Chartierville

Chartierville : Petite municipalité, grande offre touristique

Claude Sévigny, conseiller municipal de Chartierville, près de la côte magnétique.

Chartierville n’est peut-être pas densément peuplée, avec ses 298 résidents, pourtant la municipalité est l’une de celles offrant la plus grande diversité touristique dans la MRC du Haut-Saint-François (HSF). Une panoplie d’activités sont offertes sur son territoire, et ce, pendant les quatre saisons québécoises.
L’objectif derrière cette offre touristique variée est bien évidemment de faire connaitre la municipalité. « On cherche à amener le plus de monde à venir voir Chartierville, voir comment c’est beau. On veut que les gens viennent et voient en notre municipalité un endroit où il est agréable de vivre. On n’est peut-être pas un gros centre, mais on a quelque chose de beau à offrir », d’exprimer le maire, Denis Dion.
Le projet de vélo de montagne était attendu depuis longtemps à Chartierville. Le conseil municipal a voté en faveur, à 100 %, concernant l’autorisation de demande de subvention. Cette initiative est sur la table depuis 2014. Le projet de 160 000 $, subventionné à 80 %, comprend 6 à 7 km de pistes en pleine forêt publique, en bordure des lignes américaines, dont une piste familiale et des descentes intermédiaires. Le comité bénévole qui est en voie de le mettre sur pied attend l’obtention d’un bail du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs pour démarrer les travaux. Interrogé à savoir dans quelle montagne aura lieu l’aménagement, Jean Bellehumeur, conseiller municipal, indique que « c’est la seule montagne du secteur qui n’a pas de nom. » Située sur le territoire de Notre-Dame-des-Bois, on y accède cependant par Chartierville, au bout du rang Saint-Paul.
Une autre nouveauté verra le jour dans la municipalité. Au printemps prochain, une shed panoramique sera construite sur le site de la halte routière à Chartierville. Elle serait la 10e à joindre le circuit panoramique du HSF.
Plusieurs activités attendent les visiteurs sur le site du Centre d’interprétation de la mine d’or. L’équipe sur place vous initiera, entre autres, à une ancienne technique d’extraction de l’or, la batée. Ce site enchanteur vous permettra de découvrir l’histoire fascinante derrière la mine et des personnages qui y ont travaillé de 1862 à 1960. Suivez vos pas et partez à l’aventure sur un sentier qui vous mènera du Centre d’interprétation de la mine d’or à superbe pont suspendu qui se trouve vers la fin du parcours et qui mène au site historique de l’ancienne mine d’or. Le sentier du ruisseau Mining a été rehaussé par une mise à niveau majeure grâce à une subvention (PSSPA) du gouvernement du Québec. Cette randonnée de 3,5 km est une belle alternative pour allier sortie de famille en plein air et activité culturelle. On oublie les efforts pour atteindre un sommet et on se promène plutôt tranquillement sur un court sentier longeant un joli ruisseau, avec des panneaux d’interprétation sur les activités et les façons de faire de l’ancienne mine d’or. Au terme de la randonnée se trouvent de belles cascades et un petit bassin pouvant faire office de bain froid pour les randonneurs.
Un autre sentier bien apprécié des marcheurs et des résidents est celui du parc riverain, qui a profité d’une cure de rajeunissement. S’étendant sur 1 km et bordant la rivière Ditton, le parc riverain permet à toute la famille, en quelques minutes, de se retrouver en pleine nature. Le joli sentier pédestre est agrémenté par des trottoirs de bois et deux ponts qui traversent la rivière.
Après une belle journée de randonnée ou d’activité culturelle sur le territoire de Chartierville, le mini-putt sera un excellent endroit pour se détendre en famille ou entre amis, passer un bon moment et admirer la vue panoramique environnante.
Pour les amateurs de neige, le groupe Ski Eldorado s’est donné comme mission de rendre accessible, aux skieurs et planchistes de tous les niveaux (débutants, intermédiaires et experts), ce territoire exceptionnel pour la pratique de sports d’hiver. Le premier territoire à avoir été emménagé est celui du rang 10. Ce secteur est situé sur une montagne de 800 mètres et offre des corridors dénués d’arbres et ayant une dénivellation allant jusqu’à 150 mètres. Grâce à ces corridors larges et ouverts, les paysages pouvant être admirés sont majestueux. Le deuxième territoire à avoir été ouvert est celui de Saint-Paul. Ce secteur est plus traditionnel avec des couloirs de descente parsemés d’arbres. Il offre donc un niveau de difficulté plus élevé que celui du rang 10. Au sommet de cette montagne de 900 m se trouve la frontière canado-américaine.
Comment parler de l’offre touristique de Chartierville sans mentionner la côte magnétique ? Un ensemble de coïncidences crée ce phénomène qui attire près de 2000 visiteurs par semaine en haute saison ; l’horizon occulté et la pente abrupte se jouent des sens de ceux qui l’essaient. Cette année, en plus d’un guide touristique, en saison estivale, quelques jours par semaine, l’application de code QR et plusieurs panneaux seront mis à la disposition des visiteurs. Ces deux nouveaux outils permettent d’en apprendre davantage sur l’attraction la plus connue de Chartierville et d’assurer un service d’information en continu.
Le festival Musique aux Sommets, qui en était à sa 5e édition, attire chaque année plusieurs visiteurs du Haut-Saint-François et de l’extérieur. Avec une programmation endiablée d’année en année, les amateurs de musique en ont pour leur argent et l’engouement pour ce festival est palpable. Une fin de semaine de concerts dans un panorama grandiose crée forcément des souvenirs mémorables.
Le territoire du HSF en est un excellent pour la chasse et Chartierville le sait bien puisqu’ils organisent un Festival de la chasse presque chaque année. L’année 2022 fut celle de la 58e édition qui, encore une fois, a rassemblé beaucoup de gens de la municipalité, mais aussi de l’extérieur. Exposition artisanale, souper de chasseurs et soirée de danse font que chaque année, cet évènement soit si populaire.
Du côté du Camping du ruisseau, certains ajouts seront faits pour que les campeurs passent un meilleur moment. Des prises d’eau et d’électricité seront ajoutées sur les emplacements pour les véhicules récréatifs en plus d’offrir une vidange sanitaire pour accommoder les caravaniers. Ce camping charmant compte 6 emplacements pour des tentes et 7 pour des VR.
« L’esprit de communauté est fort à Chartierville et chacun s’implique au meilleur de ses aptitudes afin que la municipalité se démarque. Du côté municipal, notre offre touristique est d’abord et avant tout pour les citoyens de Chartierville, pour qu’ils se sentent bien chez eux. Cependant, elle est aussi là pour attirer des gens de l’extérieur et leur faire découvrir notre paradis du plein air. Peut-être qu’un jour, ils viendront s’établir ici », ajoute le maire, Denis Dion.

bailey francais

Anne-Marie Bailey de Bishopton achète Le Black Cat

Anne-Marie Bailey parcourt les étagères de sa nouvelle entreprise, Le Black Cat Books.

« Appartenez-vous à la célèbre famille Bailey de Brookbury ? » ai-je demandé à la jeune femme posée. Elle s’appelle Anne-Marie Bailey, et depuis le 1er octobre elle est la nouvelle propriétaire de la libraire Le Black Cat à Lennoxville.
« Oui, Austin et Brenda sont mes parents », a-t-elle dit avec un sourire.
« Et vous habitez à Bishopton ? Alors, pourquoi acheter un commerce à Lennoxville? »
« Je suppose parce que je suis anglophone et c’est là que se trouvent les emplois en anglais. Je suis allée à Galt [Regional High School] et je suis venue à Lennoxville presque chaque jour de ma vie d’adulte. »
Mais la véritable attraction est la suivante : Mme Bailey aime les livres. « Le Black Cat est la seule librairie principalement anglaise de la région, c’est donc là que je fais la plupart de mes achats de livres. »
Elle sait depuis longtemps qu’elle veut être entrepreneure, a-t-elle déclaré. Après avoir fréquenté le collège au Nouveau-Brunswick pendant quatre ans, elle a suivi des cours de secrétariat et de comptabilité au Centre de formation professionnelle de Lennoxville et a travaillé comme secrétaire pendant quelques années. Puis elle a suivi une formation de pâtissière au Centre 24-juin et a décroché un emploi dans une pâtisserie.
« Cela n’a duré que deux semaines parce que tout s’est arrêté. Le magasin a fini par fermer à cause de la Covid. »
Elle a trouvé un autre emploi comme secrétaire-réceptionniste à l’Aide communautaire de Lennoxville, juste en face du stationnement du Black Cat, au 168E rue Queen. Elle a donc été l’une des premières à être informée lorsque la propriétaire, Janice LaDuke de Johnville, a annoncé qu’après 24 ans elle prenait sa retraite le 1er septembre. Pourtant, Mme Bailey a hésité.
À l’approche de septembre, de nombreux clients de la librairie s’inquiétaient. Des gens d’aussi loin que Québec et Lac-Mégantic passaient des commandes par téléphone ou venaient avec une longue liste de livres à acheter, a déclaré Mme LaDuke. Pour les connaisseurs de librairies indépendantes, Le Black Cat a une vaste portée.
Et un grand inventaire. « Environ
15 000 titres d’occasion », a déclaré Mme Bailey, « plus tous les nouveaux livres. Ils couvrent à peu près tous les sujets auxquels vous pouvez penser. »
Répondant aux inquiétudes, Christian Collins de la bibliothèque de Lennoxville a organisé une réunion ouverte des citoyens et des groupes intéressés pour explorer les moyens de sauver Le Black Cat. Finalement, à peine deux jours avant la réunion, Mme Bailey s’est avancée et a conclu la vente.
« Tout a été beaucoup plus public que je ne l’aurais souhaité », a-t-elle déclaré. « Mais nous avons vu que la librairie est importante pour beaucoup de gens. La communauté s’est réunie pour essayer de la sauver, et c’est vraiment encourageant. Je pense que c’est important pour beaucoup d’anglophones, mais c’est important aussi pour beaucoup de francophones. »
Mme Bailey admet qu’elle est un peu introvertie, mais elle n’est pas la seule. « Lecteurs et introvertis, je pense que ça va ensemble », a-t-elle dit en riant.
Les extravertis se sont peut-être également tournés vers les livres pendant la pandémie. Contrairement aux pâtisseries, Le Black Cat a prospéré.
« Il semble y avoir un flux assez régulier de clients », a déclaré Mme Bailey. « J’espère voir beaucoup de visages familiers. »
Elle invite les clients virtuels à visiter la librairie le Black Cat sur Facebook ou sur le site Web artsunaean.ca/Black Cat/.

Sentier La Patrie

La Base de plein air La Patrie change de vocation : Elle devient un centre d’aide pour l’humain

Yvan Pion et Marie Duff mettent tout leur cœur à bien accueillir et accompagner les participants.

