratiques de la chorale du Coeur villageois et les Colour Cafe de l’Association Townshippers.

L’église voisine St-Peter’s présente l’exposition John-Henry-Pope tandis que la Trinity United accueille régulièrement des concerts classiques entre ses murs. De l’autre côté de la rue, le Victoria Hall tient également son lot de réunions et de spectacles.

Un seul et même langage
St-Peter’s, Trinity, Victoria Hall ; ce sont là des témoins du passé anglophone de la région. Aujourd’hui, la communauté anglaise représente 15 % de la population du Haut-Saint-François. Si ses relations ont déjà été moins reluisantes avec les citoyens francophones, les choses vont pour le mieux aujourd’hui.

« On veut pas briser les liens de confiance. Ça a pris des années avoir ça », confie Manon Elisabeth Carrier. « Ils nous ont toujours ouvert la porte. Ce qu’ils nous disent, c’est : “Vu que vous êtes là, ça va garder nos affaires vivantes.” »

À ce sujet, l’exemple du Victoria Hall est particulièrement probant, alors que l’édifice n’était plus entretenu par la communauté, faute de moyens. Gilles Denis en a depuis fait l’acquisition. « La collaboration s’établit à un moment où c’est pas trop tard dans la détérioration des bâtiments », dit-il. « Là, on l’a entre nos mains. Je sais pas trop ce qu’on va faire avec ça, mais ça va être un bâtiment culturel, c’est sûr. »

Aller à la rencontre du Cœur
L’action du Coeur villageois continue de grossir et de prendre forme. Le retour de Loisirs Cookshire avec une programmation de spectacles à la salle Guy-Veilleux donnera un coup de pouce supplémentaire aux efforts des bénévoles pour dynamiser le secteur. Céline Blais, la présidente du comité du Coeur villageois, se réjouit du fait que les citoyens pourront de nouveau consommer la culture localement sans avoir besoin de s’exiler.
Mme Blais convie toute la population à la rencontre citoyenne de l’organisme le 13 novembre prochain, à 19 h, à la Maison de la culture John-Henry-Pope de Cookshire-Eaton. Un microdocumentaire sur le Coeur villageois, réalisé par Sébastien Croteau, sera présenté à ce moment.
Céline Blais considère le Coeur villageois comme un comité de réflexion qui a pour mission de développer le pôle attractif qu’est Cookshire-Eaton. Avec la dernière saison plus qu’encourageante, elle souhaite poursuivre les efforts pour embellir le secteur et l’animer. « Le meilleur s’en vient ! », conclut-elle.

Un cinéaste dans le Haut !

Les choses changent avec le temps, elles évoluent, les perceptions se transforment, de part et d’autre, ce qui était inintéressant devient magnifique, ce qui était impensable, il y a à peine dix ans, devient un terreau d’opportunité.

C’est dans cet état d’esprit que s’inscrit le cheminement professionnel du cinéaste Sébastien Croteau. Après plusieurs années passées à Montréal, l’homme dans la trentaine, originaire de Weedon, revient en région pour y réaliser son rêve : partir sa maison de production cinéma et vidéo. Depuis mai dernier, Les Productions de L’inconnu dans le noir a pignon sur rue à Cookshire-Eaton.

De retour de la grande ville, Sébastien a redécouvert son lieu d’origine. Il avait comme oublié comment c’était beau en région, comment les choses pouvaient être plus simples, en plus de découvrir les opportunités d’affaires.

Sébastien admet que son projet mijotait dans sa tête depuis plusieurs années déjà. Le moment déclencheur, pour ainsi dire, c’est passé dans le Haut-Saint-François. En arrêt de travail, le cinéaste a répondu à l’invitation de son ami Michel Vézina. Il lui offrait de passer l’hiver chez lui Le Buvard, à Gould, pour tenir le fort pendant que le poète faisait un saut en France.

Cette période s’est avérée bénéfique pour notre cinéaste qui, dit-il, en a profité pour faire une rétrospective de sa vie professionnelle. C’est l’hiver dernier à Gould que la lumière fut. « Ça m’a apparu comme une évidence. Après avoir contribué au succès d’autres artistes en participant à divers projets, j’en suis arrivé à la conclusion. J’ai le goût de générer du succès pour moi. C’est le temps que je parte ma maison de production à moi. Ça fait des années que j’y pense. » Pour l’artiste, Les Productions de l’inconnu dans le noir définissent bien son métier soit « la personne derrière la caméra, derrière le spotlight, la personne qui observe », explique-t-il.

