Boulangerie Des Pains et des Roses

Cela fait maintenant six mois que la Boulangerie Des Pains et des Roses est en activité sur la 2e Avenue à Weedon. La demande pour des produits frais n’a pas ralenti depuis le 28 avril dernier, moment que Nathalie Meynard Sallanon a choisi pour inaugurer son commerce. Tout n’était pas prêt sur le coup, mais la Française d’origine ne pouvait manquer la journée de la Fête du croissant pour se lancer en affaires.
« L’accueil de la population de Weedon a été vraiment exceptionnel. Je m’attendais vraiment pas à ça », avoue la boulangère. « Ce qui a fait que je me suis rendu compte que j’avais fait le bon choix, c’est l’accueil de la population. »

Le tout pour le tout
Malgré ce succès populaire, aucune banque n’avait voulu financer le projet lors de sa mise sur pied. Mme Meynard Sallanon a tout de même pu bénéficier de l’aide du CLD et de la SADC du Haut-Saint-François, en plus d’une participation de la Caisse Desjardins. Du côté du Centre local de développement, elle a reçu de l’accompagnement dans le cadre du programme Soutien au travail autonome, en plus d’un prêt pour l’achat d’équipements.

« C’est vraiment parce que le CLD et la SADC ont cru au projet que j’ai pu démarrer. Sinon, je pouvais pas », raconte l’artisane. Celle-ci a d’ailleurs investi toutes ses économies pour pouvoir être à son compte.
Pourtant, les signes avant-coureurs étaient favorables à l’établissement d’une boulangerie à Weedon. Avant Des Pains et des Roses, quelqu’un qui voulait du pain frais et local devait faire une trentaine de kilomètres en direction de Sherbrooke ou de Thetford Mines. « Ça donne un potentiel de clientèle important », reconnait Nathalie Meynard Sallanon. Si on ajoute à cela le développement de Weedon suivant l’arrivée de MYM et de ses serres de cannabis, l’opportunité devient plus qu’alléchante.

Le fruit du hasard
Toutefois, Mme Meynard Sallanon n’était pas au courant de tous ces faits lorsqu’elle est passée devant le futur local de la boulangerie. À ce moment, celle-ci en était à visiter des endroits potentiels à Notre-Dame-des-Bois et Disraeli. « C’est en passant sur la 112, vraiment par hasard, que j’ai vu qu’il y avait un local. » L’emplacement jouit en plus d’une grande fenestration qui donne aujourd’hui directement sur la cuisine.
« Mon idée dès le départ, c’était que les gens me voient travailler », soutient Mme Meynard Sallanon. « Les gens sont de plus en plus curieux de savoir ce qu’ils mangent, ce qu’ils achètent, comment s’est fabriqué. » Celle-ci avait aussi assez donné dans des aires de travail situées sous terre, loin de la lumière, dans son ancienne vie de boulangère outre-mer.

L’attrait de la nouveauté conjugué à l’arrivée de la belle saison et des gens de l’extérieur aura poussé l’entrepreneure à travailler jusqu’à 90 heures certaines semaines. Mais la principale intéressée ne s’en plaint pas. « C’est exactement ce que je voulais. Je voulais pas me retrouver à faire toujours les mêmes pains tous les jours. Je me serais ennuyée. Je suis vraiment contente de la tournure que ça prend. »
Non seulement la réponse du public a été favorable jusqu’à présent, mais les clients affichent une grande curiosité pour les produits Des Pains et des Roses. Nathalie Meynard Sallanon aime savoir qu’elle apporte une différence dans la communauté. Elle trime dur « pour que les gens de Weedon aient la possibilité de gouter autre chose. C’est pas parce qu’on vit à la campagne qu’on doit être restreint. Puis c’est pas parce qu’on vit à la campagne qu’on doit payer plus cher. »

« Ce que j’aime le plus dans mon métier, c’est que c’est vivant. À chaque jour, c’est un travail différent. On s’ennuie pas », conclut-elle.

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Fromagerie P’tit Plaisir

La Fromagerie P’tit Plaisir fait partie du paysage du secteur St-Gérard, à Weedon, depuis maintenant plus de 20 ans. L’entreprise est récemment passée entre les mains des quatre enfants Grenier et s’apprête à agrandir ses installations du coin de la route 112 et du chemin du Barrage au printemps 2019.