À peine avait-elle mis les pieds sur le site de la Base de plein air La Patrie, Marie Duff savait déjà que c’était l’endroit où elle pourrait réaliser le rêve qu’elle caresse depuis une trentaine d’années. Démarrer un centre d’aide pour la reconstruction de l’humain, le centre L’Expérience d’Être Soi.
« Moi, ça fait 30 ans que je porte le projet, que j’attends que le bon temps, la bonne place et que tous les éléments se mettent en place. Je suis très à l’écoute audiblement et intérieurement, puis dans mon cœur, ça me disait, c’est ici ta place », d’exprimer avec émotion Mme Duff.
Le plein air, le décor champêtre, le calme, la quiétude, l’union avec la nature sont des éléments qui s’agencent très bien dans la démarche qu’elle met de l’avant. Le centre L’Expérience d’Être Soi est illustré par une flèche. Pour Mme Duff, ce symbole est sans équivoque, « les gens qui viennent ici, c’est pour regarder et aller de l’avant. »
Mme Duff, qui compte sur l’appui d’une équipe, dont Yvan Pion, propose ce qu’elle appelle la reconstruction de l’humain basée sur une approche métaphysique. « Je suis métaphysicienne et j’offre aux gens une nouvelle façon de voir la vie. Ça fait 23 ans que je fais ça. » L’intervenante est également zoothérapeute. À cela, s’ajoute une expérience de vie peu banale faisant en sorte qu’elle sait de quoi elle parle et surtout comment s’y prendre. Mme Duff a été abandonnée à l’âge de 3 ans et demi. Elle a fait plusieurs familles d’accueil, a connu la maternité à l’âge de 17 ans, victime de violence conjugale, divorcée, mère monoparentale avec quatre enfants et accidentée, surmonté deux cancers, les choses n’ont pas été faciles pour cette femme qui se dédie à faire le bien autour d’elle. « Je suis en mesure de comprendre la personne. Je suis très emphatique. La vie m’a mis dans plein de circonstances qui font que peu importe qui arrive avec un traumatisme, je m’adapte selon la personne qui est devant moi.  Le but du centre, c’est d’offrir la possibilité aux gens de se reconstruire de façon nouvelle, de façon créative à leur vitesse à eux. »Tout en respectant le rythme des personnes, Mme Duff vise l’efficacité et n’a pas l’intention d’étirer le processus outre mesure. « Mon logo, c’est une flèche, ça veut dire: enligne-toi, dis-moi ce que tu veux et je vais te donner la flèche que tu as de besoin et go. Yvan et moi, avec notre expérience de vie, on a fait le chemin long et ce qu’on veut, c’est d’offrir le chemin court. »
Le site sur lequel on retrouve 13 chalets et un centre d’accueil permettra d’accueillir les personnes que ce soit pour une journée d’initiation, une retraite de 7 jours, 14 jours ou même 30 jours. On propose de l’accompagnement individuel ou de groupe. Dans une première phase, le service s’adressera aux hommes et par la suite s’étendra aux femmes et adolescents. Mme Duff explique ce choix en soulignant le peu de ressources et de services disponibles pour la gent masculine. « On retrouve en moyenne deux organismes pour hommes et 50 pour femmes. »
Comme l’indique l’appellation, la reconstruction de l’humain est large et touche différents aspects de la vie. Le centre peut venir en aide aux personnes en manque d’estime et de confiance en soi, les personnes qui vivent de l’isolement, être aux prises avec des émotions négatives (abandon, humiliation, rejet, trahison, injustice), avoir des peurs de toutes sortes, vivre différents deuils, une séparation difficile, être aux prises avec une maladie, vivre un accident, éprouver des problèmes de colère, de violences et autres. Tout ça peut faire partie du processus de reconstruction.
Le processus se fera à travers de la relation d’aide, des rencontres individuelles ou de groupes, des retraites en nature, de croissance personnelle, des conférences, des ateliers, divers soins physiques et énergétiques. Tout cela peut se faire dans un contexte d’hébergement comprenant des repas. Le processus de reconstruction se fera à travers divers outils comme des moments d’introspection, la musicothérapie, l’écriture, les arts, la nourriture saine, l’exercice physique, la connexion avec la nature et divers ateliers. L’objectif, d’expliquer Mme Duff, est « d’apprendre à te connaître, te guider vers de nouveaux choix de vie, prendre conscience de tes forces intérieures, t’aider à être dans l’action, trouver et vivre ton bonheur et refaire vos nouveaux repères de vie. La personne qui va venir au centre, faut qu’elle puisse trouver une harmonie sur le corps, l’âme, l’esprit, le côté mental, spirituel, émotionnel et de tout ce qui est vie intérieure. Nous allons vous faire toucher la compréhension, d’être en mesure de comprendre vos habitudes, celles qui vous aident dans le but de pouvoir transformer ça pour en arriver à vivre la réalité que vous voulez vivre aujourd’hui. »
Le cheminement, explique Mme Duff, se fera à travers l’émotionnel, soit le ressentir, l’identification, comprendre et désamorcer les émotions. Cela se poursuivra en abordant le mental soit identifier et neutraliser les fausses croyances et les pensées limitantes. Le volet physique ne sera pas à négliger et visera à se réapproprier ses sensations physiques (malaise, douleur, douceur, plaisir) afin de passer de l’inconfort à l’aisance. Enfin, la métaphysique servira à resituer la trajectoire personnelle dans les diverses facettes de la vie, ce qui devient possible avec une meilleure connaissance de qui nous sommes et de notre pouvoir sur ce que nous vivons et ressentons.
Le programme, d’ajouter l’intervenante, favorise en chacun l’encrage des quatre piliers que sont l’authenticité, l’intégrité, la responsabilité et l’autonomie (AIRA) dans le but ultime de vivre l’expérience d’être soi. »
D’autre part, les nouveaux gestionnaires de la base de plein air ont l’intention de rendre l’endroit accessible au grand public. On proposera diverses activités, des spectacles et autres au cours des prochaines semaines.
Le centre L’Expérience d’Être Soi est un organisme sans but lucratif (OBSL). Il est présentement en campagne de levée de fonds. Il est possible d’obtenir davantage d’information sur l’initiative en cours, les services offerts, le mode de fonctionnement et autres en consultant le site au https://experiencedetresoi.ca.

Église

Cent ans de patrimoine, ça se fête ! : Centenaire de l’église Saint-Louis-de-France

L’église Saint-Louis-de-France et son orgue majestueux.

L’église Saint-Louis-de-France célèbrera son 100e anniversaire en 2023, et pour l’occasion, un comité spécial est formé. On prévoit organiser plusieurs activités culturelles, éducatives et récréatives pour commémorer la fête de ce bâtiment patrimonial. Les activités permettront pour les plus jeunes et les plus âgés de découvrir ou redécouvrir l’histoire de l’une des plus belles églises du Québec.
Outre une messe spéciale qui se fera la journée même du centenaire, deux organistes bien connus dans le milieu se produiront sur l’orgue de l’église d’East Angus. Le reste de la programmation devrait être disponible au cours de l’année 2023. Ces célébrations se dérouleront sous la présidence d’honneur de Rémi L. Petit, architecte de la firme MIRE Architecture, responsable des travaux de restauration de l’église depuis plus de 15 ans.
L’église
Avec la population qui augmente, la chapelle initiale s’avère trop petite et une assemblée tenue le 2 avril 1893 confirme la nécessité de construire une église plus vaste. Les travaux de construction d’une église en bois, au coût de 6 927 $, débutent en mai 1894. La pierre angulaire est bénite le 13 décembre 1894 par Mgr Paul LaRocque (1846-1926). Le nouvel édifice, inauguré en 1895, mesure 142 pieds de long sur 52 pieds de large avec une sacristie de 30 pieds sur 38 pieds.
Le nombre de résidents continue d’augmenter pendant ces années et cette augmentation significative de la population incite la paroisse, lors d’une assemblée le 9 mars 1918, à envisager une nouvelle fois la construction d’une église plus spacieuse. En 1919, le curé, l’abbé Jean-Arsène-Rodrigue Plamondon (1860-1925) et le conseil de fabrique approuvent la demande et font appel aux services de l’architecte Louis-Napoléon Audet. Ce dernier propose la construction d’un édifice de style néogothique, s’inspirant des principes de l’École des Beaux-Arts de Paris. Les travaux sont confiés à l’entrepreneur de Lévis, Joseph Gosselin. La bénédiction de la pierre angulaire a eu lieu le 8 mai 1921 et l’église fut inaugurée en juillet 1923. Les coûts de construction s’élèvent alors à 303 000 $.
L’imposante église Saint-Louis-de-France, à East Angus, est le reflet de la période faste qu’a connu la municipalité avec les usines de pâtes et papier au début des années 1900. Le bâtiment actuel, construit entre 1921 et 1923, a remplacé une église qui était devenue trop petite pour les besoins des paroissiens. Au moment de la construction, la croix a été orientée en direction des usines afin d’assurer une protection aux travailleurs.
L’homme derrière la conception de l’église d’East Angus est aussi celui qui a conçu la Cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke. L’Église Saint-Louis-de-France est l’une des rares sur le territoire de l’archidiocèse de Sherbrooke à posséder une crypte funéraire qui contient le corps des anciens pasteurs. L’ambiance générale de l’édifice est propice au recueillement puisque même lorsque la journée est ensoleillée, l’endroit demeure plutôt sombre.
Le 2 décembre 1963, un incendie endommage une partie du chœur et de la sacristie. Les dégâts sont estimés à 100 000 $. Les paroissiens finissent par retrouver leur église le 14 juin 1964. Saint-Louis-de-France est, depuis le 7 mai 2001, classée en tant qu’immeuble patrimonial par le ministère de la Culture du Québec en vertu de la Loi sur les biens culturels.
L’architecture intérieure
D’inspiration espagnole et portugaise et de style gothique, l’église Saint-Louis-de-France se révèle d’une simplicité et d’une grâce remarquable. Le maître-autel, la chaire et les autres meubles sont en bois de châtaignier. Les vitraux sont encadrés d’une ornementation aux tons d’ambre et d’or. Ceux du chœur ont été créés par la maison Daprato, de Chicago. Ils représentent Jésus, Marie, Joseph, Saint-Patrice et les quatre évangélistes. Quant à ceux de la nef, ils ont été exécutés par la maison O’Shea, de Montréal et représentent la vie de Saint-Louis-de-France. Le chemin de croix, quant à lui, présente des toiles du peintre Georges Delfosse. Cet artiste est reconnu pour ses réalisations d’œuvres d’art religieux. Ses tableaux se retrouvent aussi bien au Canada qu’aux États-Unis. L’église Saint-Louis-de-France est privilégiée de posséder une telle œuvre, car ce peintre ne signait que les tableaux qu’il jugeait dignes de sa créativité. Il semblerait que seulement deux chemins de croix, peints par Delfosse, existent aujourd’hui.
L’orgue
L’instrument à vent présent dans l’église Saint-Louis-de-France a été commandé en 1927 au coût de 11 595 $. Il provient de l’entreprise réputée de Saint-Hyacinthe, Casavant Frères. La tuyauterie de l’instrument est placée dans deux buffets entourant la rosace de façade. Cet orgue comprend 30 jeux sur deux claviers et pédalier en plus de 8 combinaisons partielles ajustables. On raconte qu’il est si puissant que l’organiste qui a joué de l’instrument pendant 65 ans n’a jamais osé l’utiliser au maximum de sa capacité, par crainte de faire éclater les vitraux. Mme Blanche Roberge (1899-1984) fut l’organiste de la paroisse entre 1915 et 1976. Cette dernière se trouve à être la seule personne laïque à avoir sa place dans la crypte funéraire, située sous l’église.
D’importants travaux de restauration ont été effectués au cours des dernières années nécessitant un investissement de plus de 4 M$. Outre l’aide financière gouvernementale, la communauté, les gens d’affaires et commerçants ont contribué au projet par l’entremise d’une campagne de financement. Cette implication démontre l’attachement du milieu envers leur église.

Full fibre

Full Fibre Artistique : Impression personnalisée à Ascot Corner

La propriétaire, Eve-Marie Oakes, opérant une de ses imprimantes.

La propriétaire de Full Fibre Artistique, Eve-Marie Oakes, n’a pas eu froid aux yeux lorsqu’elle s’est lancée en affaires en 2019, tout juste avant que la pandémie ne nous touche. Ayant débuté dans sa chambre pour se déplacer au sous-sol, par manque de place, puis transférer l’atelier dans son garage à la naissance de son fils, elle s’est après coup relocalisée au 5075 route 112, local 102 à Ascot Corner. Ce dernier déménagement est devenu nécessaire puisque la compagnie s’est dotée de deux imprimantes et d’un four nécessitant de l’électricité commerciale et beaucoup plus d’espace que dans le garage de la maison familiale. Full Fibre Artistique est un magasin de tissus pouvant imprimer les textiles sur mesure et personnaliser l’impression sur tissus de coton ou de polyester.
Originaire de Québec et y vivant jusqu’à l’âge de 18 ans, Mme Oakes s’est alors installée à Stoke avec sa famille, pour le travail de son père. Ses grands-parents maternels vivaient déjà dans la municipalité et étaient dans les premières familles d’agriculteurs de la région et son père travaillait comme charpentier-menuisier. Les terrains à Québec se faisant plus rares et de plus en plus dispendieux, la famille s’est donc tournée vers Stoke. « Mon oncle vivait déjà là et il vendait des terrains. Les prix ici étaient ridiculement bas comparés à ce qu’on retrouvait à Québec. Pour le prix d’un terrain dans la capitale nationale, on pouvait en avoir trois à Stoke. Ils ont décidé de garder la maison au bout de la rue pour en faire leur maison de retraite », de s’exprimer la propriétaire de Full Fibre Artistique.
Eve-Marie Oakes a toujours eu cette fibre créative et imaginative, du plus loin qu’elle se souvienne. Elle a suivi une formation de technicienne en architecture qui cadrait très bien avec ces deux qualités. Elle a travaillé dans ce domaine pendant 6 ans. « À ce moment-là, je suis tombée enceinte et en prenant une pause, j’ai réalisé qu’en 6 ans, j’avais fait 5 entreprises différentes. L’architecture, c’est un milieu principalement d’hommes, presque tous des hommes de la vieille garde. Une petite fille de 20 ans, aussi compétente, fut-elle, dans un milieu comme celui-là, ce n’est pas toujours facile. J’aimais mon travail, car c’était tout en créativité et en imagination, en dessin et en résolution de problème, mais l’environnement de travail très inclusif n’était pas pour moi. »
C’est pendant cette pause, à se questionner sur un possible retour à l’école ou un changement de carrière, que tout a commencé pour Mme Oakes. « J’étais à la maison, avec mon petit et je me suis dit que c’était peut-être le meilleur moment pour retourner aux études, ou du moins, me réorienter. J’ai eu envie de faire un vêtement pour mon fils et j’ai trouvé, sur Internet, une dame qui faisait des précommandes de tissu et ça m’a vraiment intéressée. J’ai donc fait le kit complet et j’ai vraiment aimé ça. » La jeune mère venait de trouver son filon. La création de vêtements étant assez dispendieuse, elle a donc entrepris des recherches sur Internet pour dénicher les fournisseurs directement, sans passer par un intermédiaire. Commençant par faire des commandes avec ses amies, pour avoir de meilleurs prix, elle a ensuite créé une page Facebook pour rejoindre plus de gens. « C’est à ce moment-là que j’ai vu que l’engouement était là. Ça a vraiment bien marché et rapidement », de dire Eve-Marie Oakes.
Se lancer en entrepreneuriat juste avant la pandémie peut sembler irréfléchi, mais comme la majeure partie des opérations de l’entreprise se faisait par Internet, ça a facilité les choses pour Mme Oakes. Cette dernière n’a pas été la seule à avoir cette idée, car près de 30 autres compagnies du même type ont été créées pendant la pandémie. Il fallait donc que l’entreprise d’Ascot Corner se démarque des autres pour assurer sa survie. L’obtention de l’imprimante au cotton l’a vraiment propulsé à se démarquer réellement. « Ce qu’on a ici comme matériel, chez Full Fibre Artistique, c’est une technologie très innovatrice parce qu’on ne retrouve pas vraiment ça ni au Québec ni au Canada. Dans le processus d’apprentissage de la machine, j’ai même été obligée de faire affaire avec du monde d’Australie et de Belgique pour avoir de la bonne information », d’expliquer l’entrepreneure.
La personnalisation de produits
De plus en plus, les cadeaux personnalisés ont la côte et les consommateurs en sont friands, d’expliquer Mme Oakes. Selon une étude réalisée par Etsy, les cadeaux personnalisés ont été le terme le plus recherché sur la plateforme en 2020. L’intérêt pour ces articles n’a fait que se renforcer : les recherches concernant le mot « personnaliser » ou « customiser » ont augmenté de 43 % d’une année à l’autre. Lors d’une étude récemment réalisée auprès d’acheteurs, 24 % d’entre eux ont déclaré prévoir d’acheter un article personnalisé sur Etsy début 2021.
La propriétaire de l’entreprise en est bien au fait. « Les cadeaux personnalisés sont en demande présentement, ça ajoute une touche plus sentimentale et unique. Chez nous, ce qui est bien, c’est que tout est personnalisable. Si le client trouve un motif qui lui plait, mais préférait avoir le même motif sur un fond d’une différente couleur, on s’en occupe. Certains tissus et imprimés ne sont disponibles qu’ici, on ne peut les retrouver ailleurs. »
Mme Oakes rappelle qu’il est important, lorsque l’on est à la recherche d’un motif qui nous plait, de s’assurer qu’il est « Seamless pattern » ce qui veut dire sans couture, car lorsque l’image sera copiée l’une à côté de l’autre pour en faire une couverture par exemple, il faut que les images concordent pour que le produit final soit cohérent et homogène.
L’entreprise roule sa bosse avec une autre employée à temps plein. Eve-Marie Oakes travaille conjointement avec son acolyte Mélanie Therrien pour servir une clientèle toujours plus grandissante. « Le nombre exact de mes clients est assez dur à dire, parce que ce ne sont pas nécessairement des clients qui vont revenir chaque semaine, mais vois-tu, mon groupe Facebook compte 4000 personnes, la page de l’entreprise a presque 3 800 abonnés, je sais qu’on rejoint pas mal de monde. »
Les possibilités dans le personnalisé sont infinies et c’est ce qui charme l’entrepreneure depuis 3 ans maintenant. Pour l’instant, l’entreprise ne fait pas réellement de publicité, mais prévoit en faire dans le futur. « Pour l’instant, je reste petite et c’est bien correct comme ça », d’exprimer Mme Oakes.