Le cinéaste est convaincu que son entreprise a un avenir dans le Haut-Saint-François. « Il y a à peine 10 ans, cela aurait été impensable. Maintenant, c’est possible. L’hiver passé, j’étais en train de finir mon court métrage à Gould. Ma monteuse était à Toronto, on se parlait tous les jours. Mon preneur de son était à Rimouski. C’est possible en région. Tout ce que ça prend, c’est une bonne connexion internet. Ça aurait pas été plus facile à Montréal. Ça serait la même chose. » Sébastien voit plusieurs avantages et d’opportunités à s’installer en région. D’abord, explique-t-il, « les coûts de production sont moins chers ici, la qualité de vie est meilleure. Il y a pas d’offre cinématographique dans le Haut-Saint-François et très peu en Estrie. » Pour l’artiste, il s’agit d’une opportunité. Convaincu, Sébastien ajoute que certains organismes comme la SODEC et Téléfilm Canada, entre autres, disposent d’enveloppes budgétaires pour les régions éloignées. « Donc, moins de gens dans les régions éloignées qui appliquent. Statistiquement, ça donne plus de chance d’obtenir du financement », précise-t-il.

Déterminé, l’artiste a réussi à bien vendre son projet auprès des organismes susceptibles de l’aider à le réaliser. « Ici, on m’a écouté, on m’a appuyé. J’ai suivi la formation Lancement d’entreprise. J’ai eu l’aide du CLD et CLE pour un STA et un prêt de la SADC et du CLD. Je dois mentionner Gilles Denis, c’est lui qui m’a écrit pour me dire de venir ici. Il m’a mentoré. Je suis l’artiste en résidence pour l’année à la Maison de la culture John-Henry-Pope. J’ai accès à un local pour l’année gratuitement. C’est un genre de soutien important dans un démarrage. »

Production
Sébastien vient de produire un court documentaire pour le Centre des arts et de la scène Jean Besré de Sherbrooke, à l’occasion de leur 10e anniversaire. « Je suis en train de terminer un court métrage et j’espère le compléter en novembre. J’ai aussi fait des microdocumentaires corporatifs et des vidéos que j’appelle microdocumentaires. Je suis sur une création avec le Petit Théâtre de Sherbrooke. La première du spectacle est prévue en 2023. » Notre cinéaste travaille aussi avec le Théâtre du Double Signe sur une production intitulée Stalone qui sera présentée en février prochain.

Quant à son véritable objectif, il est clair. « Je veux d’abord et avant tout réaliser des films. Je suis un cinéaste. Je pense à une idée et tu portes un projet du début à la fin. Que ce soit l’étape de l’écriture, du financement, tournage, montage. Le but est de faire une boîte de production qui a du financement pour produire et faire des films à projeter en salle. » Sébastien ne se met aucune barrière, au contraire. « Avec ma boîte, j’aimerais attirer d’autres talents, d’autres réalisateurs, attirer des productions à venir dans le Haut-Saint-François. Je voudrais être un genre de régie du cinéma du Haut-Saint-François. Il y a un paquet de gens qui écrivent des films qui se passent en région. Ici, on a les ressources, du paysage en masse, du patrimoine et ça coûte moins cher. On peut les accueillir. Ç’a été fait ailleurs. Il y a plein de boîtes de production à l’extérieur de Montréal; pourquoi pas le Haut-Saint-François. »
Mine de rien, Sébastien a parcouru du chemin depuis l’âge de 8 ans où il empruntait la caméra VHS de son père pour filmer diverses scènes. Ou du moment qu’il assistait à toutes les représentations du Cochon Souriant à Gould pour finalement faire partie de la troupe. Il a également participé à la Course du Haut-Saint-François. Sa passion l’a conduit à l’Institut national d’images et de son à Montréal, ce qui lui a valu de remporter un concours lui donnant accès à un stage documentaire en Belgique. Sébastien a développé divers projets qui l’ont amené à faire des tournages en France, Italie et Haïti. Il a également collaboré avec le réalisateur Martin Laroche pour le long métrage Manège humain. L’expertise de notre artiste local est reconnue puisqu’il a fait des vidéos avec le célèbre auteur Dany Laferrière. Tout ça pour dire que Sébastien Croteau est loin d’être dénué d’expérience et qu’il entend s’en servir pour lui, pour les autres et pour le Haut-Saint-François.

Canton de Lingwick, la force d’une petite communauté

C’est dans l’adversité que l’on reconnait la valeur des gens. La petite municipalité de Lingwick et ses 464 résidants ont connu leurs moments difficiles au fil des années avec la fermeture de l’école du village, du guichet de la Caisse Desjardins, du restaurant Le Caroussel. Ce cumul a de quoi démoraliser une communauté. Au contraire, les gens du Canton de Lingwick affichent une fierté étonnante et s’impliquent tous ensemble à faire de leur village un endroit où il fait bon vivre.