Mélanie Grenier, l’une des quatre copropriétaires actuels, ne se destinait pas à travailler pour l’entreprise familiale lorsqu’elle était jeune. Celle-ci y avait mis les pieds, au départ, pour amasser de l’argent avant d’aller poursuivre ses études en techniques policières à Alma. Elle est aujourd’hui responsable de la fromagerie. « C’est l’entreprise qui m’a fait rester. On travaille beaucoup, oui, mais ça devient une passion. Quand t’aimes ça, t’aimes ça ! »

Une histoire de famille
Le transfert de l’entreprise aux quatre enfants Grenier s’est fait en douceur, chacun ayant à sa charge son département. La seconde fille s’occupe du restaurant et du bar laitier, tandis que les deux frères travaillent à la ferme située de l’autre côté de la rue. La Ferme du Barrage sert aujourd’hui à approvisionner le commerce et la fromagerie en ingrédients frais. Elle existait toutefois bien avant eux, alors que le patriarche l’avait acquise de son grand-père. L’exploitation agricole tire d’ailleurs son nom du barrage Aylmer situé tout près.

Pour Gaétan Grenier, il était important que « ça reste dans la famille ». Sa fille Mélanie parle d’une sorte de patrimoine. « Pour ses enfants et ses petits-enfants, il veut que ça reste toujours comme ça. Le but, c’est pas d’avoir un commerce et de le vendre dans 15, 20 ans. C’est de le référer à nos petits-enfants, s’ils en veulent comme de raison. »

Malgré que son nom ne figure plus sur les documents légaux, M. Grenier continue de s’impliquer un peu partout. « Quand il nous manque du personnel à la ferme, à la fromagerie ou s’il y a quelque chose qui brise, il est partout. Il vient toujours nous dépanner », confie Mélanie.
La répartition des tâches quotidiennes est aujourd’hui bien définie, les deux garçons s’affairant à la production laitière, aux champs et à la machinerie. « Ça va très bien parce qu’on a chacun notre département », poursuit Mélanie. « Quand quelqu’un rushe un peu, on est tous là pour s’entraider. On a de plus en plus de demandes, donc il faut croire que chacun fait bien ses tâches. »

P’tit plaisir deviendra grand
C’est cette demande croissante pour leurs produits qui a poussé les enfants Grenier à vouloir agrandir les installations. Les sections restaurant et fromagerie bénéficieront des changements à venir. « On travaille très fort physiquement. Ça va vraiment nous faciliter la tâche, puis je vais être capable de produire quatre fois plus, mais avec le même nombre de personnel que j’ai là », s’enthousiasme la responsable de l’usine de production. « Ça va être vraiment plus productif, plus facile, puis on va faire plus de fromage. On va pouvoir en créer de nouveaux. Ça va nous faire de l’espace aussi. C’est un gros plus pour nous autres. »

La baisse des couts de production et le recours à l’automatisation changeront pour le mieux le quotidien de Mélanie Grenier. « Dans la nouvelle fromagerie, je voudrais commencer à faire des fromages à croute lavée. Ce serait une autre belle catégorie de fromages que je pourrais créer et développer de plus en plus. » L’installation d’un fumoir créera aussi de nouvelles possibilités. « Il y a une demande là-dedans aussi. Il y a des gens qui adorent les fromages fumés. »
Ce projet d’agrandissement doit se mettre en branle au printemps 2019. Les couts totaux avoisineront les 4,8 M$. Dans cette aventure, la Fromagerie P’tit Plaisir reçoit un accompagnement technique de la part du Centre local de développement (CLD) du Haut-Saint-François. Par le biais d’un conseiller en entreprise, Daniel Bérubé, la famille Grenier bénéficie d’un plan stratégique de développement qui les guidera dans leurs projets.

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La Ferme Côté et Fils investit 3 millions $

La Ferme Côté et Fils à Cookshire-Eaton est résolument tournée vers l’avenir et pour l’affronter avec succès elle a investi quelque 3 millions $. Nouvelle étable, nouveaux équipements de pointe, acquisition de quotas, l’entreprise entreprend un important virage technologique qui lui permettra de bien se positionner pour la suite des choses.