Bazar La Patrie

La Patrie : Des bénévoles mettent le bazar pour sauvegarder l’église

Artisans et artisanes étaient présents avec leurs créations et leurs produits.

Un groupe de citoyens a trouvé l’idée géniale de faire une pierre deux coups en organisant un grand bazar susceptible de venir en aide aux plus démunis et recueillir les profits pour assurer le fonctionnement de l’église Saint-Pierre à La Patrie.
Le récent bazar organisé par le Conseil de gestion et les bénévoles a attiré pas moins de 250 personnes lors de la première journée de cet évènement qui devrait se tenir de trois à quatre fois par année.
Le Bazar
Dans la grande salle du sous-sol de l’église, maintenant chauffée à l’année, une diversité incroyable de marchandise est à vendre. Plusieurs ensembles de cuisine sont disponibles, des divans, des lampes, multiples objets de décoration et différents meubles. Une sélection surprenante de livres, de vinyles, de disques compacts et de films sont sur les tablettes, pour les férus d’art. Plusieurs articles de sport tels que des skis, patins, bâtons de golf, de la vaisselle et même des électros étaient à la disposition de futurs acheteurs. Un coin du sous-sol est entièrement réservé aux jouets et aux jeux pour les enfants. L’engouement pour le Bazar de La Patrie est bien réel et la secrétaire du Conseil de gestion de l’église, Nicole Labrecque, est impressionnée par l’achalandage lors de ces journées. « Le Bazar là, c’est incroyable comment s’est aimé des gens. C’est presque un mini Boxing Day. On a de belles choses et comme on met des photos sur Facebook, les gens voient des choses et ils sont intéressés tout de suite. Cette année, une dame était assise dès 8 h 15, sur le perron, pour l’ouverture prévue à 10 h. Elle était là tôt pour être sûre de mettre la main sur ce qu’elle avait vu. » Tous les articles ont été donnés généreusement sous forme de dons et les profits amassés servent à entretenir l’église.
Exposition artisanale
À cette occasion, à l’étage, une exposition artisanale regroupait 16 artisans, provenant du Haut-Saint-François ou de La Patrie. Une vingtaine de tables étaient mises à la disposition des artisans et exposants. Parmi eux, Orgonite Bel-Ange offrait ses créations pleines de couleurs. L’orgonite est une combinaison de minéraux, de métaux et de matériaux choisis et assemblés de manière très précise, formant de belles pièces sous différentes formes. Sur la table de Créations FP et Fefay, une imposante collection d’objets conçus à la main était étalée. Passant des accessoires mode et décorations aux objets et bijoux fabriqués en bois ou en matières recyclées, il y en avait vraiment pour tous les goûts. Denis Daniel, travaillant le bois, proposait ses pièces retravaillées et remises au goût du jour, l’Érablière du Sommet, avec une belle sélection de ses produits, Les Douceurs de Géraldine avec ses savons et crèmes artisanaux et Thérèse Choquette avec ses peintures sont quelques-uns des participants qui étaient sur place. Les artisans seront amenés à changer d’une fois à l’autre, quoique certains y seront plusieurs fois.
Bénévolat et engagement
Derrière le Bazar de La Patrie, c’est une équipe de bénévoles dévouée qui fait en sorte que tout se passe bien. De l’organisation à la vente finale, le Conseil de gestion et les bénévoles sont derrière tout. Chacun des meubles est inspecté et réparé, si besoin est, au même titre que chacun des objets électriques est testé avant d’être déposé sur les tablettes. Bien évidemment, tout ça dans les limites de la connaissance des personnes impliquées. « Dans notre village de La Patrie, il y a, je dirais, 4 édifices publics : le poste de pompiers, le centre communautaire, la salle municipale et l’église Saint-Pierre. Le bâtiment religieux est le seul qui est géré, entretenu et soutenu financièrement par la bonne volonté des gens, par des bénévoles. Je pense que c’est important de le souligner », mentionne Mme Labrecque.
Le bazar prend place dans les quelque 10 000 pieds carrés que représente le sous-sol de l’église Saint-Pierre. Rappelons qu’en 2017, le Conseil de gestion de l’église avait découvert, dans le vide sanitaire sous l’édifice, des souches du champignon de la mérule pleureuse. C’est à ce moment qu’est née l’idée d’excaver le sous-sol pour éventuellement en faire une salle, et ce, sur un horizon projeté de trois ou quatre ans. En quelques mois, le sous-sol est creusé jusqu’à 8 pieds sous l’église, 35 piliers sont renforcés et le système électrique est refait. Une annexe accueille la fournaise à la biomasse dont les tuyaux ont été coulés à même le nouveau plancher de béton. Dorénavant, l’église sera chauffée d’octobre à mai. Grâce aux bénévoles, tout le travail a été réalisé en quelques mois.

J'y participe

Tous ensemble pour la réduction des déchets avec le Mouvement j’y participe !

Julien Pagé et Bianca Boulet du Mouvement j’y participe !

Comment encourager les citoyens, associations, industries, commerces et institutions du Haut-Saint-François à réduire leurs quantités de déchets, à mieux trier leurs matières résiduelles et à adopter des comportements plus écologiques, mais surtout plus économiques ? C’est la grande question que se sont posée les trois municipalités à l’origine du Mouvement j’y participe ! Dudswell, East Angus et Weedon ont décidé de démontrer qu’en s’unissant et en y mettant des efforts, il était possible de changer les comportements.
Ensemble pour la réduction des déchets, c’est ce qu’elles ont décidé d’implanter comme mentalité dans la région. Le message a eu vent jusqu’à la MRC du HSF qui a décidé de se joindre au projet pour le faire rayonner plus loin encore.
Sensibilisation et communication
C’est en collaboration que les municipalités et la MRC ont élaboré un plan d’action et un de communication afin d’inciter les citoyens, associations, industries, commerces et institutions à adhérer au Mouvement j’y participe ! Selon Julien Pagé, coordonnateur en environnement à la MRC du HSF, tout passe par la sensibilisation et l’éducation. « Globalement, c’est une démarche qui veut faire la communication au niveau de la gestion des matières résiduelles. Sur tous les aspects, que ce soient les déchets, la récupération ou le compost. Le but, c’est vraiment de sensibiliser la population. »
C’est dans le lieu d’enfouissement technique (LET) de Bury que Valoris dispose des résidus ultimes. Ces fameux déchets à qui il est impossible de donner une 2e vie. Le LET de Valoris est d’une capacité de 755 000 m3. Cette capacité d’enfouissement est presque atteinte. Le constat fait par la régie intermunicipale est que 80 à 90 % de ce qui se retrouve à la poubelle devrait se retrouver ailleurs.
Quoi mettre dans quel bac ?
Cela peut paraître simple, mais ce ne l’est pas réellement. Quoi mettre dans quel bac ? Voilà une question qui revient constamment lorsqu’on est devant le choix des 3 bacs à la maison. Dans le Haut-Saint-François et ailleurs en Estrie, les résidences disposent des trois : un pour le recyclage, un pour le compostage et un troisième pour les déchets. S’ajoutent à cela des collectes pour se départir sainement d’objets encombrants en plus d’avoir des centres de récupération pour matières électroniques et résidus domestiques dangereux.
Rendre accessible l’information et promouvoir une saine gestion du tri que chacun de nous fait à la maison est en quelque sorte la mission du mouvement. « J’y participe!, c’est finalement, beaucoup d’éducation, d’information et de sensibilisation auprès de la population, mais des entreprises aussi », de renchérir Bianca Boulet, technicienne en environnement et en soutien technique à la MRC. À ce sujet, ils ont mis à la disposition des entreprises de la région, 3 autocollants apposables sur les différents bacs. Sur chacun d’eux, il est possible d’y voir des exemples de ce qui pourrait s’y retrouver.
Chaque mois de 2023, un nouveau thème sera abordé, afin d’offrir un maximum d’informations aux citoyens. Ces douze thématiques s’inscrivent dans le plan d’action 2023 de la MRC du Haut-Saint-François et sont en lien direct avec le Plan de gestion de matières résiduelles (PGMR). Les 3RV-E, les écocentres, les encombrants, les déchets ultimes sont quelques-uns des sujets qui seront abordés au cours de cette période.
L’année 2023 sera mouvementée à la MRC et le Mouvement j’y participe ! aussi. « On va publier des articles dans les journaux, en lien avec les différentes thématiques abordées où on retrouvera beaucoup d’informations. Évidemment, on va faire plusieurs publications sur la page Facebook Mouvement j’y participe – MRC HSF en plus de faire des capsules vidéo pour chacun des douze thèmes. On va aussi se déplacer dans certains évènements pour sensibiliser la population et on va organiser des visites chez Valoris et Récup Estrie », de mentionner Bianca Boulet. « On invite les municipalités à nous contacter quand ils organisent des évènements pour qu’on puisse aller faire de l’éducation et de la sensibilisation sur place », d’exprimer le duo responsable du projet à la MRC.

Bailey anglais

Bailey of Bishopton Buys Black Cat Books

Anne-Marie Bailey on the porch of the Black Cat Books, with the Black Cat created by Aislin for the bookstore.

“Do you belong to the famous Bailey family of Brookbury?” I asked the poised young woman. She’s Anne-Marie Bailey, and as of October 1st, the new owner of Black Cat Books in Lennoxville.
“Yes, Austin and Brenda are my parents,” she said with a smile.
“And you live in Bishopton? So why buy a business in Lennoxville?”
“I suppose because I’m Anglophone, and that’s where the English-speaking jobs are. I went to Galt [Regional High School], and I’ve been coming to Lennoxville almost every day of my adult life.”
But the real attraction is this: Bailey loves books. “Black Cat Books is the only primarily English bookstore in the region, so that’s where I do a lot of my shopping for books.”
She has known for a long time she wanted to be an entrepreneur, she said. After attending college in New Brunswick for four years, she took secretarial and accounting classes at Lennoxville Vocational Centre and worked as a secretary for a few years. Then she trained as a pastry chef at the Centre 24-juin and got a job in a pastry shop.
“It only lasted two weeks because everything shut down. The shop ended up closing because of Covid.”
She found another job as secretary-receptionist at Community Aid in Lennoxville, right across the parking lot from the Black Cat at 168E Queen Street. So she was one of the first to know when the Black Cat owner Janice LaDuke of Johnville announced that, after 24 years, she would be retiring on September 1st. Still, Bailey hesitated.
As September approached, many Black Cat customers worried. People from as far away as Quebec City and Lac-Mégantic would phone in orders, or come with a long list of books to buy, LaDuke said. For connoisseurs of independent bookstores, the Black Cat has a broad reach.
And a large inventory.“About 15,000 used titles,” said Bailey, “plus all the new books. They cover just about every topic you can think of.”
Responding to concerns, Christian Collins of the Lennoxville Library organized an open meeting of interested citizens and groups to explore ways to rescue the Black Cat. Finally, just two days before the meeting, Bailey stepped forward and closed the sale.
“Everything’s been much more public than I would like,” she said. “But we’ve seen the bookstore is important to a lot of people. The community came together to try to save it, and that’s really encouraging. I think it is important to a lot of Anglophone people, but it is important to a lot of Francophone people as well.”
Bailey admits she’s a bit introverted, but she is not alone. “Readers and introverts, I think they fit together,” she laughed.
Extroverts may have turned to books, too, during the pandemic. Unlike pastry shops, the Black Cat has thrived.
“There seems to be a pretty steady flow of customers,” Bailey said. “I hope to see lots of familiar faces.”
She invites virtual customers to visit Black Cat Books on Facebook, or at the website artsunaean.ca/Black Cat/.

mrc

La MRC un outil de plus en plus utilisé

Dominic Provost, directeur général de la MRC du Haut-Saint-François, est d’avis que les municipalités feront de plus en plus appel au service de la structure régionale pour les appuyer dans diverses tâches et ce dans un respect mutuel de leur champ de compétence respectif.