La population par le biais de ses 14 organismes avec l’appui de la municipalité a littéralement changé le visage de Lingwick au cours des dernières années. Le dynamisme dont elle fait preuve, à multiplier les activités de toutes sortes, ne fait pas qu’attirer les regards, les visiteurs, mais aussi de nouveaux arrivants.

L’implication des citoyens est palpable. Le journal avait demandé au maire de l’époque, Marcel Langlois, de convoquer quelques représentants afin de mesurer l’ampleur de l’implication communautaire au sein de la municipalité. À la grande surprise, ils étaient une quinzaine représentant 14 organismes. C’est avec sourire et enthousiasme qu’ils attendaient le journaliste pour transmettre leur passion.

Rare municipalité, Lingwick a la particularité de compter essentiellement des Lingwickois. Parmi les personnes rencontrées, certains provenaient de la Beauce, Montréal, Bromptonville, Sherbrooke, Victoriaville, Lingwick et des Laurentides. Mais à la question d’où venez-vous ? Tous répondent de Lingwick. « Lingwick, c’est chez moi. Je sens que mes racines ici sont plus profondes que où je suis né », d’exprimer Marcel Langlois. « Quand je suis arrivé, j’ai vu que les gens mettent à contribution leur esprit d’entrepreneurship au profit de la municipalité », d’exprimer André Hains, originaire de la Beauce. Les étranges, comme on les appelait à l’époque, « sont arrivés et mis du dynamisme dans la municipalité », d’ajouter Hélène Rousseau, femme de Lingwick, pure laine. « Il y a plus de différence ici, on a besoin de bras », d’ajouter Manon Rousseau, membre de la communauté. Force de constater que les citoyens font confiance aux nouveaux arrivants et sont conscients de ce qu’ils peuvent apporter. Nelly Marais, nouvelle arrivante depuis 1 an et demi, occupait un siège de conseillère municipale et a été réélue par acclamation.

Installé depuis quelques années, Jonathan Audet fait partie de la jeune relève. Impliqué dans l’organisation de La nuit du pont couvert, il avoue avoir regardé du côté de Saint-Camille avant de s’établir à Lingwick. « Ici, c’est une municipalité très vivante. » Père de trois enfants, le jeune homme a contribué à attirer une dizaine de personnes avec enfants.

Les organismes à Lingwick génèrent une implication bénévole de près de la moitié de la population, soit 200 personnes au cours de l’année. Que ce soit la Fête nationale, le tournoi de baseball poches régional, le Bike Stop 108, La nuit du pont couvert, le souper des chasseurs, le concours de labour, le brunch paroissial de l’Action de grâce, le village de Noël sans oublier la coopérative Les artisans de Lingwick et le marché public avec son P’tit Pub.

Contrairement à certains préjugés envers les personnes retraitées, la Fadoq à Lingwick semble être la bougie d’allumage, la dynamo qui alimente tous les organismes. La Fadoq redistribue les profits qu’elle tire de ses activités aux autres et les membres se proposent pour donner un coup de main. Bien que chacun reste indépendant, un partage de biens, de ressources humaines et techniques fait en sorte que tous travaillent dans le même sens et sont interreliés dans le succès de leur projet respectif. À la question pourquoi tant de vitalité, les participants lancent à l’unisson « parce qu’on se sent soutenu par la municipalité. » Effectivement, la corporation municipale met gratuitement à la disposition des gens les locaux, équipements, espaces publics et autres.

Chacun met la main à la pâte. Au marché public, en saison, chaque semaine, un organisme différent s’occupe du P’tit Pub et les profits sont divisés parmi les organismes participants. Les gens répondent présents aux diverses activités. À titre d’exemple, une quinzaine de personnes ont travaillé pendant 1 mois et demi à refaire les sept kiosques pour le marché public. Ils ont été 22 à repeindre les tables à pique-nique. « À la fin novembre, pour la décoration du village de Noël au centre du village, on est une vingtaine. Pour défaire les décorations, on était 25 personnes l’an dernier. C’est comme un party. Les gens sont fiers du succès et de la réalisation », d’exprimer Manon Rousseau. Quant à la relève, elle est déjà amorcée et elle ne fait pas peur aux gens en place. « Il va falloir accepter la relève, c’est de la nouveauté. Il faut pas penser qu’ils vont faire comme nous. On représente une époque, la relève va vivre avec son temps. La vie communautaire va continuer, mais autrement », d’exprimer les participants.