Un peu plus de deux mois après que les bêtes soient installées dans leur nouvel habitat, les copropriétaires Gérald et Germain Côté ainsi que son fils Guillaume commencent déjà à voir et sentir les résultats. « Ça dégage trois heures par jour. Ça nous donne du temps pour faire autre chose », d’exprimer les frères Côté. Mais ce qu’ils semblent déjà apprécier est le temps que ça libère surtout pour le souper. Maintenant, ils peuvent prendre le temps de souper en famille à une heure décente, ce qui n’était pas possible avant. « On soupe et on va faire un tour après pour voir si tout est correct. Ça se fait automatiquement », de mentionner les copropriétaires, sourire aux lèvres.

Si les frères Côté et Guillaume profitent des avantages de l’investissement, faut dire qu’ils ne l’ont pas volé. Les journées ont été longues, les fins de semaine à peu près inexistantes le temps de compléter le projet. Ce rêve, réalisé, est le fruit d’une minutieuse réflexion. « Ça fait quatre ans qu’on y pensait. On en a été visité des fermes. On a commencé le projet le 22 juin 2017 et les bêtes sont entrées le 20 juin 2018 », d’exprimer Germain Côté.

Projet
La nouvelle étable a presque triplé de superficie comparativement à l’ancienne qui sera démolie au cours des prochaines semaines. Le nouveau bâtiment, hautement fonctionnel, est passé de 36 x 245 pieds à 116 x 282 pieds. Présentement, on compte 85 vaches, 70 taures (la relève) et une dizaine de veaux. Toutefois, on prévoit augmenter en raison d’acquisition de nouveaux quotas. On pourra accueillir 106 vaches pour la traite.

Le nouveau bâtiment respecte toutes les normes en la matière. Soucieux du confort des bêtes, les copropriétaires ont choisi d’installer une ventilation transversale sur la largeur. « C’est de ventiler sur le sens des vaches », d’expliquer M. Côté. D’un côté, l’étable est munie de toile qui monte et descend selon la température et de l’autre ce sont des ventilateurs qui aspirent l’air. On en compte 21 longeant le mur. « Avec l’été chaud qu’on a eu, on a vu une différence. Les vaches ont eu moins chaud », d’exprimer un des copropriétaires. Comparativement à l’ancienne étable, les bêtes ne sont pas attachées ou entravées, elles sont libres de mouvement ce qui les rend plus calmes. Ajoutant à leur confort, elles peuvent se reposer sur une litière composée de chaux et de paille. À cela, se sont ajouté deux robots de traite. Les vaches peuvent aller librement se faire traire, plusieurs fois par jour, sans aucune contrainte. Toujours pour le bien-être des animaux, un robot de type Juno circule toutes les heures dans les allées afin de pousser le mélange alimentaire à la portée des bêtes puisqu’elles se nourrissent en tout temps. Dans un souci d’augmenter l’efficacité et de bien adapter l’alimentation, les copropriétaires se sont dotés d’un mélangeur qui ajuste le dosage des ingrédients afin de procurer une alimentation selon le besoin des bêtes. Enfin, deux raclettes, une dans chaque allée, circulent régulièrement visant également le confort des vaches. Parmi les nouvelles constructions, mentionnons un silo de 20 pieds de diamètre et 100 pieds de hauteur.

Adaptation
Tout ça est bien beau, mais avant de bénéficier des avantages des nouvelles installations et de la technologie cela a nécessité une période d’adaptation autant pour les Côtés que pour les bêtes. « L’adaptation ça été long. Ça a pris un gros deux mois. Ça a été long pour habituer les bêtes à passer la tête dans les carcans pour manger. Il fallait les prendre par le cou, les attirer avec de l’ensilage pour qu’elles passent la tête. Ça a pris une à deux semaines. Pour les robots de traite, pour certaines, ça a été assez rapide, d’autres ça a pris deux à trois mois », d’exprimer les producteurs. Ils ajoutent que ça n’a pas été simple de les sortir des logettes à l’intérieur desquelles elles étaient dans l’ancienne étable. « Elles ne s’étaient pas habituées à reculer et être libres », précisent-ils. Pour Guillaume, le plus jeune, c’est lui qui a hérité d’apprivoiser tout l’appareillage automatique. « Que ce soit les panneaux de ventilation, l’ensilage ou autres, tout est sur écran tactile, il a fallu que j’apprenne tout ça », d’exprimer le jeune homme.
Malgré une période intense d’adaptation, les Côté sont heureux et satisfaits de leur investissement. Déjà, ils voient les retombées et avantages que cela leur procure. Les nouvelles installations devraient favoriser une production accrue des bêtes. Présentement, les vaches donnent en moyenne 28 kilos de lait par jour. Les copropriétaires sont confiants d’atteindre l’objectif de 35 kilos quotidiennement.

