Canton de Lingwick, la force d’une petite communauté

C’est dans l’adversité que l’on reconnait la valeur des gens. La petite municipalité de Lingwick et ses 464 résidants ont connu leurs moments difficiles au fil des années avec la fermeture de l’école du village, du guichet de la Caisse Desjardins, du restaurant Le Caroussel. Ce cumul a de quoi démoraliser une communauté. Au contraire, les gens du Canton de Lingwick affichent une fierté étonnante et s’impliquent tous ensemble à faire de leur village un endroit où il fait bon vivre.

La population par le biais de ses 14 organismes avec l’appui de la municipalité a littéralement changé le visage de Lingwick au cours des dernières années. Le dynamisme dont elle fait preuve, à multiplier les activités de toutes sortes, ne fait pas qu’attirer les regards, les visiteurs, mais aussi de nouveaux arrivants.

L’implication des citoyens est palpable. Le journal avait demandé au maire de l’époque, Marcel Langlois, de convoquer quelques représentants afin de mesurer l’ampleur de l’implication communautaire au sein de la municipalité. À la grande surprise, ils étaient une quinzaine représentant 14 organismes. C’est avec sourire et enthousiasme qu’ils attendaient le journaliste pour transmettre leur passion.

Rare municipalité, Lingwick a la particularité de compter essentiellement des Lingwickois. Parmi les personnes rencontrées, certains provenaient de la Beauce, Montréal, Bromptonville, Sherbrooke, Victoriaville, Lingwick et des Laurentides. Mais à la question d’où venez-vous ? Tous répondent de Lingwick. « Lingwick, c’est chez moi. Je sens que mes racines ici sont plus profondes que où je suis né », d’exprimer Marcel Langlois. « Quand je suis arrivé, j’ai vu que les gens mettent à contribution leur esprit d’entrepreneurship au profit de la municipalité », d’exprimer André Hains, originaire de la Beauce. Les étranges, comme on les appelait à l’époque, « sont arrivés et mis du dynamisme dans la municipalité », d’ajouter Hélène Rousseau, femme de Lingwick, pure laine. « Il y a plus de différence ici, on a besoin de bras », d’ajouter Manon Rousseau, membre de la communauté. Force de constater que les citoyens font confiance aux nouveaux arrivants et sont conscients de ce qu’ils peuvent apporter. Nelly Marais, nouvelle arrivante depuis 1 an et demi, occupait un siège de conseillère municipale et a été réélue par acclamation.

Installé depuis quelques années, Jonathan Audet fait partie de la jeune relève. Impliqué dans l’organisation de La nuit du pont couvert, il avoue avoir regardé du côté de Saint-Camille avant de s’établir à Lingwick. « Ici, c’est une municipalité très vivante. » Père de trois enfants, le jeune homme a contribué à attirer une dizaine de personnes avec enfants.

Les organismes à Lingwick génèrent une implication bénévole de près de la moitié de la population, soit 200 personnes au cours de l’année. Que ce soit la Fête nationale, le tournoi de baseball poches régional, le Bike Stop 108, La nuit du pont couvert, le souper des chasseurs, le concours de labour, le brunch paroissial de l’Action de grâce, le village de Noël sans oublier la coopérative Les artisans de Lingwick et le marché public avec son P’tit Pub.

Contrairement à certains préjugés envers les personnes retraitées, la Fadoq à Lingwick semble être la bougie d’allumage, la dynamo qui alimente tous les organismes. La Fadoq redistribue les profits qu’elle tire de ses activités aux autres et les membres se proposent pour donner un coup de main. Bien que chacun reste indépendant, un partage de biens, de ressources humaines et techniques fait en sorte que tous travaillent dans le même sens et sont interreliés dans le succès de leur projet respectif. À la question pourquoi tant de vitalité, les participants lancent à l’unisson « parce qu’on se sent soutenu par la municipalité. » Effectivement, la corporation municipale met gratuitement à la disposition des gens les locaux, équipements, espaces publics et autres.

Chacun met la main à la pâte. Au marché public, en saison, chaque semaine, un organisme différent s’occupe du P’tit Pub et les profits sont divisés parmi les organismes participants. Les gens répondent présents aux diverses activités. À titre d’exemple, une quinzaine de personnes ont travaillé pendant 1 mois et demi à refaire les sept kiosques pour le marché public. Ils ont été 22 à repeindre les tables à pique-nique. « À la fin novembre, pour la décoration du village de Noël au centre du village, on est une vingtaine. Pour défaire les décorations, on était 25 personnes l’an dernier. C’est comme un party. Les gens sont fiers du succès et de la réalisation », d’exprimer Manon Rousseau. Quant à la relève, elle est déjà amorcée et elle ne fait pas peur aux gens en place. « Il va falloir accepter la relève, c’est de la nouveauté. Il faut pas penser qu’ils vont faire comme nous. On représente une époque, la relève va vivre avec son temps. La vie communautaire va continuer, mais autrement », d’exprimer les participants.

Zacharie Godbout, profession: agent de bord

Zacharie Godbout de Westbury vit présentement son rêve, celui d’agent de bord pour Air Transat. « Je travaille dans les airs et mon bureau est entre deux allées », lance-t-il tout sourire.

