Pierre Hébert

Une participation correcte sans plus

L’élection municipale du 5 novembre dernier change le visage politique pour certaines municipalités avec de nouveaux conseillers. Toutefois, six municipalités sur 14, Cookshire-Eaton, Dudswell, Canton de Lingwick, La Patrie, Scotstown et Canton de Westbury, se retrouvent avec un nouveau maire ce qui pourrait changer la dynamique autour de la table des maires à la MRC du Haut-Saint-François.

Cependant, plusieurs nouveaux maires ne sont pas dépourvus d’expérience puisqu’ils siégeaient déjà à titre de conseillers. Il s’agit de Sylvie Lapointe à Cookshire-Eaton, Mariane Paré à Dudswell, Johanne Delage à La Patrie, Céline Gagné, ancienne mairesse du Canton de Lingwick qui effectue un retour et Gray Forster pour Westbury. Seul le maire de Scotstown, Dominique Boisvert est dépourvu d’expérience en politique municipale. Pour les deux autres municipalités dont le siège de maire était en élection, Lyne Boulanger à East Angus et Richard Tanguay à Weedon se sont vus renouveler la confiance de leurs électeurs. Outre les sièges de maires dans huit municipalités, trois autres notamment Ascot Corner, Bury et Scotstown avaient des élections pour le poste de conseiller.

De ce lot, la municipalité de Dudswell retient l’attention. La mairesse, Mariane Paré, devra composer avec un nouveau conseil, démuni d’expérience dans le domaine. Les quatre conseillers sortants se sont tous fait battre. D’autres municipalités auront une période d’adaptation avec un conseil comptant de deux à quatre nouveaux élus.

Par ailleurs, il semble que la chose politique ait suscité un intérêt relatif particulièrement pour celles qui avaient des luttes au siège de maire. La Patrie, par exemple, arrive en tête de liste avec un pourcentage de participation de 65,9 % suivi de Chartierville avec 63,7 % alors que les plus populeuses Cookshire-Eaton et East Angus ferment la marche avec 45,8 % et 46,6 %. Comment interpréter cet écart ? Les citoyens des plus petites municipalités, en termes de population, sont-ils plus soucieux du choix de leurs dirigeants que les plus grandes ? La municipalité de Dudswell où tous les postes étaient en élection a récolté un taux de participation de 55,1 %. La moyenne de participation pour les municipalités ayant eu des courses à la mairie s’élève à 53 %. C’est correct pour certaines, mais inacceptable pour d’autres surtout lorsque l’on tient compte que le palier municipal est celui le plus près du citoyen et celui qui a la plus grande influence sur le payeur de taxes. Mentionnons que le maire de Newport, Lionel Roy, est celui qui a obtenu le plus fort pourcentage de votes avec 85,76 %.

Femmes élues
Par ailleurs, près de la moitié des 14 municipalités formant le conseil des maires à la MRC du Haut-Saint-François sont occupées par des femmes, soit 6 municipalités représentant 43 %.

Enfin, bravo aux électeurs qui se sont prévalus de leur droit de vote. Ils ont influencé d’une façon ou d’une autre la sélection de leurs dirigeants. Électeurs, vous avez modelé le visage de votre conseil municipal. Maintenant, le temps démontrera si les choix se sont avérés judicieux. Si vous avez des corrections à faire, vous pourrez à nouveau le faire dans quatre ans ou participer aux séances du conseil municipal, c’est ça la démocratie.

Pierre Hébert

Votez ou taisez-vous !

Le dimanche 5 novembre prochain sera le moment privilégié où les contribuables auront la chance de se prononcer sur le choix de leurs dirigeants. Se déplacer une fois toutes les quatre années n’est pas exagéré. Trop souvent, les élus disent parler et poser des gestes au nom des citoyens. Ne laissez pas aux autres interpréter ou supposer ce que vous pensez. Manifestez votre volonté en utilisant votre droit de vote.

Utiliser votre droit de vote vous permet en toute légitimité de critiquer les élus et leurs prises de décisions. Si pour vous ça ne vaut pas la peine de faire cet exercice, alors abstenez-vous de critiquer pendant les quatre prochaines années.

Que l’on soit d’accord ou non avec les idées avancées par les candidats, ils méritent notre respect. Ces personnes souhaitent être des agents de changements œuvrant à l’amélioration de la qualité de vie de leur communauté. Le travail d’élus que ce soit conseiller ou de maire est tout sauf une sinécure. Nombreuses sont les responsabilités qui leur incombent, nombreuses sont les réunions, nombreuses sont les heures de travail, nombreuses sont les critiques et rarement les félicitations. Ces candidats sont tous animés d’une volonté commune, et ce n’est pas la paye, mais plutôt celle de contribuer au développement de leur communauté.