Place 112 Sonic; plus que du gaz et des gratteux

Il y a quatre ans, Charles Boulanger devenait copropriétaire de la Place 112 Sonic dans le secteur Bishopton à Dudswell. Aujourd’hui, l’entreprise est conduite exclusivement par le jeune père de famille, qui élève ses trois enfants dans la maison voisine en compagnie de sa conjointe.

En aout 2014, Charles Boulanger se lançait en affaires en compagnie du conjoint de sa cousine qui l’avait approché et offert l’opportunité. « Il voyait que j’avais des compétences dans le commerce de détail et un peu d’expérience là-dedans. » L’entente de départ prévoyait que les deux hommes géreraient l’endroit en tant que partenaires. Quelques mois plus tard, M. Boulanger amassait les fonds nécessaires pour reprendre l’entièreté du commerce situé à l’intersection des routes 112 et 255.

Il a, à ce moment, reçu l’aide de la SADC du Haut-Saint-François, de même que du service aux entreprises de Desjardins. La bannière Sonic s’est aussi mise de la partie. « Ça a quand même bien adonné parce que, dans le fond, on était à la signature des contrats [avec Sonic], donc c’est pour ça qu’ils ont réussi à donner un certain montant. »

Changements de voie
Le site de la station-service contenant une maison adjacente, la famille Boulanger s’est départie de sa maison de Westbury pour aménager sur la route 112. « Ça aide d’être près du commerce pour aider au roulement », estime le propriétaire. N’empêche que pendant une année, sa conjointe, Nadia Béland, apportait son aide au commerce tout en conservant son emploi d’infirmière auxiliaire à Sherbrooke. Éventuellement, celle-ci est tombée enceinte de leur troisième enfant et a décidé de se consacrer à l’entreprise et à sa famille. Elle a donc délaissé sa carrière dans le domaine de la santé et s’occupe aujourd’hui de la comptabilité de Place 112.

Quatre autres employés viennent compléter l’équipe. Dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre, Charles Boulanger admet mettre une bonne somme d’énergie dans la formation de personnel, bien que la rétention est difficile par moment. « On essaie d’être des employeurs conciliants. On travaille fort pour que les horaires marchent avec tout le monde. » L’équipe interne bénéficie aussi de rabais employés sur la marchandise.

Carburer au vert
En 2016, la station-service se dote de nouvelles pompes à essence et remplace ses anciens réservoirs vieux de plusieurs années. En même temps, Charles Boulanger en profite pour faire décontaminer le site et adapter son éclairage pour respecter les normes de la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic. L’entreprise bénéficie alors du Fonds local d’investissement du Centre local de développement (CLD) du Haut-Saint-François pour réaliser l’ensemble des travaux.

Étant situé à plus d’une quinzaine de kilomètres des marchés d’alimentation de Weedon et East Angus, M. Boulanger est conscient du rôle que joue son commerce auprès de la communauté. « J’ai un petit peu de légumes, un petit coin épicerie. Donc, j’essaie de desservir les clients le plus que je peux. Puis, j’essaie d’être à l’écoute de leurs besoins. Je rentre les produits que j’entends le plus souvent. Je peux pas tout rentrer, mais ceux qu’on me dit le plus. Souvent, ça accommode tout le monde. »
Place 112 Sonic est nouvellement membre de la Chambre de commerce du Haut-Saint-François.

 

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Le Manoir de l’EAU VIVE, comme un long fleuve tranquille

Le Manoir de l’EAU VIVE fait partie du paysage de Cookshire-Eaton depuis maintenant cinq ans. La résidence pour personnes retraitées autonomes et semi-autonomes a atteint son erre d’aller, ce qui lui permet d’offrir des services de qualité autant à sa centaine de locataires qu’à la population en général.

Macgills Brault est directeur adjoint et chef exécutif de l’établissement depuis le 1er décembre dernier. Originaire de Cookshire-Eaton, il effectue un retour en région, après avoir vécu une dizaine d’années à l’extérieur. Après avoir complété sa formation culinaire en 2001, il a acquis de l’expérience dans des résidences pour personnes âgées de Sherbrooke et Victoriaville.