Le jeune homme est un bel exemple de détermination. Alors que rien ne le prédestinait pour atteindre cet objectif, il n’a pas hésité à mettre les bouchées doubles et surmonter les obstacles qui se dressaient devant lui. « L’école, ça toujours été dur pour moi. Plus jeune, on voulait m’envoyer en cheminement particulier. Mais c’est parce que j’avais un rêve que j’ai complété mon secondaire. Quand j’avais sept ans, avec la famille, on partait pour la République dominicaine et j’ai dit à mon père: je veux être comme la madame. »

Alors qu’il ne parlait pratiquement pas anglais, le jeune homme est parti à l’été 2015 passer un mois en immersion à Calgary. « J’étais dans un genre de famille d’accueil et j’avais des cours à l’Université de Calgary et des activités.  » À son retour, il s’est dirigé vers l’éducation aux adultes pour compléter son anglais et son français de secondaire V ainsi que son cours d’histoire de secondaire IV. Par la suite, en 2016, il a entamé sa recherche d’emploi pour devenir agent de bord. « J’ai fait six entrevues, à Montréal, à Québec. Ça marchait pas. Je me suis tanné et je me suis dit: je prends un break des entrevues. Je travaillais au Subway quand on m’a appelé pour une entrevue téléphonique à faire le lendemain. Ça ne me tentait pas d’appeler, mais ç’a été ma meilleure entrevue téléphonique. Un mois plus tard, en mars, on m’a convoqué pour une autre entrevue. » Après, plusieurs étapes et au terme de la dernière entrevue, « tout en anglais, se rappelle Zacharie, j’expliquais pourquoi c’était mon rêve et à la fin, elle me dit: es-tu prêt à aller essayer ton uniforme ? »

Depuis juin dernier, le jeune homme vit son rêve à fond. « Je suis basé à Toronto. Je vais monter ma séniorité et quand elle sera assez bonne, je vais essayer d’aller à Montréal. Je me donne cinq ans. » Zacharie est donc un des 3 000 agents de bord de la compagnie Air Transat. Il vole sur trois types d’appareils soit un Boeing 737, un Airbus 310 et 330. D’ailleurs, il a eu la chance d’être sur un vol avec le commandant Robert Piché. « Je faisais Toronto/Lisbonne au Portugal. J’ai eu la chance de lui parler, il est très sympathique. »

Selon Zacharie, être agent de bord ne se limite pas à servir les passagers, c’est beaucoup plus. La sécurité des passagers, explique-t-il, est au centre des préoccupations. « Il faut respecter plusieurs procédures de sécurité. Il faut être attentif aux usagers, il faut surveiller les gens qui embarquent à bord, s’ils ont l’air suspects. Si une personne est intoxiquée d’alcool ou autres, on peut lui interdire le vol avec d’autres procédures. » Une fois que les passagers sont bien installés en toute sécurité, le service peut commencer, d’ajouter l’agent de bord. Zacharie mentionne que le travail ne se limite pas à la sécurité et le service, « il faut être ambulancier, si une personne perd connaissance, pompier, si le feu prend aux fourneaux et même psychologue. »

En poste depuis à peine cinq mois, le jeune homme a déjà vécu des faits cocasses comme échapper du jus de tomate sur une personne ou un cube de glace dans le décolleté d’une femme. Règle générale, les gens sont gentils, précise-t-il, et comprennent.

Même s’il demeure à Toronto, Zacharie mentionne ne pas être souvent chez lui. « C’est pas un mode de vie comme tout le monde. Il faut être organisé, mais ne pas prévoir. Je vis dans mes valises. T’es partout ailleurs dans le monde sauf chez toi. L’été, c’est l’Europe et l’hiver, c’est le Sud. Mon horaire de travail, ça peut être Barcelone, Venise, Paris, Amsterdam. Quand on va en Europe, on reste au moins 24 heures sur place, parfois 48 heures parce qu’on vole de nuit. Il arrive que je travaille sept jours sur sept. » Mais cet horaire de fou, le jeune le veut bien. Il dit prendre tous les vols qu’on lui offre ou presque.

Zacharie adore son travail. « Ce que j’aime le plus, c’est être dans les airs. » On dit qu’un agent de bord perd 1 mois et demi de sommeil par année en raison du décalage horaire, mais Zacharie ne se formalise pas de ce détail. L’important est de faire ce qu’il aime: agent de bord, pour lui, c’est d’être au septième ciel.

Sylvain et Luc : deux artistes à la campagne

Situé en pleine campagne, le centre d’art et de nature Atelier Auckland à Saint-Isidore-de-Clifton rayonne de par les frontières du Haut-Saint-François. Les dynamiques propriétaires et artistes, Sylvain Dodier et Luc Pallegoix, font en sorte que ce petit coin de pays, en apparence, isolé, soit devenu l’épicentre d’un séisme culturel et artistique qui ne cesse de se développer.

Nos deux artistes font la démonstration, au quotidien, qu’il est possible de mener des carrières professionnelles épanouies en région, au Québec et en France simultanément, et ce, à partir de la campagne. Sylvain Dodier, écrivain, poète, médiateur culturel et artiste multidisciplinaire et Luc Pallegoix, illustrateur, créateur d’images virtuelles fixes ou animées, photographe et peintre notamment avec la technologie numérique, développent leur art simultanément avec le centre d’art et de nature.

La mise en commun des deux artistes remonte en novembre 2001 lors d’une rencontre à l’Agora de la danse à Montréal. « On s’était déjà rencontré à l’Agora », de mentionner Luc. À cette époque, ce dernier était directeur général et producteur pour la compagnie de danse Nathalie Pernette, tandis que Sylvain était adjoint à la direction artistique de l’Agora de la danse et directeur du Service d’action culturelle, poste qu’il a cumulé de 1993 à 2003. « On était au top de nos carrières et on voulait faire un premier projet ensemble. On s’est dit : on va faire un truc qu’on n’arrêtera pas ou que les conseils d’administration n’arrêteront pas », d’exprimer les deux artistes engagés. « On a commencé par un spectacle pour enfants en 2004, le show J’aime. » Par la suite, les projets se sont succédé, le magazine numérique J’@ime… express, le lancement du site SylvainEtLulu.com, dont sa popularité au Québec et en France a tenu nos artistes en haleine de 2006 à 2012. Puis à travers les animations dans les écoles et autres occupations professionnelles, s’ajoutent l’atelier en résidence ainsi que le centre d’art et de nature toujours en développement. Tout au long de cette période, nos artistes ont tout de même poursuivi leur carrière solo multipliant les navettes Québec-France.