Les municipalités du Haut-Saint-François utilisent de plus en plus la structure régionale que représente la MRC pour en faire un outil complémentaire pouvant intervenir en appui aux besoins de ces dernières. Les exemples se multiplient que ce soit pour les loisirs, l’environnement, l’habitation et autres.
Robert G. Roy et Dominic Provost, respectivement préfet, et directeur général de la MRC du Haut-Saint-François, se réjouissent de cette situation qu’ils interprètent comme une marque de confiance accrue des municipalités envers l’instance régionale. « À mon avis, c’est clair, on est dans une volonté d’utiliser de plus en plus la MRC parce que les gens ont une force de frappe », d’exprimer M. Provost.
Avec l’approbation des municipalités, de préciser le directeur général, la MRC a doublé sa force en loisir territorial et en environnement. En fait, la structure régionale a procédé à l’embauche de deux employés additionnels pour chacune de ces sphères d’activités. « On avait un employé pour chaque poste, on est rendu à deux, donc, on double les tâches. Le loisir, c’est de responsabilité locale, mais les maires croient de plus en plus que le loisir comporte une part de responsabilité locale et territoriale », de souligner M. Provost. Outre les loisirs dans les municipalités respectives, un volet comme l’activité Marche et cours revêt un caractère régional. À cet effet, l’activité, qui en est à sa septième édition, attire annuellement bon nombre de participants et se déroule dans une municipalité différente chaque année. L’initiative permet aux corporations municipales de profiter de cette affluence pour dévoiler ses charmes et se faire découvrir par les visiteurs sans compter les retombées économiques pour cette journée.
Dans la même foulée, la première édition de la marche aux flambeaux dans le Marécage-des-Scots sur le territoire de Hampden et Scotstown contribue à augmenter la visibilité de ces dernières. L’activité est appelée à se déplacer dans les autres municipalités et suscitera un intérêt régional pour l’ensemble du territoire. « Pour la marche aux flambeaux, on va aider les municipalités, on veut donner des coffres à outils aux municipalités », d’exprimer le préfet. « Pour certaines comme Hampden, s’équiper de ballons, de skis, d’équipements d’hiver et d’été pour eux, c’est illogique. Ce qu’on a fait, nous à la MRC, on a tous les équipements en loisirs d’hiver et d’été pour pouvoir animer les camps de jour qui se font dans certaines municipalités. C’est la force » d’insister M. Roy. « L’important, c’est le tandem, précise M. Provost, ce n’est pas de dire qu’on va passer par-dessus une municipalité. La question est: est-ce que je peux jouer un rôle que je vais être utile ? Si l’intervention de la MRC permet de faire une économie d’argent pour la municipalité, j’ai un rôle, si c’est plus efficace, j’ai un rôle. »
L’intervention de la MRC en appui aux municipalités ne se limite pas qu’à l’achat et prêt d’équipements. Elle joue également un rôle d’appui technique que ce soit pour former des sauveteurs nautiques, des animateurs pour les camps de jour, en appui pour une reddition de compte et autres. M. Provost ajoute que certaines municipalités ne pourraient embaucher un agent de loisir en raison de coûts. Le service de la MRC vient donner un coup de main en appui à ces dernières et à l’ensemble des municipalités.
Alexandre Vaillancourt, agent de loisirs à la MRC, mentionne que l’intervention en est principalement une d’encadrement. « Nous, on peut les aider à les structurer dans le développement de projets, des activités, tout ce qui touche aux loisirs. » M. Vaillancourt et Marie-Pierre Hamel, coordonnatrice, sont diplômés en loisir et disposent de l’expertise nécessaire pour faire des interventions pertinentes. « Ce n’est pas toutes les municipalités qui ont une ressource en loisirs. Souvent, c’est un groupe de conseillers qui vont développer les loisirs, donc on peut les aider. Nous, on a des guides, on peut faire la recherche de subventions, tout ce qui peut permettre à contribuer aux projets loisir et de s’assurer qu’ils se réalisent. » M. Vaillancourt ajoute que l’équipe de la MRC peut apporter un support pour effectuer des recherches pour déterminer quoi développer, pourquoi et comment le faire, rechercher les fournisseurs et autres.
L’agent de loisirs mentionne que l’intervention régionale est bien perçue des municipalités particulièrement envers celles qui sont démunies. Selon l’intervenant, les besoins sont différents d’une municipalité à l’autre et c’est important, précise-t-il, d’être en mesure de les aider à bien cibler leurs besoins. Selon M. Vaillancourt, on retrouve plusieurs projets de loisir en développement au sein des municipalités. « C’est tous des trucs qui seraient bénéfiques pour les citoyens d’ici, mais ce n’est pas facile de connaître les ressources que ce soit des projets de pumptrack, de pistes de vélo de montagne et autres. L’agent de loisirs précise que l’intervention de l’équipe de la MRC n’est pas décisionnelle, « ce sont les municipalités qui décident de leurs affaires, qui prennent les décisions finales. »
L’objectif de partenariat est similaire au chapitre de l’environnement. Toujours avec l’approbation des municipalités, la MRC a ajouté un deuxième agent pour ce secteur d’intervention et saisi notamment à bras le corps le Mouvement j’y participe! D’autres tâches sont également effectuées par la nouvelle ressource.
Selon le préfet et le directeur général, la confiance grandissante des municipalités envers la structure régionale se fait sentir à d’autres secteurs que ce soit notamment dans celui de l’habitation où elle s’est vu confier la responsabilité des OMH (Office municipal d’habitation) débouchant sur la création de l’ORH (Office régional d’habitation).
À cela s’ajoute également le transfert du transport adapté. D’autres responsabilités comme la loi 49 concernant le patrimoine immobilier sont tombées dans la cour de la MRC. Avec la collaboration des municipalités et une aide gouvernementale, la structure régionale a procédé à l’embauche d’un agent qui veillera à faire l’inventaire des immeubles patrimoniaux et ajuster les règlements en fonction de la nouvelle loi.
Au chapitre de l’habitation, la MRC a produit un guide susceptible de stimuler le développement immobilier. Le document remis aux municipalités indique divers moyens, leviers et comment faire un plan pour susciter la construction de logements. On a également mis en place un programme pour subventionner une partie de l’étude qu’une municipalité pourrait décider de faire par l’entremise d’un consultant. Dans la foulée de développer le secteur résidentiel, la MRC développera un plan d’action pour bien cibler et attirer les immigrants. Pour se faire, elle disposera d’une aide financière du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration. La volonté d’attirer de nouveaux résidents s’étend à l’ensemble de la population et dans cette optique, on est à revoir la stratégie de Ose le Haut.
Se projetant dans l’avenir, M. Provost est d’avis que la MRC sera de plus en plus utilisée par les municipalités. « Je crois que les municipalités individuellement auront de plus en plus besoin de s’entraider, c’est la base. Parmi les possibilités d’entraide, il y en a une qui existe et c’est la MRC, mais ce n’est pas la seule. Les municipalités peuvent se regrouper à trois dans une affaire. Moi, je ne veux pas tout concentrer. Il y a des regroupements, des entraides en municipalités, on le voit de plus en plus. »

économie circulaire

La synergie des entreprises par l’économie circulaire

L’économie circulaire en graphique.

Le concept d’économie circulaire est de plus en plus à la mode et le Haut-Saint-François n’en fait pas exception. « Le projet de circularité des matières est quelque chose qui revient relativement souvent dans les discussions depuis plusieurs années », d’exprimer Frédéric Bossé, coordonnateur en économie circulaire au Centre local de développement (CLD) de la MRC.
Les organisations de développement économique des sept MRC de l’Estrie ont entrepris de stimuler et de favoriser le développement de leur collectivité par une approche d’économie circulaire. De là est née Synergie Estrie. Le projet vise à répondre aux multiples préoccupations des entreprises et des organisations. Ceci permet aussi de faciliter les contacts et la création de liens entre les entreprises afin de créer des opportunités d’affaires.
La création de Synergie Estrie a été possible grâce à un financement provenant du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR), ainsi qu’à de nombreux autres partenaires estriens. Depuis 2018, c’est 424 entreprises qui ont participé pour un total de 178 synergies réalisées.
L’économie circulaire se définit comme un système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service. Dans une approche de logique circulaire et ce tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités.
Objectifs
L’objectif de l’économie circulaire est donc double. D’une première part, il sert à repenser nos modes de production et de consommation afin d’avoir un impact moindre sur les écosystèmes qui les génèrent. D’autre part, l’objectif est d’optimiser l’utilisation de ressources qui circulent déjà dans nos sociétés en prolongeant la durée de vie des produits et des composants et en leur donnant une nouvelle vie. « Le but de la démarche, c’est vraiment de favoriser la circularité des matières et de se donner d’autres options que le compost. Il y a d’autres avenues intéressantes à explorer. On peut, en tant que région, se mobiliser là-dessus et voir ce qu’on peut faire », ajoute Frédéric Bossé.
Bénéfices
Que ce soit sur le plan économique, social ou environnemental, l’économie circulaire apporte plusieurs bénéfices et retombées positives selon M. Bossé. Par exemple, elle permet de créer de la richesse en donnant de la valeur à nos matières, en les gardant au Québec, en favorisant les emplois et l’économie localement et en développant des entreprises performantes. L’économie circulaire constitue aussi en soi un levier de croissance économique en favorisant l’essor de nouveaux modèles d’affaires et le développement de technologies et de produits plus économes en ressources et avec une faible empreinte environnementale. Elle représente aussi une source d’innovation en amenant à revoir nos façons de faire, afin de faire plus avec moins, tout en repensant à notre façon de consommer. Finalement, elle propose une solution durable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et les impacts environnementaux liés au transport, à la production, etc.
Exemple de synergie dans le Haut
Depuis plus d’une dizaine d’années, le propriétaire de la Ferme Renaissance, Frédéric Poudrette, récupérait les fruits et légumes périmés des commerces du coin afin de nourrir ses animaux. Lorsque le CLD a proposé le programme de synergie, ce dernier n’a pas hésité à communiquer avec eux. La Ferme Renaissance, faisant l’élevage de cerfs rouges et de sangliers, récupère approximativement 25 kilos de nourriture par semaine au Marché Tradition de Weedon. La synergie entre ce commerce et la Ferme Renaissance est un bel exemple de l’application des stratégies d’économie circulaire. Pour le Marché Tradition, cette façon de faire permet de détourner des tonnes de déchets de l’enfouissement.
L’Érablière Tradition d’Antan, située à Cookshire-Eaton, participait également au projet de Synergie Estrie en récupérant les fruits et légumes périmés, afin de nourrir ses animaux, d’une entreprise de la région du Memphrémagog. Cette collaboration maintenant terminée, l’érablière est à la recherche d’un partenariat plus près de la municipalité.

Ski Eldorado

Venez jouer dans la neige à Chartierville : Le mantra de Ski Eldorado, pour du hors-piste

La descente en terrain vierge gagne de plus en plus d’adeptes.