En compagnie de la directrice générale, Sylvie Lapointe, M. Brault forme une paire efficace. « Y a comme pas de limites. On a une belle équipe. C’est des gens motivés qui sont avec nous. » Cela transparait également du côté des résidents. Johnny Frisina, qui est entré au Manoir au même moment que M. Brault, n’a que de bons mots pour la vingtaine d’employés. « Le service est bien. Avec le personnel, on est toujours bien reçu. »

Il faut dire que les locataires n’ont pas le temps de s’ennuyer. Salles de cinéma et de billard, mini gymnase, piscine intérieure, bibliothèque et séance d’artisanat viennent égayer le quotidien des ainés. Johnny Frisina, 89 ans, en était à se pratiquer à interpréter des airs country à la guitare en vue de la prestation, prévue quelques jours plus tard, soulignant les anniversaires du mois.

« Pour ces gens-là qui ont travaillé si fort et qui sont rendus là, c’est un minimum pour nos générations, si on est capable de leur faire vivre de beaux petits moments », mentionne Macgills Brault. « C’est ça qu’ils apprécient, puis ce qui fait la qualité de notre résidence. »

Lorsqu’il a mis les pieds au Manoir de l’EAU VIVE pour la première fois, le chef cuisinier n’en revenait tout simplement pas. « J’ai découvert un hôtel de luxe. Honnêtement, pour en avoir vu plusieurs dans mon parcours, Cookshire, c’est un petit diamant qui mérite d’être exploité encore davantage. »

C’est dans cette optique que la direction ouvre de plus en plus les portes de la résidence à la population en général. La salle à manger de l’établissement, d’une capacité de 80 places, accueille de plus en plus de réceptions de particuliers, tels des partys de bureau ou des services funéraires. À ce moment, les gens rencontrent le chef et élaborent un menu en sa compagnie en fonction d’un budget. Il est même permis d’apporter son alcool.

Cet apport extérieur représente en même temps un bénéfice ou une forme de contact pour certains résidents moins mobiles. « Nos gens, on veut justement qu’ils restent encore dans la société, qu’ils restent impliqués », rappelle le directeur adjoint. « C’est le mandat qu’on a ici : impliquer nos résidents le plus possible dans la vie communautaire. »
Macgills Brault a à cœur la clientèle. « C’est une passion pour moi de servir ces gens-là. M’impliquer dans cette région, c’est un beau défi. » Le chef de formation fait d’ailleurs remarquer qu’on ne gère pas une résidence comme un restaurant. La planification et l’élaboration des menus sont un art en soi où la variété est la clé. M. Brault a même reçu l’approbation de Johnny Frisina, lui qui a œuvré une trentaine d’années en restauration avant de prendre sa retraite.
Avant la construction du Manoir, le CLD a participé financièrement au lever du projet.

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Location Cookshire, une association père-fils solide

Location Cookshire fête cette année sa sixième année d’existence. Les deux copropriétaires de l’entreprise, François Lapointe et son fils Samuel ont surmonté les obstacles afin de continuer à offrir un service hors pair à la population du Haut-Saint-François. Le commerce a débuté en avril 2012 sous la bannière de Lou-Tec avant de devenir indépendant un an plus tard.
Il est aujourd’hui un locateur d’équipement et d’outils pour la construction, la rénovation et la maintenance dans les secteurs commercial, industriel, institutionnel et résidentiel. L’inventaire avoisinant les 750 000 $ comprend des excavatrices, des plateformes élévatrices ou, encore, des compresseurs et des génératrices.

L’idée de départ
François Lapointe a été camionneur à son compte une vingtaine d’années avant d’en avoir assez. « Je voulais lâcher l’industrie du camionnage pour faire autre chose. Un de mes amis à Mégantic avait un centre de location, puis je trouvais que c’était une bonne idée. J’ai vu qu’à Cookshire, il y avait un besoin. Ça fait que j’en ai parlé avec Samuel. » Le fils travaille alors dans le domaine de l’excavation, qu’il délaissera pour commencer le projet. « On a parti ça ensemble. S’il embarquait pas, je le faisais pas », résume le père.

Le changement de bannière
C’est un an après ses débuts que Location Cookshire adopte le nom qu’elle porte encore à ce jour. À la fin de l’été 2013, la transition de succursale affiliée à la bannière Lou-Tec de Lac-Mégantic vers un centre de location indépendant est complétée. « L’objectif quand on a ouvert, c’était que, un an ou deux après, on rachète d’eux seulement la partie du magasin qui était à Cookshire », relate Samuel Lapointe. « C’est ce qui est arrivé. Un an après, on a acheté tout l’inventaire du Lou-Tec de Lac-Mégantic. » Son père précise que le fait que la bannière favorisait les plus grandes succursales a accéléré leur transition en tant qu’indépendants.