Il arrive parfois que le hasard fasse bien les choses même si la situation peut sembler triste au préalable. Alors que le couple cherchait un local à Montréal, Sylvain Dodier, originaire de Saint-Isidore-d’Auckland, revient au bercail en raison de l’état de santé de son père. « Je suis revenu au foyer familial, mais je me suis installé dans le garage. On avait transformé le garage en atelier numérique et on dormait dans le garage », mentionne-t-il.

Comme tout artiste, nos deux comparses avaient une vision et un rêve pour le développement de leur art. Dans cette perspective, ils ont amorcé en 2008 une transformation du commerce qui abritait autrefois Aubaines chez Marcel. L’ancienne quincaillerie est devenue le loft ainsi qu’un atelier pour Luc et un autre pour Sylvain. La partie abattoir s’est métamorphosée en grand studio numérique tandis que la salle des moteurs et la boutique de vêtements sont devenues la résidence où on accueille les artistes.

« L’année 2012-2013 en est une charnière. Les gens viennent ici et ça confirme l’idée pour nous qu’on voulait faire une résidence, offrir un atelier pour artistes », d’exprimer avec détermination Sylvain et Luc. Le concept est d’offrir un atelier et toutes les accommodations nécessaires pour accueillir un artiste. Ils jouent en quelque sorte un rôle de mentor et puisent à travers leur vaste expérience professionnelle pour conseiller et appuyer l’artiste dans sa démarche artistique et l’atteinte de ses objectifs.

Situé en pleine nature, dans un décor paisible et reposant, le centre fait rêver les visiteurs. Sylvain et Luc ont prêté l’oreille aux demandes de leurs collègues artistes : « Pourquoi vous recevez pas ici ? » D’où l’idée de développer le centre d’art et la nature qui l’entoure. Pour nos artistes, l’effet n’est que bénéfique. Ils y puisent l’énergie et l’inspiration. « On a toujours les meilleures idées ici », précisent-ils. Les installations, le loft et le studio permettent d’adapter les lieux pour accueillir une exposition, présenter un mini-spectacle ou même pour des réunions. Le centre d’art et de nature est déjà lancé, on y a présenté trois expositions au cours des quatre dernières années et ce n’est pas terminé. Déjà, plusieurs artistes ont eu l’opportunité de s’y produire. L’idée d’ouvrir les portes et de faire un genre d’apéro 5 à 7 les vendredis au cours de la dernière saison estivale a permis de faire connaître l’endroit et créer un lieu de rendez-vous pour artistes et toute la population désireuse de faire de belles découvertes. Nos artistes ont commencé à développer le côté jardin, toujours en y présentant des œuvres d’art et n’ont pas l’intention de s’arrêter là. « On prépare le volet art, nature, culture. On essaie de voir dans quelle culture on va basculer. » Ils entendent bien utiliser une bonne partie des 75 acres disponibles pour développer un concept particulier. Le côté boisé, à leurs yeux, demeure un lieu où les artistes aimeraient travailler. L’idée de sentiers artistiques germe dans l’esprit de nos créateurs. « On pourrait y mettre des œuvres d’art », réfléchissent-ils à voix haute. Il n’y a pas de limites à leur imagination. « C’est un concept en évolution. C’est la même approche qu’en création. Il faut laisser le temps au temps. Ç’a joué sur mon écriture », précise Sylvain Dodier. Heureux et pleinement épanouis, nos artistes se plaisent à dire qu’ils ont développé l’art de vivre. Simultanément à tout cela, Sylvain fait des animations par vidéoconférences pour la France, crée des recueils de poésie sur écran blanc avec des élèves dans les écoles alors que Luc y produit les illustrations sur iPad. À l’image de son collègue, Luc ne chôme pas, la série de photos pour adultes qu’il a développée Les hommes cerfs, les ectomorphes connaissent un vif succès. « Si je n’avais pas habité ici, les gars n’auraient pas eu de tête de chevreuil. Si j’étais resté à Montréal, je n’aurais pas eu cette inspiration. »

Toute cette effervescence n’empêche pas nos artistes de s’intéresser à leur communauté de diverses façons. D’ailleurs, ils ont créé, il y a quelques années, le Fonds permanent en littérature jeunesse en mettant des centaines de livres à la bibliothèque municipale, particulièrement des livres jeunesse. Ce faisant, la bibliothèque municipale est une des mieux fournies en livres pour enfants sur le territoire. « C’est important de redonner au village », manifestent-ils.

Même s’ils sont pleinement épanouis, ils ne sont pas cloitrés pour autant. Le côté jet set, comme se plait à dire Sylvain Dodier, est toujours présent. Cela ne les empêche pas de faire une escapade à Montréal, Sherbrooke ou ailleurs, mais la quiétude du domicile les rappelle rapidement. Pour Sylvain et Luc, « être artiste n’est pas un travail, c’est une nature avec un statut social. Pour nous, c’est possible d’être à la campagne et de mener une carrière. C’est notre capacité à s’adapter, à transformer ce qu’on n’a plutôt que d’espérer ce qu’on n’a pas », de conclure tout souriant nos artistes.

Jacinthe Roger de Finition Jaro

Pendant ses études en chant classique, Jacinthe Roger se voyait vivre la vie d’artiste intello une fois arrivée à l’âge adulte. Elle ne se doutait pas que, à peine quelques années plus tard, elle serait une femme manuelle à la tête d’une entreprise de finition intérieure.

On peut tout de même dire que celle qui est à la tête de Finition Jaro a réalisé son rêve de carrière. Elle a quotidiennement recours à sa créativité pour compléter les divers mandats qui lui sont confiés. Elle doit également faire preuve d’une grande rationalité en tant que gestionnaire et propriétaire d’une entreprise qui emploie jusqu’à six personnes en haute saison. La seule chose qui diffère de son objectif initial, c’est que Jacinthe Roger n’a pas le temps de chômer !