Le mont d’Urban, à deux pas de la frontière américaine, dans un pays chartiervillois où on y fabrique la neige, dit-on, un mont qui exige des efforts et quelques souffrances pour s’y rendre avec la certitude d’un plaisir comblé par des descentes en terrain vierge, voici ce que propose Ski Eldorado, résume Camille-Antoine Ouimet, un des cinq ou six bénévoles qui ont choisi l’endroit comme parc de jeu.
Les amateurs sérieux de ski hors-piste sont des gens allumés qui prennent au sérieux leurs escapades. « C’est une activité d’arrière-pays. Pour avoir du plaisir, il faut être bien préparé », avertit M. Ouellet. À Sherbrooke, il y a des sorties organisées. On y offre de l’initiation à celles et ceux qui voudraient en savoir plus sur la pratique du télémark.
La Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME) encadre ces activités. Marc-Antoine, génuflecteur, suggère de s’inscrire à la fédération avant de partir en randonnée. Le sens premier de «génuflecteur» a glissé. Il prend ce sens pour décrire la principale caractéristique qui consiste à fléchir les genoux pour assurer une descente fluide.
Qu’ils dévalent les pentes en planches à neige, en ski de télémark ou en ski alpin, ces personnes, un brin anarchistes, très «bisouneuses» et capables de débrouiller avec du ruban gommé, dit-on, savent dans quelle aventure ils s’engagent. Ils maîtrisent les techniques de ce genre de randonnée.
Leurs équipements sont adaptés. Ils ont choisi les bons skis en fonction de la qualité de la neige. Leurs fixations leur permettent ces génuflexions si caractéristiques pour amortir les chocs et leur donner une meilleure stabilité lors des descentes. Il leur faut prévoir des raquettes pour monter la pente ou bien ajouter à leurs skis des peaux d’ascension. Dans leur sac à dos, ils y ont déposé des aliments, des boissons et quelques équipements de dépannage. À Chartierville, particulièrement, les amateurs doivent parcourir à pied un peu plus d’un kilomètre pour se rendre au mont Alban.
Depuis cinq ans, une poignée de bénévoles passionnés par le ski hors-piste ont aménagé des sous-bois et des clairières sur le mont Saint-Alban pour dévaler les pentes dans la poudreuse. Le bouche-à-oreille favorise la transmission de l’information. Les fanatiques font des pieds et des mains pour promouvoir cette discipline. Les projecteurs braquent de plus en plus leurs rayons sur ce site enchanté. Et l’été, lors d’une marche sur les Sentiers frontaliers, ça donne la chance aux randonneurs de découvrir ce mont. Quels merveilleux incitatifs pour appâter les mordus qui veulent planifier leurs sorties hivernales !
Tel est le message que livre Camille-Antoine Ouimet, coordonnateur des activités du groupe de bénévoles. Celui-ci se réjouit de la participation de tous les intervenants qui gravitent autour de ce type de ski hors sentier. Il en faut des passionnés et des décideurs allumés pour s’assurer que les génuflecteurs pratiquent leur sport en toute sécurité.
Élagage automnal pour que les pistes soient dégagées, collaboration des municipalités de Notre-Dame-des-Bois et de Chartierville pour obtenir les droits de passage, les permis, autorisation des ministères concernés pour utiliser les terres publiques, ententes avec les responsables des Sentiers frontaliers, disponibilité des sapeurs-pompiers de cette dernière municipalité qui s’adonnent à des exercices de secourisme pour intervenir rapidement et sécuritairement en cas d’accident n’en sont que quelques exemples. Ouf ! que de travail pour les cinq ou six personnes qui portent Ski Eldorado sur leurs épaules !
Malgré tout, Camille-Antoine ne s’arrête pas là dans ses projets. « On regarde pour d’autres secteurs dans Notre-Dame-des-Bois pour offrir plus de pentes », avance-t-il. « Si on se fie au nombre d’autos qui stationnent dans le rang 10 et le rang Saint-Paul, on constate que l’engouement pour cette activité croît d’année en année. Depuis cinq ans, on a une belle visibilité. Je crois que la pandémie a eu un effet positif sur la fréquentation des pistes », complétait-il.
Pour qui souhaiterait vivre cette expérience, il est fortement suggéré de suivre les experts pour une initiation. D’ailleurs, ce sport de glisse s’adresse à des gens en bonne condition physique, peu importe l’âge.

Mégan Garneau-Grondin

Concours canadien de dessin architectural : Médaille d’or pour Mégan Garneau-Grondin

Mégan Garneau-Grondin se réjouit de sa médaille d’or récoltée à l’occasion du concours canadien de dessin architectural.

Mégan Garneau-Grondin, originaire de East Angus, a remporté dernièrement le premier prix du concours de dessin de bâtiment canadien qui s’est tenu d’une façon virtuelle cette année à cause de la pandémie. Il devait avoir lieu à Vancouver. Fière de sa médaille d’or, la jeune femme qui a étudié à l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe nous a raconté son histoire.
Concours canadien
Avant la dernière compétition virtuelle mise en place pour déterminer qui serait vainqueur au Canada, « j’étais très nerveuse, très stressée, mais après, le stress s’est envolé, j’étais calme pendant la compétition », témoigne la lauréate. Pour ce concours, Mégan devait travailler avec un logiciel qu’elle connaissait moins bien. Le Revit est utilisé pour les dessins en trois dimensions. Elle avait réalisé sa formation sur AutoCAD, qui permet principalement les œuvres en 2D. Elle a dû suivre des cours accélérés offerts par une des enseignantes de l’école de Saint-Hyacinthe pour y participer.
Pour cette étape canadienne, les candidats avaient reçu un croquis sur papier qu’ils devaient redessiner avec l’outil informatique Revit en trois heures. Il s’agissait d’un chalet logé sur le bord d’un lac où le rez-de-chaussée donnait sur le sous-sol. Le haut pour sa part était déjà tracé. Les participants avaient à le reproduire à l’identique. Il fallait montrer les coupes de murs, de l’étage au toit, en détaillant les structures en bois et l’isolation sans tenir compte de la mécanique qui est constituée de l’électricité, de la plomberie et de la ventilation.
Le nouveau dessin devait comprendre l’étage déjà reproduit. Les concurrents étaient tenus de représenter le sous-sol et toutes les vues, tant sur les côtés qu’à l’arrière du chalet et la devanture. L’élévation et les autres composantes en 3D devaient être apparentes. Les dimensions imposées incluant les poteaux de soutien et l’escalier s’y ajoutaient. Toutefois, les participants n’avaient pas à faire de calculs de structure. « L’architecte conçoit, le dessinateur rend ça beau », résume-t-elle.
À la fin, ils devaient présenter une photo de leur réalisation. Le tout devait être agréable à l’œil. La différence entre le dessin de présentation et le dessin de construction repose sur l’absence de mesure. « L’objectif du premier est de montrer que le projet est beau, c’est l’aspect esthétique qui compte », expliquait la jeune dame. Ce défi, elle l’a relevé haut la main.
Parcours de Mégan
Après ses études primaire et secondaire réussies à East Angus, Mégan s’est inscrite à l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe pour le cours de deux ans en dessin de bâtiment qu’il soit résidentiel, commercial ou industriel. Ces études se divisent en plans d’architecture, de structure et mécanique.
Après ses deux années de formation, son professeur, Pier-Luc Doiron, l’a encouragée à participer à un premier concours à l’interne. « J’espère que tu vas t’inscrire », lui a-t-il fortement suggéré. Elle avait déjà été retenue entre une douzaine de consœurs et confrères.
Aiguillonnée par sa réussite, elle s’est ensuite mesurée à 3 autres concurrents provenant de la Montérégie et de Longueuil. Elle s’est, là aussi, classée pour les épreuves provinciales. Cependant, pandémie oblige, elles s’accomplissaient en différé. Par deux fois, la compétition a été reportée puis annulée. Les responsables ont alors choisi l’école de Saint-Hyacinthe pour les représenter à Vancouver. Seul bémol à ses succès, c’est que la dernière étape devait aussi se tenir à distance. Pas de voyage à Vancouver ! Philosophe, elle a bien accepté ce contretemps.
Aujourd’hui, Mégan travaille pour CIMA+ de Sherbrooke. Il s’agit d’une société multidisciplinaire œuvrant dans les domaines de l’ingénierie, de la gestion de projets et des nouvelles technologies. Elle se retrouve parmi les plus jeunes employés de l’entreprise. Ajouté à son CV, le premier prix canadien en dessin de bâtiment a favorisé sa candidature auprès de la compagnie. Elle constate qu’il y a beaucoup de travail à réaliser dans ce domaine.
Pour le moment, Mégan n’a pas décidé si elle poursuivrait sa formation plus tard. L’architecture l’intéresse. Elle prend pour l’instant plaisir à ce qu’elle y accomplit.

Brasseur fou de Sawyerville

Brasseur Fou of Sawyerville : Good Beers and Good Food

To the delight of the spectators, the trio of Maxence Lapierre gave their all.

At the Roy-Boissé’s, brewing beer for pleasure has changed. It has become a pleasure to brew beer on a larger scale. Annie Roy and Martin Boissé bought the Sawyerville Hotel in July 2019 to share this passion with beer lovers.
In addition to the extremely important service of wetting people’s whistles, they offer other services, including five rooms for accommodations and a room for receptions such as weddings, for example. Passionate about cooking, they suggest meals concocted with local products that can be eaten indoors or on the well-located terrace. Weekends are reserved for shows and musicians. The tavern, where they have kept the look of the 1970s, receives its clientele for “a quickie” in the late afternoon or “other, longer libations,” to discuss the latest rumour or to “save the planet.”
The Story of the “Mad Brewer”
The couple and their two children Ulrik and Desneiges left their Cookshire-Eaton farm to advance their business. While continuing to tend their herd nearby, they go about attending to the needs of tavern patrons and hungry visitors.
Lovers of good food, they rely on the quality of their dishes and the finesse of their beer to attract customers from all walks of life. They consider the proximity to the US border a real advantage, among other assets. Americans feel comfortable in this village where the English-speaking community is still significant.
The origin of the name “Brasseur Fou” lies in his “eccentricity,” as Martin Boissé himself puts it. A man of a thousand trades, Boissé has worked in construction and livestock farming. His relationships with other microbreweries are very good. To supplement the diet of his animals, he obtains spent grain from both 11 comtés and Le Boquébière. Taking advantage of the auction services to take his livestock – oxen, pigs and kids – to the slaughterhouse, he uses the butchered meat in the meals the couple serve. Explanations abound when he describes how he prepares his meats and cold cuts, and how the art of cooking matters, among other things.
He and Ms. Roy believe in the local and circular economy. They prioritize purchasing local products for cooking and for brewing beers. Much of their grain comes from the region, and the hops, as well. Their malts are produced at Innomalt in Sherbrooke. This company specializes in offering a range of products that meet the needs of the most discerning master brewers. Vegetables are supplied by the Maraîchers de l’or vert in Sawyerville.
Boissé produced around thirty litres of beer at home before launching into a more substantial business. To obtain the right to brew beer on a commercial scale, he had to undergo specific training to obtain certification as a craft brewer. His domestic experience could not be considered. In addition, he is mentored by an experienced brewer. The latter was a master brewer for years at Labatt. Finally, Boissé must engage in regular upgrades to maintain his expertise.
Le Brasseur Fou offers four refreshing beers and one “beer of the moment.” Recognizing that their clients come from many different locations, they mainly offer “thirst-quenching beers,” with an alcohol content of between 4% and 5%. “I am targeting a clientele ranging from young professionals to seniors who have to leave by car. I want them to enjoy a good meal and ‘a couple of beers’ without fear of going over 0.08.”
Each week Boissé brews some 150 litres of beer, alternating the different kinds. He aims to produce a dozen types next year, including a Scotch Ale with a specific malt and a 9-grain blend. He is currently offering Blanche of Sawyerville, a lager-type Kali, an Oscario pale ale, and an amber Zephir. “All my beers have been modified and adapted,” he explained. For example, he made a special beer for the drag queen show that was at the Hotel. He likes to submit his creations to his customers to find out how they like them. We can sense how attentive he is to their reactions.
The name of each beer is based on a story. The Blanche de Sawyerville is similar to many other beers, but it is local. Kali is the name of their dog. Roy adds that Kali also refers to the Hindu goddess of destruction. However, she does not want this deity to interfere with the lives of her customers. The Oscario is reminiscent of their fat St. Bernard, while the Zephir is the Icelandic ram which Boissé proudly wears tattooed on his left shoulder.
For now, Boissé is sticking to basic recipes which consist of mixing grains, hops and yeast, depending on the type of beer to be brewed. The pandemic gave him more time to learn and test new recipes. He was able to strengthen ties with local suppliers.
Shows
For some time now, the Brasseur Fou has been offering shows and festive events to attract customers. Wednesday evenings are reserved for karaoke. On Fridays and Saturdays, artist-musicians perform. Other shows are also added to the program regularly. On the agenda for the winter carnival is an ice bar on the terrace with moulded gelled shooters to amuse fans. “We want to stand out with a great and diversified offer to make ourselves known,” concluded the owner.

Propriétaires Brasseur Fou de Sawyerville

Brasseur Fou de Sawyerville : Bonnes bières et bons shows

Annie Roy et Martin Boissé, fiers de leurs bières au Brasseur Fou de Sawyerville.