Ne pas se lancer seul
C’est en ayant en tête l’objectif d’être leurs propres patrons que les Lapointe se préparent tranquillement à voler de leurs propres ailes. « Durant cette année-là, j’ai fait mes devoirs », mentionne Samuel. « Je suis allé faire une attestation en lancement d’entreprise. Ce cours-là m’a permis de découvrir le CLD, puis la SADC. Sans eux, je pense pas que le projet aurait pu voir le jour avec autant d’ampleur au cours des cinq dernières années. »
Rémi Vachon, qui est conseiller aux entreprises au Centre local de développement du Haut-Saint-François, a épaulé les deux entrepreneurs dans leur démarche. « On a un programme avantageux qui est le Fonds local d’investissement pour la relève. Donc, Samuel avait obtenu le meilleur de ce qu’il pouvait avoir au CLD. »

Une complémentarité père-fils
François Lapointe l’admet  : « Je suis un peu de la vieille école. Ça me prenait un jeune pour tout ce qui est ordinateur. Puis Samuel est bon pour se tenir à la page de tout ça. On a quand même 25 ans de différence ! Ensemble, ça va bien. On aime bien ça. » C’est ainsi que le père s’occupe de la paperasse, des comptes et du transport, alors que le fils penche pour la technologie et le service à la clientèle. « On a associé nos forces, puis ça a donné ça ! », conclut M. Lapointe.

 

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Quand amour et travail se mêlent

Marc-Antoine Provencher et Daphnée Doré se sont connus lorsqu’ils étudiaient à l’école secondaire avant de se perdre de vue. Les deux ont, par la suite, étudié en horticulture et aménagement paysager au CRIFA de Coaticook à quelques années d’intervalle. Ils ont aussi travaillé pour la même entreprise, Jardin Eden à Sherbrooke, toujours sans se croiser. Puis un beau jour, Daphnée et Marc-Antoine se sont retrouvés par l’entremise des réseaux sociaux.
Depuis ce temps, le duo est partenaire dans la vie, comme au travail. « Tout a été chamboulé », se rappelle Mme Doré. « On a commencé à sortir ensemble. Un an après, on habitait ensemble. Je suis tombée enceinte et après ça, on se partait en affaires. Ça a été quand même assez vite. » Mme Doré et M. Provencher forment un couple depuis 2012 et ont démarré leur entreprise en 2015.

Le saut dans le vide
Marc-Antoine Provencher a eu quelques employeurs avant de décider d’être son propre patron. « Ici dans la région, il y avait un manque à pallier de paysagistes, ça fait qu’on a décidé qu’on essayait. En paysagement, c’est pas des salaires très élevés. Y a pas d’assurances comme sur la construction. Un moment donné, j’ai dit “si on veut assurer quelque chose à nos enfants, on va monter une business.” »
Les conjoints forment une bonne équipe et se complètent bien l’un l’autre. « Moi, je suis plus construction et paysager », décrit M. Provencher. « Elle, c’était l’artiste, la conceptrice. Moi, c’était tout ce qui était matériaux inertes, elle, les plantes. Ça faisait longtemps que je lui en parlais. Puis même avant de la rencontrer, j’y pensais. »

De l’aide appréciée
Le couple s’inscrit alors au cours de lancement d’entreprise du Centre de formation professionnelle du Haut-Saint-François. « Quand on a fini le cours, c’est là qu’on a fait une démarche auprès de la SADC », se rappelle Marc-Antoine Provencher. « Après ça, conjointement, le CLD est embarqué avec la SADC pour nous donner un coup de main. » Pour maximiser leurs chances d’être acceptés, Mme Doré et M. Provencher complètent leur plan d’affaires en incluant une source de revenus pour la saison morte. Monsieur buche et vend du bois l’hiver, alors que madame s’occupe du site internet et de la paperasse pendant ce temps.