Son initiation au monde de la peinture s’est faite un été en tant que peintre étudiante pour Collège Pro. Mme Roger a par la suite travaillé chez Décoration King à Sherbrooke. « Ça a été une véritable école. » De la peinture résidentielle et commerciale, la propriétaire de Jaro migre lentement vers l’industriel. « Rendus là, on ne calcule plus en gallons de peinture. On compte l’inventaire en poids. »

Les astres s’alignent
Après cinq années, n’étant plus certaine de vouloir poursuivre, Jacinthe Roger quitte Décoration King. « Ça a été le seul moment de ma vie où j’ai été au chômage. » La pause ne durera pas longtemps puisque le téléphone se mit à sonner. Encore aujourd’hui, la principale intéressée n’est pas certaine de qui l’aurait référée. « On me demandait “Ça a l’air que tu fais telle affaire ? ” Sans trop savoir, je répondais “Oui ! ” C’est comme ça que je me suis mise à faire des sidelines pour d’autres peintres. »

Avec l’argent des premiers contrats, Jacinthe Roger en profite pour s’acheter du matériel. Au même moment, son frère Marco démarre Vitrerie Miroplex à Ascot Corner. Il a un peu d’espace inutilisé. La sœur s’y installe un premier atelier démontable.

Les mois se succèdent sans que le téléphone ne cesse de sonner. Jacinthe Roger fait bâtir une rallonge, comme ses affaires et celle de son frère vont bien. Après trois années à être de plus en plus à l’étroit, la peintre acquiert une maison sur le chemin Bélanger à Ascot Corner dans le but d’y bâtir un garage servant d’atelier à son entreprise. Elle n’en a plus vraiment le choix comme ses activités sont plus ou moins compatibles avec celles de la vitrerie. Mme Roger passe 80 heures par semaine à pulvériser de la peinture au fusil alors que, tout près, des pièces de verre devant être exemptes de poussière sont en cours d’élaboration.

C’est vers cette même période qu’un premier employé intègre l’équipe de Finition Jaro. Aujourd’hui, sa main-d’œuvre varie entre 5 et 6 membres, au gré des contrats. « Je trouve que c’est une bonne taille. D’autres entrepreneurs m’ont dit qu’à partir de 7-8 dans l’équipe, tu perds un peu de contrôle sur la qualité par exemple. » Bien qu’elle n’ait pas exclusivement eu des employées, Jacinthe Roger considère la finition comme un domaine féminin. « Je le vois dans les détails, la minutie. Les employées que j’ai eues étaient en général plus perfectionnistes que les hommes. Les hommes de l’équipe font généralement la job de bras. Ils font la préparation des commandes et l’installation à domicile. »

Le service à domicile est d’ailleurs la spécialité de Finition Jaro. « On installe une tente de pulvérisation en plastique, puis on peinture au pistolet. Ça peut être pour des escaliers, des caissons d’armoires, des murs de lambris. C’est un service rapide qui peut prendre de deux à trois jours », indique Jacinthe Roger. « Ça fait aussi que c’est plus compliqué quand je recherche des employés, comme en ce moment. C’est des postes peu connus. Aussi, le peinturage se fait dans un environnement difficile. Il peut y avoir un stress de prestation lorsqu’on travaille chez les gens. Sinon, de manière générale, il y a le fait que tu es exposée à des produits chimiques. C’est souvent des femmes de plus de 45 ans avec beaucoup d’expérience qui ont travaillé ici. »

Malgré son parcours, Jacinthe Roger ne se considère pas comme une femme d’affaires. « J’aime ce que je fais, puis, en plus, ça rend les gens heureux ! » Celle qui n’a pratiquement jamais fait de publicité en 14 années d’existence bénéficie d’un bon réseau de contacts. « Je n’ai pas le sens du marketing développé. Je vais beaucoup fonctionner par référencement, auprès de collaborateurs. J’envoie même des clients à des compétiteurs des fois ! Ça va arriver que le téléphone ne sonne pas et je vais paniquer, puis, tout d’un coup, on aura trop de contrats et je vais souhaiter ralentir. Je crois que rien n’arrive pour rien et que la pensée crée. Il y a beaucoup de synchronicités dans ma vie. »

Espace Sheds

Le Centre local de développement (CLD) du Haut-Saint-François en est à développer un projet de mise en valeur des paysages et de la culture. À terme, Espace Sheds constituera un circuit d’une douzaine de sheds construites et éparpillées à travers la MRC.

La shed de Hampden
La première de ces sheds vient tout juste d’être terminée à Hampden. Celle-ci est située face à l’entrée du secteur Franceville du parc national du Mont-Mégantic. Elle constitue également une des haltes de la piste multifonctionnelle du Parc du marécage des Scots. Deux thèmes y sont abordés: les premiers colons établis dans le secteur, duquel tire son nom le chemin de Franceville, et l’ancienne mine du mont Mégantic.

Entre 1929 et 1955, plusieurs petites ouvertures de carrière ont été pratiquées à flanc de coteau sur le versant nord-ouest du mont. De la syénite, roche semblable au granite, y a été extraite. Celle-ci a été utilisée pour certaines pierres tombales du cimetière de Scotstown et sur les chantiers de construction de la région.

Suite à l’exode d’une importante partie de sa population vers les États-Unis, la province du Québec tente d’attirer des immigrants français. Une quinzaine de familles s’établissent dans les environs du chemin de Franceville entre 1870 et 1914. Parmi elles, les Constant, Fongellaz, Gabert, Oisel, Laumaillier, Pinoteau.

Un projet en deux phases
Par le biais d’Espace Sheds, le CLD poursuit des objectifs de mise en valeur et de protection du patrimoine, en plus de favoriser la rurbanisation, soit l’attraction et la rétention de la population. L’organisme souhaite aussi bonifier l’expérience des visiteurs empruntant le Chemin des Cantons et la Route des Sommets.

La préparation du projet a débuté en octobre 2014. Pour ce faire, le CLD est aidé financièrement par le ministère de la Culture et des Communications et la MRC. Après quatre années de repérage de lieux, de recherche documentaire et de représentation auprès des municipalités, la première phase sera inaugurée vers le milieu de l’année 2018. La seconde et dernière devrait suivre l’année suivante.