Chez les Roy-Boissé, brasser sa bière pour son plaisir a muté. Il est devenu plaisir de brasser de la bière à plus grande échelle. Annie Roy et Martin Boissé ont acheté en juillet 2019 l’hôtel de Sawyerville pour partager avec les amateurs cette passion.
Outre ce service de prime importance, celui d’éviter aux gosiers de s’assécher, ils en proposent d’autres, dont cinq chambres destinées à l’hébergement, une salle pour les réceptions comme des mariages pour l’exemple. Passionnés de cuisine, ils suggèrent des repas concoctés avec des produits du terroir qui peuvent être consommés à l’intérieur ou sur la terrasse très bien située. Les fins de semaine sont réservées aux spectacles et aux chansonniers. La taverne, dont ils ont conservé l’aspect des années 1970, reçoit sa clientèle « pour une p’tite vite » de fin d’après-midi ou « d’autres libations, plus longues », pour débattre de la dernière rumeur ou pour « sauver la planète ».
L’histoire du Brasseur Fou
Le couple et leurs deux enfants Ulrik et Desneiges ont quitté la ferme de Cookshire-Eaton pour s’approcher de leur entreprise. Tout en continuant à déménager leur troupeau à proximité, ils vaquent à combler les besoins des clients de la taverne et des affamés de passage.
Amateurs de bonne chère, ils misent sur la qualité de leurs mets et la finesse de leur bière pour attirer la clientèle provenant de tous horizons. La proximité de la frontière américaine, entre autres, ils la considèrent comme un grand avantage. Les Américains se sentent à l’aise dans ce village où la communauté anglophone est encore importante.
L’origine de l’appellation Brasseur Fou tient au fait de « son excentricité », comme il le dit lui-même. Homme aux mille métiers, Martin Boissé a travaillé dans la construction et l’élevage. Ses relations avec d’autres microbrasseries sont très bonnes. Pour compléter l’alimentation de ses animaux, il se procure la drêche tant chez 11 comtés qu’au Boquébière. Profitant des services de l’encan pour porter ses bœufs, porcs, chevreaux à l’abattoir, il les récupère dépecés pour les utiliser dans les repas que le couple sert. Les explications foisonnent quand il décrit comment il prépare ses viandes et ses charcuteries, et comment l’art de la cuisson importe, entre autres.
La bouffe et la bière
Mme Roy et lui croient dans l’économie locale et circulaire. L’achat de produits locaux pour cuisiner et brasser les bières prime. Ses céréales proviennent en grande partie de la région, comme ses houblons d’ailleurs. Ses malts sont produits chez Innomalt de Sherbrooke. Cette entreprise s’est spécialisée pour en offrir une gamme qui répond aux besoins des maîtres-brasseurs les plus avertis. Pour les légumes, les Maraîchers de l’or vert de la municipalité s’ajoutent comme fournisseurs.
M. Boissé produisait une trentaine de litres de bière à la maison avant de se lancer dans une entreprise plus consistante. Pour obtenir le droit d’en brasser à dimension commerciale, il a dû suivre une formation spécifique pour obtenir la certification de brasseur artisanal. Son expérience domestique ne pouvait pas être considérée. De plus, un brasseur d’expérience l’encadre. Ce dernier a été maître-brasseur pendant des années chez Labatt. Enfin, M. Boissé doit s’intéresser aux mises à jour régulières pour maintenir son expertise.
Le Brasseur Fou offre quatre bières rafraîchissantes et une bière « du moment ». Reconnaissant que sa clientèle provient de plusieurs endroits, il propose principalement des « bières dites de soif », avec un taux en alcool titrant entre 4 % et 5 %. « Je vise une clientèle de jeunes professionnels jusqu’aux aînés qui doivent repartir en auto. Je veux qu’ils profitent d’un bon repas et “d’une couple de bières” sans craindre de dépasser le 0.08 ».
Chaque semaine, à tour de rôle, il brasse quelque 150 litres de bière. Il vise à en produire une douzaine l’an prochain, dont une de type Scotch Ale avec un malt spécifique et un mélange de 9 grains. Il offre pour l’instant la Blanche de Sawyerville, la blonde Kali, la pale ale Oscario et l’ambrée Zéphir. « Toutes mes bières ont été modifiées et adaptées », explique-t-il. Pour l’exemple, il a concocté une bière particulière pour le spectacle de drag queens qui s’y est tenu plus tôt. Il aime soumettre ses créations à sa clientèle pour savoir comment elle est perçue. On sent M. Boissé attentif à leurs réactions.
L’appellation de chaque bière repose sur une histoire. La Blanche de Sawyerville répond aux nombreuses autres semblables, mais en spécifiant qu’elle est locale. Kali correspond au nom de son chien. Mme Roy ajoute que Kali se réfère aussi à la déesse indoue de la destruction. Pourtant, elle ne souhaite pas que cette divinité interfère sur la vie de sa clientèle. L’Oscario rappelle son gros St-Bernard tandis que la Zéphir correspond à son bélier de race islandic qu’il porte fièrement tatoué sur l’épaule gauche.
M. Boissé s’en tient pour l’instant aux recettes de base qui consistent à mélanger grains, houblon et levure selon le type de bière à brasser. La pandémie lui a donné plus de temps pour approfondir ses connaissances et tester de nouvelles recettes. Il a pu renforcer les liens avec des fournisseurs locaux.
Spectacles
Depuis quelque temps, le Brasseur Fou offre des spectacles et des évènements festifs pour attirer la clientèle. Les mercredis soir sont réservés au karaoké. Les vendredis et samedis, des artistes-musiciens se produisent. D’autres spectacles sont aussi ajoutés au programme régulièrement. À mettre à l’agenda pour le carnaval d’hiver, un bar en glace avec shooters gélifiés moulés sur la terrasse pour amuser les amateurs. « On veut se démarquer avec une belle offre variée pour se faire connaître », conclut le tenancier.

L'autisme raconté aux enfants

L’autisme raconté aux enfants : Un livre éducatif basé sur l’expérience de Gabryel

La page couverture du livre donne le ton à son contenu.

Entouré d’animaux comme des alpagas, des chevaux et des volailles, Gabryel Bouchard, l’aîné d’une fratrie de quatre, vit avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Dans le livre  L’autisme raconté aux enfants  qu’il a écrit avec sa mère Karine, il narre simplement ce qu’il doit faire pour gérer cette situation. Son récit est suivi par des milliers de parents à travers le monde depuis la parution du recueil et les nombreuses apparitions dans les médias télévisuels. Le site Facebook  L’autisme raconté aux enfants en témoigne.
L’écriture du livre
Tout ne s’est pas fait sans problèmes, loin de là ! À 11 ans, fort de ce désir de se comprendre et de comprendre ce qu’est cette difficulté à communiquer, il s’est associé à sa mère et à des spécialistes en tout genre pour rédiger  L’autisme raconté aux enfants. Pour lui qui a été diagnostiqué à l’âge de 10 ans, ce fut une révélation qui l’a aidé et qui l’aide à mieux gérer ce qu’il est.
Il a constaté, entre autres, que les particularités individuelles sont légion. Et, qu’elles sont propres à chaque autiste nouvellement né ou âgé, tout comme les problèmes de dyspraxie qui y sont attachés. Pour lui, écrire a été la façon la plus simple de communiquer.
Il a développé très tôt l’art de la  dactylographie qui est celui d’écrire avec ses doigts. Dans ce cas-ci, et plus spécifiquement pour Gabryel, les laisser courir sur le clavier a favorisé la communication avec son entourage. La rédaction de ce livre l’a forcé à sortir de ses derniers retranchements.
Comme il l’explique à son petit frère Nykolas, de 6 ans, chez qui on a décelé le même syndrome, « il existe plusieurs degrés d’autisme et chaque personne est unique, et les symptômes varient. » Gabryel est hypersensible tandis que Nykolas est hyposensible, c’est-à-dire qu’un des deux réagit trop alors que l’autre, peu ou pas.
Scolarisation
La route vers la scolarisation a été semée d’embuches. Mme Bouchard, qui a une formation en éducation spécialisée, a pu, par le biais de ses expériences antérieures, établir une communication efficace avec le personnel enseignant. Ainsi, Gabryel a reçu des services adaptés assez tôt dans son cheminement. Mais raconte sa mère, les démarches pour que Gabryel réussisse ont été nombreuses. Aujourd’hui, Nykolas peut en profiter. Il peut lui aussi avancer dans la vie.
La problématique des autistes n’est pas celle d’un manque d’intelligence. Il leur faut un environnement propice pour que le message soit bien entendu et qu’il ne contienne qu’une seule directive à la fois. Gabryel donne l’exemple de l’enseignante qui lui a défendu de courir dans les corridors. Il s’est arrêté. Il n’a pas imaginé qu’à la place, il aurait pu marcher, sauter, ramper. De cela, il en aurait été capable, mais la consigne a été comprise comme « la défense de continuer ce qu’il faisait », c’est-à-dire courir. La titulaire aurait dû ajouter qu’elle voulait qu’il marche. L’autisme a besoin d’une formulation claire.
Comme il l’explique dans son livre, pour faciliter l’interprétation des messages qui leur parviennent, surtout s’il y en a plusieurs en même temps, les autistes vont chercher à se retirer. Soit ils vont trouver un coin où se cacher ou ils vont se mettre à réagir vivement. En classe, on va souvent les voir avec des écouteurs spécialisés pour éviter toutes les autres stimulations afin qu’ils se concentrent sur la seule demande de l’enseignante.
L’autisme
Mme Bouchard explique que dorénavant, l’autisme se classe par degrés de difficulté à communiquer. Elle racontait qu’il avait fallu à Nykolas, son dernier, dix-huit mois avant qu’il accepte d’être touché. « Il ne communiquait même pas quand je l’allaitais, c’était le seul temps où il tolérait un contact physique », démontrait-elle.
La patience est la règle de base pour détecter les plus petits signes d’échange interpersonnel. C’est à partir de ces indices que s’établissent les premiers liens qui ouvrent sur d’autres étapes, vers de meilleures relations. « Il faut du temps et de la bienveillance pour obtenir des résultats », confiait-elle.
Les apprentissages des autistes se font par boîtes. Quand une connaissance est acquise, elle ne se perd plus. C’est le passage d’une à l’autre qui est compliqué. C’est comme s’ils se trouvaient devant un tas de briques. Ils sont capables d’en prendre une et de la déposer au bon endroit. Ce qui leur est difficile, c’est de voir qu’en en ajoutant encore et encore, ils vont construire un mur. Dès que c’est compris, ils pourront devenir d’excellents maçons, pour l’exemple.
C’est ce qui explique que les autistes sont réticents à modifier leurs habitudes. Une pomme de terre présentée pilée plutôt qu’en frite les empêchera de la manger parce qu’ils ne la reconnaîtront pas. Les forcer pourrait même déclencher une crise de colère.
Pour eux, il est très exigeant de passer du vocabulaire français à l’anglais. Gabryel excelle en français, mais il en arrache avec l’anglais. Traduire est ardu pour lui. « Ces personnes reproduisent, mais peuvent difficilement imaginer des situations. C’est ce qui est si troublant », indique Mme Bouchard.
Il existe des moyens simples pour aider à la communication. Entre autres, les pictogrammes pour exprimer leurs besoins ou leurs émotions sont d’une grande utilité. Le visage d’un autiste dépeint très peu ce qu’il ressent. Il parait sourire ou encore son regard se pose ailleurs. Il évite les contacts avec les yeux. Mme Bouchard rappelle l’incident de l’ami qui lui avait annoncé la mort de son chat. Gabryel semblait continuer de s’amuser. Choqué, son copain pensait qu’il riait de sa peine. Pourtant non ! C’est ce «poker face» qui est compliqué à décoder. D’ailleurs, pour les autistes, il est très difficile d’aller vers les autres.
La pandémie s’est avérée un bon temps pour Gabryel. Il en a eu beaucoup pour écrire ses textes et concevoir ses maquettes. Il était déçu cependant de ne pas pouvoir sortir pour promouvoir son livre. Le site Facebook  L’autisme raconté aux enfants fonctionne très bien. Il est publié aux Éditions Mortagne.

MRC HSF

La MRC : Un outil de plus en plus efficace

Le directeur général de la MRC du Haut-Saint-François, Dominic Provost, estime que les municipalités sont en voie d’utiliser la structure régionale à son plein potentiel.

La collaboration municipalités/MRC du Haut-Saint-François s’est étroitement développée au cours des dernières années. Le transfert de divers fonds par le gouvernement provincial aux MRC permettant la réalisation de nombreux projets conjointement avec les municipalités a permis de développer et consolider ce lien de confiance mutuel qui était, il n’y a pas si longtemps, bien faible.
« Le transfert de responsabilités a permis de mieux rallier nos champs d’expertise et développer des choses en tandem avec les municipalités », d’expliquer le directeur général de la MRC du Haut-Saint-François, Dominic Provost. « La clé, précise-t-il, c’est le tandem optimal entre les municipalités et la MRC. »
Outre la réalisation de projets, la MRC a réglé divers irritants avec les municipalités que ce soit le réseau de fibre intermunicipale (internet-téléphonie), l’évaluation foncière et autres. « On s’est attaqué à ce qui nuisait à notre réputation et ce sont des choses très concrètes » d’ajouter M. Provost.
Le directeur général rappelle que le gouvernement a décidé de passer de plus en plus par les MRC au fil des années en confiant des outils et des fonds provenant de divers programmes. « Nous, ça nous a responsabilisés dans des choses qui sont utiles aux gens. Avant, on s’occupait d’aménagement du territoire et d’évaluation foncière. Là, le développement, il (gouvernement) nous a confié le Fonds de développement territorial (FDT) aujourd’hui appelé Fonds régions et ruralité. » Le principe, explique-t-il, est que le gouvernement a cru en les MRC, donc du point de vue des municipalités, elles (MRC) sont devenues incontournables.
M. Provost attribue la confiance mutuelle à trois facteurs : d’abord celui d’avoir enlevé les irritants, par la suite, la confiance du gouvernement envers les MRC ayant pour effet de responsabiliser ces dernières et finalement ce qui pourrait s’interpréter comme un résultat est le fait que les municipalités confient des responsabilités aux MRC. Le dossier de la réfection de la route 257 en est un éloquent. Rappelons que le comité formé de cinq municipalités a convenu de confier la gestion du projet de réfection de la route qui s’élève à 14 M$. Le résultat semble probant jusqu’à présent.
Cette confiance est la somme de divers autres projets réalisés en tandem avec les municipalités. Le directeur cite en exemple le Fonds régions et ruralité (FRR). Le gouvernement, explique-t-il, en a confié la gestion aux MRC. « Nous autres (MRC), on a décidé d’en confier une partie à chaque municipalité. Ça aussi ça fait gagner la confiance. » Les exemples de cette collaboration sont nombreux. Le développement du parc Walter-MacKenzie à Scotstown avec le restaurant, les douches, le camping, les jeux d’eau et la piste cyclable découle de cette entente. M. Provost ajoute le circuit des sheds, la Route des Sommets et le Chemin des Cantons, avec l’aide du Centre local de développement (CLD) auxquels les municipalités ont participé en tandem avec la MRC, ont contribué à l’augmentation des visiteurs sur le territoire que ce soit la communauté locale ou de l’extérieur.
Le principe de participation en tandem s’applique à diverses sphères que ce soit en matière d’environnement, pour le schéma d’aménagement ou pour le plan de sécurité incendie. Pour M. Provost, le fait que les municipalités constatent que la MRC n’essaie pas d’enlever leurs responsabilités et que son intervention est utile ça ouvre la porte à de belles collaborations. Au chapitre environnemental, le directeur général mentionne que le nouveau point de dépôt de résidus domestiques dangereux a été réalisé en tandem. Le point de dépôt est géré localement « nous autres, on s’est assuré d’avoir les conteneurs, ou s’est déposé. Il y a plein de responsabilités qui sont conjointes. »
En matière d’incendie, explique M. Provost, le gouvernement du Québec désigne les MRC responsables du plan de sécurité incendie alors que 100 % de ce que cela comporte se retrouve dans les municipalités. « Aujourd’hui, être responsable des incendies, ça coûte cher. Est-ce qu’il y a des choses qu’on peut mieux faire en commun ? Pourquoi chacun ferait son plan d’intervention pour l’inspection des avertisseurs de fumée ? On peut faire un plan global et le fournir aux municipalités. Le gouvernement nous dit qu’il a une subvention pour former les pompiers de la MRC. On n’a pas de pompiers nous autres, ce sont les villes. Donc, on s’assure de prendre les besoins des municipalités, on rassemble les besoins et on envoie ça au gouvernement. »
La gymnastique est similaire au secteur des loisirs. La MRC n’a aucun rôle à jouer en matière d’animation estivale qui incombe aux municipalités. Cependant, elle donne un coup de main pour combler les postes d’animateurs et la formation de ceux-ci. Les municipalités veillent à la bonne gestion des camps de jour.
Bien que la MRC œuvre en tandem avec les municipalités, elle a fait l’effort de développer des partenariats avec divers intervenants, que ce soit avec l’UPA pour le plan de développement de la zone agricole (PDZA), les différents enjeux reliés à l’urbanisme, l’aménagement et autres. « Règle générale, c’est d’avoir mieux rallié nos partenaires autour de nous. Tout ça fait qu’aujourd’hui, on a un tandem, la clé est là » d’insister, M. Provost.
Interrogé à avoir si la MRC était en voie de se redéfinir avec la participation des municipalités, le directeur général précise que non. « Nous autres, les gens n’utilisaient pas leur MRC parce qu’ils n’avaient pas confiance. Nous sommes plutôt en train de rattraper le temps perdu. Les gens sont en train d’utiliser la MRC de plus en plus à son plein potentiel. »