Rémi Vachon, conseiller aux entreprises au Centre local de développement (CLD) du Haut-Saint-François, détaille l’aide reçue par l’entreprise. Aménagement Solum « a obtenu du financement traditionnel d’un côté, mais a aussi bénéficié de la mesure Soutien au travail autonome. Ils ont un accompagnement personnalisé une première année puis un soutien financier sur 30 semaines pour les entrepreneurs. »

En trois années d’activités, Aménagement Solum a atteint un point où ses deux fondateurs ont suffisamment d’ouvrage pour être occupés à temps plein. Bien qu’ils aient déjà eu recours à de l’aide ponctuelle, M. Provencher estime avoir désormais la place pour accueillir un troisième membre au sein de l’équipe. La difficulté demeure le recrutement. « La problématique de notre génération, ça va être ça », résume-t-il. L’entreprise a déjà eu quelques employés qui n’auront duré que quelques jours après s’être rendu compte de la difficulté de la tâche. Après avoir été un match parfait sur les plans personnel et professionnel, le couple derrière Aménagement Solum espère maintenant trouver cette perle rare qui leur permettra de poursuivre la route.

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Chez Tardif Diesel, la relève appartient à ceux qui s’y prennent tôt

Gaétane Plamondon et Gaston Tardif, le couple derrière Tardif Diesel, préparent sa relève depuis 20 ans. « On avait entendu dire que c’était difficile », relate Mme Plamondon. « On s’est dit : “Ce ne sera pas notre cas. On va commencer tôt.” » Aujourd’hui, les deux fils des fondateurs, accompagnés de leur «frère adoptif», s’apprêtent à reprendre le contrôle complet de l’entreprise vieille de 35 ans.

La matriarche poursuit : « C’est un lâcher-prise qu’on ne pensait pas aussi difficile. Ça vient chercher beaucoup d’émotions. » Les trois hommes qui tiendront les rênes de Tardif Diesel pour les prochaines décennies ont aujourd’hui l’âge que Gaétane Plamondon et Gaston Tardif avaient lorsqu’ils envisageaient leur succession. « À l’âge de 35 ans, on se disait déjà : “On va préparer la relève” », se remémore M. Tardif.

En 1998, Jean-Marc et Gabriel Tardif, accompagnés de Patrick Roy, deviennent actionnaires de l’entreprise. Ce dernier a commencé à travailler chez Tardif Diesel à l’âge de 21 ans et cumule aujourd’hui 25 ans de services. Il est considéré comme faisant partie de la famille pour le clan Tardif. Gabriel enchaine : « Les clients nous ont vus grandir dans l’entreprise. La plupart nous connaissent tous, donc c’est facile de transférer dans ces conditions-là. »

Dos d’âne et nids-de-poule
En 1981, l’employeur de Gaston, Mack Sherbrooke, déclare faillite. De ses fils, Jean-Marc a 3 ans et Gabriel n’a que quelques mois. Gaétane Plamondon se souvient : « Ça a été une grosse bad luck, mais on a réussi à transformer ça en opportunité. » Son conjoint continuerait de desservir ses anciens clients, le temps que l’entreprise soit remise sur pied. Au final, celle-ci n’a jamais redémarré et Gaston passe les 12 années suivantes à offrir un service de réparation mécanique à domicile. En 1993, il développe un problème de genou. Son médecin lui suggère alors de réorienter sa carrière. Au même moment, on offre au couple la location d’un garage à Sherbrooke.
Rapidement, l’offre de services prend de l’expansion chez Tardif Diesel : vente de pièces, atelier d’usinage, licence de concessionnaire. L’espace devient restreint. Le maire d’Ascot Corner à l’époque, Gilles Goddard, met la puce à l’oreille du Centre local de développement (CLD) du Haut-Saint-François. Dominic Provost, directeur général de l’organisme, approche Gaétane et Gaston. Mme Plamondon parle d’une rencontre déterminante. « Si le CLD n’était pas venu nous voir – parce qu’on ne connaissait pas ces organismes-là à ce moment-là -, on n’aurait pas construit tout simplement. On aurait été obligés d’attendre quelques années de plus. On a eu un support inestimable de ce côté-là. C’est ça qui a fait qu’on est venus dans le Haut-Saint-François, parce qu’on regardait pour un autre terrain à Fleurimont. » Gaston Tardif complète en disant que l’aide apportée était plus que nécessaire. « Pas l’avoir eue, on ne bâtissait pas. »

Tardif Diesel entreprend en 1999 la construction des installations qu’elle occupe toujours sur la route 112. L’entreprise a fait face à beaucoup de scepticisme au départ. « Les gens n’y croyaient pas. Ils disaient : “C’est un tas de roches qu’il y a là, puis vous voulez construire un garage ?” On leur a dit : “Faites-nous confiance. Vous allez voir” », se souvient Mme Plamondon. Près de 20 ans plus tard, le garage et les bureaux de Tardif Diesel sont au dernier cri des tendances environnementales et emploient 45 personnes. Après avoir reçu de l’aide d’organismes entrepreneuriaux et d’affaires, Gaétane Plamondon et Gaston Tardif redonnent à leur tour en s’impliquant au sein de divers organismes, comme la Chambre de commerce du Haut-Saint-François.