Dans un premier temps, le CLD vise dévoiler un total de 7 ou 8 sheds. Celles-ci se retrouveront entre autres à Weedon, East Angus, La Patrie et Cookshire. Un coup le projet complété, l’objectif sera d’avoir une shed par municipalité ou canton. Julie Pomerleau est l’agente de développement culturel derrière Espace Sheds: « Nous avons une bonne collaboration municipale. Les maires sont emballés et très participatifs. C’est un projet rassembleur. »
« À Weedon, la shed se retrouvera au Parc du barrage. À La Patrie, le site devrait être à la halte routière située au milieu de la ville. La poétesse Éva Senécal [native de l’endroit] y sera à l’honneur », détaille Mme Pomerleau.

Entre le cabanon et la grange
L’agente de développement culturel avoue que le choix du terme shed a été un enjeu lors de l’élaboration du projet. On aurait préféré lui trouver un équivalent français, mais, au final, aucun ne venait se substituer parfaitement à l’anglicisme. « Une shed, c’est plus gros qu’un cabanon, mais plus petit qu’une grange. On ne fait pas non plus un circuit touristique de cabanes ou de hangars. Finalement, ça désigne une réalité régionale qui nous est propre. C’était exactement le mot qu’il nous fallait. » C’est ainsi qu’Espace Sheds a été présenté puis accepté.

En se promenant en campagne, on voit encore beaucoup de ces petits bâtiments agricoles en bois. Les sheds modernes construites dans le cadre du projet en sont donc un rappel. « Elles auront toutes en commun d’être faites en bois et d’avoir un toit de tôle. Le bois vient ici rappeler la ruralité en même temps que la forêt, très présente dans la région. »

À terme, deux modèles de sheds modernes seront accessibles pour le public. Les permanentes offriront points de vue et contenu informatif, alors que les petites ne mettront qu’en valeur le paysage, mais seront mobiles. Dans tous les cas, chaque shed sera unique et inspirée du lieu.

« Dans nos sheds, on veut créer une bulle temporelle où il fait bon relaxer et s’imprégner du moment », explique Julie Pomerleau. Par exemple, la shed de Hampden comprend un double banc allongé sur lequel on peut s’installer pour lire ou regarder le ciel.

L’agente du CLD n’hésite d’ailleurs pas à comparer chaque shed à un objet d’art. La firme Pittoresco s’occupe de la conception de ces bâtiments remis au goût du jour. L’entreprise avait réalisé les installations de la Voie des pionniers, un circuit à saveur historique dans la Vallée de la Coaticook.

Son moyen de redonner à la communauté

Âgée de 67 ans, Lise Pratte vient tout juste de décrocher un doctorat en éducation. Pour l’avocate de profession, il s’agissait d’un rêve en même temps qu’une contribution pour les jeunes.

Avant d’arriver à l’âge de la retraite, Lise Pratte avait en tête quelques projets d’après-carrière. L’un d’eux était la vie à la campagne entourée de poules et d’érables. Ce rêve, elle l’a réalisé avec le Domaine Nature L & M, situé à La Patrie. Elle y vit avec son conjoint Michel, le M dans L & M. Le couple y accueille les visiteurs en offrant hébergement, produits de la ferme et pêche en étang. Se décrivant comme une femme d’action aimant apprendre, la docteure en éducation s’est vite rendue à l’évidence que la retraite devrait attendre. C’est en retraçant son parcours que fermette, Barreau et doctorat prennent leur sens ensemble.

Dans un premier temps, il faut savoir que Lise Pratte adore lire. « Lire, c’est comme manger », considère-t-elle. Et si l’on se fie à sa thèse de doctorat de 400 pages, Mme Pratte a grand appétit. Après son baccalauréat et son passage du Barreau, celle-ci débute à la Commission d’enquête sur les coûts des installations des Jeux olympiques de 1976 à Montréal. Elle fut la reporter des commissaires, soit « les yeux et la voix de tout ce qui se passait » dans les coulisses de la commission Malouf. « Je découvrais des termes d’ingénierie et de marketing. C’était fascinant », se remémore l’avocate.

Suite à la publication du rapport Malouf en 1980, Lise Pratte, grâce à ses nouveaux contacts, reçoit une offre pour le poste de secrétaire générale adjointe chez Imasco, maintenant Imperial Tobacco Canada. Elle entame, les soirs et fins de semaine, un MBA en ressources humaines et finances. Comme travail final, elle fait d’ailleurs une analyse de l’entreprise pour laquelle elle travaille. Elle émet des recommandations qui, sans être prises en considération par l’administration sur le coup, vont s’avérer être justes quelques années plus tard, alors que la compagnie se départira de certains secteurs moins rentables.

C’est à ce moment qu’un chasseur de têtes approche Lise Pratte pour lui proposer le secrétariat général chez Bombardier. Nous sommes en 1988 et la compagnie de Valcourt vient de se porter acquéreuse de Canadair. Dans un souci d’efficacité, Mme Pratte introduit les ordinateurs dans le bureau et crée une petite commotion. De cette période de cinq ans, elle garde le souvenir d’une grande effervescence alors que la compagnie procédait à l’achat d’une entreprise en moyenne chaque mois dans le monde.

Alors que Lise Pratte a la mi-quarantaine, une de ses amies proches est victime d’un AVC. De plus, une de ses voisines d’immeuble tombe en dépression. Dans les deux cas, la vie professionnelle intense serait en cause. Cela fait réfléchir Mme Pratte qui jouit désormais d’une expérience enviable. Elle peut de plus en plus choisir les gens avec qui elle travaille et affirmer son caractère indépendant. Elle prend conscience qu’elle n’aime pas être liée à une compagnie et que, à ses yeux, les relations humaines priment devant les profits.