Formation préparatoire à l,emploi

Formation préparatoire à l’emploi : Du concret pour de futurs travailleurs

Les élèves ont participé avec fougue et dans la bonne humeur au projet.

En ce temps de pénurie de main-d’œuvre, toute la force de travail disponible est la bienvenue pour les entreprises. Les gens d’affaires attendent impatiemment les finissants scolaires provenant de tout azimut. À la Cité-école Louis-Saint-Laurent, le programme Formation préparatoire au travail (FPT) prépare les jeunes de 14 à 16 ans à jouer un rôle efficace sur le marché du travail. Dans cet esprit, la classe de Caroline Ruel s’est affiliée, dans le cadre d’un stage, avec l’entreprise Écoferme Tribu à Dudswell, pour réaliser le projet de fabrication d’huile de tournesol.
Le FPT est une formation de trois ans en alternance travail-études visant à permettre le plus possible les apprentissages de la formation générale auxquels s’ajoutent des stages en milieu de travail. L’objectif est de permettre aux jeunes de développer les compétences professionnelles essentielles à une insertion en milieu de travail. L’élève recevra un certificat en formation préparatoire au travail décerné par le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR) après avoir réussi 2 700 heures de formation et l’insertion professionnelle de 900 heures.
Projet
« Le but, explique l’enseignante, est qu’ils (étudiants) apprennent à se connaître, à voir, c’est quoi leur intérêt, qu’ils se découvrent des forces. En les mettant en action comme ça, ils peuvent se découvrir eux-mêmes de l’intérêt ou des forces qu’ils ne pensaient même pas ». Mme Ruel mentionne que le projet a reçu un bon accueil par les élèves. « C’est sûr, au départ, quand je leur expliquais qu’on allait faire des travaux pratiques, plus se mettre dans l’ambiance d’être en travaux et non tout le temps à l’école assis en classe, sur le coup, ça leur tentait. » L’enseignante ajoute avoir observé des changements rapides chez certains participants dès la première journée de travail. « Il y en a qui sont plus réservés en classe, on voit qu’ils s’extériorisent un petit peu plus pendant le projet. Il y en a qui ne parle pas beaucoup, ils ne vont pas beaucoup donner leur opinion en classe, mais aujourd’hui, moi, j’ai déjà vu de très belles forces qui sont ressorties. »
Le projet consiste à participer à toutes les étapes de production qui mènera à la vente de bouteilles d’huile à massage à base de tournesol. Au moment de la rencontre, les participants effectuaient la coupe des tournesols et la récolte des graines. Ultérieurement, ils devaient participer au pressage des grains, faire les recettes, les étiquettes qui seront apposées sur les 650 bouteilles de 120 ml d’huile et faire la vente dans les divers marchés de Noël de la région.
Au terme du projet, l’enseignante effectuera un retour en posant des questions qui forceront les jeunes participants à réfléchir à leur démarche. Ils seront invités à dévoiler les compétences acquises. Mme Blais comprend que le travail effectué au cours de la démarche ne sera pas nécessairement celui qui sera exercé dans l’avenir. « L’important, c’est qu’ils apprennent à se connaître à travers ça. Qu’ils apprennent différentes taches, qu’ils explorent le métier d’agriculteur parce qu’il y a une partie agriculture, une partie vente, fabrication. Il y a plusieurs volets différents. »
Réactions
Calixe Blais, Marek Phaneuf et Amélia Langlois sont trois participants qui ont bien voulu commenter leur expérience. Au moment de la présentation du projet : « moi, je me suis dit, on va passer des journées dans le bois style, on va avoir chaud comme pas possible, on ne sera pas capable d’abattre le travail comme on dit. » Mais avec une fierté évidente, Marek ajoute « mais nous autres, on regarde ce qu’on a fait toute la gang, on se rend compte qu’on a fait quand même une bonne job. » Son collègue, Calixe, poursuit : « ça fait du bien de bouger, c’est beaucoup différent, c’est de la préparation, mais c’est le fun », exprime-t-il sous le regard approbateur d’Amélia. Unanimement, ils ont apprécié l’expérience d’être à l’extérieur. Un peu moins celle d’extirper les grains des tournesols, mais aimé couper les plants. Tous trois mentionnent apprécier le travail d’équipe et manifestaient leur hâte de passer aux autres étapes de la production. Marek était prêt à faire de la vente : « moi, je ne suis pas gêné. Si j’avais pu faire de la vente aujourd’hui, j’en aurais fait. »
Collaboration
Marie-Ève Gagnon, copropriétaire avec Daniel Lemire de l’entreprise Écoferme Tribu, un incubateur agroalimentaire, a permis la réalisation du projet. Propriétaires d’une terre de 650 acres, dont 40 en prairie, ils consacrent de 15 à 20 acres dédiés à des projets du genre, dit Mme Gagnon à l’échelle humaine. Le projet en cours, ce sont les propriétaires qui l’ont mis de l’avant. « On a voulu amener des tournesols pour faire de l’huile de tournesol. On a développé une collaboration avec la ferme Champie qui ont fourni les graines de tournesol biologique. » Elle ajoute du même souffle, que l’entreprise Écoferme Tribu n’a pas la certification biologique et ne peut dire qu’il s’agit d’huile biologique, « mais, il n’y a pas eu de produits chimiques qui ont été mis sur nos tournesols », précise-t-elle.
Outre la cueillette et le décorticage des tournesols qui s’effectuent sur le terrain, Mme Gagnon a apporté l’équipement à l’école afin d’effectuer le pressage. « Ils vont faire les recettes ensemble. Ils m’ont donné des idées sur les odeurs qu’on pourrait sélectionner et les étiquettes à faire. » Mme Gagnon a présenté les différentes étapes du projet en classe. « J’ai tout montré ça aux étudiants, le seuil de rentabilité, on a tout regardé ça ensemble, monté le projet pour qu’il soit viable en tenant compte de la rentabilité, comment on détermine le prix de notre bouteille, le coût du marché, etc. On a fait cette réflexion ensemble pour montrer que ce n’est pas parce que tu as une entreprise à but lucratif que tu n’es pas obligé d’avoir un volet humain et avoir le goût d’être impliqué dans notre communauté. » D’ailleurs, une partie des profits découlant de la vente des bouteilles sera remise à la polyvalente.
Mère de quatre enfants, Mme Gagnon dit savoir que les adolescents ont besoin d’expérience. « Pour moi, c’est vraiment pour leur faire vivre toutes sortes d’expérience. Qu’ils aiment ça, qu’ils n’aiment pas ça, ce n’est pas ça l’objectif. C’est qu’ils se découvrent à travers ça. »

Ranch Fer à cheval

La bienveillance au ranch du Fer à Cheval à La Patrie

Clémence Fuzeau et Louis-Pascal Viau communiquent avec Fiohna et Colette, deux magnifiques Frisons.

Être accueilli au ranch du Fer à Cheval, cet espace unique d’hébergement et de ressourcement, par Colette et Fiohna, deux magnifiques chevaux de race Frison en liberté, qui arrivent au galop à ta rencontre, marque l’imaginaire. Les voir s’arrêter pile-poil devant toi en te saluant de la tête complète l’impression de se trouver dans un univers magique. Et dire que cette lignée a failli disparaître étant réduite à une quarantaine de bêtes ! Chase, le Border Collie danse autour toi, ce qui grave un allegro sur cette gamme de perceptions.
Louis-Pascal Viau suivait de près cette bande joyeuse dont il est si fier. Son attitude témoignait du contrôle qu’il avait sur ses animaux de compagnie. Son chapeau de cuir bien visé sur son chef ombrageant un sourire avenant renforçait la sensation de se retrouver en compagnie d’une personne de confiance.
Telle a été l’accueil dans cet espace unique d’hébergement et de ressourcement pour celles et ceux qui ont besoin d’une pause en pleine nature. Le ranch se situe sur le chemin Cohoes, à deux pas du parc du Mont-Mégantic et des secteurs du Franceville et de l’Observatoire, à La Patrie. Le tracé du Mini Compostelle passe devant leur coin de paradis. Tout y est orchestré pour que les hôtes se déchargent du fardeau de leur quotidien.
Dans la région du Ciel étoilé, Clémence Fuzeau a découvert une vue sur les montagnes à couper le souffle de l’aurore au crépuscule. Avec les couleurs de l’automne qui enlumine le paysage, ses clients peuvent s’étendre sur le « lit d’étoiles » réservé aux observations stellaires ou assister aux spectacles des étoiles filantes durant les Perséides, en août, les Géminides, en décembre et les Quandrantides, en janvier. Le lieu est idéal. On peut, en ces occasions, en observer plus de cent en une heure.
Un couple accueillant dans un paysage saisissant
Mme Fuzeau, épanouie malgré la fatigue de la grossesse et Louis-Pascal Viau, propriétaires du ranch du Fer à Cheval, se sont présentés joviaux, heureux de faire connaissance avec leur invité. Et Billy, leur fils qui était attendu avec impatience, est né depuis pour le plus grand bonheur des parents. Peu importe les travaux entrepris pour mieux recevoir les hôtes, le couple s’est donné corps et âme pour que la rencontre soit chaleureuse.
LP, l’homme qui chuchote aux oreilles des chevaux
LP, surnom du dresseur de chevaux, menuisier à ses heures, homme aux mille compétences et talents, voit à l’aménagement des lieux. Clem, pour sa part, s’occupe de la gestion du ranch avec tout ce que cela implique, de l’accueil des visiteurs, à leur bien-être et leur confort tout en tenant la comptabilité à jour. Mais ! Là ne se limite pas leur rôle.
M. Viau, ancien combattant affecté par ce qu’il y a vécu, essaie de transmettre des valeurs positives tant dans ses relations avec ses hôtes qu’avec les animaux. Ses expériences avec les chiens de traineau lui ont permis de découvrir que la violence ne conduit à rien. Il a remarqué qu’il avait un don pour entrer en relation avec eux. Il préfère la fermeté aux sévices et des commandements simples pour interagir et obtenir ce qu’il attend d’eux.
En exemple, il développe le message du « je t’aime » souvent prononcé du bout des lèvres dans un couple. On peut le dire sans que son sens profond suive alors que fondamentalement, c’est toute la solidité du lien entre les conjoints et l’attachement à l’autre qu’on souhaiterait voir primé lorsqu’ils sont échangés. La communication non violente (CNV) essaie de trouver l’intention dans ce qui est dit. La CNV tâche de répondre à la question « pourquoi tu me dis ça ? », afin de se bien comprendre, démontre-t-il.
Avec les animaux, c’est ce que cet agent de bord, que la pandémie a mis sur la touche, cherche à reproduire en pratiquant le horsemanship, cette habileté à « chuchoter à l’oreille des chevaux » plutôt que les contraindre à coup de punitions à apprendre des trucs. Il souhaite une connexion avec la bête, un lien de confiance réciproque. Malgré les différences de caractère de ses Frisons, il peut leur enseigner les mêmes trucs. À cette fin, il soumet une mini-formation pour que l’enfant ou l’adulte qui vient au ranch le réalise. Il propose aussi un cours de palefrenier pour débutant.
Clem, l’attentive aux besoins des autres
« La pandémie a changé tant de choses », a constaté Clémence. « Nous voulons offrir au plus grand nombre de personnes la chance de se brancher avec la nature, » ajoute-t-elle. Contribuer au mieux-être des gens dans un climat calme résume leur engagement. Chez nous, le maître mot est « bienveillance », complète la jeune femme. Durant l’épidémie, elle a réalisé qu’il y a peu d’endroits où se restaurer, se reposer. Coordonnatrice des projets du ranch du Fer à Cheval, elle privilégie la rusticité, la protection de la ressource hydrique et énergétique. Ces valeurs vont les guider dans le développement de leur entreprise.
Elle tisse des liens particuliers avec la clientèle plus vulnérable. Elle donne en exemple les commentaires de cette dame qui explique que « l’autiste est très structuré toute l’année. Je veux juste le laisser libre dans un cadre sécurisant. Ça vaut tout. » Ça crée des moments de confidence, ajoute-t-elle.
Elle se défend bien de pratiquer l’équithérapie. Par contre, le couple accepterait d’établir des partenariats le cas échéant. Ni lui ni elle n’ont de formation pour en faire. De toute façon, telle n’est pas leur objectif. Elle souhaite plutôt déconstruire l’anxiété sociale, favoriser des discussions régulières pour évaluer ce qui se passe. À cette fin, surtout pour les enfants, le labyrinthe ouvert les aide à se recentrer.
Parmi les projets, LP bâtit une grande terrasse où leurs hôtes pourront se sustenter, se reposer, siroter une boisson en toute tranquillité dans ce paysage époustouflant en toute saison. Lui qui dans un souci écologiste scie son bois prévoit ajouter un dôme géodésique à la propriété.
« On contribue au mieux-être dans un climat calme, la bienveillance est le maître mot du Fer à Cheval », conclut Clem. Et du même souffle, elle glisse que « les clients sont devenus des membres de leur famille. »

Virgin Mady

Virgin Mady : Le raffiné dans les produits de l’érable

Devant l’entrée des nouvelles installations, de gauche à droite, Yves Fauteux (propriétaire), Mélanie Nadeau, Alexandre Blais (propriétaire), André Perron (propriétaire), Marielle Quirion, Nicolas et Audrey Perron (la relève).