Zacharie Godbout, profession: agent de bord

Zacharie Godbout de Westbury vit présentement son rêve, celui d’agent de bord pour Air Transat. « Je travaille dans les airs et mon bureau est entre deux allées », lance-t-il tout sourire.

Le jeune homme est un bel exemple de détermination. Alors que rien ne le prédestinait pour atteindre cet objectif, il n’a pas hésité à mettre les bouchées doubles et surmonter les obstacles qui se dressaient devant lui. « L’école, ça toujours été dur pour moi. Plus jeune, on voulait m’envoyer en cheminement particulier. Mais c’est parce que j’avais un rêve que j’ai complété mon secondaire. Quand j’avais sept ans, avec la famille, on partait pour la République dominicaine et j’ai dit à mon père: je veux être comme la madame. »

Alors qu’il ne parlait pratiquement pas anglais, le jeune homme est parti à l’été 2015 passer un mois en immersion à Calgary. « J’étais dans un genre de famille d’accueil et j’avais des cours à l’Université de Calgary et des activités.  » À son retour, il s’est dirigé vers l’éducation aux adultes pour compléter son anglais et son français de secondaire V ainsi que son cours d’histoire de secondaire IV. Par la suite, en 2016, il a entamé sa recherche d’emploi pour devenir agent de bord. « J’ai fait six entrevues, à Montréal, à Québec. Ça marchait pas. Je me suis tanné et je me suis dit: je prends un break des entrevues. Je travaillais au Subway quand on m’a appelé pour une entrevue téléphonique à faire le lendemain. Ça ne me tentait pas d’appeler, mais ç’a été ma meilleure entrevue téléphonique. Un mois plus tard, en mars, on m’a convoqué pour une autre entrevue. » Après, plusieurs étapes et au terme de la dernière entrevue, « tout en anglais, se rappelle Zacharie, j’expliquais pourquoi c’était mon rêve et à la fin, elle me dit: es-tu prêt à aller essayer ton uniforme ? »

Depuis juin dernier, le jeune homme vit son rêve à fond. « Je suis basé à Toronto. Je vais monter ma séniorité et quand elle sera assez bonne, je vais essayer d’aller à Montréal. Je me donne cinq ans. » Zacharie est donc un des 3 000 agents de bord de la compagnie Air Transat. Il vole sur trois types d’appareils soit un Boeing 737, un Airbus 310 et 330. D’ailleurs, il a eu la chance d’être sur un vol avec le commandant Robert Piché. « Je faisais Toronto/Lisbonne au Portugal. J’ai eu la chance de lui parler, il est très sympathique. »

Selon Zacharie, être agent de bord ne se limite pas à servir les passagers, c’est beaucoup plus. La sécurité des passagers, explique-t-il, est au centre des préoccupations. « Il faut respecter plusieurs procédures de sécurité. Il faut être attentif aux usagers, il faut surveiller les gens qui embarquent à bord, s’ils ont l’air suspects. Si une personne est intoxiquée d’alcool ou autres, on peut lui interdire le vol avec d’autres procédures. » Une fois que les passagers sont bien installés en toute sécurité, le service peut commencer, d’ajouter l’agent de bord. Zacharie mentionne que le travail ne se limite pas à la sécurité et le service, « il faut être ambulancier, si une personne perd connaissance, pompier, si le feu prend aux fourneaux et même psychologue. »

En poste depuis à peine cinq mois, le jeune homme a déjà vécu des faits cocasses comme échapper du jus de tomate sur une personne ou un cube de glace dans le décolleté d’une femme. Règle générale, les gens sont gentils, précise-t-il, et comprennent.

Même s’il demeure à Toronto, Zacharie mentionne ne pas être souvent chez lui. « C’est pas un mode de vie comme tout le monde. Il faut être organisé, mais ne pas prévoir. Je vis dans mes valises. T’es partout ailleurs dans le monde sauf chez toi. L’été, c’est l’Europe et l’hiver, c’est le Sud. Mon horaire de travail, ça peut être Barcelone, Venise, Paris, Amsterdam. Quand on va en Europe, on reste au moins 24 heures sur place, parfois 48 heures parce qu’on vole de nuit. Il arrive que je travaille sept jours sur sept. » Mais cet horaire de fou, le jeune le veut bien. Il dit prendre tous les vols qu’on lui offre ou presque.

Zacharie adore son travail. « Ce que j’aime le plus, c’est être dans les airs. » On dit qu’un agent de bord perd 1 mois et demi de sommeil par année en raison du décalage horaire, mais Zacharie ne se formalise pas de ce détail. L’important est de faire ce qu’il aime: agent de bord, pour lui, c’est d’être au septième ciel.

©2019 Journal Le Haut-Saint-François