Lise Pratte fait donc un virage vers le milieu éducationnel en œuvrant pour une commission scolaire. Elle conserve de son passage dans le milieu corporatif un intérêt pour le démarrage d’entreprises. Au fil des ans, elle porte plusieurs chapeaux en tant que formatrice, coach, mentore et conférencière ce qui l’amènera à participer à la mise sur pied d’environ 500 entreprises.

Elle effectue entretemps un retour sur les bancs d’école pour se perfectionner dans le cadre de ses nouvelles fonctions. Elle y fait la connaissance d’une professeure féministe, très proche de ses valeurs. C’est suite à cette rencontre que l’idée d’un diplôme universitaire de deuxième cycle commence à germer dans l’esprit de Lise Pratte. Celle-ci ne fera toutefois pas les choses de manière conventionnelle. Au lieu d’être une chercheuse académique, elle tient à être sur le terrain, en contact avec les gens. Sa maitrise en éducation, suivie huit ans plus tard d’un doctorat, est une forme de contribution. Elle souhaite tout d’abord mettre de l’avant l’histoire des jeunes. Mme Pratte veut que ceux « qui ne l’ont pas eu facile, les poqués, en viennent à croire en leurs capacités. » C’est une problématique qu’elle a souvent constatée chez les jeunes filles à qui « on n’a pas toujours appris à se valoriser. »

Même si Lise Pratte s’était juré d’en avoir fini avec les études après sa maitrise, le désir d’encourager la diplomation et l’insertion des jeunes adultes a eu le dessus. Elle atteint ainsi deux buts: la création d’une certaine forme de richesse et, de manière plus importante, porter une mission sociale. C’est pour la même raison que, même si elle ne pratique plus le métier d’avocat, Mme Pratte offre du temps comme recherchiste juridique au cabinet Blais de Lac-Mégantic. « C’est ma façon de contribuer à la communauté après la tragédie. »

Place aux jeunes en région

L’agent de migration Olivier Jean, du Carrefour jeunesse-emploi d’East Angus, a instauré une variante qui a fait parler d’elle dans les séjours exploratoires qu’il planifie pour l’organisation Place aux jeunes en région : il fait appel aux adolescents.

Place aux jeunes (PAJ) a pour mission d’inciter les jeunes âgés de 18 à 35 ans et détenteurs d’un diplôme d’études postsecondaires à s’établir dans le Haut-Saint-François. Pour y arriver, le programme offre des séjours exploratoires qui comprennent le transport, les repas, les activités et l’hébergement payés aux gens de l’extérieur qui souhaitent en découvrir davantage sur la MRC. Traditionnellement, l’agent de migration organise une visite des municipalités comprenant des rencontres avec les différents intervenants et employeurs de la région. Olivier Jean a eu l’idée d’impliquer les adolescents de la région dans le processus.

« J’avais déjà organisé des séjours à thématique entrepreneuriale dans le passé. Il y a aussi d’autres MRC qui en avaient fait à saveur agricole et même industrielle », explique M. Jean. Par ses fonctions au Carrefour jeunesse-emploi, il a également un lien direct avec les adolescents. « Je fais partie du comité de suivi du projet de cité-école à la polyvalente Louis-Saint-Laurent. » Avec l’aide de sa collègue Véronick Beaumont, qui est agente de sensibilisation à l’entrepreneuriat jeunesse, celui-ci a commencé à imaginer des séjours exploratoires présentés par des jeunes. « L’idée est venue en 2016 et on a travaillé pour l’instaurer dès l’année financière 2017-2018. On a contacté les maisons de jeunes en février et mars derniers. »

Le premier séjour exploratoire Quand les ados s’en mêlent a eu lieu en juin dernier. À ce moment, des jeunes des maisons M-SIC, de Saint-Isidore-de-Clifton, et Vagabond, de Weedon, ont présenté leur région par le biais d’une programmation qu’ils avaient eux-mêmes élaborée. Olivier Jean se remémore : « À Saint-Isidore, les ados avaient pris l’initiative d’inviter le maire et le DG. De mon côté, je les aide pour le brainstorm et leur offre un suivi. Je m’assure que les journées ne soient pas trop chargées et que les activités soient réalisables. Mais les jeunes connaissent bien leur ville. Ils ont à cœur leur milieu et y sont attachés. »

Nathaniel Girardin est l’un des jeunes ayant pris part au projet. Il fréquentait la maison Vagabond de Weedon. « On a été cinq, six, à préparer le séjour, puis trois à le présenter. Au début, on pouvait faire ça les soirs, si on n’avait rien à faire. Entretemps, Olivier nous avait donné des points à suivre et de l’information autour. » Nathaniel Girardin se décrit comme un citoyen impliqué dans sa communauté. « J’ai aidé à organiser des labyrinthes d’Halloween et j’ai aussi fait un voyage humanitaire au Pérou. » L’étudiant en foresterie et production acéricole est satisfait de son expérience. « J’ai aimé que le monde qui habite en ville ait un intérêt pour la campagne. On leur en a donné le gout. »
L’agent de migration Olivier Jean ne voit que des impacts positifs à la démarche. « Ça fait découvrir la région au travers les yeux des ados. Ça développe leur sentiment d’appartenance en plus de casser le mythe ou les préjugés qu’on peut avoir envers eux. Finalement, ça donne le pouls réel aux gens de l’extérieur. C’est une belle réussite. »

Une reconnaissance des pairs
Ce changement de la traditionnelle formule des séjours offerts par Place aux jeunes en région n’a pas mis longtemps avant d’être reconnu. Dans le cadre du Congrès PAJ qui s’est tenu à Québec début octobre, le séjour exploratoire Quand les ados s’en mêlent a été le coup de cœur du jury de la Fédération québécoise des municipalités. « Ça a retenu l’attention », admet Olivier Jean. « Des collègues des autres MRC venaient me voir pour dire “Bonne idée ! ” et pour demander conseil. Le but a toujours été de rendre notre milieu attrayant afin d’inciter des jeunes à venir s’y établir. En faisant appel aux jeunes, on a une valeur ajoutée. »