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Déterminé à servir la jeunesse

L’idée si bonne soit elle, n’est pas suffisante pour faire sa place sur le marché. Travailleur autonome, Sylvain Morin, d’Ascot Corner, a trimé dur dans son sous-sol; il en a mis des heures pour développer, peaufiner, lancer et assurer le suivi de son produit le Night Guard. Ce petit appareil permet de résoudre le problème des enfants qui mouillent leur lit la nuit (énurésie), et ce, généralement dans un délai de six semaines.

« Le taux de réussite est plus de 95 % avec le suivi », insiste M. Morin. Des appareils du genre existent sur le marché, admet-il, « mais moi, je ne veux pas juste vendre ou louer des appareils, je veux que ça marche. Nous, on appelle les parents,, on leur demande comment ça se passe, on les guide pour que le traitement réussisse. » L’appareil est amusant avec son choix de sons et musique variés. Les lumières sécurisantes et une vibration sous le matelas assurent un réveil de l’enfant en douceur lorsqu’il entame son pipi.

Rendre service
Pour M. Morin, l’objectif est de rendre un service efficace. « Comme tout le monde, on est un peu chialeux. On dit : moi, j’aurais fait ça de même, j’aurais fait ça comme ça. J’ai fait l’appareil comme je le voulais, mon chialage est fait. C’est sûr que j’ai travaillé pas mal. Il a fallu que j’apprenne tout, à peu près, comme le dessin. J’ai appris à dessiner sur un logiciel 3-D, pis j’ai fait mon boîtier, après ça je suis allé voir des compagnies pour des composantes, mais 90 % du travail était fait. J’ai fait mon site Internet, je fais ma comptabilité, ma base de données parce que je ne pouvais pas l’acheter. Quand tu ne connais pas ça, ça va tranquillement, mais j’ai appris à le faire. » Les journées ont été longues, tôt le matin à très tard le soir « 1 h 30 à 2 h du matin », soupire le travailleur autonome. Il admet que ce statut « cause du stress. Je me disais selon le temps de l’année, qu’est-ce qui se passe ? Ça ne sonne pas, mais les efforts ont porté fruit. » M. Morin a dû faire face à un dilemme. « Je n’avais pas assez d’argent pour engager. Pour grossir, il fallait avoir quelqu’un. Finalement, ma femme a fermé sa garderie et travaille avec moi depuis trois ans. »

Aide CLD
M. Morin travaille fort pour développer et distribuer son produit à l’échelle du Québec et du Canada. Le CLD du Haut-Saint-François lui a donné un coup de main. « C’est un produit qui sort de l’ordinaire. M. Morin est venu nous voir pour obtenir de l’aide technique. On l’a aidé à développer son marché au Québec. On l’a mis en contact avec Dobson-Lagassé pour du mentorat », d’expliquer Daniel Bérubé, conseiller aux entreprises au CLD.

Celui-ci souligne que M. Morin a bénéficié de l’aide d’étudiants de l’Université Bishop’s qui ont effectué une étude marketing avec des recommandations. Le CLD, ajoute M. Bérubé, a invité M. Morin à faire partie d’un groupe d’entrepreneurs dans le cadre d’une mission économique à Montréal. L’homme d’affaires a eu l’opportunité de rencontrer les représentants de chaînes pharmaceutiques tels que Jean-Coutu et Brunet. Outre l’aide technique, M Bérubé souligne que le CLD offre également un volet financement.
M. Morin déploie son produit dans plusieurs pharmacies de toutes bannières, auprès de médecins et également sur Internet. Les utilisateurs peuvent communiquer en tout temps par courrier électronique ou par téléphone du lundi au vendredi de 8 h jusqu’à 20 h et le samedi jusqu’à midi. Présentement, Enureflex traite annuellement plus de 600 enfants à travers le Québec et le Canada.

 

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