Ceci dit, les contribuables ont le droit de poser des questions, de remettre en doute des décisions, d’animer, en fin de compte, la vie démocratique d’un milieu et cela est sain. D’ailleurs, plusieurs citoyens se plaignent du déroulement des séances de conseil municipal considérées plutôt exécutives quant à la durée. Ce n’est qu’une suite de lectures de résolutions déjà travaillées, discutées et prédigérées qui est offerte au public. Certes, les réunions de travail ont leur utilité, mais y aurait-il moyen d’informer davantage les citoyens sur les raisons motivant l’adoption des résolutions ? Des gens informés sont des citoyens allumés.

L’appareil politique municipal est celui sur lequel les citoyens ont le plus d’emprise en comparaison avec le palier provincial ou fédéral. Les citoyens côtoient régulièrement leurs élus que ce soit à l’épicerie, chez le coiffeur, au garage, etc. Le vote n’est pas une discussion de dépanneur, d’épicerie ou autres. C’est un exercice sérieux, déterminant pour l’avenir de la communauté. Il doit être pris au sérieux et exercé avec discernement. Vaut mieux voter et contribuer à quelque chose que de ne pas voter et dire j’aurais dont dû pendant quatre ans; ça peut être long.

Pierre Hébert

Le Haut-Saint-François en mutation ?

Le visage des conseils municipaux du Haut-Saint-François pourrait se modifier considérablement lors des élections municipales du 5 novembre prochain. Pas moins de 71 candidats se font la lutte pour obtenir un des 32 sièges disponibles, maires et conseillers confondus, dans une douzaine de municipalités.

Cela représente 38 % de sièges disponibles pour l’ensemble des municipalités en élection. Bien que le nombre de 71 candidats soit légèrement inférieur à 2013 où l’on en comptait 83, il n’en demeure pas moins significatif.

Première constatation que l’on peut tirer de cette participation est d’avancer l’hypothèse que la démocratie est en santé. Le nombre de candidats témoigne hors de tout doute une volonté des gens à s’impliquer pour leur municipalité, ce qui est remarquable.

Outre ce noble aspect, les motivations peuvent être différentes d’une personne à l’autre. S’agit-il d’une implication teintée d’un désir de contestation, de remplacement, de vengeance ou tout simplement de vouloir participer à faire une différence ou contribuer au développement de sa municipalité ? Difficile à dire ce qui motive chacun, mais le désir de faire évoluer sa municipalité dans une harmonie semble toujours préférable.

Comment peut-on interpréter des participations massives dans une municipalité comparativement à une autre dont les postes sont comblés par acclamation ? Les raisons peuvent être multiples. Les citoyens des municipalités concernées sont les mieux placés pour apporter des éléments de réponse. Quoiqu’il en soit, la population entre autres des municipalités de Dudswell, Cookshire-Eaton, East Angus et Weedon sera massivement appelée aux urnes.

À Dudswell, la situation est particulière dans le sens où ce sont tous les postes, celui de maire et des conseillers, qui font l’objet d’élection. Cinq candidats au siège de maire ce n’est pas banal, sans compter tous les autres de conseillers. Cette participation des citoyens est-elle symptomatique de quelque chose ou animée par un vif intérêt collectif envers l’appareil municipal ? La même interrogation se pose du côté de Cookshire-Eaton alors qu’une course à trois se dessine à la mairie et des luttes pour quatre sièges de conseillers. De ce côté, on peut noter une certaine insatisfaction des gens. À East Angus, règle générale, les citoyens ne semblent pas manifester un grand mécontentement. Toutefois, cela n’empêche pas de voir des candidatures sur cinq des sept sièges. Outre celui de maire où l’on remarque une lutte à deux, quatre sièges de conseillers font l’objet d’opposition. Weedon, qui semble avoir le vent dans les voiles, depuis l’annonce de production de cannabis médicinal et le projet d’aménagement d’un quartier vert, ne sera pas épargnée pour autant du choix démocratique de la population. Trois personnes convoitent le siège de maire alors que trois postes de conseillers sont en élection. Mentionnons que des luttes aux sièges de conseillers et de maires se déroulent dans d’autres municipalités du territoire.

Quelles que soient les motivations des candidats, la décision finale revient à la population concernée. C’est important de se prévaloir de son droit de vote et de s’informer sur les intentions de chacun. Une occasion comme celle-là, où la population peut imposer sa volonté quant au choix de ses dirigeants, se présente une fois tous les quatre ans. Il ne faut pas la rater, quatre années à se dire j’aurais dont dû, ça peut paraître long.

©2017 Journal Le Haut-Saint-François