Le prochain séjour exploratoire formule ados approche à grands pas. Celui-ci se tiendra du 17 au 19 novembre. Cette fois-ci, ce sont les jeunes des maisons Actimage, à East Angus, et Chez nous, à Dudswell, qui en seront les hôtes et organisateurs. « C’est du vendredi midi au dimanche après-midi », confirme M. Jean. « On fait le tour des municipalités, on visite des entreprises, en plus de voir les principaux attraits touristiques et culturels. On veut donner une bonne vue d’ensemble, un bon topo à la personne qui ne connait pas le coin. »

Olivier Jean est un lien privilégié entre cette main-d’œuvre potentielle de l’extérieur et les entreprises d’ici. « Il y a un bon marché caché dans le Haut-Saint-François. Ce n’est pas toutes les offres d’emploi qui sont affichées. Certaines vont l’être après quelques mois seulement. Mon rôle est de mettre en lien les participants des séjours exploratoires avec les entreprises. Un peu comme du référencement. »

Cette forme d’aide fait partie des à-côtés qu’offre le programme Place aux jeunes. Ceux-ci comprennent du jumelage direct, du suivi individuel, des cyberbulletins, etc. « Je peux même vérifier s’il y a des places en garderie, avant qu’une personne de l’extérieur vienne s’établir ici », explique l’agent de migration.
Depuis janvier 2015, 48 personnes ont pris part aux séjours exploratoires.

SOLIDel, une entreprise qui voit loin

Installée à Weedon, secteur Saint-Gérard, l’entreprise SOLIDel spécialisée dans l’éclairage solaire résidentiel, commercial, industriel et public, travaille à se tailler une place à l’échelle du Québec, du Canada et même sur le marché international.

Le concepteur et propriétaire, un homme du coin, qui préfère mettre la lumière sur son entreprise plutôt que sur sa personne, travaille depuis plusieurs années à développer des produits. Il aime, explique-t-il, partir de zéro, faire les dessins, la conception, l’ingénierie, l’assemblage pour développer des nouveaux produits. L’homme d’affaires maîtrise l’éclairage au Del depuis plusieurs années. Il s’inscrit parmi les pionniers au Québec à développer les produits Del pour les adapter à l’énergie solaire.
D’ailleurs, c’est après avoir fait plusieurs études de marché qu’il lance son entreprise en 2016. Déjà, SOLIDel offre plusieurs produits dans le secteur résidentiel et commercial. Elle est également en mesure de fabriquer des produits d’éclairage solaire sur mesure «Accumulateurs d’énergie solaire» de très haute performance et adaptés au climat pour les secteurs industriel et public.

Pour SOLIDel, l’avenir est dans l’énergie solaire. « C’est vert, c’est écologique et durable, aucun raccordement aux réseaux électriques n’est nécessaire et complètement autonome. La technologie DEL fait en sorte que ça facilite la performance de l’éclairage, ça se prête mieux à conjuguer avec l’énergie solaire. L’éclairage au DEL peut-être aussi puissant qu’une ampoule conventionnelle et ça consomme beaucoup moins d’énergie », d’exprimer le propriétaire.

SOLIDel est un précurseur dans son domaine. Il s’inscrit parmi les premiers au Canada à installer des accumulateurs d’énergie solaire nouvellement installés au mont Tremblant, permettant d’éclairer une traverse souterraine comprenant un sentier pédestre en été et piste de ski de fond en hiver. Tout près de chez nous, l’entreprise présente son savoir-faire en éclairant à l’énergie solaire une fresque historique sur un mur d’une superficie de 100 pieds de large, en plein centre-ville de Disraeli. SOLIDel éclaire également plusieurs endroits dans diverses municipalités du Québec et du Canada. En fait, la technologie et le savoir-faire de l’entreprise permettent de répondre à tous les besoins que ce soit pour les pistes cyclables, parcs, descentes de bateau dans les marinas, espaces verts, écoles, stationnements, aires de repos, abris d’autobus, boîtes postales et bien d’autres. « Le gros avantage, précise le propriétaire, est qu’aucune excavation n’est requise, aucun branchement sur le réseau électrique. C’est facile et rapide à installer, un avantage pour le marché commercial et l’industriel. »

SOLIDel pousse plus loin son expertise. Elle est parmi une au monde à fabriquer un accumulateur d’énergie solaire communément appelé une tour solaire multifonctionnelle avec son boitier complètement en aluminium et certifié IP 65, pouvant alimenter un système d’éclairage, des caméras de sécurité et divers systèmes de communication.
Ce produit est fort populaire et aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est surtout à l’étranger qu’il semble faire une percée particulièrement en Guinée centrale, en Afrique ainsi qu’en Europe. L’entreprise locale travaille actuellement avec un partenaire au développement d’un nouveau produit très performant qui est en demande un peu partout dans le monde.

SOLIDel est en plein développement. Présentement, la distribution au Québec des produits commerciaux se fait principalement par l’entreprise Lumen, soit le plus gros distributeur de produits électriques. Le propriétaire songe à faire du siège social de Saint-Gérard le futur centre de recherche et de conception. Si tout va bien, on entrevoit une possibilité d’embauche au printemps 2018. Outre les marchés en développement, l’homme d’affaires mentionne que le site de Saint-Gérard est géographiquement bien situé au Québec à proximité de plusieurs centres comme Sherbrooke, Victoriaville, Thetford Mines et Lac-Mégantic.

Évidemment, le propriétaire souhaite le mieux pour son entreprise qu’il désire développer de façon responsable. L’objectif, laisse-t-il entendre, est faire de SOLIDel la référence dans l’éclairage solaire dans le Canada et pourquoi pas outre-frontières. Installée depuis juillet 2017 à Saint-Gérard, SOLIDel est à compléter ses aménagements et consolider une équipe qui l’aidera à atteindre ses objectifs.