« À 99 %, le premier commentaire, c’est wow ! Enfin quelque chose de différent… ». Marielle Quirion, cogestionnaire de l’entreprise Virgin Mady de Bury, résume ainsi les réactions de celles et ceux qui goûtent leurs produits d’érable certifiés Écocert.
Depuis 2017, la vocation autrefois laitière a muté pour devenir acéricole. « On est deux craqués, moi pis mon chum (André Perron), et, quand on embarque dans quelque chose, on veut toujours aller plus loin, plus haut ». La passion qui leur a permis d’atteindre le sommet des standards de qualité pour leur troupeau se retrouve en entier dans ce projet. En témoignent deux Maîtres éleveurs Holstein, soit la plus haute reconnaissance canadienne qu`un éleveur peut recevoir.
En 1965, Lionel et Madeleine Perron (Mady), parents d’André, achètent la terre sur laquelle est sise l’actuelle ferme sur la route 108 dans Bury. L’année suivante, le couple décide d’entailler quelque 500 érables pour leurs besoins et pour un apport pécuniaire intéressant. Mady brasse alors un beurre d’érable dont la réputation ne tarde pas à dépasser leur entourage. Bien que malade, elle s’ingénie pour transmettre à son fils et à sa bru ses secrets.
Équipement
En 2015, ces derniers font l’acquisition de nouveaux équipements pour améliorer leur production tout en visant la prestigieuse certification Écocert. C’est en 2018 que nait l’entreprise nommée en l’honneur de Mady. Le «Virgin», quant à lui, fait référence à la qualité de leurs produits, comme dans le cas de l’huile vierge. Une troisième génération de maîtres sucriers manifeste des intérêts certains à poursuivre l’œuvre.
Les quelque 30 000 entailles produisent bon an mal an 350 barils de sirop d’érable, dont une bonne partie est conservée pour cuisiner des beurres, des sucres et des sirops apprêtés d’ingénieuse façon. « On va plus loin que le traditionnel, je trouve qu’on ne met pas assez en valeur les produits de l’érable ». Elle poursuit formelle : « Nous, on vise le plus haut de gamme et le respect de l’environnement ». Notre mantra, la qualité avant la quantité ! Reconnu, il a propulsé l’entreprise à l’international, Chine, Hong Kong, Japon, Europe, etc.
L’emballage de quatre bouteilles contient des sirops vieillis pendant 6 mois et 12 mois en fûts de chêne de whiskey du Tennessee. D’autres subissent l’infusion aux grains de café. Encore, les amateurs découvrent le fumé à froid. Ils se déclinent dans des teintes dorées, ambrées ou foncées.
Production
L’art du vieillissement en baril a obligé M. Perron à suivre une formation de tonnelier pour éviter la perte de cet or liquide. Dans leur nouvel aménagement aux normes sanitaires strictes, la grande étable s’est vue transformée en entrepôt, salle de maturation des sirops, atelier et cuisine. Les barils de bois à usage unique sont régulièrement arrosés par des gicleurs qui les garderont scellés hermétiquement. Importé du Tennessee, chaque baril doit avoir été vidé moins de dix jours à l’avance avant d’entrer dans leur atelier pour qu’il dégage tous leurs effluves. Ils sont ensuite déchiquetés en copeaux à fumer, doublement aromatisés.
Virgin Mady propose des beurres d’érable en format de 150 et 300 grammes. Le traditionnel, le beurre sucré-salé au sel d’Himalaya et un infusé aux grains de café sauront satisfaire les palais les plus critiques. Pour des gourmands gourmets, la gelée d’érable et le sucre granulé transformeront un sorbet en délice gastronomique. D’autres, de spécialités, se déclinent en biologiques fumés à froid, et infusés aux grains de café. L’entreprise présente ses produits sous différentes formes comme les emballages de quatre bouteilles ou pots pour des cadeaux d’affaires. Virgin Mady peut même réaliser des projets personnalisés en combinant à leur étiquette celle du client.
L’eau d’érable est exploitée depuis des siècles par les Autochtones qui la faisaient bouillir dans des contenants d’écorce. Les colonisateurs utilisaient de grosses marmites pour en extraire le sirop et le sucre. Dans les deux cas, c’était tâche compliquée. Depuis l’avènement des bouilloires compartimentées, le potentiel s’est grandement amélioré. La recherche sur les équipements réalisée depuis à peine trente ans permet de produire beaucoup plus et mieux.
Expansion
Quand des passionnés comme Mme Quirion et M. Perron en relèvent de plusieurs crans la qualité et la diversité, les nouveaux marchés s’ouvrent. Leurs sous-produits qui utilisent divers intrants et qui dépendent de technologies avancées y participent pour beaucoup. Un des trucs pour conserver toutes les caractéristiques de l’érable dans les beurres, les sucres et le sirop consiste à ne pas enlever d’eau lors de l’osmose, indiquait-elle.
L’aboutissement de la recherche pour une expérience gustative unique se manifeste quand, en Chine, Hong Kong, pour l’exemple, les propriétaires d’une chaîne d’épiceries de produits haut de gamme en raffolent et en commandent. Le processus toutefois pour y arriver est très long. Entre autres, les vérifications de solvabilité prennent beaucoup de temps. En revanche, lorsque les accords sont signés, l’augmentation des coûts du transport par conteneur ne les rebute pas. Dernièrement, ils ont fait livrer leur production par avion pour éviter les retards. Le Japon et d’autres pays asiatiques s’intéressent à eux. L’ouverture sur l’Europe s’amorce aussi sans toutefois la prioriser « Le plus gros s’en vient », selon Mme Quirion. « Une nouvelle compagnie veut apporter les produits certifiés hallal au plus gros salon alimentaire, celui de Dubaï, en février prochain ». Réaliste, cependant, elle glisse en conclusion le principe suivant : « Il faut apprendre à marcher avant de courir. Là, on est rendu à jogger… »

Mont Élan

La Vallée heureuse du Mont Élan : Un nouvel élan vers la santé holistique

La famille Ortega-Savard, nouveaux propriétaires de la Vallée heureuse du Mont Élan, au fond, Karina et Jonathan, devant, Jérémie et Line.

Promouvoir l’holisme, telle est le but de la famille Ortega-Savard. Elle le vise depuis qu’ils ont acquis le domaine de la Vallée heureuse du Mont Élan à Westbury. Line et ses enfants, Karina, Jérémie et Jonathan l’ont acheté de Nil Levesque et Andrée Boisvert, il y a plus d’un an.
Holisme ! Il s’agit d’une théorie qui définit l’humain comme une entité indivisible et que, pour la maintenir en santé, tous ses aspects doivent être pris en considération. Le Wim Hof aide à atteindre cet objectif, entre autres. Eux qui ont longuement cherché l’endroit idéal pour développer cette complétude de l’humain, ils y ont trouvé leur bonheur. Tout y est aménagé pour parvenir aux bienfaits intégraux de cette philosophie de vie.
Après une recherche de deux ans pour trouver l’endroit idéal, c’est par un concours de circonstances qu’ils ont découvert leur futur coin de paradis. Jamais entièrement satisfaits des endroits qu’ils visitaient, le hasard a permis que Jérémie tombe sur la page d’un agent immobilier qui mettait pour la dernière journée l’annonce de la Vallée heureuse du Mont Élan. Soixante-treize acres de terrain dans un milieu, qui après quelques recherches sur l’internet semblait correspondre à toutes leurs attentes. Voulant revoir la page le lendemain, il a constaté qu’elle avait disparu. Après quelques démarches, il a renoué contact avec les propriétaires et conclure le marché.
Chacun des membres de cette famille s’est attribué un rôle précis afin d’utiliser tous les équipements que les anciens propriétaires avaient implantés. Salle de recueillement, nombreux lieux d’hébergement «glamping» (contraction de l’anglais glamour et camping), disc golf de 18 trous, etc., tout peut servir à se recréer, se reposer, méditer, pour que le cœur, l’âme, le psychique et le corps retrouvent la paix.
Méthode Wim Hof
Mme Savard décrivait la méthode Wim Hof. Celle-ci consiste en une exposition au froid pratiquée avec des techniques de respiration et de méditation consciente pour soulager les maux physiques, moraux, spirituels du cœur.
Le Hollandais Wim Hof, issu d’une famille catholique a commencé vers la vingtaine à s’immerger dans de l’eau glacée. Grâce à la méditation consciente, il peut demeurer durant de longues périodes, plongé dans des bains remplis de glace, racontait la mère qui semble avoir découvert la fontaine de Jouvence.
Mme Savard a suivi, en Hollande, sa formation pour en transmettre les techniques. Elle-même a gravi un sommet en altitude en Pologne pour en vérifier les aspects positifs. Légèrement vêtue, elle a pu réaliser cet exploit supervisé et entrecoupé de pauses. Elle ne tarit pas d’éloges sur les bienfaits de cette méthode pour soulager des douleurs chroniques, des blessures ou les conséquences des sports extrêmes. Les sportifs de haut niveau utilisent régulièrement les bains glacés pour atténuer les effets de leurs abus. Selon les experts, ceci permet de calmer les maux durant deux jours, ce qui favorise la restructuration des muscles froissés. « On souhaite devenir un centre dédié à la méthode Wim Hof », concluait-elle.
Méditation et yoga
Pour pratiquer la méditation ou réaliser les figures yogiques, la grande salle est tout indiquée. Dégagée, elle sert maintenant de lieu de ressourcement et de yoga. Meublé de fauteuils confortables, de sièges propices à la concentration, le plancher y est recouvert d’un superbe tapis qui en cache la majeure partie. Bien éclairé, à une température agréable, « on vient s’y déposer », décrit Jérémie.
Quand le temps le permet, ce ne sont pas les places qui manquent pour se recueillir. Les pelouses sont bien entretenues de même que les sous-bois les espaces autour des lieux d’hébergement.
Activités récréatives
À la vallée, les sentiers de randonnées et les pistes d’hébertisme permettent de déposer les fardeaux de la journée ou de la semaine. Le tracé du disc golf, l’un des mieux aménagés au Québec, selon les experts, rassemble les mordus de tous âges et de toutes conditions. Ce sport assez récent se pratique avec un frisbee (disque volant) qu’il faut lancer avec des techniques différentes pour qu’il atteigne les paniers plantés à des endroits stratégiques.
Pour les amateurs de géologie, l’interprétation de la faille de la Guadeloupe qui draine le ruisseau Big Hollow (le grand trou) vaut le détour. Les Sentiers de l’Estrie s’y rendent. À partir de la vallée, les randonneurs ont accès à des kilomètres de sentiers, dont un beau tracé vers les monts Stoke.
Hébergement
La vocation première définie par les anciens a évolué avec l’arrivée des nouveaux acquéreurs qui en conservent les grandes lignes. M. Levesque et Mme Boisvert, expliquait Jérémie, ont toujours aimé leur milieu. Ils en étaient fiers. Quand ils les ont rencontrés la première fois, la communication a été facile à établir, rapportait ce dernier. Le fait que les deux parties prônent la même philosophie d’utilisation du terrain tout en y ajoutant leur touche personnelle a créé de bons liens d’amitié.
Tous les autres sites d’hébergement ont reçu une cure de jouvence. Inspiré de différentes thématiques, chacun peut accueillir deux, quatre ou six personnes. Pour du «glamping», rien de mieux que les camps prospecteurs, les cabanes dans les arbres, la Wi-tente de conception québécoise, la yourte et les refuges scandinaves. Puis, petit secret entre nous, il y a aussi celui des «mille et une nuits».

©2022 Journal Le Haut-Saint-François