Contrée du Massif Mégantic

La Contrée du Massif Mégantic, vous connaissez ? Si oui, tant mieux, et ça ne fait que commencer. Pour les autres, vous serez gagnant à découvrir ses nombreux attraits et de participer aux diverses activités.

La Contrée du Massif Mégantic existe depuis 2015 et regroupe des citoyens et élus de six municipalités situées dans deux MRC; le Granit et le Haut-Saint-François entourant le mont Mégantic. L’objectif est de stimuler le développement socioéconomique et touristique du milieu tout en donnant un coup de main à l’entrepreneuriat local. Pour y arriver, on propose de dynamiser le secteur en mettant de l’avant diverses activités susceptibles d’attirer les touristes, créer un sentiment d’appartenance et une synergie pouvant générer des projets entrepreneuriaux à caractère touristique ou autres.

La Contrée du Massif Mégantic est toute jeune, mais déjà on sent une effervescence que ce soit à Val-Racine, avec l’activité Espace lune, à Hampden et Scotstown avec le Ceilidh écossais, à La Patrie avec le souper gastronomique, à Chartierville le Festival Musique aux Sommets et à Notre-Dame-des-Bois avec l’observation de l’éclipse partielle de Soleil. Toutes ces activités et d’autres ont suscité de belles participations.

À peine deux années dans le corps que la Contrée du Massif Mégantic connaît un début fulgurant. Les citoyens appuient le conseil d’administration et répondent présents aux diverses activités. Les gens ont compris que le regroupement des forces locales au sein d’un même territoire d’action pouvait grandement en favoriser le développement. Carte touristique, dépliant promotionnel et site web, l’organisme sans but lucratif n’a pas tardé à se mettre sur la «map».

Raymond Fournier, de Chartierville, membre de l’organisme et pionnier de la première heure, raconte avec sa fougue et son enthousiasme habituel comment a germé l’idée. « Les gens constatent que la région était en perte de vitesse. C’est à une réunion dans la cuisine de Line Chabot à La Patrie, en avril 2015, que des gens de la place et des néo-intéressés ont parlé d’activités à faire pour la région et ça a pris de l’ampleur. » La bougie d’allumage venait de faire ses premières étincelles et les choses se sont rapidement développées avec l’aide des agents de développement rural du Granit et du Haut-Saint-François.

Concertation des six municipalités, coordination des activités à mettre de l’avant, plan d’action et voilà la Contrée du Massif voit le jour. Mais en fait, au niveau structurel, on a adapté la charte d’un organisme sans but lucratif déjà existant pour la mettre au goût du jour dans l’esprit du développement intermunicipal. Le conseil d’administration regroupe une personne par municipalité, d’expliquer M. Fournier, mais lors des rencontres « on est de 20 à 25 personnes. C’est un genre de plénière. Il y a des élus des six municipalités. Les participants, ce sont des gens intéressés par le développement local, il y a des commerçants, des aubergistes et autres. » À constater l’enthousiasme de l’interlocuteur, la synergie qui se dégage semble des plus stimulantes. D’ailleurs, les six municipalités croient en la démarche puisqu’elles y apportent une contribution financière.

L’année 2016 s’est amorcée avec le lancement du parcours de marche traversant plusieurs municipalités et la carte touristique mettant en avant-plan les divers attraits et activités des six municipalités. « En 2016, on a presque toutes réalisé nos activités et la corporation a réussi à s’autofinancer. On continue à se développer. En 2017, on a créé notre site internet, on a notre Facebook et un logo. On a ajouté trois nouvelles activités et reconduit les autres. On a lancé un «poster» Sorties villageoises sur lequel on retrouve plusieurs activités. Il y a aussi la deuxième année du parcours de marche qui s’intègre aux activités de la contrée. Les activités prennent de l’ampleur, on est reconnu. » Ça y est, M. Fournier est sur une de ses lancées oratoires où son enthousiasme et ses émotions transcendent sur les mots utilisés. Évidemment, les municipalités profitent du pôle que représente le Mont-Mégantic, son observatoire et le parc. Pour renforcer l’image, les municipalités se sont dotées au cours de l’été d’une constellation qui les représente. La municipalité de Chartierville a retenu la Grande Ourse, La Patrie la Lyre, Hampden la Couronne d’Ariane, Scotstown Hercule, Val-Racine le Taureau et Notre-Dame-des-Bois Cassiopée. Visiblement, la Contrée du Massif est sur une lancée. «  On a des projets pour 2018 sur la promotion de produits de la forêt, des matières ligneuses et on va reprendre certaines activités. La contrée veut diversifier ses activités. On veut en organiser d’autres en partenariat, les réaliser et les publiciser », d’ajouter M. Fournier. En outre, on songe à entreprendre une démarche marketing territoriale pour la prochaine année.

Le mont Mégantic et le parc du Mont-Mégantic sont des pôles de développement évident. « On veut se servir de ces pôles pour faire du développement socio-économico et touristique de la région », explique M. Fournier. « On perçoit un intérêt du milieu et on a réussi à attirer des gens de Sherbrooke à nos activités. On veut développer les produits du terroir. On veut un territoire ouvert au monde qui n’est pas replié sur lui-même. On ne veut pas remplacer les CLD. On veut réunir les forces vives du milieu et partir de nouveaux projets surtout touristique et entrepreneurial. Il y a des choses qui se développent autour comme l’hébergement. »

M. Fournier mentionne que la volonté commune de développer les municipalités prend le pas sur toutes autres ambitions. « Il n’y a pas de guerre intestine, n’y a pas de clique. On est une belle gang. On a du plaisir à se voir et à organiser des activités. On ne retire pas d’argent, pas de trophée. La reconnaissance, c’est la contrée », d’exprimer le loquace interlocuteur. Les nombreux intervenants sont propulsés par leur enthousiasme, mais sont conscients qu’une ressource serait la bienvenue et on aimerait bien être en mesure de s’en offrir une pour la suite des choses. La Contrée du Massif Mégantic semble être là pour rester.

©2017 Journal Le Haut-Saint-François